Pierre Albert-Birot
Pierre Albert-Birot
| Nom de naissance | Pierre, Albert Birot |
|---|---|
| Activités | Poète, dramaturge, plasticien, typographe |
| Naissance | 22 avril 1876 Angoulême |
| Décès | 25 juillet 1967 Paris |
| Langue d'écriture | français, |
| Mouvement | cubisme, futurisme, école « nunique » |
| Genres | poésie, épopée |
Œuvres principales
- Grabinoulor (à partir de 1821)
- La Joie des sept couleurs (1919)
- Poèmes à l'autre Moi (1927)
Pierre Albert-Birot, (Angoulême, 22 avril 1876 - Paris, 25 juillet 1967), est un poète, sculpteur, peintre, typographe et homme de théâtre français. Avant-gardiste invétéré, à travers la revue Sic (1916-1919) dont il est le fondateur et directeur, il s’est fait dès leurs débuts le défenseur du futurisme[1] et du cubisme.[2] Les dadaïstes le considéreront comme l’un des leurs, sans que lui-même y souscrive jamais.[3] Il se déclare fondateur de l’école « nunique » (de l’adverbe latin nun, maitenant), école dont il est le seul maître, sans disciples. Se tenant à l’écart des surréalistes auxquels il a pourtant donné leur nom, il a construit une œuvre solipsiste et touche à tout, imprimant ses livres chez lui, cultivant la joie enfantine de la création artistique, ainsi qu’il l’écrit lui-même : « Je trouve ma joie dans la création poétique et je trouve ma joie dans les créations de mes mains. […] Tout cela, c’est du jeu, j’aime jouer, j’entretiens le gosse. »[4]
S’il a été moqué par les surréalistes pour ses prétentions à s’illustrer dans de trop nombreux arts, décrié par Soupault comme un extravagant sans réel talent poétique[5], il s’est attiré les éloges et les amitiés de Max Jacob et d’Apollinaire. Plus tard, Gaston Bachelard louera la profondeur de ses vues philosophiques[6], et il marquera de son influence des poètes divers, tels Jean Follain, Pascal Pia[7], et jusqu'aujourd’hui Valérie Rouzeau.
Biographie [modifier]
Enfance et adolescence provinciales [modifier]
Pierre Albert Birot (Il prend le nom de Pierre Albert-Birot lorsqu'il fond en 1919 la revue Sic[8]) naît le 22 avril 1876 à Angoulême, sa mère « brode, joue du piano et chante »[9], son père « ne cesse de monter des affaires, mais guère solides »[9]. La famille passe ses étés non loin d'Angoulême, au château de Chalonnes. Là, le jeune Albert-Birot, encore lycéen, monte un théâtre de marionnettes à gaines, écrit des pièces, invite le village à des représentations.
Le père ayant fait de mauvaises affaires, la famille quitte le château de Chalonnes et s'installe à Bordeaux. Pierre reçoit des leçons particulières de grec, et offre à son professeur « un porte cigares hors série en bois découpé exécuté par lui à l'aide d'une machine à pédale aussi grande qu'une machine à coudre »[9]. Dans la même année, son père quitte le domicile pour vivre avec une amie de sa femme. Se retrouvant sans ressource, cette dernière monte une pension familiale. Le domicile accueille alors de jeunes danseuses du théâtre voisin qui viennent habiter en location dans la chambre voisine de Pierre. Ce dernier les espionne, nues, par une fissure du mur. La pension ne suffisant cependant pas à couvrir les besoins de la famille, elle s'installe fin 1892 à Paris. La mère s'y improvise couturière.
Premières années parisiennes [modifier]
À Paris, Pierre Albert-Birot âgé d'à peine 16 ans fait la connaissance du sculpteur Georges Achard, qui le fait entrer à l’École des Beaux-Arts et le présente à Falguière. Voulant se faire peintre, Albert-Birot rencontre à cette époque Gustave Moreau et Gérôme. C'est finalement la sculpture qui capte son intérêt, il quitte l’École des Beaux-Arts, travaille à la sculpture dans l'atelier de Georges Achard, rencontre Alfred Boucher. Ayant reçu une bourse de la ville d'Angoulême, il installe son atelier dans une cabane boulevard Montparnasse. Dans le même temps, il suit des cours à la Sorbonne et au Collège de France. Il se met en ménage vers 1900 avec la sœur du peintre Georges Bottini, Marguerite, avec qui il a quatre enfants.
