Léon Moussinac

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Léon Moussinac au lycée Charlemagne en 1907.

Léon Moussinac est un écrivain, journaliste, historien et critique de cinéma français, né à Laroche-Migennes le 19 janvier 1890 et décédé le 10 mars 1964.

Biographie[modifier | modifier le code]

Léon Moussinac poursuit ses études jusqu'à la licence de droit, contraint de travailler par ailleurs après la mort de son père en 1907.

Appartenant à la classe 1910, il doit passer huit ans sous les drapeaux et fait la guerre en première ligne ; il épouse Jeanne Lods en 1916. Il écrit en 1919 son premier article pour la revue Le Film que dirige Louis Delluc, son ami d'enfance qu'il connut à Paris sur les bancs du lycée Charlemagne et avec lequel il a été l'un des premiers théoriciens et critiques indépendants en France. Rendu à la vie civile, il devient critique de films à la revue Mercure de France, puis au quotidien L'Humanité à partir de 1923 où il tient une rubrique hebdomadaire.

Il adhère au Parti communiste français (PCF) en 1924[1].

Ses travaux théoriques et historiques, réunis pour la première fois en 1925 dans Naissance du Cinéma, ont précédé, à l'exception des travaux de Louis Delluc, tous les ouvrages consacrés au cinéma ; il est possible qu'il ait ainsi influencé ses amis Eisenstein, Béla Balázs et Vsevolod Poudovkine.

Grâce à son action au sein du Ciné-Club de France), le film Le Cuirassé Potemkine est projeté pour la première fois le 13 novembre 1926 à Paris, dans la salle de l’Artistic, louée pour un après-midi. Il fonde peu après avec son ami Jean Lods le "premier ciné-club de masse" - selon l'expression de Georges Sadoul - Les Amis de Spartacus, qui organise des projections au Casino de Grenelle avant d'être interdit après six mois d'existence par le préfet de police Jean Chiappe.

Il dirige le magazine Regards créé en 1932, avant d'en confier les rennes à son ami Pierre Unik.

Il est le fondateur, en 1932, avec Paul Vaillant-Couturier et Aragon, de l'Association des Écrivains et Artistes Révolutionnaires (AEAR) créée en France, à la tête de laquelle figurent également Charles Vildrac et Francis Jourdain.

Sous l'autorité tacite du Parti communiste français, l'association et son organe Commune ont alors pour mission de réunir les différents courants culturels qui, en France, se préoccupent à l'époque des rapports entre l'engagement révolutionnaire et la culture.

Léon Moussinac participa à la création de la F.T.O.F., Fédération du Théâtre Ouvrier de France. Avec Paul Vaillant-Couturier, il a appuyé le groupe Octobre, troupe de théâtre d'agitprop, à ses débuts. C'est d'ailleurs par l'entremise de ces deux personnages que le groupe Octobre a rencontré Jacques Prévert[2].

Arrêté en avril 1940 pour "propagande communiste", il est interné au camp de Gurs. En octobre 1940, il est transféré avec un groupe "de 85 détenus pour militaire de Nontron."[3] Léon Moussinac est finalement jugé et acquitté en novembre 1941. Il participe ensuite à la Résistance.

Il est directeur de l'IDHEC de 1947 à 1949 et de l'École nationale supérieure des arts décoratifs (ENSAD) de 1946 à 1959.

Léon Moussinac meurt à son domicile dans son bureau particulier, au 1 rue Leclerc dans le 14e arrondissement[4], le 10 mars 1964, victime d'une crise cardiaque, alors qu'il préparait un livre sur Louis Delluc.

Œuvres de Léon Moussinac[modifier | modifier le code]

  • La Tête la première, roman
  • Dernière heure, poème, Ed. Librairie de France, 1923
  • Naissance du cinéma, Paris, Éd. J. Povolozky, 1925, et Éditions d’Aujourd’hui, 1983
  • Le Père Juillet - Tragi-farce en deux parties et un intermède, Léon Moussinac et Paul Vaillant-Couturier, Paris, 1927
  • Le cinéma soviétique, Gallimard, 1928
  • Panoramique du cinéma, Paris, Au sans pareil, 1929
  • Mallet-Stevens, éditions G. Crès & Cie, Collection les artistes nouveaux, Paris, 1931
  • Manifestation interdite, roman, Éditions Sociales Internationales, 1935
  • Tendances nouvelles du théâtre
  • Aubes clandestines, recueil de poèmes, [ca 1945]
  • Le Radeau de la Méduse, Paris, Éditions Hier et Aujourd'hui, 1945 - rééd. Aden Éditions, Bruxelles, 2009
  • Traité de la mise en scène, Massin et Cie, 1948
  • Le théâtre, des origines à nos jours, Amiot-Dumont, 1957
  • S.M. Eisenstein, Seghers, 1963
  • L'âge ingrat du cinéma, Paris, Éditeurs français réunis, 1967

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages et études sur Léon Moussinac[modifier | modifier le code]

  • Marie-Cécile Bouju : Léon Moussinac, éditeur engagé (1935-1939), Annales des amis de Louis Aragon et Elsa Triolet, no 9, 2007.
  • Jacky Tronel, Léon Moussinac, l'ami d'Aragon, revue arkheia no 21, Montauban, 2009.

Ouvrages et études en relation avec l'A.E.A.R.[modifier | modifier le code]

  • Nicole Racine, "L'Association des Écrivains et Artistes Révolutionnaires (A.E.A.R.). La revue Commune et la lutte idéologique contre le fascisme (1935/1936)", Le mouvement social, janvier-mars 1966, no 54, p. 29-47.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nicole Racine, "L'Association des Ecrivains et Artistes Révolutionnaires (A.E.A.R.). La revue Commune et la lutte idéologique contre le fascisme (1935/1936)", Le mouvement social, janvier-mars 1966, n°54, p. 29-47.
  2. Épisode Pas plus grosse qu’une allumette ! de la série Là bas si j'y suis, d'une durée de 60:00. Diffusé pour la première fois du 00:21 au 00:22 sur la chaîne France Inter du réseau Radio France. Autres crédits : Raymond Bussières. Visionner l'épisode en ligne
  3. Jacky Tronel, Léon Moussinac, l'ami d'Aragon, revue arkheia n°21, Montauban, 2009.
  4. D'après la plaque commémorative apposée sur l'immeuble du 1, rue Leclerc.