Église Saint-Germain-l'Auxerrois de Paris

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Église Saint-Germain-l'Auxerrois de Paris
Image illustrative de l'article Église Saint-Germain-l'Auxerrois de Paris
Présentation
Culte Catholique romain
Type Église paroissiale
Rattachement Archidiocèse de Paris
Début de la construction XIIe siècle
Fin des travaux XVe siècle
(aménagements aux XVIe et XVIIIe siècles)
Style dominant Gothique
Roman (tour)
Baroque
Protection Monument historique (1862)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Paris
Ville Paris
Coordonnées 48° 51′ 34″ Nord 2° 20′ 28″ Est / 48.859444, 2.341111

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Église Saint-Germain-l'Auxerrois de Paris

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Église Saint-Germain-l'Auxerrois de Paris

L'église Saint-Germain-l'Auxerrois est une église située dans l'actuel Ier arrondissement de Paris. Elle fut également appelée église Saint-Germain-le-Rond. Depuis l'Ancien Régime, elle est connue comme la « paroisse des artistes ».

Saint-Germain-l'Auxerrois est nommée en l'honneur de l'évêque Germain d'Auxerre.

Situation[modifier | modifier le code]

L'église se trouve sur le côté sud-est de la place du Louvre, face à la colonnade du Louvre, à proximité de la mairie de 1er arrondissement.

Elle est desservie par les stations de métro Louvre - Rivoli et Pont Neuf.

Histoire[modifier | modifier le code]

Histoire de l'église[modifier | modifier le code]

Haut-Moyen Âge[modifier | modifier le code]

L'existence de l'église est attestée au VIIe siècle (époque mérovingienne) car c'est le lieu de sépulture de Saint Landri, évêque de Paris, mort vers 655 ou 656.
L'Abbé Lebeuf croit qu'il en faut attribuer la première origine à une chapelle, la chapelle de Saint-Vincent, qui aurait été construite peu de temps après la mort de Saint Germain, évêque d'Auxerre.

Elle est l'une des quatre églises marquant les points cardinaux de Paris en 581[1].

C'est sur l'ordre de Chilpéric Ier (roi des Francs) (né 525/527 ou 534, † 584) que débuta la construction de l'église : il souhaitait y voir le futur tombeau de Saint Germain (ce que ne se réalisera pas)[2], sur l'emplacement de la chapelle bâtie en 540 sous l'invocation de Saint Germain d'Auxerre, pour le roi Childebert Ier et la reine Ultrogothe[3]. En 584, le roi meurt assassiné laissant l'église inachevée[2].

La rotonde, ainsi que le cloître et les fossés en cercle, ont pu être bâtis pendant l'épiscopat de Germain de Paris, évêque de Paris au VIe siècle. Les formes de ces éléments font parfois désigner l'église sous le nom de Saint-Germain-le-Rond. On retrouve la trace de ces fossés dans la rue des Fossés-Saint-Germain-l'Auxerrois[4].

le 25 juillet 754, sous le règne de Pépin le Bref, eut lieu la translation du corps de Saint Germain de la petite chapelle de Saint-Symphorien dans le chœur de la grande église de Saint-Vincent, qui depuis fut appelé de Église Saint-Germain ou de Saint-Vincent et Saint-Germain vraisemblablement pour distinguer les deux églises dédiées sous le nom du même saint, dont la dernière était nommée Saint-Germain-le-Rond.

La première église fut détruite lors du siège de Paris par les Vikings en 885-886, puis fut rebâtie au XIe siècle sous Robert II le Pieux. Il ne reste aucune trace visible de cette période : le portail principal tombant en ruine, l'église fut à nouveau reconstruite fin du XIIIe siècle. C'est alors qu'apparaît la première appellation « Saint-Germain-l'Auxerrois »[5].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La partie la plus ancienne est la tour romane, qui date du XIIe siècle. Elle était surmontée d'une flèche qui fut abattue vers 1754 et remplacée par la balustrade actuelle. Au siècle suivant sont édifiés le portail occidental, le chœur et la chapelle de la Vierge. L'église est en grande partie reconstruite au XVe siècle avec, en particulier, l'élévation du porche. Saint-Germain-l'Auxerrois devient l'église attitrée de la famille royale au moment où les Valois s'installent à nouveau au Louvre, au XIVe siècle. Paroisse des rois de France en raison de sa proximité avec le palais, l'église est l'une des plus anciennes de Paris.

