François-Louis de Bourbon-Conti

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François Louis de Bourbon
Le jeune François-Louis, alors prince de La Roche-sur-Yon
Le jeune François-Louis, alors prince de La Roche-sur-Yon

Titre prince de Conti
(1685-1709)
Autre titre comte de La Marche
Prédécesseur Armand de Bourbon
Arme Cavalerie
Grade militaire lieutenant général
Années de service 1683
Conflits Guerre des Réunions, guerre de la Ligue d'Augsbourg
Faits d'armes Sièges de Courtrai et de Dixmude (1683), siège de Philippsburg., Bataille de Fleurus (1690), siège de Mons (1692), Siège de Namur (1692), Bataille de Steinkerque, Bataille de Neerwinden (1693)
Distinctions chevalier de l'ordre du Saint-Esprit
Biographie
Dynastie Maison de Bourbon
Surnom « le Grand Conti »
Naissance
Paris
Décès (à 44 ans)
Paris
Père Armand de Bourbon-Conti (1629-1666)
Mère Anne Marie Martinozzi
Conjoint Marie-Thérèse de Bourbon-Condé (1666-1732)
Liaisons duchesse de Bourbon
Enfants Mlle de Conti (1689-1720), Louis Armand II de Bourbon-Conti (1695-1727) ;

François Louis de Bourbon, comte de la Marche, comte de Clermont, prince de La Roche-sur-Yon (titre offert par la Grande Mademoiselle[1]), puis 3e prince de Conti (1685), dit le Grand Conti, est né à Paris le 30 avril 1664 et mort à Paris le 9 février (ou 22 février selon le Journal du marquis de Dangeau) 1709.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'Armand de Bourbon-Conti (1629-1666), premier prince de Conti, et de la princesse née Anne Marie Martinozzi, nièce de Mazarin, il est le frère cadet de Louis Armand Ier de Bourbon-Conti (1661-1685), 2e prince de Conti. Il est baptisé le jour de sa naissance en l'église Saint-Sulpice avec pour parrain son oncle, le Grand Condé, et pour marraine sa tante, la duchesse de Longueville.

Considéré comme un enfant intelligent, il reçoit une excellente éducation et se distingue à la fois par son indépendance d'esprit et par l'agrément de ses manières. Ces qualités, alliées à une haute naissance, sont jugées dangereuses par Louis XIV, qui le tiendra toujours à distance.

Son père meurt en 1666 et sa mère en 1672, le confiant par testament, avec son frère aîné, à leur tante la duchesse de Longueville et à leur oncle et tuteur le prince de Condé.

En 1683, il participe avec son frère aux sièges de Courtrai et Dixmude, et se distingue l'année suivante au siège de Luxembourg en montant à l'assaut d'un bastion à la tête de ses grenadiers.

En 1685 il assiste avec son frère les partisans de l'Empereur en Hongrie, contribuant à la défaite des Turcs à Gran.

De là, il écrit quelques lettres impertinentes à sa belle-sœur, la princesse de Conti, fille de Louis XIV et de la duchesse de la Vallière (dont on prétendait qu'il avait été le premier amant au lieu de son frère), qui lui répond sur le même ton. Ces lettres, dans lesquelles il se moque de Louis XIV en l'appelant « le roi du théâtre », sont interceptées et ce persiflage lui vaut, à son retour en France, d'être temporairement exilé à Chantilly, où il est blessé par un cerf lors d'une chasse, le 9 octobre 1685 (il en conservera une cicatrice entre l'œil et la tempe). C'est au cours de cet exil qu'il devient prince de Conti à la mort de son frère, survenue le 9 novembre 1685.

Le 2 juin 1686, sur les instances de son oncle, le Grand Condé, Louis XIV lui confère la qualité de chevalier de l'ordre du Saint-Esprit avec les autres princes du sang.

Dès le 25 septembre 1688, la guerre de la Ligue d'Augsbourg ayant éclaté, Conti, n'ayant pas reçu de commandement du roi, part comme simple volontaire pour participer au siège de Philippsburg. En mai 1689, il suit son ami intime le maréchal de Luxembourg aux Pays-Bas et prend part à la victoire de Fleurus en 1690. En 1692, Il participe au siège de Mons et à celui de Namur, il est nommé lieutenant général le 3 mai. À Steinkerque le 3 août, il a deux chevaux tués sous lui. Il est blessé d'un coup de sabre avant d'abattre son agresseur à la bataille de Neerwinden en 1693.

Revenu à la cour, auréolé de prestige militaire et ne dédaignant pas les hommages tant féminins que masculins, Conti s'insinue dans les bonnes grâces du Grand Dauphin, ce qui achève de lui aliéner le roi. Avec le dauphin, il fait la campagne de Flandre en 1694, revenant à la Cour à la fin septembre.

À la mort de son cousin germain, le duc de Longueville, en 1694, et conformément au testament de ce dernier, Conti prétend à la principauté de Neuchâtel et entre en rivalité avec la sœur du duc, la duchesse de Nemours. Quoique les tribunaux aient prononcé en sa faveur, il ne peut obtenir des Suisses l'assistance militaire sollicitée et, par ordre du roi, doit s'incliner en 1699.

