Marie-Adélaïde de Bourbon

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Marie-Adélaïde de Bourbon
Penthièvre, Louis Adélaïde.jpg

Louise Marie Adélaïde de Bourbon, duchesse d'Orléans et princesse du sang, par Élisabeth Vigée Le Brun.

Naissance
Décès
Nationalité
Père
Mère
Conjoint
Enfants
Signature of Louise Marie Adélaïde de Bourbon on 28 August 1785.jpg

signature

Louise Marie Adélaïde (appelée Marie Adélaïde) de Bourbon, dite « Mademoiselle d'Ivry » puis « Mademoiselle de Penthièvre », duchesse de Chartres (1769-1785) puis duchesse d'Orléans (1785-1821), naît à Paris à l'Hôtel de Toulouse le 13 mars 1753 et décède au château d'Ivry-sur-Seine le 23 juin 1821.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Louise Marie Adélaïde est la fille de Louis Jean Marie de Bourbon, duc de Penthièvre, et de Marie Thérèse Félicité d'Este.

Sa mère meurt en couches en 1754. Dès l'âge de 4 ans, elle est confiée aux bénédictines de l'abbaye royale de Montmartre. Elle est présentée à la Cour le 8 décembre 1768.

Mademoiselle de Penthièvre et son père.

Cette même année, la mort de son frère aîné, Louis-Alexandre, prince de Lamballe, en fait le plus riche parti du royaume. Elle hérite de l'immense fortune de son grand-père, le comte de Toulouse, bâtard légitimé de Louis XIV. Sous la Restauration, elle tentera de reconstituer une partie de cette fortune, ce qui l'amènera à intenter de nombreux procès.

Mariage[modifier | modifier le code]

Cette richesse ne laisse pas indifférent Louis Philippe d'Orléans (1747-1793), duc de Chartres. Fils aîné du duc d'Orléans, âgé de 20 ans, il est chef de la branche cadette de la famille royale. C'est un cousin éloigné de Marie Adélaïde, issue d'une branche illégitime. Pour lui, ce mariage est une mésalliance. L'union est néanmoins consacrée à Versailles le 5 avril 1769. L'épouse est dotée par son père des duchés de Châteauvillain, d'Arc-en-Barrois et de Carignan. .

Le duc de Chartres et sa famille, 1776, par Édouard Cibot et Charles Lepeintre, châteaux de Versailles et de Trianon.

Le couple aura six enfants :

Le mariage s'avère très tôt malheureux. Le duc prend rapidement pour maîtresse la comtesse de Genlis, dame d'honneur de sa femme, qu'il nommera préceptrice de leurs enfants[1]. Pendant vingt ans, Marie Adélaïde supportera avec naïveté puis résignation les frasques de son mari. Elle souffrira également de l'influence de Madame de Genlis sur ses enfants, qui adopteront une attitude révolutionnaire heurtant ses convictions royalistes[2].

Retrait en Normandie[modifier | modifier le code]

La princesse de Lamballe.

En avril 1791, accompagnée de sa fidèle dame d'honneur la marquise de Chastellux, Marie Adélaïde se retire en Normandie auprès de son père, le duc de Penthièvre, dernier survivant des petits-fils de Louis XIV.

Elle se sépare officiellement de son époux le 25 juillet 1792.

Le lendemain de la fuite manquée de Louis XVI à Varennes, Marie Adélaïde et son père sont détenus au château d'Eu mais la mesure sera levée au bout de 19 jours[3]. Ils résideront ensuite aux châteaux d'Anet et de Bizy.

Marie Adélaïde et son père sont épouvantés par la fin atroce de leur belle-sœur et belle-fille, la princesse de Lamballe, victime des massacres de septembre. Le duc de Penthièvre considérait la princesse comme sa seconde fille et avait proposé la moitié de son immense fortune en échange de sa vie. De plus, le rôle de son gendre Philippe-Égalité dans la condamnation à mort de Louis XVI l'a scandalisé. Il ne se remettra pas de l'exécution du souverain, le 21 janvier 1793. Il meurt deux mois plus tard, respecté de tous pour sa droiture et sa charité.

Après la désertion du général Dumouriez, qui entraîne dans sa fuite le jeune duc de Chartres, tous les Orléans sont arrêtés. Montpensier et Beaujolais sont emprisonnés à Marseille avec leur père. Déclarée suspecte, Marie Adélaïde est assignée à résidence à Bizy.