Sa sculpture La Veuve est achetée par l’État pour le cimetière d'Issy-les-Moulineaux. A des fins alimentaires il sculpte des façades parisiennes (il s'en trouve de visibles autour du Champ-de-Mars et à Neuilly), il travaille également comme restaurateur d'objets d'art chez une antiquaire.
Il se remarie en 1913 à Germaine de Surville.
Valses des avant-gardes autour de Sic [modifier]
Reformé pendant la Grande Guerre, Pierre Albert Birot va selon sa propre expression, « naître vraiment »[9] à l'occasion de la création de la revue Sic (Sons Idées Couleurs, Formes), en 1916, où il endosse de marnière définitive son nom d'artiste, accolant son second prénom à son nom de famille. « Très visuelle, très mise en page, [Sic] se veut ouverte à toutes les formes d’art moderne : dessin, sculpture, peinture, gravure, poésie, roman, essai, théâtre, épopée. »[10] Le premier numéro, vendu vingt centimes, est entièrement rédigé par Pierre Albert-Birot. Sur la quatrième on peut lire « Sic publie des poèmes, de la musique, des dessins, des reproductions d'architecture, de meubles, etc...». Le second numéro, publié dès février, proclame en page 2, en lettres capitales, ces deux mots d'ordre « SOYONS MODERNES » et « A CHAQUE ART SON TEMPS » ; il prend la défense du futurisme et du peintre Gino Severini. Jusqu'en décembre 1919, la revue accueillera textes, partitions de musique, estampes des représentants des avant-gardes futuriste, dadaïste, et cubiste. Elle comptera parmi ses collaborateurs Drieu La Rochelle, Aragon, Max Jacob, Pierre Reverdy, Philippe Soupault[11], Tristan Tzara, Severini, Picabia, André Derain, etc. ainsi qu'un certain Guillaume Apollinaire. Les cinquante-quatre numéros ont été réédités par Jean-Michel Place en reproduction anastatique, ils sont également disponibles en ligne sur la Digital Dada Library de l'Université de l'Iowa.
L'association avec Guillaume Apollinaire et Les Mamelles de Tirésias [modifier]
C'est Severini qui convainc Apollinaire de faire connaissance avec Pierre Albert-Birot. La rencontre a lieu en juillet 1916, alors qu'Apollinaire est convalescent à l'hôpital italien de Paris. Albert-Birot lui demande d'écrire une pièce qu'il mettrait en scène, avec pour mot d'ordre l'idée d'un théâtre non-réaliste. Apollinaire propose de la sous-titrer « drame surnaturaliste », Albert-Birot, qui veut éviter un rapprochement avec l'école naturaliste ou l'évocation du surnaturel, suggère le mot "sur-réaliste". La pièce, Les Mamelles de Tirésias, est créée au conservatoire Maubel le 24 juin 1917. La musique est de Germaine Albert-Birot, les décors du peintre cubiste Serge Férat, les costumes d'Irène Lagut. Dans l'idée d'un abandon du réalisme référentiel, des masques sont utilisés. « On vend aux spectateurs un programme orné d'un dessin de Picasso et d'un bois de Matisse »[9].
