Jean Ier le Posthume

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Jean Ier
Gisant du roi Jean Ier le Posthume, à la basilique de Saint-Denis, près de Paris.
Gisant du roi Jean Ier le Posthume, à la basilique de Saint-Denis, près de Paris.
Titre
Roi de France et de Navarre

4 jours
Couronnement Jamais couronné
Régent Philippe de Poitiers (1316)
Prédécesseur Louis X
Successeur Philippe V
Biographie
Dynastie Capétiens
Date de naissance
Lieu de naissance Paris (France)
Date de décès (mort âgé de 5 jours)
Lieu de décès Paris (France)
Père Louis X
Mère Clémence de Hongrie

Jean Ier le Posthume
Rois de France
Rois de Navarre

Jean Ier, dit « le Posthume »[1],[2], roi de France et roi de Navarre, est le fils posthume de Louis X le Hutin et de Clémence de Hongrie. Né le [3],[4], il ne vécut que quatre jours. Il est enterré dans la basilique Saint-Denis. Le comte de Poitiers, alors régent, fut proclamé roi de France sous le nom de Philippe V.

Biographie[modifier | modifier le code]

Conséquences de sa mort[modifier | modifier le code]

« Jean I · roy de France · » (1316) - vue d'artiste de Jean Dassier (1676-1763). Buste du roi à droite, la tête ceinte d’une couronne fleurdelisée.
Bibliothèque nationale de France.

La mort prématurée de Jean Ier amena le premier problème de succession de la dynastie capétienne.

Quand Louis X le Hutin, son père, mourut sans fils pour lui succéder, c'était la première fois depuis Hugues Capet que la succession de père en fils des rois de France était interrompue. On décida alors d'attendre que la reine Clémence, qui était enceinte, mette son enfant au monde. Et pour l'heure, le frère du roi, Philippe, fut chargé de la régence du royaume contre son oncle Charles de Valois. La naissance d'un enfant mâle était donc très attendue pour donner à la France son roi.

Le problème de succession demeura quand le nourrisson, proclamé roi de France sous le nom de Jean Ier, mourut cinq jours après sa naissance, sort qui fit de lui « le seul roi de France à avoir régné de sa naissance à sa mort »[5]. Son oncle, après l'avoir fait reconnaître roi au cours de la cérémonie d'enterrement à Saint-Denis[6], monta sur le trône, aux dépens de sa nièce de cinq ans Jeanne, fille de Louis le Hutin et de Marguerite de Bourgogne.

Survie légendaire[modifier | modifier le code]

Diverses légendes circulèrent sur cet enfant royal. Tout d'abord, la rumeur voulut que son oncle Philippe V ou la belle-mère de ce dernier Mahaut d'Artois, l'ait fait tuer, en l'étouffant ou en lui piquant la tête avec une épingle. D'autres allégations attribuaient à un empoisonnement la mort du roi Louis X le Hutin, père de l'enfant[7].

Une imposture survenue quelques dizaines d'années plus tard vint lancer la rumeur que le petit roi Jean n'était pas mort. Pendant la captivité du roi Jean II le Bon (1356-1360), un Siennois du nom de Giannino Baglioni prétendit être Jean Ier et donc l'héritier de la couronne. Il essaya de faire valoir ses droits, mais fut fait prisonnier en Provence. Une étude historique relativement récente, "L'uomo che si credeva re di Francia", publiée en Italie en 2005 et consacrée à ce sujet, fait le point sur ce fait. Selon l'auteur de l'ouvrage, c'est Cola di Rienzo ou bien Giannino lui-même, qui fit fabriquer les faux censés attester que Giannino Baglioni était Jean Ier le Posthume. Peu après leur rencontre en 1354, Cola di Rienzo fut assassiné, et Giannino attendit deux ans avant de faire état de ses prétentions. Il se rendit à la cour de Hongrie où le roi Louis Ier de Hongrie, neveu de Clémence de Hongrie, le reconnut comme le fils de Louis X et de Clémence ce qui, d'ailleurs, ne lui servit en rien. En 1360, Giannino se rendit à Avignon, mais le pape Innocent VI refusa de le recevoir. Après plusieurs tentatives pour se faire reconnaître, il fut arrêté et emprisonné à Aix-en Provence. Transféré d'abord à Marseille et plus tard à Naples, il y mourut en 1362.

Dans sa suite romanesque historique Les Rois maudits, Maurice Druon reprend certaines de ces légendes, en construisant notamment son récit autour de l'hypothèse de la survie de Jean Ier, sauvé et élevé en Italie sous le nom de Giannino Baglioni.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Murielle Gaude-Ferragu, D'or et de cendres : la mort et les funérailles des princes dans le royaume de France au bas Moyen Âge, Villeneuve-d'Ascq, Presses universitaires du Septentrion, coll. « Histoire et civilisations », , 395 p. (ISBN 2-85939-878-3), p. 311.
  2. Jean Ier de France sur le site de la Foundation for Medieval Genealogy, lire en ligne.
  3. (la) Guillaume de Nangis, Chronique latine de Guillaume de Nangis, de 1113 à 1300, avec les continuations de cette chronique, de 1300 à 1368 : Nouvelle édition, revue sur les manuscrits, annotée et publiée pour la Société de l'histoire de France / par H. Géraud, ancien élève de l'École des Chartes, t. 1, Paris, Jules Renouard et Cie, , CXXIV-436 p. (lire en ligne), p. 430, n. 1.
  4. André Burguière (dir.), Jacques Revel (dir.) et Jacques Le Goff (dir.), Histoire de la France, vol. 2 : L'État et les pouvoirs, Paris, Seuil, , 653 p. (ISBN 2-02-010237-4), p. 132.
  5. Frédérique Patat, Quiz Histoire de France, t. 1 : Les Rois, Frédérique Patat, , 125 p. (ISBN 9791092188165), p. 4.
  6. L'Intermédiaire des chercheurs et curieux, 1990, no 464-474, p. 590.
  7. Langlois 1901, p. 219, [lire en ligne].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]