Nativité de Marie

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Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie à Santa Maria Novella (Florence) par Domenico Ghirlandaio
le lieu de naissance de la Vierge Marie à Jérusalem.

La Nativité de Marie, ou Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie est une des treize fêtes mariales du calendrier liturgique. Rappelant la naissance de la Vierge Marie, mère de Jésus-Christ, elle est célébrée le 8 septembre aussi bien dans les Églises orientales (dans le calendrier julien pour la Russie) qu’occidentales.

Les récits des évangiles apocryphes[modifier | modifier le code]

Le Nouveau Testament ne dit rien du lieu ni de la date de naissance de Marie mère de Jésus. Il ne dit rien non plus des parents de Marie, ni des circonstances de sa naissance.

D’après un évangile apocryphe, le Protévangile de Jacques, composé à au IIe siècle, les parents de Marie s’appellent Joachim et Anne. Anne était stérile. "Affligé, Joachim ne voulut pas reparaître devant sa femme" ; il se retire au désert où il jeûne 40 jours. Un ange vole vers Anne et lui annonce qu'elle aura un enfant ; ensuite il fait de même avec Joachim. Ainsi, la naissance de Marie est présentée comme miraculeuse (Protévangile, chapitres 1 à 5).

D'après un autre apocryphe, très proche du Protévangile de Jacques, L'Evangile de la Nativité de Sainte Marie, Joachim, époux d'une femme stérile, "se retir[e] auprès des bergers qui étaient avec ses troupeaux dans ses pâturages" pour éviter les reproches humiliants de la communauté. Un ange lui apparaît et lui rappelle que Sara a enfanté malgré sa stérilité, de même que Rachel. "Lorsque [Dieu], dit l'ange, rend quelqu'un stérile, ce n'est que pour faire ensuite éclater ses merveilles et montrer que l'enfant qui naît est un don de Dieu, et non pas le fruit d'une passion désordonnée" (chapitre 3).

Très proche de ces deux textes apocryphes, un troisième intitulé Evangile de la Nativité de Marie et de l'enfance du Sauveur reprend la même histoire avec quelques variantes. Joachim et Anne sont tous deux de la tribu de Juda et de la race de David. Anne est stérile. Un ange apparaît à Joachim dans son sommeil et lui dit : "il vous a été donné un rejeton, tel que jamais, ni les prophètes, ni les saints, n'en ont eu depuis le commencement, et tel qu'ils n'en auront jamais. » (chapitre 3). Ces trois textes sont cités dans la traduction de Gustave Brumet.

Dans Marie des apocryphes, Enrico Norelli souligne l'importance qu'ont prise dans l'imaginaire chrétien, au sein même de l'Eglise, des éléments contenus dans un évangile apocryphe comme le Protévangile de Jacques, réécrit à plusieurs reprises au cours des siècles, comme les noms des parents de Marie, (Joachim et Anne, canonisés au XVIe siècle) ou la stérilité d'Anne  ; "alors que d'un côté les autorités ecclésiales rejetaient fermement les apocryphes, de l'autre elles en prélevaient des éléments, passant sous silence leur origine ou les "blanchissant" via une nouvelle légitimation du récit[1]".

Lieux de culte liés à la Nativité[modifier | modifier le code]

Depuis le début du Ve siècle on vénère près de la piscine de Bethesda (porte des Lions) à Jérusalem, le lieu où elle serait née car la tradition orientale y fixe la maison d'Anne et Joachim, parents de Marie, au niveau de l'église Sainte-Anne de Jérusalem dont la dédicace a eu lieu un 8 septembre[2]. D'autres traditions occidentales localisent la naissance de Marie à Béthléem (cette thèse dépend de la doctrine présentant Marie comme la descendante du roi David né à Béthléem), Nazareth (thèse qui apparaît dans le De natitivite Mariae du IXe siècle qui repose sur l'argument que Marie a vécu principalement dans cette ville) et Sepphoris (tradition galiléenne qui apparaît au temps des Croisades)[3].

Fête[modifier | modifier le code]

La fête, déjà célébrée en Orient, est inscrite au calendrier de l’Église de Rome par le pape Serge Ier, lui-même d’origine orientale (syrienne) même s'il est né à Palerme en Sicile.

Citation[modifier | modifier le code]

Extrait d’un sermon de Saint Pierre Damien, à l’occasion de la Nativité de la Vierge Marie : « Aujourd’hui est le jour que choisit Dieu pour mettre en œuvre son plan éternel de salut, car il était nécessaire que se construise la maison avant que le Roi ne descende y habiter. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Enrico Norelli, Marie des apocryphes. Enquête sur la mère de Dieu dans le christianisme antique, Labor et Fides, 2009, p.54-55.
  2. Origines de la fête
  3. Simon Claude Mimouni, Dormition et assomption de Marie. Histoire des traditions anciennes, Éditions Beauchesne,‎ , p. 478