Jardin des Tuileries

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Jardin des Tuileries
Image illustrative de l'article Jardin des Tuileries
Vue en hauteur avec, au loin, le palais du Louvre.
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Subdivision administrative Île-de-France
Commune Paris
Quartier 1er arrondissement de Paris
Superficie 25,5 ha
Gestion
Propriétaire Musée du Louvre
Protection Logo monument historique Classé MH (1914)
Logo des sites naturels français Site inscrit (1975)
Patrimoine mondial Patrimoine mondial
Lien Internet http://www.louvre.fr/departments/jardins-du-carrousel-et-des-tuileries
Accès et transport
Métro (M)(1) (M)(8) (M)(12) Concorde

(M)(1) Tuileries

Localisation
Coordonnées 48° 51′ 49″ Nord 2° 19′ 36″ Est / 48.863611, 2.326667

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Jardin des Tuileries

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Jardin des Tuileries

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(Voir situation sur carte : 1er arrondissement de Paris)
Jardin des Tuileries

Le jardin des Tuileries, parfois appelé jardins des Tuileries au pluriel, est un parc parisien du 1er arrondissement créé au XVIe siècle à l'emplacement d'anciennes tuileries qui lui ont donné son nom. Il est délimité par le palais du Louvre au sud-est, la rue de Rivoli au nord-est, la place de la Concorde au nord-ouest et la Seine au sud-ouest. Il est le plus important et le plus ancien jardin à la française de la capitale et qui, autrefois était celui du palais des Tuileries, ancienne résidence royale et impériale, aujourd'hui disparu. Le jardin des Tuileries est classé au titre des monuments historiques depuis 1914, au sein d'un site inscrit, et inclus dans la protection du patrimoine mondial de l'UNESCO concernant les berges de la Seine[1]. Il accueille plusieurs manifestations comme les rendez-vous aux jardins et les foires internationales d'art contemporain (FIAC).

La superficie du jardin est de 25,5 hectares, très comparable à celle du jardin du Luxembourg (22,5 hectares).

Histoire[modifier | modifier le code]

Aménagement du jardin sous l'ancien Régime[modifier | modifier le code]

Au XIIIe siècle, se trouvent ici des terrains vagues et des fabriques de tuiles. Au XIVe siècle, le prévôt de Paris Pierre des Essarts y possède un logis et quarante arpents de terre labourable. Puis au XVIe siècle, Neufville de Villeroy, secrétaire aux Finances, y fait bâtir un hôtel que François Ier achète pour sa mère, Louise de Savoie[2].

Catherine de Médicis rachète ces terrains situés entre l'enceinte de Charles V et l'enceinte des Fossés Jaunes[2]. À partir de 1564, elle y fait commencer la construction du palais des Tuileries, tout en débutant l'aménagement d'un jardin à l'italienne à l'ouest jusqu'au glacis de l'enceinte (actuelle place de la Concorde). Il est constitué de six allées dans le sens de la longueur et huit dans le sens de la largeur, qui délimitent des compartiments rectangulaires comprenant des plantations différentes (massifs d'arbres, quinconces, pelouses, parterres de fleurs, etc.). Une fontaine, une ménagerie et une grotte décorée par le célèbre céramiste Bernard de Palissy décorent le jardin. Dans les années 1605-1625 sont ajoutées une orangerie et une magnanerie.

Dans le bastion au nord de la porte de la Conférence, un terrain est conservé comme garenne. En 1630, le roi offre ce terrain à M. Renard[2], ancien valet de chambre d'Augustin Potier, évêque de Beauvais. Il y fait construire un pavillon qui devient le lieu d'agrément pour la bonne société[2]. Certains épisodes de la Cabale des Importants puis de la Fronde (provocation de Beaufort) s'y déroulent.

