Marie-Adélaïde de Bourbon

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Marie-Adélaïde de Bourbon
Description de l'image Penthièvre, Louis Adélaïde.jpg.

Titres

Duchesse consort de Chartres


(16 ans 7 mois et 13 jours)

Prédécesseur Louise-Henriette de Bourbon
Successeur Marie-Amélie de Bourbon-Siciles

Duchesse consort d'Orléans


(7 ans 11 mois et 19 jours)

Prédécesseur Louise-Henriette de Bourbon
Successeur Marie-Amélie de Bourbon-Siciles
Biographie
Titulature Mademoiselle d'Ivoy
Mademoiselle de Penthièvre
Duchesse de Chartres
Duchesse d'Orléans
Duchesse douairière d'Orléans
princesse du sang par marriage
Dynastie Maison d'Orléans
Maison de Bourbon
Nom de naissance Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon
Naissance
Hôtel de Toulouse, Paris (France)
Décès (à 68 ans)
Ivry-sur-Seine (France)
Sépulture Chapelle royale de Dreux
Père Louis-Jean-Marie de Bourbon
Mère Marie-Thérèse-Félicité d'Este
Conjoint Louis-Philippe d'Orléans
Enfants Louis-Philippe d’Orléans Roi des Français
Antoine d’Orléans
Adélaïde d’Orléans
Louis-Charles d’Orléans
Religion Catholicisme romain

Signature

Signature de

Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon, dite « Mademoiselle d'Ivry » puis « Mademoiselle de Penthièvre », duchesse de Chartres (1769-1785) puis duchesse d'Orléans (1785-1821), est une princesse française née à Paris à l'Hôtel de Toulouse le et morte au château d'Ivry-sur-Seine le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Louise Marie Adélaïde est la fille de Louis-Jean-Marie de Bourbon, duc de Penthièvre, et de Marie-Thérèse-Félicité d'Este.

Sa mère meurt en couches en 1754. Dès l'âge de 4 ans, elle est confiée aux bénédictines de l'abbaye royale de Montmartre. Elle est présentée à la Cour le 8 décembre 1768.

Mademoiselle de Penthièvre et son père.

Cette même année, la mort de son frère aîné, Louis-Alexandre, prince de Lamballe, en fait le plus riche parti du royaume. Elle hérite de l'immense fortune de son grand-père, le comte de Toulouse, bâtard légitimé de Louis XIV. Sous la Restauration, elle tentera de reconstituer une partie de cette fortune, ce qui l'amènera à intenter de nombreux procès.

Mariage[modifier | modifier le code]

Cette richesse ne laisse pas indifférent Louis-Philippe d'Orléans, duc de Chartres. Fils aîné du duc d'Orléans, âgé de 20 ans, il est chef de la branche cadette de la famille royale. C'est un cousin éloigné de Marie-Adélaïde, issue d'une branche illégitime. Pour lui, ce mariage est une mésalliance. L'union est néanmoins consacrée à Versailles le 5 avril 1769. L'épouse est dotée par son père des duchés de Châteauvillain, d'Arc-en-Barrois et de Carignan. .

Le duc de Chartres et sa famille, 1776, par Édouard Cibot et Charles Lepeintre, châteaux de Versailles et de Trianon.

Le couple aura six enfants :

  • une fille (morte-née le 10 octobre 1771) ;
  • Louis-Philippe d'Orléans (6 octobre 1773–26 août 1850), duc de Chartres, puis duc d'Orléans et roi des Français sous le nom de Louis-Philippe Ier ;
  • Antoine-Philippe d'Orléans (3 juillet 1775–18 mai 1807), duc de Montpensier ;
  • Louise-Marie-Adélaïde-Eugénie (23 août 1777–31 décembre 1847), dite « Mademoiselle de Chartres » (1777), « Mademoiselle d'Orléans » (1782), puis Mademoiselle (1783-1812) et Madame Adélaïde (1830) ;
  • une fille (23 août 1777-6 février 1782), dite « Mademoiselle d'Orléans » ;
  • Louis-Charles d'Orléans (7 octobre 1779–30 mai 1808), comte de Beaujolais.

Le mariage s'avère très tôt malheureux. Le duc prend rapidement pour maîtresse la comtesse de Genlis, dame d'honneur de sa femme, qu'il nommera préceptrice de leurs enfants[1]. Pendant vingt ans, Marie-Adélaïde supportera avec naïveté puis résignation les frasques de son mari. Elle souffrira également de l'influence de Madame de Genlis sur ses enfants, qui adopteront une attitude révolutionnaire heurtant ses convictions royalistes[2].

Retrait en Normandie[modifier | modifier le code]

La princesse de Lamballe.

En avril 1791, accompagnée de sa fidèle dame d'honneur la marquise de Chastellux, Marie-Adélaïde se retire en Normandie auprès de son père, le duc de Penthièvre, dernier survivant des petits-fils de Louis XIV.

Elle se sépare officiellement de son époux le 25 juillet 1792.

Le lendemain de la fuite manquée de Louis XVI à Varennes, Marie-Adélaïde et son père sont détenus au château d'Eu mais la mesure sera levée au bout de 19 jours[3]. Ils résideront ensuite aux châteaux d'Anet et de Bizy.