Après un prologue où le personnage du directeur de troupe proclame « On tente ici d’infuser un esprit nouveau au théâtre », la pièce nous amène au Zanzibar, pays en manque d'enfant, allégorie de la France en guerre. L'héroïne Thérèse après une série de proclamations féministes avant l'heure, fait savoir qu'elle refuse son devoir de procréation, et se choisit un nom d'homme, Tirésias. Ses attributs féminins, deux ballons de baudruche, se détachent de son corsage et s’envolent dans les airs, cependant que la barbe lui pousse. Elle oblige ensuite son mari à se travestir et lui laisse le soin de procréer à son tour. Ce dernier met au monde 40 050 bébés en un jour. Dans le second acte, Thérèse revient sur sa décision et promet de donner naissance à deux fois plus d'enfants que son mari. La création de l'oeuvre se fait dans des conditions incertaines à cause du contexte de guerre. Le budget est réduit, le décor en papier. Les seins de Thérèse s'envolant devaient être représentés par des ballons gonflés à l'hélium, le gaz étant réservé à l'armée, on se contentera de balles de tissu pressé. Le metteur en scène doit également subir un désistement d'acteur de dernière minute, tandis qu'en l'absence de musiciens, la musique de Germaine ne peut être jouée. Finalement, un seul pianiste, se chargeant également de bruitage, se charge de son exécution. La pièce qui fait salle comble, à sa représentation, a un avant-goût de soirée Dada : déjà, par les réactions passionnés, le spectacle est autant sur scène que dans le public. « Les journalistes [...] crient au scandale. [...] La pièce se termine dans un tohu-bohu indescriptible. »[10] Autre incident, Jacques Vaché, accompagné de Théodore Fraenkel, menace la salle d'un revolver. La pièce attirera ensuite les foudres de la presse, qui se déchaîne autant contre Apollinaire que contre Albert-Birot. De plus, elle fera s'éloigner d'Apollinaire plusieurs cubistes, Juan Gris en tête. Le jeune Aragon, en revanche, fera part de son admiration.
La même année, Albert-Birot publie son premier recueil, 31 poèmes de poche, préfacé par Apollinaire. Ce dernier qualifie Albert-Birot de "pyrogène".
Apollinaire meurt malheureusement l'année suivante, et l'expérience des Mamelles de Tirésias ne pourra pas à être réitérée ; à ce sujet Geneviève Latour fait part de cette réflexion : « Si les Parques n’en avaient ainsi décidé, sans doute la collaboration d’Apollinaire et d’Albert-Birot aurait été pour le théâtre une source de richesse et de grands succès." »[10]
En janvier de l'année qui suit, Albert-Birot consacre un triple numéro de Sic consacré à la mémoire d'Apollinaire, et réunit ainsi les hommages funèbres de Roger Allard, Louis Aragon, André Billy, Blaise Cendrars, Jean Cocteau, Paul Dermée, Max Jacob, Irène Lagut, Pierre Reverdy, Jules Romains, André Salmon, Tristan Tzara, etc. Sa propre oraison est titrée Ma main amie.
Les réalisations théâtrales et poétiques de 1918-1929 [modifier]
Après la guerre, on doit déjà à Pierre Albert-Birot des sculptures, des œuvres plastiques figuratives et abstraites, des activités des poètes et d'homme de théâtre. C'est à ses deux dernières activités qu'il va se vouer presque entièrement à partir de 1918. En 1922 il achète un matériel d’imprimerie pour tirer ses propres œuvres. Le poète devenu typographe fait entrer la poésie, comme Apollinaire avec ses calligrammes, dans le domaine du pictural. On lui doit l'invention du "poème-pancarte" et du "poème-paysage".
De 1918 à 1924 il publie aux Editions Sic, Matoum et Tevibar, drame pour marionnettes, Larountala, polydrame, Le Bon Dieu, et Les Femmes pliantes, drames comiques. Autant de pièces anti-réalistes, Matoum et Tevibar sont des poètes de la planète Mars, dans Les Femmes pliantes les Vénusiens utilisent le soleil comme support d'une réclame pour des femmes qu'on peut glisser dans une poche ou un tiroir quand elles deviennent encombrantes. Dans le même temps, Albert-Birot fait la rencontre d'une famille foraine, les Walton's, qui crée Le Petit Poucet en 1923 au Théâtre des Champs-Elysées.
