Guerre d'indépendance espagnole

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Cet article traite de la guerre de 1808-1814, appelée également Guerre d’Espagne. Pour la guerre d’Espagne de 1936-1939, voir l’article Guerre d'Espagne
Guerre d'indépendance espagnole
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Informations générales
Date 18081814
Lieu Espagne, Portugal, Sud-Ouest de la France.
Issue Victoire des Alliés (Angleterre, Espagne bourbonienne, Portugal).
Traité de Valençay : le trône d'Espagne est rendu à Ferdinand VII.
Belligérants
Drapeau de l'Empire français Empire français
Drapeau du Duché de Varsovie Duché de Varsovie
Drapeau du Royaume de Hollande Royaume de Hollande
Flag of Spain (1785-1873 and 1875-1931).svg Royaume d'Espagne (Bonaparte)
Différents contingents d'Allemagne, Italie, Pologne et Suisse
Drapeau de l'Espagne Royaume d'Espagne (Bourbons)
Flag of Portugal (1707).svg Royaume de Portugal
Drapeau du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande
Partisans espagnols
Commandants
Flag of France.svg Napoléon Ier

Flag of Spain (1785-1873 and 1875-1931).svg Joseph Ier d'Espagne
Flag of France.svg Jean-Baptiste Bessières
Flag of France.svg Jean-Baptiste Jourdan
Flag of France.svg Jean-Andoche Junot
Flag of France.svg François-Joseph Lefebvre
Flag of France.svg Auguste de Marmont
Flag of France.svg André Masséna
Flag of France.svg Édouard Mortier
Flag of France.svg Joachim Murat
Flag of France.svg Michel Ney
Flag of France.svg Claude Victor-Perrin
Flag of France.svg Jean-de-Dieu Soult

Flag of France.svg Louis Gabriel Suchet
Flag of the United Kingdom.svg Arthur Wellesley

Flag of the United Kingdom.svg William Carr Beresford
Flag of the United Kingdom.svg John Moore
Flag of Spain (1785-1873 and 1875-1931).svg Francisco Castaños
Flag of Spain (1785-1873 and 1875-1931).svg Juan Martín Díez
Flag of Spain (1785-1873 and 1875-1931).svg José de Palafox y Melzi
Flag of Spain (1785-1873 and 1875-1931).svg Gregorio García de la Cuesta
Flag of Spain (1785-1873 and 1875-1931).svg Miguel Ricardo de Álava
Flag of Spain (1785-1873 and 1875-1931).svg Joaquín Blake y Joyes
Flag of Portugal (1707).svg Bernardino Freire
Flag of Portugal (1707).svg Miguel Pereira Forjaz
Flag of Portugal (1707).svg Carlos Frederico Lecor (es)

Flag of Portugal (1707).svg Francisco Silveira
Forces en présence
300 000 hommes (incluant tout le long de guerre) 212 000 hommes (sans inclure les milices)
Pertes
217 000 hommes (restant 83 000 hommes sous Soult et Suchet) 390 000 hommes (miliciens compris)

Guerre d’Espagne

Batailles

Première invasion du Portugal (1807-1808) et Insurrection espagnole (1808)

Dos de Mayo · Tolède · Bruc · Valdepeñas · Pont d'Alcolea · Port de Cadix · Olhão · Cabezón · Gérone (1er) · Saragosse (1er) · Valence (1er) · Medina del Rio Seco · Bailén · Évora · Roliça · Vimeiro

