Eugène Isabey

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Ne doit pas être confondu avec son père le peintre Jean-Baptiste Isabey.
Eugène Isabey
Eugène Isabey - 1860.jpg

Eugène Isabey photographié par Nadar vers 1860.

Naissance
Décès
(à 82 ans)
Montévrain
Nom de naissance
Eugène Louis Gabriel Isabey
Nationalité
Activité
Mouvement
A influencé
Père

Eugène Isabey, né Eugène Louis Gabriel Isabey le à Paris et mort le à Montévrain, est un peintre, lithographe et aquarelliste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils du peintre et célèbre miniaturiste Jean-Baptiste Isabey (1767-1855)[1], Eugène Isabey souhaite d'abord être marin et ne devient peintre que sur l'insistance de son père. Sa sœur épouse le peintre et décorateur d'opéras Ciceri.

Il peint des scènes d'histoire, de genre et des paysages, des naufrages en mer proche du romantisme. Ses débuts sont influencés par Eugène Delacroix et Richard Parkes Bonington.

Il réalise notamment des intérieurs d'une coloration grise tout en nuances. Peintre principalement de marines et de paysages (Picardie, Normandie), il travaille dans son atelier parisien avec des élèves comme Eugène Boudin et Johan Barthold Jongkind dont il fut l'un des maîtres, ou Durand-Brager. Il fut l'ami d'Horace Vernet.

On lui attribue même la découverte d'Etretat[2], où il s'installe pour six mois en 1820 pour peindre.[3] chez un capitaine des gardes-côtes et où il revient les années suivantes avec Bonington et Roqueplan.

À partir de 1824, il séjourne à Honfleur avec le peintre paysagiste et de genre Xavier Leprince. Il expose au Musée Royal dès 1824, "Vue de la plage d'Honfleur", "Intérieur du port de Trouville", "Ouragan devant Dieppe" ou il obtient une médaille d'or au Salon. Il s'installe à Saint-Siméon en 1826. Il envoie des vues de la région au Salon de 1827, où il obtient une médaille de Première Classe[4] et il rencontre Paul Huet, peintre de paysages et d'animaux. Parmi ses œuvres, citons L'Embarquement de Ruyter, William de Witt et une Tentation de St Antoine.

En 1830, il est nommé peintre de la marine et fait la campagne d'Afrique,et a à cette occasion peint une panorama de la rade de Toulon et le camp de débarquement français à Sidi Ferruch. En 1831, il est choisi pour accompagner la mission diplomatique du comte de Mornay au Maroc, cependant il refuse, rentrant tout juste d'Algérie,il est remplacé par Delacroix.

Il est fait chevalier de la Légion d'Honneur en 1832 et officier en 1852[5]. En 1855, il obtient une médaille de première classe pour "le départ à la chasse de Louis XIII" à l'exposition universelle[6].


Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (20e division) à Paris[7].

En 1888, trois de ses tableaux sont au Musée du Luxembourg (aujourd'hui Musée d'Orsay).

Son style[modifier | modifier le code]

Eugène Isabey est célèbre pour avoir peint des scènes de marines, "sans mer". Il préfère peindre la misère des marins à marée basse, que la vague bondissante de la mer contre les falaises.[8] . Son style "fluide" est fait d'effets tachés et rapide évocateur "laché", qu'il oppose à des détails précis[9].

A la fin de sa vie, Isabey renonce à la peinture à l'huile pour se consacrer à l'aquarelle et à la gouache, travaillant sur le motif. Ses aquarelles annoncent l'impressionnisme tant par le style que par les lieux qu'il découvre. Il influença Johan Barthold Jongkind et Eugène Boudin dans ces dessins de paysages de Normandie et Bretagne utilisant encre, aquarelle et gouache[10]. Et c'est chez lui à Honfleur qu'eût lieu la rencontre Claude Monet et Jongkind en 1862.

Hommages[modifier | modifier le code]

Un groupe scolaire de Montévrain (école primaire et élémentaire) porte son nom en hommage à sa présence dans la commune. Une rue porte son nom à Etretat et à Paris.


Œuvres[modifier | modifier le code]

Dessins, aquarelles[modifier | modifier le code]

Peintures[modifier | modifier le code]

  • 1859 - Mère et ses enfants sur le perron de la demeure, hst, SDbg, dim; 38 × 30 cm ( vente Deburaux, Barbizon, le 3 juin 2007, lot no 148, p. 72 du catalogue de : "L'école de Barbizon")
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Musées et collections publiques[modifier | modifier le code]

Élèves[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Surnommé « le peintre des rois »[réf. nécessaire].
  2. in Adolphe Joanne,"Le Havre, Étretat, Fécamp, Saint-Valery-en-Caux", Guide Touristique, Ed Hachette, Paris, 1872,p102
  3. in Abbé Cochet, Etretat, son passé, son présent, son avenir,1853 p7
  4. In Charles Gabet,art Eugène Isabey Dictionnaire des artistes de l'école française au XIXe siècle: Peinture ...Librairie Vergne 1831
  5. Etienne Arago, Notice des peintures, sculptures et dessins de l'École moderne : exposés dans les galeries du Musée national du Luxembourg, Musée du Luxembourg, Paris, 1888 p26
  6. par G. Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains, contenant toutes les personnes notables de la France et des pays étrangers... / ouvrage rédigé et continuellement tenu à jour, avec le concours d'écrivains et de savants de tous les pays, ,... Hachette, Paris, 1858, p 927
  7. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents, (ISBN 978-2914611480), p. 429-430
  8. in Louis Désiré Véron, le Salon de 1836, La Revue de Paris, Tome 22, Paris, 1836,p244
  9. in Charles Lenormant, Les artistes contemporains: Salon de 1831, Tome 1 Alexandre Meunier Paris 1833 p49
  10. Eugène Isabey (1803-1886) — Par les ruelles et par les grèves, Musée du Louvre

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Miquel, Eugène Isabey : 1803-1886 : la marine au XIXe siècle, Éd. de la Martinelle, Maurs-la-Jolie, 1980, 2 vol., 245 + 349 p.
  • Eugène Isabey (1803-1886). Par les ruelles et par les grèves, catalogue de l'exposition du musée du Louvre, commissariat : Christophe Leribault, 5 juillet-17 septembre 2012.

Liens externes[modifier | modifier le code]