Gabriel de Broglie

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Gabriel de Broglie
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Gabriel de Broglie en 2010.
Fonctions
Conseiller d'État
jusqu'en
Chancelier
Institut de France
-
Président
Comité d'histoire de la télévision
-
Président
Institut national de l'audiovisuel
-
Président
Société d'histoire diplomatique
Biographie
Naissance
Nationalité
Formation
Activités
Famille
Enfant
Charles-Édouard de Broglie (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Membre de
Distinctions
Prononciation

Gabriel Joseph Marie Anselme de Broglie Écouter, né le à Versailles, est un haut fonctionnaire et essayiste français. Ses anciennes fonctions de chancelier de l’Institut de France (de 2006 à 2017) font l'objet de controverses.

Membre d'honneur de l'Académie des sciences morales, des lettres et des arts de Versailles et d'Île-de-France depuis 1994[1], il est membre de l’Académie des sciences morales et politiques depuis 1997[2], membre d'honneur de l'Académie roumaine et membre correspondant de l'Académie des sciences morales et politiques d'Argentine (es)[1]. Il est membre de l’Académie française depuis 2001, élu au fauteuil numéro 11, successeur d’Alain Peyrefitte[3]. C’est le cinquième « immortel » de sa famille. Après avoir été chancelier de l’Institut de France de 2006 à 2017, il est chancelier honoraire depuis le 1er janvier 2018[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Issu de la branche cadette, dite "de Rethel" de la maison de Broglie, il épouse en 1953 Diane Yda de Bryas-Desmier d’Archiac (V. Famille de Bryas), dont :

Formation[modifier | modifier le code]

Gabriel de Broglie étudie à l'École Saint-Martin-de-France à Pontoise, puis à l’Institut d’études politiques de Paris et à l’École nationale d’administration (promotion Tocqueville 1960)[6].

Conseil d’État[modifier | modifier le code]

Gabriel de Broglie entre en 1960 au Conseil d’État comme auditeur, puis maître des requêtes et enfin conseiller d’État. Depuis 1999, il est conseiller d’État honoraire[7].

Cabinets ministériels[modifier | modifier le code]

De 1962 à 1971, Gabriel de Broglie est successivement membre de différents cabinets ministériels :

Responsabilités dans l'audiovisuel[modifier | modifier le code]

De 1971 à 1989, la carrière de Gabriel de Broglie se poursuit dans l'audiovisuel, enchaînant et/ou cumulant un certain nombre de fonctions :

Institut de France[modifier | modifier le code]

Gabriel de Broglie a été élu deux fois académicien, avant de parvenir à la plus haute fonction au sein de l'Institut de France.

Divers[modifier | modifier le code]

Gabriel de Broglie fut, ou est encore, membre d'un certain nombre d'institutions et titulaire de diverses fonctions.

Controverses[modifier | modifier le code]

Faits reprochés[modifier | modifier le code]

En février 2014, Gabriel de Broglie est mis en cause pour sa gestion du patrimoine de l'Institut de France, dans un ouvrage de Daniel Garcia intitulé Coupole et dépendances – enquête sur l’Académie française[8].

Cet ouvrage dénonce plusieurs faits :

  • l'opacité de la gestion par Gabriel de Broglie (Le Figaro du 7 février 2014) d'un patrimoine qu'il estime à plus d'un milliard d'euros.
  • 3,3 millions d'euros, en liquidités, sortis des comptes de l'Institut à l'occasion de la vente de l'immeuble de l'avenue Gabriel où Broglie est intervenu,
  • la façon dont Gabriel de Broglie a délibérément cherché à cacher la pollution qui entachait la parcelle où sera construit l'auditorium André et Liliane Bettencourt [9],
  • les souffrances d'employés de l'Institut soumis aux ordres du chancelier Broglie[9] et du personnel décrivant l'Institut comme une zone de "non droit"

Procès en diffamation perdus[modifier | modifier le code]

Gabriel de Broglie, considérant que l’ouvrage et l’interview contenaient des propos diffamatoires à son égard, a saisi la justice, mais le Tribunal de grande instance de Paris[10] a rejeté ses demandes.

Gabriel de Broglie a fait appel de cette décision, mais la Cour d’appel de Paris[11] a elle aussi rejeté ses demandes.

La Cour de cassation a cassé l’arrêt de la Cour d’appel de Paris dans un arrêt[12] du 19 février 2019, sans donner raison à Gabriel de Broglie sur le fond.

Gabriel de Broglie et la langue française[modifier | modifier le code]

La langue française lui évoque tout à la fois l’enfance, l’adolescence et la maturité. C’est aussi une nourriture nécessaire. Lire un livre suppose que quelqu’un l’a pensé et l’a écrit. La langue est en mouvement, harmonieuse. C’est une langue solidement constituée au niveau de la syntaxe.

Au cours des débats de l’Académie des sciences morales et politiques, il donne aussi son opinion, plutôt optimiste, sur la place du français dans le monde, notamment devant la montée de l’anglais comme langue universelle. Il se montre critique à l’égard des chercheurs utilisant l’anglais dans leur ouvrage de vulgarisation ou leur cours. C’est le cas notamment de certains professeurs du Collège de France. Ce phénomène nouveau est de plus en plus répandu par ce qu’il confère une meilleure visibilité « médiatique » aux chercheurs[13].