Ancien régime[modifier | modifier le code]

L'église vers 1550 (Plan de Truschet et Hoyau, détail).

L'église est associée au tragique épisode de la Saint-Barthélemy. Dans la nuit du 23 au 24 août 1572, son tocsin est réputé avoir sonné l'alarme dans la ville et déclenché le massacre des civils protestants[6]. Il est à noter que ce tocsin fut sonné du clocher de l'église (petite tour au sud de l'édifice) et non du beffroi construit seulement au XIXe siècle entre l'église et la mairie du 1er arrondissement. Une des cloches, nommée Marie, datant de 1527, existe toujours.

Molière s'y marie le [7].

Au XVIIIe siècle, à l'occasion de la réunion du chapitre de Saint-Germain-l'Auxerrois à celui de la cathédrale Notre-Dame de Paris en 1745, le jubé[8], dessiné par Pierre Lescot et sculpté par Jean Goujon au XVIe siècle est détruit. De nouveaux aménagements pour le chœur de l'église sont amorcés à partir de 1756, sur les plans de l'architecte Claude Bacarit, qui furent approuvés par l'Académie d'Architecture. Les colonnes sont alors cannelées, et les chapiteaux portent des têtes d'anges sculptées.

Révolution et après[modifier | modifier le code]

Au début de la Révolution, après le retour forcé de la famille royale de Versailles aux Tuileries, le futur Louis XVII y fait sa première communion. Sous la Terreur, Saint-Germain est vidée de son contenu et convertie en magasin de fourrage, en imprimerie, en poste de police, en fabrique de salpêtre. En 1795, le culte théophilanthropique y est célébré. L'église retrouve sa vocation catholique en 1802.

Sous le Premier Empire, un vieux projet de destruction de l'église (déjà initié sous le règne de Louis XIV par Colbert), afin de dégager la colonnade du Louvre par une vaste place au milieu de laquelle le pont Neuf aboutirait, est envisagé puis abandonné dès la Restauration.

L'église en 1834 (lithographie de Theodor Hoffbauer).

Le 13 février 1831, à l'occasion de la onzième commémoration de l'assassinat du duc de Berry, l'église est dévastée par des émeutiers favorables à la monarchie de Juillet, qui interprètent la cérémonie comme une provocation des partisans du régime précédent[9]. À la suite des importantes dégradations, l'édifice est fermé et sa destruction à nouveau envisagée[9]. Pour le protéger, le maire de l'arrondissement qui fait inscrire sur la façade de l'église « Mairie du 4e arrondissement »[9]. Le monument ne sera rendu au culte catholique que plus six années plus tard, le 13 mai 1837[9]. Des restaurations dirigées par Jean-Baptiste-Antoine Lassus et Victor Baltard[réf. souhaitée] sont ensuite entreprises pendant la monarchie de Juillet.

L'église de Saint-Germain l'Auxerrois en 1846, avant la destruction du tissu urbain ancien qui l'entourait.
L'église Saint-Germain-l'Auxerrois avant construction du beffroi et de la mairie du 1er arrondissement - Édouard Baldus (1858).

Au Second Empire, le baron Haussmann refuse une nouvelle fois de la détruire alors que le ministre d'état et de la maison de l'empereur, Achille Fould le lui suggère. En effet, après démolition des vieux immeubles délabrés qui l'entourent, un vaste espace se dégage face à la colonnade du Louvre et l'église se retrouve posée en décrochement sur un des côtés, donnant un air inesthétique à l'ensemble. Cependant, en tant que protestant, le baron ne veut pas qu'on lui reproche d'avoir ordonné la démolition d'un bâtiment aussi symbolique dans lequel avait été donné le signal du massacre de la Saint-Barthélémy.

Il développe alors un projet pour équilibrer le tout : il demande à l'architecte Jacques Hittorff de construire un bâtiment s'inspirant de l'édifice religieux pour abriter la mairie du 1er arrondissement. Hittorff reproduit alors presque à l'identique la façade principale de l'église (un porche surmonté d'une rosace) qu'il flanque de constructions semblables aux immeubles de cette époque.

Entre les deux, Théodore Ballu, Prix de Rome en 1840, fait construire un campanile (ou beffroi) de style gothique flamboyant relié de part et d'autre aux deux édifices par deux portes du même style donnant accès à un square séparant les deux monuments.

L'église Saint-Germain-l'Auxerrois vers 1863-1870, après la construction du beffroi et de la mairie du 1er arrondissement. Photographie d'Édouard Baldus.