En 1664, Jean-Baptiste Colbert et Louis XIV ordonnent que le jardin soit entièrement redessiné par André Le Nôtre, qui s'était déjà illustré à Vaux-le-Vicomte. Le jardin s'agrandit vers l'ouest en incorporant le jardin Renard [2]. Le petit-fils de Pierre Le Nôtre, architecte de Catherine de Médicis et paysagiste, donne à celui-ci l'aspect qu'il va conserver, dans ses grandes lignes, jusqu'à nos jours : il perce dans l'axe du palais une allée centrale délimitée à l'est par un bassin rond, à l'ouest par un bassin octogonal ; il construit la terrasse du Bord de l'eau le long des quais des Tuileries et Aimé-Césaire et la terrasse des Feuillants le long de la future rue de Rivoli ; enfin, il bâtit deux terrasses le long de la future place de la Concorde ainsi que deux rampes en courbe permettant d'y accéder.

Craignant que le public n'abîme le jardin ainsi aménagé, Colbert veut en réserver l'accès à la famille royale. Mais Charles Perrault le convainc de la sagesse des Parisiens et de la nécessité que constitue pour eux l'accès à un jardin : on y « parlait d'affaires, de mariages et de toutes choses qui se traitent plus convenablement dans un jardin que dans une église, où il faudra[it] à l'avenir se donner rendez-vous. Je suis persuadé, poursuit-il, que les jardins des rois ne sont si grands et si spacieux qu'afin que tous les enfants puissent s'y promener. » Et le jardin reste accessible à tous, les entrées étant toutefois gardées. Les terrasses sont occupées par des cafés et des restaurants. Des chaises sont à disposition des promeneurs dans la grande allée contre deux sous[3].

De nombreuses statues de marbre viennent par ailleurs orner le jardin. En 1719, l'entrée principale est flanquée de deux statues d'Antoine Coysevox représentant Mercure et la Renommée chevauchant un cheval ailé.

En 1716, un pont tournant piétonnier est installé pour rejoindre la place Louis Quinze (aujourd'hui place de la Concorde) en franchissant le fossé de l'enceinte de Louis XIII. Il est démoli en 1817.

En 1783, a lieu la première ascension de personnes dans un ballon à gaz. Une plaque, située aujourd'hui à droite en entrant dans le jardin, marque le souvenir de cet événement.

Vue du jardin depuis le palais des Tuileries dans la seconde moitié du XVIIe siècle. Le jardin a déjà en grande partie son plan actuel, bien que les broderies des parterres ont aujourd'hui disparues. L'avenue des Champs-Élysées, visible en arrière plan, est alors une perspective tracée dans la campagne pour agrémenter la vue depuis le jardin et le palais.

De la Révolution au milieu du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Vue du palais des Tuileries sous le Second Empire, encore fastueusement mis en scène par ses jardins.

Sous la Révolution, le jardin est le témoin des grands événements dont le palais est lui-même le théâtre, notamment la prise des Tuileries le 10 août 1792. Le bassin rond est utilisé pour la cérémonie de l'Être suprême le . On y place des effigies représentant l'Athéisme entouré de l'Ambition, de l'Égoïsme, de la Discorde et de la Fausse-Simplicité. Maximilien de Robespierre y met le feu, dans une apothéose de cris et d'applaudissements. Le cortège se dirige ensuite vers le Champ-de-Mars. Le 10 octobre, ce même bassin accueille le cercueil de Jean-Jacques Rousseau, drapé d'un drap parsemé d'étoiles (exhumé d'Ermenonville pour être porté au Panthéon).

La rue de Rivoli est tracée au début du XIXe siècle entre la rue de Rohan et la rue Saint-Florentin à l'emplacement notamment de l'impasse du Manège et des terrains occupés par les Dames-de-l'Assomption[4]. Le jardin s'agrandit alors au nord-ouest. Lors de l'aménagement du quai des Tuileries, un mur d'appui est bâti le long de la terrasse du Bord de l'eau, avec des pierres extraites des carrières de Châtillon[5].