Convention de Cintra ‎

Campagne de Napoléon Ier en Espagne (1808-1809)
Durango · Balmaseda · Burgos (1re) · Roses · Espinosa · Tudela · Bubierca · Somosierra · Cardedeu · Saragosse (2e) · Sahagún · Molins de Rey · Gérone · Benavente · Castellón · Mansilla · Cacabelos · Lugo · Astorga (1er) · La Corogne
Deuxième campagne de Portugal et du Nord de l'Espagne (1809)
Chaves · Villafranca (1re) · Braga · Amarante · Lugo · Porto (1re) · Vigo · Grijó (en) · Porto (2de) · Ponte Sampaio
Campagne de Castille et d'Andalousie (1809-1810)
Uclés · Yevenes · Ciudad Real (es) · Miajadas · Medellín · Alcantara · Talavera · Almonacid · Baños · Tamames · Hostalrich · Ocaña · Alba de Tormes · Cadix · Valverde
Campagne d'Aragon et de Catalogne (1809-1814)
Valls (1re) · Gérone · Alcañiz · María-Belchite · Mollet · Vich · Villafranca (2e) · Lérida · La Bisbal · Tortose · Valls (2e) · Tarragone (1er) · Sagonte · Valence · Castalla (1er) · Castalla (2e) · Tarragone (2e) · Ordal
Troisième invasion du Portugal (1810-1811)
Astorga · Ciudad Rodrigo (1er) · Barquilla (en) · La Côa · Almeida (1er) · Trant · Buçaco · Torres Vedras · Pombal (en) · Redinha · Condeixa · Casal Novo · Foz de Arouce (pt) · Sabugal · Fuentes de Oñoro · Almeida (2e)
Campagne de Castille (1811-1812)
Gebora · Campo Maior · 1re Badajoz · Fuentes de Oñoro · Albuera · Usagre · Cogorderos · Carpio · El Bodón · Arroyomolinos · Tarifa · Navas de Membrillo · Almagro · 2e Ciudad Rodrigo · 2e Badajoz · Villagarcia · Almaraz · Maguilla · Arapiles · García Hernández · Majadahonda · Retiro · Burgos · Villodrigo
Campagne de Vitoria et des Pyrénées (1813-1814)

Vitoria · Saint-Sébastien (1er) · Pyrénées · Maya · Sorauren · Beunza · Saint-Sébastien (2e) · San Marcial · Bidassoa · Pampelune · Nivelle · Nive

Traité de Valençay
Garris · Orthez · Bayonne · Toulouse

La guerre d'indépendance espagnole est une guerre qui opposa la France et l'Espagne à partir de 1808. Ce conflit porte différents noms selon les pays : campagne d’Espagne pour les Français, ou encore guerre d’Espagne (à ne pas confondre avec d’autres conflits désignés aussi sous le même terme), guerre d’indépendance pour les Espagnols, guerre péninsulaire pour les Portugais et les anglophones, guerre du Français pour les Catalans.

La guerre commence en 1808 lorsque Madrid se souleva contre l’armée française stationnée dans la capitale espagnole. L’insurrection se généralise à tout le pays après que Napoléon obtient l’abdication du roi d’Espagne au profit du frère de l’empereur, Joseph. L’armée française se heurta à une guérilla, puis à l’armée britannique, venue aider le Portugal. Débordés, les soldats de l’empereur durent refluer en deçà des Pyrénées en 1813. L’invasion de la France par les Espagnols, Britanniques et Portugais commandés par Wellington, devenait imminente.

Origines[modifier | modifier le code]

La défense du parc d'artillerie de Montéléon par Joaquín Sorolla y Bastida.

L’Espagne était, après le traité de San Ildefonso signé par le prince Manuel Godoy en 1796, une fidèle alliée de la France et c’est avec elle qu’elle subit la terrible défaite de Trafalgar en 1805. La perte de toutes communications avec ses colonies d’outre-mer lui fit rechercher des compensations territoriales sur le royaume voisin du Portugal, ceci avec le soutien de Napoléon. En effet, la monarchie portugaise était un fidèle allié du Royaume-Uni et refusait de fermer ses ports aux navires anglais. Ce fut la guerre dite des oranges qui se conclut le par le traité de Badajoz (1801). En 1807, le Portugal refusant d'appliquer le Blocus continental, Napoléon décida d'envoyer ses troupes dans la péninsule, officiellement pour envahir le Portugal qui représentait une faille notable dans son dispositif. Avec le traité de Fontainebleau signé avec Charles IV, il obtint l'autorisation pour ses troupes, commandées par le général français Jean-Andoche Junot, de traverser l'Espagne pour châtier les Portugais. Ainsi débute la première tentative d'invasion du Portugal (18 octobre 1807). Napoléon aurait aussi entrepris la conquête du Portugal pour mettre la main sur la flotte portugaise.[1],[2]

Napoléon commença alors à se mêler des affaires espagnoles. Sous prétexte d’envoyer des renforts à Junot, il fit entrer en Espagne une armée commandée par Murat comme l'y autorisait le traité de Fontainebleau.

El Tres de Mayo par Francisco Goya.