En 1929, il fonde le le Théâtre du Plateau. Il y monte, avec le comédien Roger Roussot, ses pièces Matoum et Tevibar et Barbe Bleue, réécriture dramatique du conte de Perrault. Il s'attire à cette occasion l'admiration de Louis Jouvet, Gaston Baty et Charles Dullin qui qualifie Les Femmes pliantes de pièce-école.
C'est également l'époque d'une grande créativité poétique, où il donne libre cours à sa maîtrise et du vers métré et rimé, et du vers libre, et du verset, et du poème typographique (qu'il nommera parfois « idéographique »), — ou encore de ce qu'il nomme « poème à crier et à danser » — ; il publie coup sur coup trois recueils, qui peuvent reprendre des poèmes déjà parus dans Sic : La Joie des sept couleurs dans lequel il chante la lumière, « son épouse », La Lune, recueil dans lequel on trouve l'art poétique « Aux jeunes poètes, poème genre didactique » (paru pour la première fois en janvier 1918 dans le vingt-cinquième numéro de Sic) et Poèmes à l'autre Moi, recueil qu'il considère comme le plus important de son œuvre poétique.[12]
« Le temps de solitude » [modifier]
- « [...] avec les années trente et passés les essais de théâtre, commence ce qu'Albert-Birot appelle son temps de solitude. »
- — Jean Follain[9]
Germaine Albert-Birot meurt en 1931, et le poète de la lumière se voit contraint d'endosser les habits du deuil. Il écrit et imprime sans nom d'auteur trente exemplaires d'un recueil de poèmes funèbres qu'il se dédie à lui-même: Ma morte, poème sentimental. Quatre "G", en guise d'armoiries, ornent chaque page. Selon le témoignage de son ami Jean Follain (qu'il rencontre en 1933 et qui devient l'une de ses rares fréquentations avec le peintre Serge Férat, la romancière Roch Grey et Roger Roussot) le poète veuf se retire dans un logis étroit rue du Départ, refuse les fraternités littéraires, et imprime ses livres, à l'aide de sa machine à levier placée dans sa chambre, leur donnant la seule publicité de les déposer à la Bibliothèque nationale. Après Ma Morte en 1931 et un silence de six ans, on peut citer Le Cycle des poèmes de l'année, en 1937, le recueil élégiaque Âmenpeine en 1938, et La Panthère noire, la même année. Il passe une bonne partie de son temps à écouter la radio au casque sur un vieil appareil à galène. Le soir, il dîne seul, pauvrement.
C'est cependant au-même moment, à partir de 1933, que Jean Follain l'amène à réunir ses anciens amis chaque quinzaine autour de dîners dits Grabinoulor, du nom de l'épopée dont l'écriture occupera toute sa vie, du nom aussi du personnage éponyme, double littéraire d'Albert-Birot. Grabinoulor est un vaste projet commencé dès 1918, année où par ailleurs un premier extrait a été publié dans le trentième numéro de Sic. Le repas Grabinoulor[13], où l'on lit des pages de l'épopée, a lieu dans un restaurant rue des Canettes, et les livres qu'Albert-Birot imprime à cette époque-là porteront la mention "Editions des Canettes".[14]
En 1933, grâce à la recommandation de Jean Paulhan, Robert Denoël consent à publier une première version du Grabinoulor, qui en en est à deux livres (il en comptera six, une fois achevé).