En 1697, Louis XIV lui offre le trône de Pologne, vacant à la suite du décès de Jean Sobieski l'année précédente, et assure son élection le 25 juin 1697 grâce aux pots-de-vin distribués par l'abbé de Polignac. Conti part d'assez mauvaise grâce pour son royaume, empruntant une escadre commandée par Jean Bart. Il est vrai qu'il laisse à Versailles la duchesse de Bourbon, pour qui il a une tendre affection. Pour vaincre ses préventions, Louis XIV lui remet 2 400 000 livres et 100 000 livres pour ses frais d'équipage. Escorté jusqu'à Dantzig par une escadre commandée par Jean Bart, il trouve son rival, l'électeur de Saxe Auguste II le Fort, déjà installé sur le trône polonais et donne à son escadre l'ordre de le ramener aussitôt en France où il arrive le 12 décembre et où le roi lui fait malgré tout bonne figure.

Conti vivra dès lors dans une quasi-oisiveté, se consacrant à agrandir et à embellir ses propriétés, notamment son château de L'Isle-Adam. Mais les déboires rencontrés par les armées françaises durant les premiers temps de la Guerre de Succession d'Espagne convainquent Louis XIV de nommer Conti, dont les qualités militaires sont hautement estimées, à la tête des troupes en Italie. Mais le prince tombe gravement malade avant d'avoir pu rejoindre le front et meurt à Paris en février 1709. Selon ses dernières volontés, il est inhumé auprès de sa mère dans l'Église Saint-André-des-Arts où un monument de marbre blanc sculpté par Nicolas Coustou, est élevé le long du pilier droit du chœur, en dessous du jambage de l'arc, supportant son épitaphe gravée en lettres d'or sur une plaque de marbre noir:

  • D.O.M | Franciscus Ludovicus Borbonius | regii sanguinis princeps | de Conti | Natus Lutetiæ Parsiorum pridie kalandas maii anno M DC LXIV | In Belgicarum urbium Cortraci, Dixmudæ | Lucemburgi obsidionibus posito tirocinio | in Hugariam adversus Turcas profectus | Lotharingiæ principi, duci veterano, juvenis admirationi fuit | Domum reversus, tradidit se in disciplinam patrui Condæ | qui, paulo post extinctus, in eo revixit | A prima usque pueritia Delphino unice dilectus | in Germania Philippoburgum, Manheimium, Aliasque urbes expugnanti, | in Flandria principis Arausicani impetus incredibili celeritate prævertenti | comes ubique adfuit et adjutor | Ludovico Magno Montes et Namurcam obsidenti | utilem operam navavit. | Ad Steenkercam, ad Nerwindam | laborantem et pene inclinatam aciem ita restituit, | ut Lucemburgius victor maximam ei partem gloriæ concederet. | In Poloniam boborum judicio et voluntate ad regnum vocatus | Contraria dissidentium civium factione desideranti patriæ redditus, | otium, minime iners, bonarum artium studiis, lectioni, erudis colloquiis impendit. | Ingenio magno et excellente, ita aptus ad omnia, ut quicquid ageret, ad id unum natus esse videretur | D familia, de Amicis, de humano genere optime meritus, | Gallorum amor et deliciæ, heu breves!| dignam Christiano principe | et pretiosam in conspectu Domini | Mortem obiit, Lutetiæ Parisiorum VIII kalandas | Martii, anno Christi M DCC IX, Ætatis XLV. | Ad sanctos plæ matris cineres, | uti ipse jusserat, | uxor mœrens posuit. - Requiescat in pace[2].

Son Oraison funèbre est prononcée par le père Jean-Baptiste Massillon, de la Congrégation de l'Oratoire.

À la Révolution ce mausolée est recueilli par Alexandre Lenoir et déposé aux Petits-Augustins avant d'être mis aux Musée des Monuments français sous le no 206. Il est mentionné par Lenoir comme ayant été rendu aux églises : A St Séverin, mausolée de François Louis de Bourbon, on ignore ce qu'est devenu ce marbre[3].

Ascendance[modifier | modifier le code]

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Avec la permission du roi et une dispense du Pape, en raison de la parenté proche, il épousa, le 28 juin 1688 à Versailles, la petite-fille du Grand Condé, Marie-Thérèse de Bourbon-Condé (1666-1732), fille de son cousin Henri Jules de Bourbon-Condé (1643-1709), 5e prince de Condé et de la Princesse Palatine Anne de Bavière (1648-1723). Elle l'aima passionnément, mais lui, homosexuel notoire, s'intéressa fort peu à elle. Ils eurent néanmoins sept enfants :

Armoiries[modifier | modifier le code]

"De France, à la bordure de gueules et au bâton de même péri en bande"

Devise[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Duc de La Force, « Le Grand Conti », Revue des deux mondes, tomes 62 et 63, Paris, 1921, consultable sur Gallica.
  • Jean-Baptiste Massillon, Oraison funebre de tres-haut, tres-puissant, tres-excellent prince François Louis de Bourbon, prince de Conty, Paris, 1709, consultable sur Gallica.
  • Emile Raunié, Epitaphier du vieux Paris, Imprimerie nationale, 1890-1901, 3 vol. p. 9-12.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « p. 101 », sur Mémoires de Mlle de Montpensier, tome VII, 1776
  2. Emile Raunié, Epitaphier du vieux Paris, Imprimerie nationale, Paris, 1890-1901, 3 vol. p. 10.
  3. « Connexion », sur www.connaissancesdeversailles.org (consulté le 21 mars 2015)