Cet ensemble architectural sera édifié entre 1858 et 1863[10].

Plaque rappelant le vœu de Willette.

L'ensemble réalisé fut parfois jugé trop symétrique, au point d'être comparé à « un huilier et ses deux burettes ». Vu de l'extérieur, s'il est difficile de différencier la mairie de l'église[11], seule l'allure générale plus haussmanienne du bâtiment civil le caractérise par rapport à l'édifice religieux.

L'église Saint-Germain l'Auxerrois est, depuis l'Ancien Régime où les artistes étaient logés au Louvre, la « paroisse des artistes ». C'est ici que se marie, le 25 février 1726, Jean-Philippe Rameau. La Société de Saint-Jean pour le développement de l'art chrétien, fondée en 1839 par Henri Lacordaire, y dit la messe et s'y réunit chaque troisième vendredi du mois ; et la messe selon le vœu de Adolphe Léon Willette pour les artistes qui mourront dans l'année y est dite le Mercredi des Cendres[12].

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • VIe siècle : début de construction d'une église sous le vocable de Saint-Germain, sur ordre de Chilpéric Ier (roi des Francs).
  • XIe siècle : seconde église (Saint-Germain-l'Auxerrois) rebâtie sous Robert II le Pieux[5].
  • 2e moitié du XIIIe siècle : reconstruction de l'église sous Philippe IV le Bel. Il en subsiste le vaisseau central et le premier collatéral du chœur, les parties latérales du flanc droit de la nef et le portail.
  • 1420-1425 : reconstruction du vaisseau central et des bas-côtés de la nef à l'exception de la chapelle de la Vierge.
  • 1431[13]-1439 : le maître maçon Jean Gaussel construit le porche et les chapelles du flanc gauche de la nef.
  • Début du XVe siècle : construction du second collatéral, des chapelles du flanc droit du chœur et des chapelles de l'abside.
  • 1541 : construction du jubé sur les plans de Pierre Lescot.
  • 1560-1570 : construction des chapelles du flanc gauche du chœur.
  • 1570 : construction du portail donnant accès au cloître canonial.
  • 1710 : dépose du pilier central avec la statue de saint Germain ainsi que du tympan du Jugement Dernier pour permettre le passage des processions.
  • 1728 : les vitraux sont remplacés par du verre blanc.
  • 1745 : destruction du jubé de Pierre Lescot pour agrandir le chœur.
  • 1756 : l'architecte Claude Bacarit et son beau-frère, le sculpteur Louis-Claude Vassé, mettent le chœur de l'église au goût du jour.
  • 1767 : mise en place des grilles de fermeture du chœur par le serrurier Pierre Deumier.
  • 1838-1855 : restauration de l'église par Jean-Baptiste Lassus et Victor Baltard.
  • 1858-1863 : construction du beffroi latéral nord de l'église par Théodore Ballu.
  • 1993 : à la demande de l'archevêque Jean-Marie Lustiger, les intégristes qui occupent l'église font l'objet d'une expulsion[14].
  • 2007 : la forme extraordinaire du rite romain de l'Église catholique selon le missel de 1962 y est célébrée[15], conjointement à la forme ordinaire du rite romain.
La place du Louvre avec la mairie du 1er arrondissement (à gauche), le beffroi (au centre) et l'église Saint-Germain-l'Auxerrois (à droite).

Description[modifier | modifier le code]

L’église est bâtie selon un plan en forme de croix d’environ 80 m de long sur 40 m de large au transept[16]. Sa nef, haute de presque 20 mètres et constituée de quatre travées en gothique flamboyant, est flanquée de deux-bas côtés abritant des chapelles peu profondes. Le transept est peu saillant et le chœur qui constitue la partie la plus ancienne bien que remanié au XVIIIe siècle comprend un déambulatoire parfois double. L’église se termine par une abside avec un mur plat. Cet édifice possède des vitraux, datant du XVIe pour les plus anciens et du XIXe siècle pour les autres, ainsi que de nombreuses œuvres d'art, tableaux, statues et mobilier.

Façade[modifier | modifier le code]

La façade comprend un porche à cinq baies de style gothique flamboyant construit en 1435-1439 par Jean Gaussel, à une époque où Paris était occupé par les Anglais[17]. En revanche, les statues de saints que l'on peut voir actuellement, pour la plupart copies des œuvres initiales, ne remontent qu’au XIXe siècle.