Dernières années, auprès d'Arlette Lafont [modifier]
Une nouvelle vie commence pour Pierre Albert-Birot en 1955, date à laquelle il rencontre Arlette Lafont, elle deviendra sa femme en 1962, et par ses efforts, contribuera à faire sortir l'oeuvre de son mari de l'oubli. Il lui dédie en 1956, son recueil le Train bleu écrit en 1953, avec ce mot :
-
-
- « pour Arlette,
-
- qui me donne une sorte d'étrange tranquillité, une sorte de certitude que je ne monterai pas tout entier dans le Train Bleu. Je laisserai ici une partie du meilleur de moi-même »[15]
Le « train bleu » est dans la petite mythologie personnelle d'Albert-Birot une allégorie qu'il a déjà utilisée de la mort. Le recueil est composé principalement de poèmes en versets, méditations sur le temps, la vieillesse et la mort, et cependant toujours portées par l'humour loufoque propre à son auteur. Ainsi, Pascal Pia aura pu dire qu'« Albert-Birot [...] n'a mis de point de final à rien. Il n'était pas enclin à la rupture. Les épreuves, si sévères qu'elles fussent, ne l'abattaient pas, ni ne le faisaient changer de ton. Les chants de son crépuscule ont le même tour familier que les poèmes de ses débuts. »[15] En 1965, grâce aux efforts d'Arlette, Gallimard publie un Grabinoulor augmenté mais incomplet. Un bandeau n'hésite pas à le présenter comme « un classique du surréalisme » à l'étonnement, et même la colère[16], d'Albert-Birot qui n'a jamais fait partie du groupe, ni signé aucun manifeste et jamais participé à aucune des manifestations. En 1966, il déclare qu'il n'était pas « attiré par les arcanes et le fantastique du surréalisme, par ses visions freudiennes »[17]. La pièce, à laquelle l'auteur a mis son point final en 1963 — unique signe de ponctuation de toute l'œuvre —, n'est publiée sous la forme complète des Six livres de Grabinoulor qu'en 1991 par Jean-Michel Place. La même année sont publiés huit des vingt-sept chapitres d'un autre ouvrage d'Albert-Birot, Mon ami Chronos, texte inédit écrit en 1935, dans lequel l'auteur disserte sur le Temps[18].
Albert-Birot laisse une œuvre très abondante rééditée par les Éditions Rougerie (poésie, théâtre), Jean-Michel Place (prose) et Gallimard (dans la collection Poésie).
Œuvres [modifier]
- Poésie
- Trente et un poèmes de poche, avec un poèmepréfaceprophétie de Guillaume Apollinaire, Paris, SIC, 1917
- Poèmes quotidiens, Paris, SIC, 1919
- La joie des sept couleurs, Paris, SIC, 1919
- La Triloterie, Bois de Léopold Survage, Paris, SIC, 1920
- Quatre poèmes d’amour, SIC, Imprimé par l'auteur, 1922
- La lune ou le Livre des poèmes, Paris, Jean Budry, Imprimé par l'auteur, 1924
- Poèmes à l’autre moi, Paris, Jean Budry, Imprimé par l'auteur, 1927
- Ma morte, tirage à 30 exemplaires hors-commerce, Imprimé par l'auteur sans nom d'éditeur, 1931
- Le Cycle des douze poèmes de l’année, Paris, Éditions des Canettes, Imprimé par l'auteur, 1937
- Âmenpeine, Paris, Éditions des Canettes, Imprimé par l'auteur, 1938
- La Panthère noire, Paris, Éditions des Canettes, Imprimé par l'auteur, 1939
- Les amusements naturels, Paris, Denoël, 1945
- Cent dix gouttes de poésie, Paris, Pierre Seghers, 1952
- Poèmes à l’autre moi, réédition, Éditions Caractères, 1954
- Dix poèmes à la mer, hors-commerce, 1954
- Graines, poèmes-missives, Genève, Editions du Club du Poème, 1965
- La Belle Histoire, illustré par Staritsky, Gaston Puel éditeur, 1966