À ce moment, un coup d’État dirigé en sous-main par l’infant Ferdinand, renversa le roi Charles IV. Ferdinand, devenu Ferdinand VII, prit le pouvoir. Le roi déchu en appela à l’arbitrage de Napoléon. Celui-ci convoqua le père et le fils à la conférence de Bayonne (avril – mai 1808). Voyant l’état de décrépitude de la monarchie espagnole, l’empereur tenta de profiter de la situation pour mettre la main sur l’Espagne. Ses conseillers le poussaient : le ministre Champagny écrivait par exemple : « il est nécessaire qu’une main ferme vienne rétablir l’ordre dans son administration [celle de l’Espagne] et prévienne la ruine vers laquelle elle [l’Espagne] marche à grands pas »[3]. Habitué à sa popularité et à la docilité de l’Italie et des Polonais, Napoléon crut bien sincèrement que les afrancesados (les partisans des Français) constituaient la majorité des Espagnols ; il se trompa grandement[4].

À Madrid, des rumeurs affirmaient que la famille royale espagnole était retenue en otage par Napoléon à Bayonne. Le , appréhendant l’enlèvement de l’infant de la famille royale par la France, la population madrilène se souleva contre les troupes françaises, au moment même où Ferdinand et Charles se disputaient le trône d'Espagne devant l'Empereur. La rébellion fut écrasée dans le sang par Murat. Le célèbre tableau de Goya, Tres de mayo, rappelle les fusillades nées de cette répression. Napoléon crut pouvoir poursuivre son objectif : il força les deux souverains à abdiquer puis offrit la couronne vacante à son frère Joseph. C’était une grave erreur d’appréciation. L’Empire s’engageait dans une guerre contre toute la péninsule qui allait miner ses forces pendant près de six ans.

Descriptif des opérations[modifier | modifier le code]

Cruelle guérilla[modifier | modifier le code]

Le guet-apens de Bayonne déclencha l’embrasement de l’Espagne. Malgré sa rapide répression, le soulèvement de Madrid inspira d’autres villes du pays : Carthagène, León, Santiago, Séville, Lérida et Saragosse. L’armée française était partout attaquée. Le , le général Pierre Dupont de l'Étang et ses 20 000 hommes furent vaincus près de la petite ville andalouse de Bailén. Ce fut la première défaite retentissante de l’armée impériale en Europe continentale. En soi la défaite ne rendait pas la situation militaire des Français catastrophique mais elle eut un énorme impact psychologique pour leurs ennemis : les soldats de Napoléon pouvaient être battus.

Joseph, roi d'Espagne.

Deux jours plus tard, malgré cet échec, Joseph Bonaparte, le nouveau roi d’Espagne, parvint à entrer à Madrid. Mais il ne put y rester longtemps. De son côté, le général Junot dut évacuer le Portugal face à l’offensive des Britanniques du futur duc de Wellington. La dégradation de la situation inquiétait Napoléon. L’empereur se rendit en personne en Espagne, à la tête de 80 000 soldats qu’il avait tirés d’Allemagne. Il ne resta que quelques mois (novembre 1808 – janvier 1809) en Espagne mais son intervention assura la reprise en main des villes par les Français. Madrid, menacé d’un assaut, ouvrit ses portes au conquérant. Le , dans une proclamation qu’il adressa aux habitants, il menaça de traiter l’Espagne en pays conquis, si elle persistait à ne pas reconnaître Joseph Napoléon pour roi[5]. À regret, les Madrilènes virent une nouvelle fois le frère de l’empereur s’installer au palais royal.

Malgré la brillante campagne napoléonienne et les réformes mises en place (abolition des droits féodaux et de l’Inquisition), le pays était loin d’être soumis. Le contrôle des campagnes restait difficile. Les prêtres espagnols appelaient leurs fidèles à la croisade contre les Français. Les difficultés de l’occupant résidaient surtout dans la particularité du combat : les Espagnols pratiquaient la guérilla[6]. Si les Français remportaient régulièrement des victoires contre l’armée régulière espagnole et prenaient d’assaut les villes, ils peinaient contre les petits groupes de résistants embusqués qui les harcelaient. C'est aussi à cette époque que débuta la seconde tentative d'invasion française au Portugal commandée par le maréchal Soult. Elle se traduit par un nouvel échec français (février à mai 1809).