L'église offre sur la rue de l'Arbre-Sec une curiosité : les carpes de l'église Saint-Germains-l'Auxerrois. Il s'agit d'une frise, sculptée autour de la chapelle centrale, représentant des tronçons de carpes (têtes, corps, queues) alternant avec des rosaces. D'après l'historien de Paris, Jacques Hillairet, cette décoration correspondrait à une demande spécifique du riche drapier Tronson qui, en 1505, avait financé cette chapelle. On ne sait pas si le drapier Tronson avait des poissonniers dans sa famille ou bien si ce sont simplement des tronçons de carpe évoquant son nom [18].

Le portail de l’entrée principale est d’origine ; il date donc du XIIIe siècle. Toutefois son tympan consacré au Jugement dernier, détruit et non restauré, n’est actuellement plus visible. De chaque côté figurent deux groupes de statues du XVe siècle, à gauche, la reine Ultrogothe, le roi Childebert Ier (ou le roi Robert et la reine Constance[19],[13]) et saint Vincent[20], et à droite, Saint Germain, sainte Geneviève et un ange[21]. Sur le trumeau de la porte centrale, on peut voir une madone tenant l’enfant Jésus du XIXe siècle (seule cette statue est du XIXe siècle. Celles de droite et de gauche sont bien médiévales, contrairement à ce qui est indiqué sur la référence "Commons" du groupe nord. Il est vrai qu'elles ont été fortement restaurées au XIXe siècle).
Le portail comporte deux clés de voûte représentant la Nativité et la Cène.

Intérieur[modifier | modifier le code]

L’intérieur de église Saint-Germain l'Auxerrois a beaucoup souffert des « additions et restaurations déplorables qui ont eu lieu sous le règne de Louis XIV[22].

Nef et collatéraux[modifier | modifier le code]

La nef centrale.

La nef élevée en gothique flamboyant est dotée de quatre travées et de doubles collatéraux. Le deuxième collatéral sud est aménagé en une unique chapelle, la chapelle de la Vierge, tandis qu'à gauche, dans le sens Ouest vers l'Est, la partie extérieure du collatéral nord est organisée en plusieurs petites chapelles, celles de Notre-Dame de la compassion, de la sainte Madeleine, de saint Jean Baptiste et des fonts baptismaux.

Cette nef ne comprend, comme nombre d’édifices en gothique tardif, que deux niveaux (absence de triforium) dont le supérieur possède de larges et hautes fenêtres à cinq lancettes en verre blanc depuis la destruction des vitraux et leur remplacement en 1728.


Au nord, la quatrième travée est occupée par un banc d'honneur, ou banc d'œuvre, surmonté d'un dais, tous deux en bois. Destiné à Louis XIV et à la famille royale, ce banc est sculpté par Mercier en 1682-1684[17] d'après les dessins de Perrault et de Lebrun. Mutilé en 1831 lors de la dévastation de l’église, ce banc est restauré sous Louis-Philippe en respectant la conception originelle[23]. La chaire qui lui fait face, également dessinée par Lebrun, date de 1684[17].

Le monumental retable flamand du XVe siècle, situé dans l'une des chapelles latérales nord est un don du comte de Montalivet, ministre de Louis-Philippe.

Les collatéraux, éclairés par des ouvertures limitées à trois lancettes, présentent en revanche, contrairement à la nef, des verrières du XIXe siècle. Réalisés dans les années 1844-1847 par les maîtres-verriers Maréchal et Gugnon ces vitraux représentent, à droite dans la chapelle de la Vierge (collatéral sud), des personnages de l'Ancien Testament et, à gauche dans les différentes petites chapelles du collatéral nord, des figures issues principalement du Nouveau[24]. Ces verrières sont toutes classées MH.

Une des verrières de la Chapelle de la Vierge, le vitrail de la Passion posé en 1839, est considéré comme le prototype des réalisations néo-gothiques issues des travaux de chimistes, historiens et archéologues. Composé de petites scènes juxtaposées inscrites dans des médaillons à dominante rouge et bleu, il s'agit d'un vitrail historiciste, c'est-à-dire d'un vitrail dont la composition et l’iconographie s’inspirent des verrières des siècles passés, en l'espèce ici, de la Sainte-Chapelle et de manuscrits[25].

La chapelle de la Vierge possède outre ses vitraux, de nombreuses autres œuvres d’art, peintures et sculptures, notamment l'original de la sainte Marie l'égyptienne[26] figurant sous le porche. Cette chapelle est quasiment fermée du côté du collatéral intérieur, c'est-à-dire sur sa gauche, par une « boiserie en style gothique d’une grande richesse » haute d’environ 2 mètres datant des travaux de restauration[27].

