Chapelle royale de Dreux

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Chapelle royale de Dreux
Image illustrative de l’article Chapelle royale de Dreux
La chapelle royale Saint-Louis de Dreux.
Présentation
Culte Catholique romain
Début de la construction 1816
Architecte Claude-Philippe Cramail
Style dominant Néo-gothique
Protection Logo monument historique Classé MH (1977)
Site web http://www.chapelle-royale-dreux.com
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Centre-Val de Loire
Département Eure-et-Loir
Ville Dreux
Coordonnées 48° 44′ 17″ nord, 1° 21′ 48″ est

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La chapelle royale de Dreux ou chapelle royale Saint-Louis de Dreux est la nécropole de la famille d'Orléans. Elle est située dans l'enceinte du château de Dreux, dans le département français d'Eure-et-Loir.

La chapelle royale fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [1].

Histoire[modifier | modifier le code]

La collégiale Saint-Étienne du château de Dreux[modifier | modifier le code]

À l'origine, Louis-Jean-Marie de Bourbon, duc de Penthièvre, contraint de laisser Rambouillet à Louis XVI, son cousin, qui lui a cédé le comté de Dreux en 1775, fait transférer de l'église de Rambouillet le les neuf cercueils renfermant les corps de ses parents, le comte Louis-Alexandre de Bourbon et son épouse Marie-Victoire de Noailles, du comte et de la comtesse de Toulouse, de sa femme Marie-Félicité d'Este, princesse de Modène, de leur fils le prince de Lamballe, et de leurs cinq autres enfants morts en bas âge. Il choisit comme sépulture pour sa famille la collégiale Saint-Étienne du château de Dreux[2].

Révolution française et Empire[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du 6 au 7 mars 1793 le corps du duc, mort à Bizy le 4 mars, est transporté et inhumé clandestinement à Dreux entre le comte de Toulouse et sa femme. Le , afin de récupérer les plombs des sépultures, le caveau est violé, les corps en sont extraits et "jetés dans une fosse profonde de six pieds" dans le cimetière des chanoines, dont l'emplacement sera plus tard reconnu par Lefebvre et Cholet, anciens serviteurs des Bourbon-Penthièvre.

En septembre 1797, quatre ans après avoir été incarcérée à la prison du Luxembourg, Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon, duchesse d'Orléans, fille unique du duc, est expulsée de France ; le château et la collégiale, biens séquestrés depuis la mort de son père, sont confisqués au profit de la Nation et vendus le à un marchand de bois chartrain qui démolit le toit de l'église pour en récupérer les matériaux et revend en 1801 le domaine à François Belois, maçon à Dreux, qui y demeura jusqu'en 1816.

Restauration[modifier | modifier le code]

Le , la duchesse lui rachète le terrain, fait construire une chapelle par Charles-Philippe Cramail, architecte parisien, chargé dès octobre 1814 de ce projet. Il ouvre le chantier début mai 1816 à l'emplacement de la fosse commune et la première pierre est posée le 19 septembre. Certains matériaux proviennent de la démolition de l'ancienne abbaye bénédictine de Coulombs, près de Nogent-le-Roi, et des ruines du château de la Ferté-Vidame.

Louis-Philippe, roi des Français[modifier | modifier le code]

À partir du printemps 1839, cette chapelle de style néo-gothique fut agrandie par son fils, le roi Louis-Philippe, qui en fit la nécropole de sa famille et de ses descendants, d'où le surnom "Saint-Denis des Orléans", en référence à la nécropole des Bourbon. Victor Hugo a narré la translation des restes des ancêtres de la famille le , à laquelle le roi lui-même contribua.

La chapelle primitive de 1816 fut alors complétée par des ajouts de style néo-gothique et de 1843 à 1845 ses nombreuses fenêtres furent garnies de somptueux vitraux exécutés à la manufacture de Sèvres, selon la technique de fabrication des verres teints dans la masse.