Guerre civile[modifier | modifier le code]

La guérilla réussit à provoquer l'enlisement du conflit. Les Français, qui avaient affaire à une hydre à mille têtes, ne manquaient pourtant pas de partisans, qu'on appelait afrancesados. Pour beaucoup imprégnés des idées des Lumières, ces derniers espéraient que l’occupation française mettrait à bas la féodalité et l’absolutisme espagnols. Cette guerre d’Espagne se doublait donc d’une guerre civile. Des atrocités — saccages, viols, profanations, agressions sadiques — furent commises par tous les camps[7],[8].

Contre-attaque[modifier | modifier le code]

Malgré les problèmes rencontrés en Espagne, Napoléon décide d'engager des moyens considérables pour venir à bout du Portugal (juillet 1810). Il confie au maréchal Masséna la conduite de la troisième invasion napoléonienne au Portugal, la coalition anglo-portugaise étant commandée par Wellington. L'invasion française se heurte à une politique de la terre brûlée terriblement efficace et vient buter contre les lignes de Torres Vedras construites dans le plus grand secret. Après avoir chassé les Français du royaume portugais, Wellington poursuit son offensive en Espagne avec la bataille de Fuentes de Oñoro (mai 1811) et le siège de Ciudad Rodrigo (1812) qui permettent à Wellington d'avancer vers Madrid.

L’échec de Masséna devant Torres Vedras et les succès de Wellington ont aussi été expliqués par le manque de moyens accordés par Napoléon et la décentralisation du commandement des différentes armées françaises dans la péninsule dirigées de fait depuis Paris[9]. Selon certains, Napoléon se serait désintéressé de ce théâtre d'opérations[10]. Selon d’autres, l’Empereur aurait consciemment cherché à immobiliser des forces britanniques sur ce théâtre d’opération, de peur qu’elles n'interviennent dans des débarquements britanniques visant à détruire les bases navales françaises en plein essor[11].

Constitution espagnole de 1812[modifier | modifier le code]

Allégorie de la constitution de 1812 par Francisco Goya.

Le , à Cadix, les Cortes adoptent la première Constitution espagnole. La Constitution a été appelée La Pepa, nommé pour avoir été promulguée le jour de la Saint-Joseph (Pepe étant un surnom de Joseph en espagnol). Cette constitution n'a pas toujours été appliquée. Elle fut abrogée et rétablie deux fois. Elle a cependant eu un rayonnement assez exceptionnel[réf. nécessaire]. Elle est en partie inspirée de la Constitution française de 1791 puisqu'elle opte pour un monocaméralisme et est aussi inspirée de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Elle consacre d'importants droits de l'homme et notamment un suffrage universel masculin.

Cette Constitution a été appliquée à Naples et à Turin et a largement influencé la Russie, dans la mesure où cette constitution s'appliquait aux Indes, alors colonies espagnoles [incompréhensible]. La Constitution de Cadix a eu une influence non négligeable puisque certaines de ses dispositions se retrouvent dans la Constitution espagnole actuelle.

Conflit international[modifier | modifier le code]

Reis à l'effigie d'Emmanuel II et célébrant le centenaire de la guerre péninsulaire, 1910.

La campagne de Russie obligea l’empereur à dégarnir de troupes l’Espagne. Wellington en profita et pénétra à Madrid le 12 août 1812[12], les troupes britanniques, espagnoles et portugaises ayant battu les troupes françaises lors de la bataille de Salamanque, le 22 juillet. Le 3 novembre, Joseph put retourner dans la capitale espagnole. Mais ce n’était que le dernier sursaut.

En quelques semaines, de mai à juillet 1813, Joseph et l’armée française reculèrent jusqu’aux Pyrénées. Napoléon comprit sa défaite et accepta, par le traité de Valençay, le retour de l’ancien roi d’Espagne, Ferdinand VII, dans son royaume. Début 1814, la Catalogne était reconquise par les Espagnols. La guerre d’Espagne s’achevait, mais à l’inverse débutait pour les Hispano-Britanniques la campagne de France qui allait amener la chute de Napoléon.