- Silex, poèmes des cavernes, frontispice de Zadkine, avant-propos de Max Pons, Les Cahiers de la Barbacane, 1966
- Et patati et patata, adaptation française des poèmes de Krista Bendova, sur une traduction du slovaque de Zdenka Datheil, Paris, Gründ, 1966
- Poésie, 1916-1924 (Trente et un poème de poche, Poèmes quotidiens, La joie des sept couleurs, La Triloterie, La Lune ou Le livre des poèmes), préface d’André Lebois, Paris, Gallimard, 1967
- Cent nouvelles gouttes de poésie, Les Cahiers de la Barbacane, 1967
- Aux trente-deux vents, poèmes des jours ombreux, illustré par Jacques Spacagna, avant-dire de Henri Chopin, Paris, Jean Petithory éditeur, 1967
- Fermeture hebdomadaire, SIC, 1970
- Le Train bleu, avant-propos de Pascal Pia, Bagnols-sur-Cèze, Guy Chambelland, Coll. Poésie-Club, 1970
- Le Pont des soupirs, EFR, 1972
- Six quatrains de Chantilly, SIC, 1973
- Long cours, La Grande Couronnée, Rougerie, 1974
- Les poèmes du dimanche, SIC 1977
- Poésie I, 1916-1920 (Trente et un poème de poche, Poèmes quotidiens, La joie des sept couleurs, La Triloterie), avant-propos d’Arlette Albert-Birot, Rougerie, 1987
- Poésie II, 1916, 1924 (La Lune ou le Livre des poèmes), présentation et notes d’Arlette Albert-Birot, Rougerie, 1992
- Poésie III, 1927-1937 (Poèmes à l’autre moi, Le Cycle des douze poèmes de l’année), présentation d’Arlette Albert-Birot, 1982
- Poésie IV, 1931-1938 (Ma morte, Âmenpeine), Rougerie, présentation d’Arlette Albert-Birot, 1982
- Poésie V, 1938-1939 (La Panthère noire, miniatures), présentation d’Arlette Albert-Birot, 1983
- Poésie VI, 1945-1967 (Les Amusements naturels, Deux cent dix gouttes de poésie), présentation d’Arlette Albert-Birot, 1983
- Poésie VII, 1946-1952 (Aux trente-deux vents, Le Train bleu), présentation d’Arlette Albert-Birot, 1996
- Poésie VIII, 1952-1966 (Dix poèmes à la mer, Tout finit par un sonnet, La Belle Histoire), présentation d’Arlette Albert-Birot, 1985
- Mon palais, Le Pavé, 1985
- 7 poèmes, Éditions Brandes, 1989
- La Grande Vie, Ottezec, 1997
- Poèmes à l'autre Moi précédé de La Joie des sept couleurs et suivi de Ma morte et de La Panthère noire, Paris, Gallimard, Coll. Poésie, 2004
- Mes galaxies, Inédit
- Prose
- Cinéma, drames poèmes dans l’espace, SIC, 1920
- Le Premier Livre de Grabinoulor, SIC, 1921
- Le Catalogue de l’antiquaire, Jean Budry, 1923, puis Amiot-Lenganey, 1993
- Grabinoulor, épopée, Denoël et Steele, 1933 (livre I et II)
- Rémy Floche, employé, Denoël et Steele, 1934, puis Éditions de l’Allée, 1986
- Les Mémoires d’Adam, suivis des Pages d’Ève, Éditions du Dauphin, 1948 puis Éditions de l’Allée, 1986
- Grabinoulor Amour, Rougerie, 1955
- Grabinoulor, nouvelle édition, extraits des livres I, II, III, préface de Jean Follain, Gallimard, 1964
- Grabinoulor, livre III, chapitre deuxième, Éditions de la revue Strophes, 1965
- Autobiographie & Moi et moi, La librairie bleue, 1988
- Les six livres de Grabinoulor, postface d’Arlette Albert-Birot, Jean-Michel Place, 1991
- Cinémas, préface d’Arlette Albert-Birot, Jean-Michel Place, 1995
- L’homme coupé, postface d’Arlette Albert-Birot, La Barbacane, 1995.
- Poèmes à l’autre moi, précédé de La Joie des sept couleurs, et suivi de Ma morte et de La panthère noire, Poésie/Gallimard, 2005.
- Les Six livres de Grabinoulor, éditions Jean-Michel Place, 1991
- Ainsi la mort, Ma morte, 1931, Rougerie
- Mon ami Kronos, 1935, Zulma, 2007, réédition de huit chapitres sur vingt-sept[19].