Les douze grandes fenêtres ogivales du transept sont ornées de vitraux représentant des saints sur fond "bleu de Sèvres", dont les cartons ont été dessinés par Ingres, qui reproduisit à cette occasion quatre des vitraux qu'il exécuta pour la chapelle funéraire de Neuilly en mémoire du prince Ferdinand, fils aîné de Louis-Philippe, mort dans un accident en 1842. Viollet-le-Duc a dessiné les pinacles gothiques encadrant chacun des douze personnages.

Cinq autres vitraux illustrant la vie de Saint-Louis ornent la chapelle de la Vierge ; trois ont disparu. Les dessins sont d'Eugène Delacroix, Hippolyte Flandrin, Georges Rouget, Claudius Jacquand, Horace Vernet, Charles-Marie Bouton et Wattier.

La flèche de la chapelle de la Vierge qui abritait une cloche fut détruite par la foudre en juillet 1875, et jamais reconstruite.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le , des obus allemands endommagèrent le déambulatoire, détruisirent trois des huit verrières sur la vie de Saint-Louis placées en 1843, ainsi que des sculptures et gisants.

Léguée avec le château de Dreux par Henri d'Orléans (1908-1999), « comte de Paris », la chapelle appartient désormais à la Fondation Saint-Louis.

Vitraux[modifier | modifier le code]

La chapelle[modifier | modifier le code]

La totalité des vitraux sont issus de la manufacture de Sèvres. La plupart sont des cartons de Charles-Philippe Larivière. Ceux du transept sont une réalisation de Jean-Auguste-Dominique Ingres, vitraux dont nous trouvons les originaux à la Chapelle de la compassion.

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Le déambulatoire[modifier | modifier le code]

La crypte[modifier | modifier le code]

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Sépultures de la famille d'Orléans[modifier | modifier le code]

Hors caveau Penthièvre, les sépultures se répartissent sur deux niveaux : le déambulatoire et la crypte. Les documents exposés sur place, arbre généalogique relié au plan de numérotation des tombeaux, recensent 49 sépultures [Note 1].

Vingt-cinq de ces sépultures sont ornées de gisants, réalisés par une quinzaine d'artistes dont les plus renommés obtiennent plusieurs commandes : James Pradier (1792-1852), Aimé Millet (1819-1891), Antonin Mercié (1845-1916), Charles-Albert Walhain (1877-1936).

Déambulatoire (niveau -1)[modifier | modifier le code]

Chapelle de la Vierge[modifier | modifier le code]

1 - Tombeau du couple royal, sculpté par Antonin Mercié en 1886, contenant :

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2 et 3 :

  • Hélène de Mecklembourg-Schwerin, duchesse d'Orléans (1814-1858), épouse de Ferdinand-Philippe d'Orléans. Inhumée dans la chapelle Saint-Charles Borromée à Weybridge au Royaume-Uni, elle fut également ré-inhumé le 9 juin 1876 dans la nécropole des Orléans. Étant de religion protestante, elle ne repose pas dans l'enceinte de la chapelle (rite catholique), mais dans une chapelle annexe construite en dehors du bâtiment principal. Une ouverture a été pratiquée dans le mur de la chapelle de la vierge, de manière à pouvoir faire communiquer sa sépulture avec celle de son mari - Gisant d'Henri Chapu.

4 - Marie-Clémentine de Habsbourg, archiduchesse d'Autriche, princesse de Salerne (1798-1881), épouse de Léopold de Bourbon-Siciles, mère de Marie-Caroline de Bourbon-Siciles, future duchesse d'Aumale. Inhumée dans la basilique Santa Chiara de Naples en Italie, elle fut ré-inhumée des années plus tard dans la nécropole des Orléans - Gisant de Charles Joseph Lenoir.

5 - Adélaïde d'Orléans (1777-1847), mademoiselle de Chartres, sœur cadette de Louis-Philippe - Gisant d'Aimé Millet.