Le duc d'Orléans est guillotiné le 6 novembre 1793. Surnommée la « veuve Égalité », Marie Adélaïde est incarcérée à la prison du Luxembourg. Elle impressionne ses geôliers par sa piété et son courage.

Libérée en 1794 après la chute de Robespierre, elle trouve refuge dans la pension de Jacques Belhomme, où elle rencontre le conventionnel Jacques-Marie Rouzet. En 1796, ses fils Montpensier et Beaujolais sont libérés mais doivent s'expatrier aux États-Unis. Elle ne les reverra plus. Sa fille Adélaïde, naguère réfugiée en Suisse auprès de Mme de Genlis, a trouvé asile en Allemagne auprès de sa grand-tante maternelle, la princesse de Conti.

À Paris, Rouzet est devenu membre du Conseil des Cinq-Cents et Marie Adélaïde vit dans une certaine aisance.

Exil en Espagne[modifier | modifier le code]

Après le coup d'État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797), un décret oblige tous les Bourbons à quitter la France. Marie Adélaïde se réfugie en Espagne avec sa belle-sœur, Bathilde d'Orléans, duchesse de Bourbon. Rouzet la rejoint secrètement et tous deux vivent à Sarrià, puis à Figueras où sa fille Adélaïde les rejoidra pour quelque temps.

C'est en exil que Marie Adélaïde apprend le décès prématuré de ses deux fils cadets, morts de maladie.

La conflit entre la France et l'Espagne oblige Marie Adélaïde et Rouzet à fuir aux Îles Baléares en décembre 1808. Après une séparation de 16 ans, son fils Louis-Philippe vient demander son autorisation d'épouser Marie-Amélie de Bourbon-Siciles. Marie Adélaïde accepte cette union et l'accompagne à Palerme, où le mariage est célébré le 25 novembre 1809. Mais après un séjour commun de deux ans, les relations entre mère et fils sont devenues orageuses. Marie Adélaïde et Rouzet partent pour Minorque, à Mahon.

Retour en France - Décès[modifier | modifier le code]

Les armes de la duchesse d'Orléans.

Après la chute de l'Empire, Marie Adélaïde et Rouzet regagnent la France le 28 juin 1814. Ils ne sont pas inquiétés pendant les Cent-Jours. Cette année-là, Marie Adélaïde projette de restaurer la sépulture de sa famille, dont les restes ont été abandonnés dans une fosse commune. Elle fait bâtir la partie haute de l'actuelle chapelle royale Saint-Louis du château de Dreux, que Louis-Philippe agrandira en faisant creuser des cryptes.

Rouzet meurt en 1820. En 1821, Marie Adélaïde de Bourbon succombe à un cancer du sein, après une longue et douloureuse agonie. Elle ne verra pas l'avènement de son fils Louis-Philippe, en juillet 1830.

Mécénat[modifier | modifier le code]

Marie Adélaïde de Bourbon est l'une des premières :

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Stéphanie-Félicité du Crest de Saint Aubin, comtesse de Genlis, fut à la fois la maîtresse du duc d'Orléans Philippe-Égalité et gouvernante des enfants d'Orléans. Elle avait trente-six ans en 1792, lorsqu'elle fut chargée de l'éducation des princes. Dans ses Mémoires, le roi Louis-Philippe détaille longuement l'éducation spartiate que lui, ses frères et sa sœur reçurent de Mme de Genlis .
  2. Sur les raisons et circonstances de cette séparation, voir Michel de Decker, Le duchesse d'Orléans, épouse de Philippe-Égalité, mère de Louis-Philippe, rééd.Pygmalion 2001 (première édition 1981), p.136-146
  3. Michel de Decker, Op.Cit. p.150

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • E. Delille, Journal de la vie de S.A.S. la duchesse d'Orléans, Paris, 1822. Ouvrage trop favorable à la duchesse écrit par son secrétaire particulier
  • Michel de Decker, La Duchesse d'Orléans, Épouse de Philippe-Égalité et mère de Louis-Philippe, réédition chez Pygmalion 2001, (ISBN 2-85704-693-6) (Première édition Librérie Académique Perrin 1981, sous le titre La Veuve Égalité)