Marie-Adélaïde et son père sont épouvantés par la fin atroce de leur belle-sœur et belle-fille, la princesse de Lamballe, victime des massacres de septembre. Le duc de Penthièvre considérait la princesse comme sa seconde fille et avait proposé la moitié de son immense fortune en échange de sa vie. De plus, le rôle de son gendre Philippe-Égalité dans la condamnation à mort de Louis XVI l'a scandalisé. Il ne se remettra pas de l'exécution du souverain, le 21 janvier 1793. Il meurt deux mois plus tard, respecté de tous pour sa droiture et sa charité.

Après la désertion du général Dumouriez, qui entraîne dans sa fuite le jeune duc de Chartres, tous les Orléans sont arrêtés. Montpensier et Beaujolais sont emprisonnés à Marseille avec leur père. Déclarée suspecte, Marie-Adélaïde est assignée à résidence à Bizy.

Le duc d'Orléans est guillotiné le 6 novembre 1793. Surnommée la « veuve Égalité », Marie-Adélaïde est incarcérée à la prison du Luxembourg. Elle impressionne ses geôliers par sa piété et son courage[réf. nécessaire].

Libérée en 1794 après la chute de Robespierre, elle trouve refuge dans la pension de Jacques Belhomme, où elle rencontre le conventionnel Jacques-Marie Rouzet. En 1796, ses fils Montpensier et Beaujolais sont libérés mais doivent s'expatrier aux États-Unis. Elle ne les reverra plus. Sa fille Adélaïde, naguère réfugiée en Suisse auprès de Mme de Genlis, a trouvé asile en Allemagne auprès de sa grand-tante maternelle, la princesse de Conti.

À Paris, Rouzet est devenu membre du Conseil des Cinq-Cents et Marie-Adélaïde vit dans une certaine aisance.

Exil en Espagne[modifier | modifier le code]

Après le coup d'État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797), un décret oblige tous les Bourbons à quitter la France. Marie Adélaïde se réfugie en Espagne avec sa belle-sœur, Bathilde d'Orléans, duchesse de Bourbon. Rouzet l'y retrouve secrètement et tous deux vivent à Sarrià, puis à Figueras où sa fille Adélaïde les rejoindra pour quelque temps.

C'est en exil que Marie Adélaïde apprend le décès prématuré de ses deux fils cadets, morts de maladie.

Le conflit entre la France et l'Espagne oblige Marie Adélaïde et Rouzet à fuir aux Îles Baléares en décembre 1808. Après une séparation de 16 ans, son fils Louis-Philippe vient demander son autorisation d'épouser Marie-Amélie de Bourbon-Siciles. Marie Adélaïde accepte cette union et l'accompagne à Palerme, où le mariage est célébré le 25 novembre 1809. Mais après un séjour commun de deux ans, les relations entre mère et fils sont devenues orageuses. Marie-Adélaïde et Rouzet partent pour Minorque, à Mahon.

Retour en France - Décès[modifier | modifier le code]

Les armes de la duchesse d'Orléans.

Après la chute de l'Empire, Marie-Adélaïde et Rouzet regagnent la France le 28 juin 1814. Ils ne sont pas inquiétés pendant les Cent-Jours. Cette année-là, Marie-Adélaïde projette de restaurer la sépulture de sa famille, dont les restes ont été abandonnés dans une fosse commune. Elle fait bâtir la partie haute de l'actuelle chapelle royale Saint-Louis du château de Dreux, que Louis-Philippe agrandira en faisant creuser des cryptes.

Rouzet meurt en 1820. En 1821, Marie-Adélaïde succombe à un cancer du sein, après une longue et douloureuse agonie. Elle ne verra pas l'avènement de son fils Louis-Philippe, en juillet 1830.

Mécénat[modifier | modifier le code]

Marie-Adélaïde de Bourbon est l'une des premières protectrices de la peintre Élisabeth Vigée Le Brun (1755-1842). Elle fut aussi cliente de la modiste Rose Bertin, qu'elle présente à la reine Marie-Antoinette.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Stéphanie-Félicité du Crest de Saint Aubin, comtesse de Genlis, fut à la fois la maîtresse du duc d'Orléans Philippe-Égalité et gouvernante des enfants d'Orléans. Elle avait trente-six ans en 1792, lorsqu'elle fut chargée de l'éducation des princes. Dans ses Mémoires, le roi Louis-Philippe détaille longuement l'éducation spartiate que lui, ses frères et sa sœur reçurent de Mme de Genlis .
  2. Michel de Decker, Le Duchesse d'Orléans, épouse de Philippe-Égalité, mère de Louis-Philippe, op. cit., p.136-146.
  3. Michel de Decker, Op.Cit. p.150

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • E. Delille, Journal de la vie de S.A.S. la duchesse d'Orléans, Paris, 1822 (ouvrage écrit par son secrétaire particulier)
  • Michel de Decker, La Veuve Égalité, Librairie Académique Perrin, Paris, 1981 ; réédité sous le titre La Duchesse d'Orléans, épouse de Philippe-Égalité, mère de Louis-Philippe, Pygmalion, Paris, 2001 (ISBN 2-85704-693-6)