Hésitation de 1830

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L’Arrivée du duc d’Orléans au Palais-Royal dans la soirée du 29 juillet 1830 par Jean-Baptiste Carbillet.

L’Hésitation de 1830 caractérise l’attitude face au vide créé par la soudaine insurrection, devenue révolution de Juillet.

Rien n’ayant été prévu, commence alors une course entre différentes idées de successeur. Certains hurlent le nom de Napoléon, d’autres avancent aux cris de la République, dont La Fayette serait l’espoir, mais ces deux solutions font peur. Aussi, bien que les Bourbons semblent définitivement ne plus avoir d’avenir, d’autres, tel que Thiers, sont partisans d’une alternative royaliste orléaniste, en faveur du duc d’Orléans, assez populaire, et la France hésite.

Abdication de Charles X[modifier | modifier le code]

Le troisième et dernier jour de l’insurrection, le , Charles X cède aux insurgés : il renvoie le ministère Polignac, et nomme Casimir Louis Victurnien de Rochechouart de Mortemart, un modéré, comme chef du gouvernement. Mais lorsque celui-ci arrive face aux révolutionnaires, le 30, il est déjà trop tard : Charles X est déjà déchu, et la commission municipale, devenue gouvernement provisoire annonce déjà que « Charles X a cessé de régner sur la France ».

Le 2 août, Charles X, retiré à Rambouillet, abdique, et convainc son fils - le dauphin - de contresigner cette abdication. Il confie à son cousin le duc d’Orléans la tâche d’annoncer que son abdication se fait donc au profit de son petit-fils le duc de Bordeaux (futur « comte de Chambord »), faisant du duc d’Orléans le régent (cf. « Abdication de Charles X »).

Louis-Philippe Ier et la monarchie de Juillet[modifier | modifier le code]

Préparatifs[modifier | modifier le code]

Thiers, comme beaucoup de députés, ne croit pas que l’instauration d’un régime républicain stable soit possible : il va tout faire alors, avec d’autres tels que Mignet, pour doubler les républicains sur la ligne, en faveur de la cause orléaniste.

En bon journaliste, il fait placarder dans Paris la célèbre affiche de Thiers-Mignet :

« Charles X ne peut plus rentrer dans Paris, il a fait couler le sang du peuple. La république nous exposerait à d’affreuses divisions, elle nous brouillerait avec l’Europe. Le duc d’Orléans est un prince dévoué à la cause de la Révolution (…) Le duc d’Orléans était à Jemmapes, a porté au feu les couleurs tricolores (…) Il accepte la Charte comme nous l’avons toujours voulue et entendue. C’est du peuple français qu’il tiendra sa couronne. ».

Mise en place[modifier | modifier le code]

Reste à convaincre ledit prince. Thiers y parvient, sans grande difficulté[1], par l’intermédiaire de la sœur du duc d’Orléans, Madame Adélaïde. Les députés nomment alors le duc d’Orléans Lieutenant-général du royaume, titre qu’il accepte le 31 juillet. Et c’est grâce à La Fayette, qui vient de refuser la présidence et laisse les républicains sans candidats renommés, et qui accueille le duc d’Orléans en l’enroulant dans un drapeau tricolore, que l’unanimité se fait.

Deux jours après, Charles X abdique, et confie à son cousin la tâche d’annoncer publiquement qu’elle se fait au profit de son petit-fils, le duc d’Orléans n’étant que régent. Mais le duc d'Orléans annonce seulement l'abdication, et devient « Louis-Philippe Ier, roi des Français » le . C’est le début de la monarchie de Juillet.

Références[modifier | modifier le code]

  1. François de Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, p. Livre XXXIII, chapitre V