Conséquences des opérations[modifier | modifier le code]

Dans le domaine socio-économique, le coût de la guerre en Espagne fut une perte nette de population, entre 215 000 et 375 000 personnes, directement causée par les violences et la famine de 1812, qui s'ajoutent à la crise des maladies et des épidémies de la famine de 1808, résultant en un solde de population qui déclina de 885 000 à 560 000 personnes, ce qui a particulièrement touché la Catalogne, l'Estrémadure et l'Andalousie. Une perturbation sociale et la destruction des infrastructures de l'industrie et de l'agriculture mirent en faillite l'État. Ce fut aussi la dévastation humaine et matérielle du pays, privé de sa puissance navale et exclu des principales questions qui furent discutées lors du congrès de Vienne, où le paysage géopolitique ultérieur de l'Europe fut bouleversé. Outre-Atlantique, l'Amérique espagnole obtint son indépendance après la guerre hispano-américaine de l'Indépendance. Sur le front politique intérieur, le conflit forgea l'identité nationale espagnole et ouvrit les portes au constitutionnalisme, initié dans les premières constitutions du pays, le statut bonapartiste de Bayonne et la Constitution de Cadix. Cependant, il ouvrit également une ère de guerres civiles entre les partisans de l'absolutisme et du libéralisme, appelées guerres carlistes, qui allaient s'étendre au long du XIXe siècle et qui marquèrent l'évolution du pays.

Liste des batailles et combats[modifier | modifier le code]

1808[modifier | modifier le code]

La bataille de Tudela par January Suchodolskia.

1809[modifier | modifier le code]

Charge polonaise à la bataille de Somosierra par Janvier Suchodolski.

1810[modifier | modifier le code]

Arthur Wellesley de Wellington par Francisco Goya.

1811[modifier | modifier le code]

1812[modifier | modifier le code]

1813[modifier | modifier le code]

Le maréchal Jean-de-Dieu Soult.

1814[modifier | modifier le code]

Conséquences[modifier | modifier le code]

Scène de la guerre d'Espagne (après 1808). Francisco de Goya.

Napoléon l’avoua à Sainte-Hélène : « cette malheureuse guerre d’Espagne a été une véritable plaie, la cause première des malheurs de la France ». On estime que le conflit retint 300 000 soldats français. L’Espagne fut un piège et un boulet pour la politique expansionniste de l’empereur. Les Espagnols gardent un fier souvenir de cette guerre. Unis malgré leur divergences, ils ont réussi à repousser l'armée française. Grande animatrice de la résistance, l’Église catholique retrouva une nouvelle vigueur. Toutefois, à la sortie de la guerre, le pays était dévasté. Il rata d’ailleurs le virage de la modernisation agricole et industrielle au XIXe siècle.

Autre point négatif du côté espagnol, les colonies d’Amérique profitèrent de la guerre pour s’émanciper de la métropole. Enfin, alors que le retour de Ferdinand VII en 1813 nourrissait beaucoup d’espoirs chez ses sujets, son règne ne permit pas de résoudre la crise politique. Le front commun né de la lutte contre Napoléon se brisa. L’Espagne retrouva ses divisions entre libéraux et ultra-conservateurs. Les Espagnols, qui luttaient dans l’espoir de rétablir leur roi sur le trône, finirent par se révolter contre ce même roi en 1820.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Kenneth Johnson, « The Peninsular War: Napoleon’s Maritime War », Napoleonic Society,‎ (lire en ligne).
  2. Nicola Todorov, La Grande Armée à la conquête de l'Angleterre. Le plan secret de Napoléon, Paris, éditions Vendémiaire, , 295 p. (ISBN 978-2-36358-247-8), p. 29-32.
  3. « Il faut qu’un prince ami de la France règne en Espagne ; c’est l’ouvrage de Louis XIV qu‘il faut recommencer. Ce que la politique conseille, la justice l’autorise ! »
  4. Mullié affirme que « cette nation fière, qui était comme assoupie depuis assez longtemps, indignée de ce que des étrangers se permettaient de régler ses destinées, de changer la dynastie de ses rois sans la consulter, oubliant l’extrême faiblesse de ses moyens, jura l’extermination de tous les Français ; toutes les classes, tous les sexes, les prêtres, les moines, les religieuses, les mendiants feront tout ce qui dépendra d’eux pour repousser les armées du conquérant usurpateur de leurs droits. Les Espagnols se battent rarement en bataille rangée, mais ils parviendront à lasser, à détruire leurs ennemis par une guerre d’embuscade, de partisans, d’assassins. Pour atteindre ce but, le poignard, le poison, tous les genres de destruction, de vengeance, leur sembleront légitimes ; le sol de la péninsule deviendra pour les Français un véritable cimetière, où ils trouveront la mort sans profit et sans gloire. »
  5. « Je mettrai alors la couronne d’Espagne sur ma tête, et je saurai la faire respecter des méchants : car Dieu m’a donné la force et le caractère pour surmonter tous les obstacles. »
  6. L’historien Jean-René Aymes considère d’ailleurs cette guerre d’Espagne comme la première guerre de guérilla de l’histoire. Une thèse tout à fait contestable dans la mesure où la guérilla est la conséquence logique d'une guerre asymétrique. Sans porter officiellement le nom de « guérilla », le harcèlement des troupes britanniques par celles de Du Guesclin durant la guerre de Cent Ans en ont, par exemple, toutes les caractéristiques.
  7. Laurence Montroussier, « Français et Britanniques dans la Péninsule, 1808-1814 : étude de mémoires français et britanniques », Annales historiques de la Révolution française,‎ , p. 131-145 (lire en ligne).
  8. Jean-Marc Lafon, Les Européens dans les guerres napoléoniennes, Toulouse, Privat, , 286 p. (ISBN 978-2708905375), Des violeurs et meurtriers ordinaires ? Les officiers et soldats napoléoniens en Espagne : analyse du sac de Castro Urdiales (Cantabrie, 11 mai 1813), p. 149-168.
  9. (en) Michael Glover, The Peninsular War, Londres, Newton Abbott, , p.148.
  10. Philippe Masson, De la mer et de sa stratégie, Paris, Tallandier, (ISBN 978-223501-676-6), p. 137.
  11. Nicola Todorov, La Grande Armée à la conquête de l'Angleterre. Le plan secret de Napoléon, Paris, Vendémiaire, , 295 p. (ISBN 978-2-36358-247-8), p. 173-178.
  12. Jean-Claude Castex, Combats franco-anglais des Guerres du Premier Empire, Phare Ouest, , 606 p. (ISBN 9782921668217, lire en ligne), p. 305

