Jean Mistler

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Jean Mistler
Jean Mistler en 1928.
Jean Mistler en 1928.
Fonctions
Député 1928-1940
Gouvernement IIIème République
Groupe politique PRRRS
Biographie
Date de naissance
Date de décès (à 91 ans)
Résidence Aude

Jean Mistler (, Sorèze, Tarn11 novembre 1988, Paris) est un homme politique français, député et plusieurs fois ministre, également écrivain et secrétaire perpétuel de l’Académie française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Maison de Jean Mistler à Sorèze
Jean Mistler et le sculpteur Pierre-Marie Poisson devant le nouveau buste de Marianne

Après sa scolarité à Sorèze, Jean Mistler, d'origine alsacienne par son père (sa famille a quitté l'Alsace en 1871), prépare le concours de l'École normale supérieure au lycée Henri-IV, où il a comme professeur de philosophie Alain. Mobilisé dans l'artillerie en 1916, il retire de la guerre de solides convictions pacifistes. Il est admis à l'École normale en 1919, et est reçu major à l'agrégation de lettres l'année suivante.

Plutôt que d'enseigner, il choisit de postuler au ministère des Affaires étrangères pour une affectation à l'étranger. Il est nommé à la légation de France en Hongrie, faisant fonction d'attaché culturel en même temps qu'il enseigne à l'université de Budapest. En 1925, il est intégré au Quai d'Orsay (Service des Œuvres), où il succède à Paul Morand.

Il entame une carrière politique à partir de 1928 quand il est élu député de l'Aude sous l'étiquette radical-socialiste. Il sera sous-secrétaire d'État aux Beaux-Arts et plusieurs fois ministre à partir de 1932. En 1934, alors qu'il est ministre des PTT dans le gouvernement d'Albert Sarraut, ce mélomane averti crée l'Orchestre National de la Radiodiffusion Française, ancêtre de l'Orchestre National de France. À partir de 1936, il présidera la commission des Affaires étrangères.

Parallèlement à ses activités politiques, Jean Mistler avait commencé une carrière d'écrivain, avec la publication de Châteaux en Bavière (1925) et d' Ethelka (1929).

Le 10 juillet 1940, comme président de la commission du suffrage universel à la Chambre des députés, c'est lui qui présente à l'Assemblée nationale, réunie à Vichy, l'article unique confiant les pleins pouvoirs au maréchal Pétain aux fins de préparer un nouveau projet de constitution. Ce qui lui vaudra, à la Libération, d'être appelé « le naufrageur de la République ».

Sous l'Occupation, il est membre du Conseil national instauré par Vichy.

Après avoir occupé, comme une pénitence, un poste de codirecteur aux Éditions du Rocher après la guerre, il devient ensuite secrétaire général puis président de la Maison du livre français (dépendant du ministère des Affaires étrangères), et enfin, de 1964 à 1969, directeur du département de littérature générale à la Librairie Hachette. Parallèlement à ces activités, Jean Mistler donne régulièrement des chroniques de critique littéraire ou musicale à L'Aurore.

Académie française[modifier | modifier le code]

Il est élu le à l'Académie française en remplacement de Robert d'Harcourt. Il y est reçu le par Marcel Brion. Il en est élu secrétaire perpétuel le en remplacement de Maurice Genevoix, démissionnaire, et le restera jusqu’à sa démission pour raisons de santé le .

Jean Mistler meurt le 11 novembre 1988 ; il est inhumé dans le caveau de la famille d'Auriol à Sorèze, près de son épouse décédée peu après lui.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Châteaux en Bavière, Calmann-Lévy, 1925
  • Madame de Staël et Maurice O'Donnell (1805-1817), d'après des lettres inédites, Calmann-Lévy, 1926
  • La vie d'Hoffmann, Gallimard, 1927
  • Triomphe de Paris (Éditions d'art Jrody, 1929
  • Ethelka, Calmann-Lévy, 1929
  • Vienne, Hachette, 1931
  • La maison du Docteur Clifton, Emile Paul, 1932
  • Problèmes de politique extérieure, conférences par MM. Mistler, Tirard, Reynaud, Hubert, Mousset, Rivaud et Osusky, Alcan, 1938
  • Roger Chastel, Sequana, 1943
  • Dictées de la nuit avec des Bois gravés de Galanis, Corrêa, 1943
  • Chamfort, Maximes et anecdotes, introduction et notes, Le Rocher, 1944
  • Le Vampire, extrait des Mémoires du Chevalier de Villevert, Le Rocher, 1944
  • La Femme nue et le Veau d'or, Le Rocher, 1945
  • Benjamin Constant, Journal intime, suivi d'Adolphe et du Cahier rouge, introduction et notes, Le Rocher, 1946
  • Gobineau, Les Pléiades, établissement du texte, introduction et notes, Le Rocher, 1947
  • Gobineau, la Renaissance, scènes historiques, établissement du texte, introduction et notes, Le Rocher, 1947
  • Choderlos de Laclos, Les Liaisons dangereuses, établissement du texte, introduction et notes, Le Rocher, 1948
  • Benjamin Constant et Mme de Staël, Lettres à un ami, Cent onze lettres inédites à Claude Hochet, La Baconnière, 1949
  • La symphonie inachevée, Le Rocher, 1950
  • Hoffmann le fantastique, Albin Michel, 1950
  • A Bayreuth avec Richard Wagner, Hachette, 1960
  • Epinal et l'imagerie populaire, (coauteurs : F. Blaudez et A. Jacquemin), Hachette), 1961
  • Le 14 juillet, Hachette, 1963
  • La librairie Hachette de 1826 à nos jours, Hachette, 1964
  • Le bout du monde, Grasset, 1964
  • Napoléon et l'Empire, 2 vol., Hachette, 1967
  • Les orgues de Saint-Sauveur, Grasset, 1967
  • Les Cahiers du capitaine Coignet, première édition d'après le manuscrit original, Hachette, 1968
  • Lieutenant Chevalier, Souvenirs des guerres napoléoniennes, Hachette, 1970
  • Gaspard Hauser, Fayard, 1971
  • La route des étangs, Grasset, 1971
  • Aimés des Dieux, Hachette, 1972
  • Vermeer de Delft, Screpel, 1973
  • Le naufrage du Monte-Cristo, Grasset, 1973
  • L'Ami des pauvres, Grasset, 1974
  • Gare de l'Est, Grasset, 1975
  • Bon poids, Grasset, 1976
  • Hugo et Wagner face à leur destin, Grasset, 1977
  • Wagner et Bayreuth, Hachette, 1980
  • Sous la coupole, Grasset, 1981
  • Faubourg Antoine, Grasset, 1982
  • Le jeune homme qui rode, Grasset, 1984

Sources[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]