6 - Marie-Adélaïde de Bourbon, duchesse d'Orléans (1753-1821), mère de Louis-Philippe, fille de Louis-Jean-Marie de Bourbon et de Marie-Thérèse d'Este, épouse de Louis-Philippe d'Orléans) - Gisant de Jean-Auguste Barre. Son tombeau contient également les restes des Bourbon-Penthièvre (voir ci-dessous).

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Déambulatoire côté nord[modifier | modifier le code]

7 - Bathilde d'Orléans (1750-1822), princesse de Condé, duchesse de Bourbon.

8 et 9 :

  • Philippe d'Orléans (1838-1894), comte de Paris, inhumé dans la chapelle Saint-Charles Borromée à Weybridge, transféré en 1958.
  • Marie-Isabelle d'Orléans (1848-1919), comtesse de Paris, inhumée dans la chapelle Saint-Charles Borromée à Weybridge, transférée en 1958.

10 - Philippe d'Orléans (1869-1926), duc d'Orléans, transféré dans la chapelle royale de Dreux en 1931. Gisant de Maxime Real del Sarte.

11 - Ferdinand d'Orléans (1884-1924), duc de Montpensier.

12 - Victoire de Saxe-Cobourg-Gotha (1822-1857), duchesse de Nemours, inhumée dans la chapelle Saint-Charles Borromée à Weybridge, transférée en 1979.

13 et 14 :

15 - François d'Orléans (1854-1872), « duc de Guise », fils du duc d'Aumale.

16 - Louis Philippe d'Orléans (1845-1866), prince de Condé, fils du duc d'Aumale.

17 - Dans un tombeau double, les corps de cinq enfants du duc d'Aumale inhumés dans la chapelle Saint-Charles Borromée à Weybridge, transférés en 1876 : Henri (1847-1847), une fille (1849-1849), deux enfants morts-nés en 1861 et 1864, et François-Paul (1852-1852).

18 et 19 - Ferdinand d'Orléans (1859-1873), infant d'Espagne et son frère Louis d'Orléans (1867-1874), fils du duc de Montpensier. Gisants de Aimé Millet avec la figure de "l'Enfant Voilé".

20 - Charles d'Orléans (1875-1875) et Jacques d'Orléans (1880-1881), enfants de Philippe d'Orléans, comte de Paris. Gisant de Louis Julien, marbre par Franceschi.

21 - Charles d'Orléans (1820-1828), duc de Penthièvre, fils de Louis-Philippe Ier, roi des Français. Gisant de James Pradier.

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Déambulatoire côté sud[modifier | modifier le code]

22 - Françoise d'Orléans (1816-1818), mademoiselle de Montpensier. Gisant de James Pradier.

23 - Louis d'Orléans (1814-1896), duc de Nemours. Gisant de Daniel Campagne.

24 et 25 :

26 et 27 :

28 - Deux enfants du prince et de la princesse de Joinville[Note 3].

29 - Dans un tombeau double, Jean d'Orléans (1874-1940), « duc de Guise », et Isabelle d'Orléans (1878-1961), « duchesse de Guise ».

30 - Pierre d'Orléans (1845-1919), duc de Penthièvre.

31 - Sophie d'Orléans (1898-1928), fille du « duc de Vendôme ». Gisant de Charles-Albert Walhain.

32 - Dans un tombeau double, Emmanuel d'Orléans (1872-1931), « duc de Vendôme » et Henriette de Belgique (1870-1948), « duchesse de Vendôme ».

33 - Robert d'Orléans (1866-1885), fils cadet du duc et de la duchesse de Chartres.

34 - Henri d'Orléans (1867-1901), troisième fils du duc et de la duchesse de Chartres. Gisant de Antonin Mercié.

35 et 36 :

37 - Marie d'Orléans (1813-1839), duchesse de Wurtemberg, fille de Louis-Philippe Ier, roi des Français. Gisant de Hector Lemaire. Elle a sculpté l'Ange de la Résignation qui surmonte son tombeau.