- Théâtre
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- Metteur en scène
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- Dramaturge
- Matoum et Tévibar, drame pour marionnettes, Paris, Sic, 1919
- Larountala, polydrame, Paris, Sic, 1919
- L'Homme coupé en morceaux, drame comique, Paris, Sic, 1921
- Le Bondieu, drame comique, Paris, Sic, Imprimé par l'auteur, 1922
- Les Femmes pliantes, drame comique, Paris, Sic, Imprimé par l'auteur, 1923
- Image, premier drame tragique, Paris, Jean Budry, Imprimé par l'auteur, 1924
- Entre 1977 et 1980, les éditions Rougerie éditent ou rééditent tout le théâtre (Matoum et Tévibar, Larountala, L’homme coupé en morceaux, le Bondieu, Les Femmes pliantes, Image, Plutus, Matoum en Matoumoisie, La Dame enamourée, Le Mariage tiré par les cheveux, Le Petit Poucet, Barbe Bleue, en 6 volumes)
- Revues
- Sic (Sons Idées Couleurs, Formes), Paris, Sic, cinquante-quatre numéros, 1916-1919
-
- (Disponible en ligne sur http://sdrc.lib.uiowa.edu/dada/Sic/index.htm.)
- Paris, Paris, autoédition, numéro unique, novembre 1924
- La quinzaine de Pierre Albert-Birot, Paris, autoédition, quatre numéros, avril-juin 1926
- Le Plateau, programme-revue, deux numéros, Paris, autoédition, mars et mai 1929
- SIC, réédition des 54 numéros de la revue, Paris, Jean-Michel Place
- Œuvres plastiques
- (Il n'existe aucun catalogue complet des œuvres peint et sculpté de Pierre Albert-Birot, et nul ne peut prétendre à dresser une liste exhaustive d'œuvres dont certaines n'ont, parmi celles d'avant 1916, de l'aveu-même de sa biographe Marie-Louise Lentengre, d'intérêt que documentaires[20])
- Les Âmes simples, sculpture, 1898
- Adam et Ève, huile sur carton, v. 1900
- La Vague, marbre, 1900
- Le Mendiant, plâtre, v. 1901
- Le Petit Capuchon, plâtre, v. 1901
- L'Esseulée, gravure sur cuivre, 1905
- La Veuve, pierre, 1907
- L'Enfant aux nattes, plâtre, 1908
- Marguerite Birot, mine de plomb, v. 1912
- Adam et Ève, huile sur toile, 1912
- Le Petit Abel, huile sur toile, 1912
- L'Esclave aux enchères, huile sur toile, 1912
- Autoportrait, huile sur toile, 1913
- Maurice Birot, encre de Chine, v. 1914
- La Petite Bonn'femme en bois, bois polychrome, 1916
- La Guerre, huile sur carton, 1916, Musée national d'art moderne
- Femme nue dans une salle de bain, huile sur carton, 1916, Musée national d'art moderne
- La Baigneuse de Royan, huile sur carton, 1916/1917, Musée national d'art moderne
- Maurice Birot, terre cuite, v. 1917
- Autoportraits, encre de Chine, 1917 ou 1918
Bibliographie [modifier]
- Jean Follain, Pierre Albert-Birot, Paris, Pierre Seghers Coll. "Poètes d'Aujourd'hui, 1967

- Marie-Louise Lentengre, Pierre Albert-Birot, L'invention de soi, JM Place, 1993

- Madeleine Renouard, Pierre Albert-Birot, laboratoire de modernité, JM Place, 1997
- Poésie vivante - Hommage à Arlette Albert-Birot, textes recueillis et présentés par Carole Aurouet et Marianne Simon-Oikawa, Paris : Honoré Champion, 2012, 388 p., coll. « Poétiques et esthétiques XXe-XXIe siècles », (ISBN 978-2-7453-2362-0)
- Arlette Albert-Birot lit les poètes, blog de Carole Aurouet et Marianne Simon-Oikawa : http://arlettealbertbirot.wordpress.com/
Dossiers [modifier]
- Arlette Albert-Birot, Pierre Albert-Birot, un leit-motiv de l'œuvre, dans Jointure (revue littéraire) numéro 16, hiver 1987, 11 pages dont un inédit et une bibliographie
- Colloque : Juillet 1995, Cerisy-la-Salle, Pierre Albert-Birot, laboratoire de modernité.