Concernant les langues au niveau européen, Gabriel de Broglie prône l’apprentissage d’au moins deux langues, dont une étrangère dès la primaire. Il milite donc en faveur du plurilinguisme. Il rappelle qu’une telle obligation à l’échelle de l’Union ne peut être prise que si la Grande-Bretagne accepte. Or, les jeunes Anglais n’apprennent que leur langue maternelle à l’école. Cela est un élément de critique adressée à l’anglais et son monopole international.

Il rappelle également qu’il faut différencier l’anglais britannique de l’anglo-américain généralement pratiqué dans le monde entier et tel qu’il est enseigné parfois dans le secondaire en France. La langue anglaise, dit-il, est d’une grand efficacité. L’anglais classique est d’ailleurs une langue littéraire aussi riche que le français, notamment en matière de poésie et de théâtre[13].

L’allemand, langue de travail, n’a pas la même fonction que l’anglais, langue de communication. La montée de l’allemand en Europe, d’après de Broglie, permettrait un rééquilibrage entre le français et l’anglais par l’imposition d’une troisième langue forte.

Gabriel de Broglie a occupé ou occupe toujours des responsabilités importantes en rapport avec la langue française et la francophonie.

Décorations[modifier | modifier le code]

Il est le récipiendaire de plusieurs décorations françaises et étrangères dont[3],[14],[15] :

Distinctions[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Le Général de Valence ou l’Insouciance et la gloire, Paris, Perrin, 1972. (ISBN 2262020086)
  • Ségur sans cérémonie, 1757-1805 ou la Gaieté libertine, Paris, Perrin, 1977. Biographie de Joseph-Alexandre, vicomte de Ségur.
  • Histoire politique de la Revue des deux mondes (1829 à 1979), Paris, Perrin, 1979.
  • L’Orléanisme : la ressource libérale de la France, Paris, Perrin, 1981.
  • Une Image vaut dix mille mots : essai sur la télévision, Paris, Plon, 1982.
  • Madame de Genlis, Paris, Perrin, Paris, 1985. (ISBN 2262018405)
  • Le Français pour qu’il vive, Paris, Gallimard, 1987.
  • Guizot, Paris, Perrin, 1990. (ISBN 2262018537)
  • Le XIXe siècle : l’éclat et [le] déclin de la France, Paris, 1995. (ISBN 2262009104)
  • Mac Mahon, Paris, Perrin, 2000. (ISBN 2262011435)
  • Le droit d’auteur et l’internet, Paris, PUF, 2001. (ISBN 2130514685)
  • La monarchie de Juillet, Paris, Fayard, 2011. (ISBN 9782213662503)
  • Impardonnable 20e siècle, Paris, Tallandier, 2017
  • Dir. avec Hélène Carrère d'Encausse, Giovanni Dotoli et Mario Selvaggio, Le Dictionnaire de l'Académie française : langue, littérature, société, Paris, Hermann, coll. « Vertige de la langue », , 427 p. (ISBN 978-2-7056-9381-7)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Prince Gabriel de Broglie », sur academiedeversailles.com
  2. « Gabriel de Broglie », sur asmp.fr
  3. a et b « Gabriel de Broglie », sur academie-francaise.fr
  4. Décret du 4 janvier 2018 portant approbation d'une élection à l'Institut de France : M. de BROGLIE (Gabriel) (lire en ligne)
  5. « Gabriel de Broglie, académicien », sur maisondebroglie.com
  6. evene
  7. « Biographie Gabriel de Broglie », sur unesco.delegfrance.org
  8. Daniel Garcia, COUPOLE ET DÉPENDANCES : ENQUÊTE SUR L'ACADÉMIE FRANÇAISE, Paris, Editions du Moment, , 296 p. (ISBN 978-2-35417-264-0)
  9. a et b Nicolas Guégan, « La face cachée de l'Académie française », Le Point,‎ (lire en ligne)
  10. Tribunal de grande instance de Paris, 17e chambre, 13 septembre 2016
  11. Cour d'Appel de Paris, Pôle 2 -Chambre 7, 24 mai 2017
  12. Cour de cassation, criminelle, Chambre criminelle, 19 février 2019, 17-85.115, Publié au bulletin, (lire en ligne)
  13. a et b Pierre Ter-Sarkissian, « Le français, pour qu'il vive par Gabriel de Broglie, 1986 », Hommes & Migrations, vol. 1108, no 1,‎ , p. 97-99 (lire en ligne)
  14. « Gabriel de Broglie, Chancelier de l’Institut, Grand Officier de l’Ordre du Mérite de la République de Pologne », sur paris.mfa.gov.pl,
  15. « Remise de la médaille de l'Ordre du Phénix à trois académiciens français », sur iNFO-GRECE.COM, (consulté le )
  16. « 2013 - », sur excellencefrancaise.com (consulté le ).

Liens externes[modifier | modifier le code]