Henri Sellier

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Henri Sellier
Henri Sellier en 1936.
Henri Sellier en 1936.
Fonctions
Maire de Suresnes
Élection
Réélection
10 mai 1925
12 mai 1929
12 mai 1935
Prédécesseur Victor Diederich
Successeur Louis Cucuat
Sénateur de la Seine
Élection
Réélection
Ministre de la Santé publique
Premier ministre Léon Blum
Gouvernement Blum I
Prédécesseur Louis Nicolle
Successeur Marc Rucart
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Bourges (Cher)
Date de décès (à 59 ans)
Lieu de décès Suresnes (Seine)
Nationalité Française
Parti politique SFIO
Diplômé de HEC

Henri Sellier, né le à Bourges et mort le à Suresnes, est un homme politique français. Il fut maire de Suresnes pendant 22 ans, de 1919 à 1941.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et études[modifier | modifier le code]

Henri Sellier est le fils d'un ouvrier de l'arsenal de Bourges. Il effectue ses études au lycée de la ville en tant que boursier puis entre à HEC avant de décrocher une licence de droit. Il commence à travailler en 1906 comme rédacteur au ministère du Travail, ses engagements politiques ne lui permettant pas de conserver une place durable dans le milieu du commerce[1].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Entre 1909 et 1919, il est conseiller municipal de Puteaux. En 1910, il est élu conseiller général sur le canton de Puteaux, quittant la même année l'administration. Réélu jusqu'en 1925, il voit ce canton subdivisé à cette date, il est désormais élu dans la 2e circonscription Suresnes et Nanterre-Sud (réélu en 1929 et 1935). Entre 1917 et 1920, il est rapporteur général du budget départemental de la Seine et entre 1927 et 1928, président du conseil général[1].

Après avoir échoué au scrutin sénatorial de 1927, il est sénateur de la Seine de 1935 à sa mort en 1943 ; il est membre de la commission d'administration et de la commission d'hygiène sociale. Ministre de la Santé publique sous le gouvernement de Front populaire, maire de Suresnes, il évolue au cours de sa carrière politique d'un socialisme révolutionnaire à un socialisme plus pragmatique : militant du Parti socialiste révolutionnaire à partir de 1898, il rejoint ensuite la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) en 1905. Il collabore notamment avec Jean Jaurès et Albert Thomas. Par discipline de parti, il se range à la majorité et rejoint le Parti communiste français à sa création. Exclu l'année suivante, en 1921, il rejoint brièvement l'Union socialiste communiste puis retourne à la SFIO pour ne plus la quitter[1].

Figure marquante du champ de l'urbanisme français, il fonde en 1919, avec Marcel Poëte, l'École des hautes études urbaines (EHEU), qui devient l'Institut d'urbanisme de l'université de Paris en 1924 et qui existe toujours aujourd'hui sous le nom d'Institut d'urbanisme de Paris.

Sa grande cause est l'amélioration de l'habitat des populations défavorisées. Sa thèse principale date de 1921 : il publie La Crise du logement et l'intervention publique en matière d'habitat populaire, puis fonde l'Association française pour l'urbanisme.

Administrateur en 1916, puis président de l’Office départemental des Habitations à bon marché de la Seine, son œuvre reste dans l'histoire, avec la création des cités-jardins, pôles d'attraction résidentiels implantés en fonction du marché du travail. Les cités-jardins constituent des ensembles urbains dans lesquels on réunit des groupes d'individus avec leur famille afin de créer de toutes pièces une cité. Elles ont pour fonction de régénérer le tissu urbain :

« L'urbanisme social se doit d'organiser un meilleur aménagement de l'humanité, vers un niveau de lumière, de joie et de santé, un meilleur rendement économique car il y a urgence à défendre la race dans tous les domaines contre la certitude de dégénérescence et de destruction que les lamentables statistiques de la natalité, maladie, mort, laissent apparaître : 18 % de la perte du revenu national est due à la maladie. » (Henri Sellier).

Durant l'entre-deux-guerres, Sellier est à l'origine de onze cités-jardins créées autour de Paris.

Il ne participe pas au vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain, le 10 juillet 1940[1].

Destitué le 20 mai 1941 de ses fonctions de maire de Suresnes par l'amiral Darlan pour « hostilité à l'œuvre de rénovation nationale », il est incarcéré à Compiègne du 22 juin au 17 juillet 1941. Il s'éteint le 24 novembre 1943.

Postérité[modifier | modifier le code]

Le principal boulevard de Suresnes, une cité d'habitation dans la commune d'Hydra (un quartier d'Alger), à Vierzon ainsi qu'à Sainte-Geneviève-des-Bois, un lycée situé à Livry-Gargan (qui donne son nom à une gare de la ligne 4 du tramway d'Île-de-France), un collège à Colombelles, une maternelle ainsi qu'une école primaire à Mulhouse et un parc de Plessis-Robinson portent son nom.

On trouve aussi une rue Henri Sellier à Bourges, Saint-Florent-sur-Cher, Fleury-les-Aubrais, Lorient, Niort, Saint-Priest, Sainte-Geneviève-des-Bois, Ris-Orangis, Villeneuve Saint Georges, Sceaux[Laquelle ?], une allée Henri Sellier à Toulouse.

Principales publications[modifier | modifier le code]

  • Les Banlieues urbaines et la réorganisation administrative du département de la Seine, éd. Marcel Rivière et Cie, coll. « Les documents du socialisme », 1920
  • La Crise du logement et l'intervention publique en matière d'habitat populaire, 1921

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ouvrage collectif, « La Banlieue oasis : Henri Sellier et les cités-jardins (1900-1940) », Presses universitaires de Vincennes, février 1987 (ISBN 2-903981-39-6)
  • Roger-Henri Guerrand et Christine Moissinac, Henri Sellier, urbaniste et réformateur social, éd. La Découverte, Paris, 2005 (ISBN 2-707145-41-6)
  • Étienne Crosnier, « Histoires de Suresnes », éd. Suresnes Information, février 1989 (ISBN 2-9503475-0-9)
  • « Henri Sellier », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Fiche sur le site du Sénat.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • Fiche sur le site du Sénat