Le côté est de cette chapelle est fermé par un mur sur lequel Amaury-Duval, élève d'Ingres, a peint le Couronnement de la Vierge. Au centre de cette fresque, a été placée une statue (XIVe siècle) de Marie, reine du Ciel, avec sa couronne et son habit bleu.

Transepts[modifier | modifier le code]

Les transepts nord et sud avaient conservé jusqu’en 2009 la majeure partie des vitraux du XVIe siècle rescapés des péripéties de l’histoire. On trouvait ainsi dans le bras nord, des scènes de la Passion[28], de martyres[29] et de la Vie publique du Christ[30] ainsi qu’une Cour céleste[31] placée dans la rose de la façade. Dans le bras sud figuraient également de belles pièces, une Pentecôte[32] (rose) et l’Incrédulité de saint Thomas[33] exécutées par Jean Chastellain sur des cartons de Noël Bellemare respectivement en 1532 et 1533 ainsi qu’une Assomption de la Vierge[34] réalisée vers 1534-1535. Malheureusement la plupart de ces verrières, ainsi que des pièces du XIXe siècle, ont été détruites en juillet 2009 lors de l’incendie de l’atelier où elles étaient restaurées[35]. Aujourd'hui ces verrières détruites ont été remplacées par du verre blanc.

Transept nord.
Transept sud.

Chœur, déambulatoire et chapelles[modifier | modifier le code]

Le chœur.

Le chœur est la partie la plus ancienne de l’église, même s’il porte le témoignage – notamment les cannelures sur les piliers - des travaux intervenus au XVIIIe siècle. Plus long que la nef, il comprend cinq travées dont les voûtes barlongues[36] et les hautes fenêtres à une ou deux lancettes sont les plus allongées et étirées de l’édifice.

À l'entrée du déambulatoire Sud, figure une inscription sur la face interne du pilier de la tour carrée rappelant le vœu de Willette relatif à la messe célébrée chaque mercredi des Cendres pour les artistes devant mourir dans l'année.

Entre le chœur et le déambulatoire se trouve un retable, triptyque marial, œuvre de l’École Française du XVIe siècle datée entre 1510 et 1530. Confisqué à la Révolution il est dans un premier temps vendu puis la paroisse de Saint-Germain l’Auxerrois l’achète en 1831 lors des travaux de restauration. Toutefois en l’état actuel, ce retable incomplet n’a pas retrouvé son état d’origine[37] .

Une chapelle contient deux statues funéraires du XVIIe siècle, celles d'Etienne d'Aligre père et fils, par Laurent Magnier (1618-1700), tous deux chanceliers de France. Elles proviennent du tombeau de la famille d'Aligre initialement dans l'église Saint-Germain-l'Auxerrois et elles ont fait partie précédemment des collections du premier musée des monuments français d'Alexandre Lenoir[38]. Elles furent restaurées par Louis-Denis Caillouette (1790-1868), vers 1838.

Les grandes orgues[modifier | modifier le code]

Saint-Germain-l'Auxerrois :
les grandes orgues.

Il ne reste aucune trace de ce qu'ont été les grandes orgues de la Paroisse royale avant la Révolution. On sait seulement que Louis-Claude Daquin en fut organiste autour de 1738. L'orgue actuel fut transporté en juillet 1791 depuis la Sainte-Chapelle, où il avait été construit vingt ans auparavant par François-Henri Clicquot[39], dans un buffet dessiné par Pierre-Noël Rousset.

Cette attribution n'est pas sans poser quelques interrogations : d'une part, les dimensions du grand buffet de Saint-Germain-l'Auxerrois laissent difficilement imaginer son intégration dans la Sainte-Chapelle ; d'autre part, son vocabulaire décoratif néo-classique et son mouvement concave, sans véritable tourelle autre que les tourelles latérales, semblent très modernes pour la date du dessin de Rousset (1752). Enfin, du matériel instrumental fut également récupéré de l'École militaire et de la collégiale Saint-Honoré. L'orgue est alors un "grand huit-pieds" (c'est-à-dire avec Bourdon de 16') sur quatre claviers et pédale en 16'.