Aux angles occidentaux du jardin, Napoléon III fait construire deux bâtiments identiques :

En 1870-1871, lors du siège de Paris, on fabrique des ballons montés et certains en décollent. La fabrication quitte les Tuileries pour la gare de l'Est après un bombardement prussien. Le palais des Tuileries est détruit par un incendie durant la Commune de Paris en 1871. En 1877, la rue des Tuileries, l'actuel avenue du Général-Lemonnier est ouverte à l'emplacement de la terrasse de l'ancien palais des Tuilerie. En 1883, les ruines des Tuileries sont rasées, ce qui rend actuellement très difficile la compréhension des lignes et de l'esthétique du jardin des Tuileries pour les visiteurs non avertis de la présence de l'ancien palais, le jardin était en effet entièrement conçu spécialement comme une mise en scène théâtrale pour mettre en valeur les volumes spécifiques du palais. Le jardin du Carrousel est aménagé en partie à emplacement du palais disparu. De ce fait, le jardin des Tuileries est désormais visible depuis l'avant de la grande cour du palais du Louvre. L'avenue du Général-Lemonnier ayant été partiellement enterrée, les deux jardins sont dans la continuité l'un de l'autre.

À l'occasion de l'exposition universelle de 1878, Henri Giffard fait voler des milliers de personnes dans un ballon captif géant.

Le jardin accueille les épreuves d'épée des jeux olympiques d'été de 1900. Le 13 juin 1937, le Front populaire y organise la fête de l'éducation physique aux Tuileries.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, une partie du jardin est transformée en potager à cause du manque de ravitaillement durant l'Occupation. Le , le général von Choltitz, commandant du « Groß-Paris » y reçoit un ultimatum du colonel Pierre Billotte de la 2e DB et répond « Je n'accepte pas les ultimatums ». Lors des combats qui suivent, le capitaine Branet s'empare de l'hôtel Meurice, rue de Rivoli, quartier-général des forces d'occupation allemande ; le capitaine Julien emprunte la rue du Faubourg-Saint-Honoré pour atteindre le siège de la Kommandantur, place de l'Opéra et de son côté le lieutenant Bricard nettoie le jardin des Tuileries. Les dix plaques commémoratives apposées le long du Jardin à l'angle de la rue de Rivoli et de la place de la Concorde ne rendent pas complètement compte de l'intensité des combats et du nombre de victimes.

Après-guerre[modifier | modifier le code]

De nombreuses chaises sont mises gratuitement à disposition des promeneurs dans tout le parc. Près du jardin du Carrousel, se trouvent le deuxième bassin du jardin et son loueur de bateaux à voile miniatures.

La grande roue de Paris y est installée, à quelques pas de la rue de Rivoli, avant de rejoindre son emplacement initial place de la Concorde. À l'est du jardin, près de l'arc du Carrousel, se trouvent de nombreuses statues d'Aristide Maillol. Le jardin abrite de nombreuses sculptures animalières d'Auguste Caïn.

En 1989, pour fêter le bicentenaire de la Révolution, le jardin accueille durant six mois Les Tours de la Liberté des architectes Jean-Marie Hennin et Nicolas Normier, l'une d'elles est réinstallée ensuite à Saint-Dié-des-Vosges.

Le sculpteur Alain Kirili qui y avait exposé une de ses œuvres dans, Grand commandement blanc, propose au Ministère de la culture d'y installer des sculptures modernes et contemporaines, en s'inspirant de l'installation des dix-neuf statues de Maillol en 1964, à l'époque de Malraux. C'est chose faite en 1998-2000 : on peut y admirer Le Baiser de Rodin en bronze, (Liste MNR) une méditation avec bras de Auguste Rodin, Les Welcoming hands de Louise Bourgeois, Henry Moore, La grande musicienne de Henri Laurens, le Bel costumé de Jean Dubuffet, Personnage III de Étienne Martin, l'Arbre aux voyelles (1999) de Giuseppe Penone, etc..[6]. Certaines œuvres ne s'y trouvent plus en mai 2016 : Roy Lichtenstein, Alain Kirili, Tony Cragg, Giacometti, Max Ernst. Des expositions provisoires y ont lieu, comme l'Araignée de Louise Bourgeois ou Clara-Clara du sculpteur minimaliste Richard Serra au printemps 2008.

