Georges Monnet

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Georges Monnet
Illustration.
Georges Monnet (1932)
Fonctions
Député de l'Aisne

(12 ans, 1 mois et 8 jours)
Élection
Réélection
Circonscription Soissons
Législature XVe, XIVe et XVIe (IIIe République)
Groupe politique SFIO
Ministre du Blocus

(2 mois et 25 jours)
Président Albert Lebrun
Président du Conseil Paul Reynaud
Gouvernement Reynaud
Prédécesseur Georges Pernot
Successeur Aucun
Ministre de l'Agriculture

(28 jours)
Président Albert Lebrun
Président du Conseil Léon Blum
Gouvernement Blum II
Prédécesseur Fernand Chapsal
Successeur Henri Queuille

(1 an, 7 mois et 14 jours)
Président Albert Lebrun
Président du Conseil Léon Blum et
Camille Chautemps
Gouvernement Blum II et Chautemps III
Prédécesseur Paul Thellier
Successeur Fernand Chapsal
Conseiller général de l'Aisne
Élu dans le canton d'Oulchy-le-Château
Prédécesseur Émile Forzy
Successeur Albert Belet
Maire de Celles-sur-Aisne
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Aurillac (Cantal)
Date de décès (à 82 ans)
Lieu de décès Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne)
Nationalité Française
Parti politique SFIO

Georges Monnet est un homme politique français, né le à Aurillac (Cantal) et mort le à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne).

L'ascension d'un socialiste rural[modifier | modifier le code]

Après la Première Guerre mondiale, où il a combattu comme engagé volontaire, Georges Monnet prend la tête d'une grande exploitation agricole de Picardie ravagée par le conflit. S'il possède dès lors 200 ha dans une région riche, les premières années sont difficiles, tant l'état des terres est mauvais : il loge dans une simple baraque.

Il devient maire indépendant de Celles-sur-Aisne en 1925. Trois ans plus tard, il adhère à la SFIO, qui a sollicité sa candidature aux élections législatives. Monnet est élu député en 1928, réélu en 1932 et 1936 dès le premier tour. En décembre 1930, il acquiert une stature nationale en contribuant, par son discours très critique, à la chute d'André Tardieu, dont un ministre était impliqué dans l'affaire Oustric. Quelques mois plus tard, il renforce son assise locale en devenant conseiller général. Jusqu'en 1940, c'est un des plus proches de Léon Blum, en même temps qu'un de ses amis intimes, avec sa femme Germaine Monnet. Le 13 février 1936, Georges Monnet conduit la voiture dans laquelle se trouve Léon Blum et qui est attaquée par des Camelots du roi. Avec sa femme, deux agents de police et des ouvriers du bâtiment, il sauve le chef socialiste du lynchage par les jeunes maurrassiens déchaînés.

En 1933, il entre à la commission administrative permanente et devient l'expert de la SFIO pour les questions agricoles, Adéodat Compère-Morel ayant quitté le parti. Il modernise la doctrine socialiste en l'axant vers l'objectif de réformes concrètes et immédiates pour aider les petites et moyennes exploitations, terminant définitivement le débat sur le maintien ou non de ces propriétés privées dans une économie socialisée. Georges Monnet estime aussi que l'agriculture française doit non seulement nourrir la population, mais également devenir un secteur d'exportation.

Ministre de l'Agriculture dans le premier gouvernement Blum et dans le premier gouvernement Chautemps, il consacre l'essentiel de sa politique agraire à la défense des petits exploitants, à travers la maîtrise des prix agricoles. Il met cette politique en œuvre par le biais de l'Office du blé ; mais l'opposition intraitable du Sénat l'empêche d'étendre ce système aux autres productions. Il a cependant construit un modèle suivi après la Libération par les gouvernements de la IVe République, et même par la Communauté économique européenne, avec la Politique agricole commune. Le Sénat bloque également sa réforme du statut du fermage. Monnet obtient en revanche l'extension des droits sociaux aux ouvriers agricoles, encore soumis à des conditions de travail archaïques. Pour appliquer sa politique, il s'appuie particulièrement sur les directeurs départementaux des administrations publiques, qu'il a réussi à convaincre.

De la tourmente à l'Afrique[modifier | modifier le code]

Il s'oppose aux accords de Munich en 1938 et dirige un journal, Agir pour la paix, pour le socialisme défendant une ligne de fermeté face à Hitler. Daniel Mayer, Pierre Brossolette et Jean Bouhey, notamment, y écrivent. Ministre du Blocus dans le gouvernement de Paul Reynaud, Georges Monnet fait savoir sa désapprobation d'un armistice et tente en vain de gagner l'Afrique du nord. Le 10 juillet 1940, après avoir été tenté par le non, il s'abstient sur le vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Sous l'Occupation, il reste en retrait, refusant de se compromettre avec Vichy, mais aussi de s'engager activement dans la Résistance. Il s'en est expliqué dans un entretien avec Marc Sadoun : « J'étais réservé sur l'efficacité d'action des socialistes et ne me sentais pas destiné à mener une action clandestine. »

Son abstention le 10 juillet 1940 et son attitude sous l'Occupation lui sont vivement reprochées à la Libération. Au congrès de la SFIO en août 1945, Louis Noguères et Daniel Mayer dénoncent ses hésitations en évoquant une trahison politique et une lâcheté d'autant plus intolérables à leurs yeux qu'elles impliquent celui qui fut considéré un temps comme « l'héritier de Blum. » Monnet est exclu au nom d'une « éthique de la pureté démocratique autour de laquelle doit se reconstituer un Parti socialiste qui doit impitoyablement rejeter les hésitants », observe l'historien Édouard Lynch[1].

Passé au RGR, Monnet part en Afrique pour continuer à jouer un rôle politique. Conseiller de l'Union française de 1947 à 1958, il est ministre de l'Agriculture de Félix Houphouët-Boigny de 1959 à 1961, puis conseiller personnel du président ivoirien de 1961 à 1964. Quelques années plus tard, il rentre en France et devient président du Centre national des expositions et concours agricoles (CENECA).

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Édouard Lynch, « Les socialistes et l'action agricole à la Libération : espoirs et désillusions », dans Serge Berstein, Frédéric Cépède, Gilles Morin et Antoine Prost (dir.), Le Parti socialiste entre Résistance et République, Paris, Publications de la Sorbonne, coll. « Série science politique » (no 2), , 357 p. (ISBN 2-85944-409-2), p. 141-142.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]