Louis-Paul Dallery, qui avait entretenu l'orgue depuis son installation, eut en 1838 la charge d'une restauration importante, à la suite de la réouverture de l'église ; c'est à l'issue de ces travaux, le 1er août 1840, qu'Alexandre Boëly (1785-1858) fut nommé organiste. C'est lui qui avait demandé à Dallery d'installer le premier pédalier "à l'allemande", pour pouvoir jouer les œuvres de Jean-Sébastien Bach.

Entre 1847 et 1850, il supervise de nouveaux travaux par Ducroquet, qui modifient profondément la structure de l'instrument : réduction à trois claviers manuels, sommiers neufs pour le Grand-Orgue, création d'un clavier de Récit expressif en haut de l'instrument (commençant au Fa 2), réduction des mutations et introduction de jeux à anches libres (Euphones de 16' et 8' respectivement au Grand-Orgue et au Positif, Cor anglais au Récit). Cette évolution de l'instrument montre aussi celle du goût de Boëly, jusque là considéré comme le conservateur des traditions de l'orgue français d'Ancien Régime.

Boëly est renvoyé en 1851 ; Eugène Vast (1835-1911), organiste de chœur, « continuera à faire les fonctions de suppléant »[40], sans jamais être nommé titulaire, jusqu'en 1909.

En 1864, l'instrument est encore remanié par Joseph Merklin : construction d'une machine Barker pour le grand-orgue et les accouplements de claviers, nouveaux sommiers de pédale, extension du Récit (qui commencera désormais au Do 2), suppression des jeux à anches libres (sauf l'Euphone du Positif, rebaptisé Clarinette), décalage en Bombarde 16' de la 2e Trompette du Grand-Orgue. Les jeux de fonds sont pavillonnés.

Après Eugène Vast, l'orgue a pour titulaires Marcel Rouher, Jean Pergola, Michel Chapuis, Léon Souberbielle et Ricardo Miravet.

Dans les années 1970-1980, c'est avec celui-ci que le facteur d'orgues Adrien Maciet remplace au Positif le Salicional (de Ducroquet), la Flûte de 4' et la Clarinette (ancien Euphone) par une Tierce, un Cromorne et des Pleins-jeux, dans l'idée d'un illusoire « retour à Clicquot », dont un sommier subsiste en effet à ce clavier. Plus judicieusement, il re-décale la Bombarde pour restituer les deux Trompettes de Clicquot.

Cependant, l'orgue continue de se dégrader et devient muet en 1995.

L'actuel titulaire, Henri de Rohan-Csermak, est nommé en 2002. En octobre 2004, des Journées d'études internationales, à l'initiative de l'Association Aristide Cavaillé-Coll, sont organisées autour de l'instrument. En 2005, celui-ci est remis en vent par Michel Goussu, grâce à qui il peut fonctionner occasionnellement jusqu'à ce qu'en 2008, la ville de Paris confie à Laurent Plet un relevage a minima qui, effectué dans le respect le plus précautionneux du matériel historique, permet aujourd'hui de l'entendre dans un état correct de vent, d'accord et d'harmonie. Les ajouts de Maciet ont été conservés, mais réharmonisés et reclassés. Les grandes anches du XVIIIe, qui avaient été décalées d'un ton, ont retrouvé leur emplacement d'origine, restituant ainsi le grand jeu de Clicquot, puisque la plupart des tuyaux de ces jeux sont intacts. Le fond d'orgue, en revanche, reste marqué par l'harmonie romantique que lui a donnée l'intervention de Merklin, dont le dépoussiérage permet de découvrir le grand intérêt. Une autre redécouverte est celle du Récit de Ducroquet, qui était devenu inaudible.

L'orgue étant classé monument historique depuis 1961, une étude préalable est en cours[41] par le technicien-conseil compétent, Christian Lutz, en vue d'une véritable restauration : on sait combien, pour un instrument à l'histoire aussi complexe et au matériau aussi disparate, le choix d'une option est délicat et les controverses violentes.

