Georges Pitoëff

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Georges Pitoëff (né le 4 septembre 1884 à Tbilissi, et mort le 17 septembre 1939 à Bellevue) est un traducteur, acteur, décorateur et metteur en scène de théâtre français d'origine arménienne. Il est également l'un des quatre fondateurs de l'association créée en 1927 : le Cartel des quatre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Georges Pitoëff était issu d'une riche famille de marchands anoblis. Son père, Ivan, dirigeait le théâtre de la ville où il était aussi metteur en scène et décorateur. Les enfants Pitoëff eurent une nurse allemande et une nurse française.

Georges part à dix-huit ans à Moscou pour faire des études, mais le théâtre l'attire. Il travaille un moment avec Stanislavski qui prône un théâtre « vrai » ; Pitoëff, après longues discussions avec le maître, préfère un « théâtre qui donne accès au royaume du rêve ». Il débute en 1912 à Saint-Pétersbourg puis part en tournée dans la Russie profonde, où il joue Ibsen, Shakespeare, Molière, Musset, etc.

Après la mort de sa mère fin 1913, il part à Paris avec son père. Il y rencontre son épouse, l'actrice Ludmilla avec qui il se marie le 14 juillet 1915. La famille part alors à Genève. C'est dans cette ville que naîtra en 1920 leur fils, le futur comédien et metteur en scène de théâtre Sacha Pitoëff.

Pitoëff monte des spectacles de bienfaisance pour les exilés russes puis il s'installe dans une petite salle de banlieue, à Plainpalais.

En octobre 1918, il fonde sa première compagnie qui, un an plus tard, prend le nom de Théâtre Pitoëff. Il la dissout en 1922 mais Evséef, Jean Hort, Héléna Manson, Alfred Penay, Eugène Ponti, Alice Reichen, Michel Simon, Nora Sylvère sont à nouveau engagés. L'année suivante, Antonin Artaud, Ève Casalis, Maxime Fabert, Jim Gerald, Marcel Herrand, Mademoiselle Grinewski, Paulette Pax, Léo Peltier, Georges de Vos, rejoignent sa nouvelle compagnie tandis que Michel Simon la quitte.

En 1919, 1920, la compagnie effectue des tournées à Paris au Théâtre des Arts, mais aussi en 1921 au Théâtre Moncey et au Théâtre du Vieux-Colombier.

Ils quittent définitivement Genève en janvier 1922 pour travailler avec Jacques Hébertot à la Comédie des Champs-Élysées.

D'octobre 1924 à juillet 1927, il rejoint le Théâtre des Arts sous la direction de Rodolphe Darzens. Après une tournée en Europe en 1926, il rejoint pour un an le Théâtre des Mathurins dirigé par René Saunier. Il retourne en octobre 1928 au Théâtre des Arts jusqu'en juillet 1931. Ensuite il s'installe au Théâtre Albert 1er, puis dirige le Théâtre de l'Avenue de février 1932 à mai 1933. Enfin, en octobre 1934, il rejoint et dirige le Théâtre des Mathurins. La compagnie Pitoëff est alors renforcée par les comédiens Émile Drain, Mady Berry, Marcelle Géniat, Michel François (fils de Michel Simon) et France Ellys[1].

Un homme passionné[modifier | modifier le code]

Il exerçait de nombreuses professions à la fois, étant acteur, metteur en scène, décorateur, traducteur, chef d'une entreprise de vingt-trois salariés (effectif de la troupe d'acteurs en 1922), et aussi père de sept enfants. Seules la musique et la gestion financière lui échappaient.

Rigoureux et passionné, son activité était incessante. À titre d'exemple voici ce que fut l'activité de la troupe début 1922 :

Cette activité fébrile était facilitée par l'utilisation, ou quasiment l'absence, de décors sommaires et d'éclairages des plus simples. Avant tout, Georges Pitoëff voulait créer, quitte à interrompre un spectacle qui faisait recette – ce qui, joint à des dépenses non toujours contrôlées, expliquait des finances chroniquement problématiques.

Il sut monter des spectacles mémorables avec des moyens réduits. Deux exemples :

  • pour Six personnages en quête d'auteur (avril 1923), il imagina de faire apparaître les acteurs par le monte-charge du théâtre, sans aucun décor. Des spectateurs crurent que les décors avaient été oubliés ;
  • pour Les Ratés de Henri-René Lenormand (mai 1920), il conçut un décor constitué de deux rideaux, un gris devant, un violet derrière ; ces rideaux pouvaient être tirés à demi vers la gauche ou vers la droite, ou tirés entièrement. De plus un praticable derrière le rideau violet offrait deux niveaux d'action, eux-mêmes sécables en deux parties : gauche-droite. L'action pouvait ainsi se dérouler dans un des quatre espaces dans les praticables, ou encore dans un des deux espaces délimités par les rideaux gris et violet, tirés à demi.

Pour Hamlet il imagina un décor unique avec des panneaux qui permettaient de définir 27 lieux différents ; mais, toujours soucieux de perfection, lors d'une reprise de la pièce, il supprima les panneaux et revint à un décor unique.

Le répertoire était très ouvert aux auteurs étrangers : Tchekhov, Shaw, Ferenc Molnár, Tagore, Pirandello, Synge, Tolstoï, Shakespeare - mais aussi Anouilh (alors débutant), Duhamel, Claudel, ou encore Maeterlinck. Il créa 210 pièces entre 1915 et 1939.

Dans le domaine de la traduction, il exécuta notamment celle du Roméo et Juliette de William Shakespeare avec Pierre Jean Jouve, que ce dernier remania en 1955.

De toutes ces créations il ne reste aujourd'hui que peu de choses : des témoignages, des maquettes de décor, des indications de mise en scène, quelques photos. Mais aucun documentaire n'a permis de les voir. Par contre, deux films courts de Emil-Edwin Reinert et de Jacques Feyder restituent l'acteur.

Mises en scène[modifier | modifier le code]

Comédie de Genève
Salle des Amis de l'Instruction
Salle communale de Plainpalais

Filmographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Clément Borgal, Metteurs en scène, Éditions Fernand Lanore, 1963

Hommages[modifier | modifier le code]

En 1939, le Conseil municipal de la Ville de Genève décide que la salle de théâtre de la Salle communale de Plainpalais s'appellera « Salle Pitoëff »[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacqueline Jomaron, Georges Pitoëff, metteur en scène, Lausanne, Éditions L'Âge de l'Homme,‎ 1979, p. 73
  2. Mémorial des séances du Conseil municipal de la Ville de Genève, 24 mai et 14 juin 1949 en ligne.

Liens externes[modifier | modifier le code]