Cécile Brunschvicg

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Cécile Brunschvicg
Image illustrative de l'article Cécile Brunschvicg
Fonctions
Sous-secrétaire d'État à l'Éducation nationale de la France
Gouvernement Blum I
Prédécesseur Henri Guernut
indirectement
Successeur Léo Lagrange
Biographie
Nom de naissance Cécile Kahn
Date de naissance
Lieu de naissance Enghien-les-Bains
(Seine-et-Oise)
Date de décès (à 69 ans)
Lieu de décès Neuilly-sur-Seine
Nationalité Française
Parti politique PRS
Conjoint Léon Brunschvicg

Cécile Brunschvicg
Ministres français de l'Éducation nationale

Cécile Brunschvicg, née Cécile Kahn le à Enghien-les-Bains (Seine-et-Oise[1]) et morte le à Neuilly-sur-Seine (Seine[2]), est une femme politique et féministe française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Cécile Kahn grandit dans une famille bourgeoise républicaine de confession juive. Son père est un industriel alsacien, chevalier de la Légion d’honneur[3]. Son milieu familial n'est pas enclin à laisser les femmes étudier, toutefois elle réussit à obtenir à l'âge de 17 ans son brevet supérieur, qu'elle prépare en secret[4].

La rencontre avec Léon Brunschvicg, philosophe féministe membre de la Ligue des Droits de l’Homme, puis vice-président de la Ligue des électeurs pour le suffrage des femmes est décisive. Ils se marient en 1899 et ont, de 1901 à 1919, quatre enfants.

Engagements politiques et sociaux[modifier | modifier le code]

Son engagement social et féministe débute en 1908, avec sa participation à la section Travail du Conseil National des Femmes (CNFF), puis se prolonge en 1909 avec son adhésion en l'Union Française pour le Suffrage des femmes. La même année, elle créée les Réchauds de midi qui permettent aux travailleuses de disposer d'un repas chaud le midi[5]. Elle adhère en 1920 au « Soroptimist club ».

En 1910, elle devient secrétaire générale de l'UFSF puis présidente en 1924. Son projet est de développer l'association en province en créant des comités locaux (Marie-Josèphe Réchard présidente du comité local de Niort ou encore Laure Beddoukh présidente du comité local de Marseille)[6]. En 1914, elle crée l’Œuvre parisienne pour le logement des réfugiés. Elle est une féministe plus « réformiste » que « révolutionnaire ». Elle défend notamment l'école mixte.

Elle participe aux relogements de réfugiés de la Première Guerre mondiale et devient présidente de la « section Travail » du Conseil national des femmes françaises. Elle aide à la création de centres sociaux et en 1917 à l'École des surintendantes d'usine (les ancêtres des actuelles assistantes sociales). Elle est directrice de l'hebdomadaire La Française à partir de 1926, succédant ainsi à Jane Misme[4], et y publie de nombreux articles, notamment dans le cadre de son dialogue avec des militants antiféministes comme Marthe Borély.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Cécile Brunschvicg adhère en 1924 au Parti républicain, radical et radical-socialiste (ou PRS) qui vient de s'ouvrir aux femmes.

Elle est nommée sous-secrétaire d'État à l'Éducation nationale dans le premier gouvernement de Léon Blum, en 1936[7]. Son ministre de tutelle est Jean Zay. Elle est avec Suzanne Lacore et Irène Joliot-Curie la première femme membre d'un gouvernement français, alors que celles-ci n'ont pas le droit de vote (ce n'est qu'en 1944 qu'elles l'obtiendront)[8].

Elle participe à la création des cantines scolaires, au développement de la surveillance de la délinquance et des risques sanitaires ainsi qu'à la promotion de l'éducation des filles. En 1937, elle publie le rapport ministériel : La Question de l'alimentation au ministère de l'Éducation nationale : les cantines scolaires. Les femmes peuvent dorénavant être candidates au poste de « rédactrice territoriale ». Le gouvernement Blum tombe à cause de l'opposition du Sénat, et son successeur, Camille Chautemps, ne la reconduit pas dans ses fonctions.

Seconde Guerre mondiale et décès[modifier | modifier le code]

Pendant la Seconde Guerre mondiale, en raison de ses origines juives et de sa participation au gouvernement du Front populaire, elle est contrainte de se cacher dans le Midi de la France. Elle change de nom et ne peut être aux côtés de son époux, qui décède à Aix-les-Bains, en janvier 1944. Elle est professeure dans un pensionnat de jeunes filles, à Valence. Après la guerre, elle reconstitue l'UFSF. Elle est « Présidente d'honneur du Conseil National des femmes radicales socialistes »[4].

Cécile Brunschvicg meurt le à Neuilly-sur-Seine. Ses archives sont déposées au Centre des Archives du Féminisme à l'université d'Angers en 2000[4].

Hommages[modifier | modifier le code]

La nouvelle « rue Cécile Brunschvicg » en construction, à Toulouse.

Décoration[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dans le Val-d'Oise depuis 1968.
  2. Dans les Hauts-de-Seine depuis 1968.
  3. Base Léonore
  4. a, b, c et d Cécile Brunschvicg, Métiers de femmes. Les carrières sociales, dans La Française du 2 mars 1946.
  5. Cécile Formaglio, Féministe d'abord : Cécile Brunschvicg (1877-1946), Rennes, PUR, 2014.
  6. Christine Bard, Guide des sources de l'histoire du féminisme, Rennes, PUR, 2006.
  7. Vincent Duclert, Dictionnaire critique de la République, Paris, Flammarion, 2007.
  8. Yannick Ripa, « Cécile Brunschvicg, adjointe aux mères », Libération du 17 décembre 2014

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marc-Olivier Baruch, « Cécile Brunschvicg, l'engagement républicain », dans Les cahiers du judaisme, no 12, 2002, p. 55-57.
  • Alice Benhamou-Panetta, « Le réveil des femmes en politique : Cécile Brunschvicg et Louise Weiss », dans Cahier d'histoire du Radicalisme, no 6, 1999, p. 1-9.
  • René Boirel, Brunschvicg, sa vie, son œuvre, avec un exposé de sa philosophie, Paris, PUF, 1964, 138 p.
  • Cécile Formaglio, Féministe d'abord : Cécile Brunschvicg (1877-1946), Rennes, PUR, 2014.
  • Sandrine Lévêque, Femmes, féministes et journalistes : les rédactrices de La Fronde à l'épreuve de la professionnalisation journalistique, Le Temps des médias no 12, 2012, p. 41-53.
  • Muriel Pichon, « Cécile Brunschvicg née Kahn, féministe et ministre du Front populaire », Archives Juives 1/, Vol. 45, 2012, p. 131-134 (Lire en ligne).
  • « Cécile Brunschvicg, femme, féministe, juive, face au défi de l'intégration et de la neutralité religieuse », dans Archive du féminisme, no 9, décembre 2005, p. 29-42.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]