L'église Saint-Germain-l'Auxerrois et l'art[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Gallia Christiana dit qu'en 581 il y avait quatre abbayes aux portes de Paris : Saint-Laurent vers l'est, Sainte-Geneviève au sud, Saint-Germain-des-Prês à l'ouest et Saint-Germain-l'Auxerrois au nord.
  2. a et b Théodore Muret, Histoire de Paris, depuis son origine jusqu'à nos jours, 1837, p. 205.
  3. Journal des demoiselles, janvier 1841, no 1, 9e année, 2e série, p. 33.
  4. Rue des Fossés-Saint-Germain-l'Auxerrois.
  5. a et b Guérard, Cartulaire de l'église Notre-Dame de Paris, vol. 4, 1850, p. 378.
  6. Contrairement à ce qui est souvent dit et écrit, ce tocsin ne fut pas le signal de départ d'une tuerie planifiée. C'est le bruit suscité par l'attaque de l'hôtel de Coligny situé à proximité, qui aurait provoqué l'affolement des paroissiens et le déclenchement improvisé du tocsin d'après Arlette Jouanna, La Saint-Barthélemy. Les mystères d’un crime d’État. 24 août 1572, Paris, Gallimard, « Les journées qui ont fait la France », 2007, p. 167. et Denis Crouzet, La nuit de la Saint-Barthélemy. Un rêve perdu de la Renaissance, Fayard, 1994, p. 408-409. On peut même présumer que le tocsin fit avorter une partie de l'opération militaire consistant à éliminer les chefs protestants, puisque le tocsin permit d'alerter les protestants logés sur la rive gauche dans le faubourg de Saint-Germain-des-Près, et provoqua leur fuite.
  7. Extrait du registre paroissial de l'église Saint-Germain-l'Auxerrois à Paris : Du lundi vingtiesme [février 1662] Jean Baptiste Poquelin, fils de Jean Poquelin et de feüe Marie Cresé d'une part et Armande Gresinde Béiard, fille de feu Joseph Béiard et de Marie Herué d'autre part, tous deux de cette paroisse, vis-à-vis le Palais Royal, fiancés et mariés tout ensemble, par permission de M. Comtes, doyen de Nostre-Dame et grand vicaire de Monseigneur le Cardinal de Retz, archevesque de Paris, en présence de Jean Poquelin, père du marié et de André Boudet, beau-frère dud. marié et de lade dame Herué, mère de la mariée, et Louis Béiard et Magdeleine Béiard, frère et sœur de lad. mariée et d'autres, avec dispense de deux bans. Les registres paroissiaux et d'état civil à Paris ont été détruits par les incendies de la Commune de Paris (1871) mais l'acte a été recopié par l'archiviste Auguste Jal dans son Dictionnaire critique de biographie et d'histoire, Paris, Henri Plon, 1872, page 871.
  8. Quelques bas-reliefs sont conservés au Louvre, département de la Renaissance française.
  9. a, b, c et d Baurit et Hillairet 1955, « chapitre XVIII Le sac de l'église », p. 156 à 158.
  10. Mémoires du baron Haussmann, Georges Eugène Haussmann, Publié par Victor-Havard, Paris, 1893 - tome III - p. 500 et 501.
  11. Paris, rive droite par Philippe Krief, Éditions Massin, 2004, 210 p., ISBN 2-7072-0488-9.
  12. Ceux qui te saluent… (prière de Willette, juin 1914.).
  13. a et b M. Troche, Mémoire historique et critique sur le portail, le porche et les peintures du porche de l'église royale et paroissiale de Saint-Germain-l'Auxerrois à Paris, Revue Archéologique, 3e Année, no 2, (15 octobre 1846 au 15 mars 1847), pp. 591-616 (p. 594, statues p. 603).
  14. François Devinat, « Les intégristes fêtent l'Occupation. Il y a 20 ans, les traditionalistes investissaient Saint-Nicolas-du-Chardonnet » 3 mars 1997, [1].
  15. dépêche AFP du 16/10/2007 17:04.
  16. Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Paris, Les Éditions de Minuit, 1972, 1985, 1991, 1997 , etc. (1re éd. 1960), 1 476 p., 2 vol.  [détail des éditions] (ISBN 2-7073-1054-9, OCLC 466966117, présentation en ligne), t. 2, p. 60
    Jacques Hillairet donne quelques informations complémentaires :
    « L’église de Saint-Germain l’Auxerrois [est] longue d’environ 80 mètres, large de 41, haute de 19,50 m à la nef et de 8,25 sur les bas-côtés ».
  17. a, b et c Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Paris, Les Éditions de Minuit, 1972, 1985, 1991, 1997 , etc. (1re éd. 1960), 1 476 p., 2 vol.  [détail des éditions] (ISBN 2-7073-1054-9, OCLC 466966117, présentation en ligne), t. 2, p. 60.
  18. Jacques Hillairet - Dictionnaire historique des rues de Paris - T.1, p. 99 - Édition 1997.
  19. M. Rigollot, Histoire des arts du dessin, depuis l'époque romaine jusqu'à la fin du XVIe siècle, vol. 2, 1864, p. 84.
  20. « Notice no PM75000114 », base Palissy, ministère français de la Culture.
  21. « Notice no PM75000115 », base Palissy, ministère français de la Culture.
  22. Félix Lazare, Louis Lazare, Dictionnaire historique des rues et monuments de Paris 1855, p. 383.
  23. Félix Lacaze, Louis Lacaze - Dictionnaire historique des rues et monuments de Paris - p. 382.
  24. Base Palissy.
  25. Laurence de Finance - Chronologie de la renaissance du vitrail à Paris au XIXe siècle : L’exemple de l’église Saint-Laurent - p. 4 ici.
  26. Anciennement placée sous le porche, elle fut datée initialement de la fin du XVe, mais il semble aujourd'hui qu'elle ne remonte pas au-delà du premier quart du XVIe. Comme la majorité des pièces de cette église, elle est classée (réf. : PM75000139).
  27. Félix Lacaze, Louis Lacaze - Dictionnaire historique des rues et monuments de Paris - p. 383.
  28. « Notice no PM75000154 », base Palissy, ministère français de la Culture et « Notice no PM75000155 », base Palissy, ministère français de la Culture.
  29. « Notice no PM75000151 », base Palissy, ministère français de la Culture.
  30. « Notice no PM75000152 », base Palissy, ministère français de la Culture.
  31. « Notice no PM75000153 », base Palissy, ministère français de la Culture.
  32. « Notice no PM75000156 », base Palissy, ministère français de la Culture.
  33. « Notice no PM75000158 », base Palissy, ministère français de la Culture.
  34. « Notice no PM75000157 », base Palissy, ministère français de la Culture.
  35. Le Parisien du 24 juillet 2009.
  36. Une voûte d'ogives est dite barlongue lorsqu'elle forme, à chaque travée, un rectangle dont le côté le plus long est perpendiculaire à la nef. Elle est dite oblongue dans le cas contraire.
  37. D’après la notice descriptive du retable affichée en février 2011 dans l’église Saint-Germain l’Auxerrois.
  38. Base Palissy.
  39. Inauguration en 1771 par Daquin et Balbastre.
  40. Délibération du Conseil de fabrique, 28 juillet 1851.
  41. à la date de mai 2009.
  42. https://fr.wikisource.org/wiki/Trois_%C3%A9glises_et_trois_primitifs/Sain_Germain-l%E2%80%99Auxerrois.
  43. Françoise Ravelle, Paris impressionniste, 100 tableaux de légende, Paris, Éditions Parisgramme, 2016, p.20/127 p. (ISBN 9782840969686).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur l'église[modifier | modifier le code]