Liens externes [modifier]
- Site des éditions Rougerie
- Pierre Albert-Birot sur Poezibao
- Compte-rendu d'une rencontre autour de Pierre-Albert Birot, sur le site Poezibao
Notes et références [modifier]
- « Le tableau jusqu’alors fraction de l’étendue devient avec le futurisme fraction du temps » écrit-il dans le numéro de Sic, à propos d’une exposition de Gino Severini.
- On peut lire sur la quatrième de couverture du sixième numéro de Sic « guerre + cubistes + futurismes + x = PROCHAINE RENAISSANCE FRANÇAISE » D'autres articles sur le cubisme suivront.
- Le nom de Pierre Albert-Birot apparaît dans la liste des « Présidents et Présidentes » du mouvement Dada, dans le Bulletin Dada. Son nom est également donné, en 1920, dans une liste dadaïste s'opposant à la commune libre de Montmartre, Jean Follain rapporte, dans sa notice sur Albert-Birot chez Seghers, des propos du concerné affirmant "[n'avoir] jamais donné le moindre assentiment à pareille inscription".
- ALBERT-BIROT Pierre, La Quinzaine de Pierre Albert-Birot, n°1, Paris, Pierre Albert-Birot (autoédition), 1926.
- [1]
- «Vous donnez mieux qu'un philosophe conscience au corps, bonne conscience au corps. Chez vous, en plein hiver, le corps garde une ambiance estivale, une lumière de merveilleux été.» — « Dire qu'il y a des philosophes qui écrivent sur l'être sans connaître la lumière des poètes ! Vous m'avez donné mille pensées. [...] Écrivez sans arrêt, cher Poète. Vous élargissez les chemins. » — Gaston Bachelard, Lettre du 8 mars 1954, Alternances. (Gaston Bachelard, P. Béarn, Jean Cassou, Louis de Gonzague Frick, Max Jacob, Louise-Marion, C. Orloff, André Salmon, M. Seuphor, Léopold Survage, Alternances, n° 44, Caen, 25 mars 1959)
- « Je ne sais quel sort lui réserve la postérité, mais le négligerait-elle (elle n'est pas forcément lucide et équitable), je ne pense pas que de véritables amateurs de poésie puissent être insensibles aux charmes de sa poésie. Pour moi, je n'ai pas à m'interroger sur les sentiments qu'Albert-Birot m'inspire. La fréquentation de ses ouvrages m'a procuré trop de délices pour que je lui marchande ma gratitude » — Pascal Pia, Préface au Train bleu, 1970.
- [2]
- FOLLAIN Jean, Pierre Albert-Birot, Paris, Pierre Seghers, Coll. "Poètes d'Aujourd'hui", 1967.
- LATOUR Geneviève, Pierre Albert - Birot et le théâtre de Guillaume Apollinaire, [3].
- C'est dans Sic que Soupault publie son tout premier poème, "Départ", par l'intermédiaire d'Apollinaire.
- LENTENGRE Marie-Louise, Pierre Albert-Birot, l'invention de soi, Paris, JM Place, 1993.
- Et en 1921, Albert-Birot autoéditait Le premier livre de Grabinoulor
- Id est, Le Cycle des poèmes de l'année, Âmenpeine, La Panthère noire, et Miniatures.
- ALBERT-BIROT Pierre, le Train bleu, Paris, Librairie Chambelland, Coll. "Poésie Club", 1970.
- Selon le témoignage d'Arlette Albert-Birot, rapporté par Marie-Louise Lentengre dans sa monographie.
- Jean-Paul Clébert, Dictionnaire du surréalisme, Seuil, 1996, page 17
- (fr) « Pierre Albert-Birot » sur le site des éditions Zulma
- "La Quinzaine littéraire" n° 946, 16 mai 2007, p. 14
- La liste ci-dessous a été établie à partir des légendes accompagnant les œuvres reproduites dans Pierre Albert-Birot, l'invention de soi de Mairie-Louise Lentengre.