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Crypte (niveau -2)[modifier | modifier le code]

Crypte circulaire[modifier | modifier le code]

38 et 39 :

40 - François d'Orléans (1935-1960), « duc d'Orléans », fils des précédents.

Emplacement à déterminer : François d'Orléans (1961-2017), « comte de Clermont », petit-fils des deux premiers et neveu du précédent.

Crypte galerie[modifier | modifier le code]

41 - Antoine d'Orléans et Bragance (1881-1918).

42 et 43 :

44 - Louis Gaston d’Orléans-Bragance (1911-1931), fils des précédents.

45 - Thibaut d'Orléans (1948-1983), comte de La Marche. 46 - Louis-Philippe d'Orléans (1979-1980), fils du comte de la Marche.

47 et 48 - Le gisant d'Antoine d'Orléans (1775-1807), duc de Montpensier, inhumé dans l'abbaye de Westminster, copie par Trouchaud de l'œuvre de Westmacott, et celui de Louis Charles d'Orléans, comte de Beaujolais, par Pradier, inhumé dans la cathédrale Saint-Jean à Malte furent enlevés du château de Versailles pour être placés dans la chapelle en 1986[4].

Trois copies de ces cénotaphes se trouvent dans la nef de la chapelle néo-classique du château de Randan (1831), domaine auvergnat d'Adélaide d'Orléans de 1821 à 1847.

49 - Dans un tombeau double, Charles-Philippe d'Orléans (1905-1970), duc de Nemours, et Marguerite Watson (1899-1993), duchesse de Nemours.

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Caveau Penthièvre[modifier | modifier le code]

  • urne contenant les restes d'un membre de la famille de Bourbon-Conti.
  • urne contenant le cœur de Mademoiselle de Montpensier (1816-1818), fille de Louis-Philippe.

Emplacements non déterminés[modifier | modifier le code]

Sépultures des Bourbon-Penthièvre[modifier | modifier le code]

Le tombeau de Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon (gisant n°6) contient aussi les restes des Bourbon-Penthièvre :

  • Louis-Marie de Bourbon (1746 - 1749), duc de Rambouillet ;
  • Jean-Marie de Bourbon (1748 - 1755), duc de Châteauvillain ;
  • Vincent de Bourbon (1750 - 1752), comte de Guingamp ;
  • Marie-Louise de Bourbon (1751 - 1753), Mademoiselle de Penthièvre ;
  • Louis de Bourbon (1754 - 1754).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Chanoine Martin, Dreux. La Chapelle royale Saint-Louis, sépulture de la famille d'Orléans - son origine - son histoire - sa description, 1930 ;
  • Jean Lelièvre, Dreux, la chapelle royale ;
  • Éphéméride de la Maison de France de 1589 à 1848.
  • Stéphane Bern et Alexis Robin, Vallée royale de l'Eure, de Chartres à Rouen, éd. Sagamédias, 2017.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La numérotation des tombeaux (et non des défunts) de 1 à 49 est celle utilisée dans cet article. Il est à noter que la Notice de visite remise à chaque visiteur présente un système de numérotation alphanumérique quelque peu différent.
  2. Il s'agit de la seconde version de cette œuvre, réalisée en 1910. La première, sculptée par Barrias en 1904, aujourd'hui exposée au musée d'art et d'histoire de Dreux, a été jugée trop dramatique par son réalisme, Sophie-Charlotte en Bavière ayant été brûlée vive dans l'incendie du bazar de la Charité
  3. À préciser.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Domaine de la chapelle royale Saint-Louis », notice no PA00097097, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Édouard Lefèvre, Documents du comté et la ville de Dreux, p. 190.
  3. « Statue : gisant de la duchesse d'Alençon », notice no PM28000998, base Palissy, ministère français de la Culture
  4. J. Lelièvre, La chapelle royale de Dreux, SAEP édition, 1986.