  • Maurice Baurit et Jacques Hillairet, Saint-Germain-l'Auxerrois : église collégiale royale et paroissiale – L'église – La paroisse – Le quartier, Paris, Les Éditions de Minuit,
  • Maurice Baurit, Saint-Germain-l'Auxerrois, son histoire, ses œuvres d'art, Imprimerie générale du Centre, 1963.
  • Arlette Jouanna, La Saint-Barthélemy : Les mystères d'un crime d'État, 24 août 1572, Paris, Gallimard, coll. « Les journées qui ont fait la France », , 407 p. (ISBN 978-2070771028)
  • Joris-Karl Huysmans, cf. supra.
  • Anne Massoni, La collégiale Saint-Germain l'Auxerrois de Paris (1380-1510), Presses Universitaires de Limoges et du Limousin, 2009, (ISBN 9782842874803).

Sur les orgues[modifier | modifier le code]

  • Le Grand Orgue de Saint-Germain-l'Auxerrois à Paris : historique, situation, perspectives, actes des Journées d'étude des 22-23 oct. 2004, Paris, La Flûte harmonique, 2005-2006.
  • Pierre Dumoulin (dir.), Orgues de l'Île-de-France, Tome IV, Paris, ARIAM Île-de-France/Aux Amateurs de livres, 1992.
  • Id., "Le Souffle de Boëly, l'orgue de Saint-Germain-l'Auxerrois", in Orgues nouvelles no 2, automne 2008.
  • Georges Lartigau, "Alexandre Pierre François Boëly et l'orgue", in BOËLY (A. P. F.), Œuvres complètes pour orgue, volumes I & II éd. Nanon Bertrand-Tourneur et Henri de Rohan-Csermak, Paris, Publimuses, 2001.
  • Félix Raugel, Les Grandes Orgues des églises de Paris et du département de la Seine, Paris, Fischbacher, 1927.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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