D'immenses tentes sont plantées deux fois par an dans le jardin dans le cadre de la semaine de la mode parisienne, ces tentes étant destinées à accueillir des défilés et le backstage (maquillage, coiffure, habillage...).

Ce site est desservi par les stations de métro Concorde et Tuileries.

Vu par les peintres[modifier | modifier le code]

  • Émile Antoine Guillier (1849-1883) a peint à la fin de sa vie : Le Théâtre de Guignol au jardin des Tuileries, hst de 1883 collection particulière[7]
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Sculptures érigées dans le jardin des Tuileries[modifier | modifier le code]

Le plan du Jardin des Tuileries.
Sculptures d'Auguste Caïn
Sculptures d'Aristide Maillol

Administration[modifier | modifier le code]

Contrairement à la plupart des espaces verts de Paris, le jardin des Tuileries n’est pas à la charge de la municipalité (c’est également le cas du jardin du Luxembourg, du jardin du Palais-Royal, du jardin des Plantes et du jardin d'acclimatation) ; il est entretenu par la sous-direction chargée des jardins, de la direction « Patrimoine architectural et Jardins » du musée du Louvre et son équipe constituée de dix-sept jardiniers d’art, une conservatrice du patrimoine, une ingénieure du paysage et deux chefs de travaux d’art[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no PA00085992 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. a, b, c, d et e Félix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, édition de 1844, p. 645-649 [lire en ligne]
  3. Pierre Lavedan, Histoire de l'urbanisme à Paris, Paris, Hachette, coll. « Nouvelle Histoire de Paris », , 740 p. (ISBN 9782859620127), p. 292
  4. Félix et Louis Lazare, op. cit., p. 591-592 [lire en ligne]
  5. Répertoire des carrières de pierre de taille exploitées en 1889, Librairie Polytechnique Baudry et Cie, 1890, p.252-253. Lire en ligne.
  6. http://www.culture.gouv.fr/culture/tuileries/accueil.htm
  7. Reproduite dans , Françoise Ravelle, Paris impressionniste, 100 tableaux de légende, éditions Prigramme, 2016, p.89.
  8. [PDF]« Musée du Louvre, rapport d'activités 2014 », sur www.louvre.fr

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • G. Lenotre, Les Tuileries : Fastes et maléfices d’un palais disparu, Paris, Firmin-Didot, coll. « Paris mon village », , 316 p. (lire sur Wikisource).
  • Guillaume Fonkenell, Le Palais des Tuileries, coédition Honoré Clair/Cité de l'architecture & du patrimoine, 2010.
  • Emmanuel Jacquin, « Les Tuileries de Catherine de Médicis », dans Marie-Noëlle Baudouin-Matuszek (dir.), Paris et Catherine de Médicis, Paris, Délégation à l'action artistique de la Ville de Paris, , 190 p., 29 cm (ISBN 2-905118-16-4), p. 87-105.
  • Geneviève Bresc-Bautier, Denis Caget et Emmanuel Jacquin, Jardins du Carrousel et des Tuileries, Paris, Réunion des musées nationaux, Caisse nationale des monuments historiques et des sites, 1996, 163 p., ISBN 2-7118-3391-7, ISBN 2-85822-165-0
  • Anne Allimant-Verdillon, Alexandre Gady, Le Jardin des Tuileries d'André Le Nôtre. Un chef d'œuvre pour le Roi-Soleil, Somogy, 2013, 142 p., ill.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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