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-René Aymes, L’Espagne contre Napoléon. La guerre d’indépendance espagnole 1808-1814, Paris, Nouveau Monde éditions, fondation Napoléon, 2003.
  • Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, [détail de l’édition].
  • W.F.P. Napier, Histoire de la Guerre de la Péninsule 1807-1814, Volume 1, relié, carte en couleur hors texte, Éditions Champ Libre, Paris, 1983. Traduit de l'anglais par le général Mathieu Dumas.

Autres lectures :

  • (nl) J.A. De Moor et H.Ph. Vogel, Duizend miljoen Maal vervloekt land. De Hollandse brigade in Spanje 1808-1813, Amsterdam, Meulenhoff, (ISBN 90 290 2973 0).
  • (eu) Joxe Azurmendi, « Iraultza bat iraganaren alde » dans Espainiaren arimaz, Elkar, 2006 (ISBN 84-9783-402-X).
  • Jean-Philippe Imbach, « Le Duc de Fer : L'armée anglaise en Espagne », revue Vae Victis no 29, nov.-déc. 1999.
  • Pierre Juhel, « Baylen, 1808 : l’armée impériale prise dans le bourbier espagnol », Les Grandes Batailles de l’histoire no 28, Socomer Éditions, 1994.
  • Nicolas Marcel, Campagnes en Espagne et au Portugal : 1808-1814, Éditions du Grenadier, 2001 (ISBN 2-914576-01-3).
  • Jean Mistler et autres, « D'Austerlitz à Madrid », Napoléon Tome 7, Éditions Rencontre Lausanne, 1969.
  • André Palluel-Guillard et autres, « La capitulation de Madrid », La revue Napoléon no 36, novembre 2008.
  • Alain Pigeard et autres, « 1808-1809 Napoléon en Espagne : Tudela - Somosierra - La Corogne », revue Gloire et Empire no 19, juillet-août 2008.
  • Alain Pigeard, « La guerre d'Espagne et du Portugal 1807-1814 » (1re partie : 1807-1809), Tradition Magazine HS no 16, 2001.
  • Jean-Louis Reynaud, Contre-guérilla en Espagne (1808-1814) : Suchet pacifie l'Aragon, Éd. Économica, 1992 (ISBN 2-7178-2286-0).
  • J. Tranie & J.-C. Carmigniani, Napoléon et la campagne d'Espagne (1807-1814), Éd. Copernic, 1978.
  • (es) Arturo Pérez-Reverte, El húsar, Éd. Alfaguara, 1986.
  • Sébastien Blaze, Mémoires d'un apothicaire sur la Guerre d'Espagne, pendant les années 1808 à 1814.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Guerre d'Espagne (1808-1814).

Articles connexes[modifier | modifier le code]