Le Grau-du-Roi

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Grau-du-Roi)
Aller à : Navigation, rechercher
Le Grau-du-Roi
Le Vieux phare du Grau-du-Roi.
Le Vieux phare du Grau-du-Roi.
Blason de Le Grau-du-Roi
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Gard
Arrondissement Nîmes
Canton Aigues-Mortes
Intercommunalité Communauté de communes Terre de Camargue
Maire
Mandat
Étienne Mourrut
2008-2014
Code postal 30240
Code commune 30133
Démographie
Gentilé Graulens
Population
municipale
8 178 hab. (2010[1])
Densité 149 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 32′ 17″ N 4° 08′ 14″ E / 43.5380555556, 4.1372222222243° 32′ 17″ Nord
       4° 08′ 14″ Est
/ 43.5380555556, 4.13722222222
  
Altitude Min. 0 m — Max. 5 m
Superficie 54,73 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Gard

Voir sur la carte administrative du Gard
City locator 14.svg
Le Grau-du-Roi

Géolocalisation sur la carte : Gard

Voir sur la carte topographique du Gard
City locator 14.svg
Le Grau-du-Roi

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Le Grau-du-Roi

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Le Grau-du-Roi
Liens
Site web www.ville-legrauduroi.fr/

Le Grau-du-Roi, en occitan Lo Grau dau Rèi, est une commune française située dans le département du Gard et la région Languedoc-Roussillon.

Ses habitants sont appelés les Graulens et les Graulennes.

Sommaire

Géographie [modifier]

Le Grau-du-Roi est situé au sud du département du Gard en limite de l'Hérault et de La Grande Motte, sa voisine à l'ouest. C'est l'unique commune maritime du département. Historiquement, le canton d'Aigues-Mortes a été obtenu en contrepartie du canton de Ganges (très riche à l'époque), suite à un échange avec l'Hérault par rapport au découpage initial des départements. Fondée par des immigrants italiens à la fin du XIXe siècle, dans une zone insalubre, entre mer et étangs. Jusqu'aux années 1920, son activité est entièrement tournée vers la pêche et plus récemment, le tourisme (avec Port Camargue).

Construite de part et d'autre d'un grau (brèche dans le cordon littoral ouverte naturellement vers 1570 au lieu-dit Gagne-Petit), entre l'embouchure du Vidourle et celle du Rhône, cette station offre 18 km de sable fin.

La commune est entourée d'étendues d'eau :

Le centre-ville, construit autour du canal reliant les étangs (et Aigues-Mortes) à la mer (Grau) conserve encore aujourd'hui son cachet traditionnel. Au-delà du cœur historique, les maisons et immeubles de vacances, s'étalent au rythme des décennies:

  • rive droite (à l'ouest) se trouve le quartier du Boucanet qui s'étend du centre ville jusqu'au bois du Ponant (dit aussi pinède du Boucanet).
  • rive gauche (à l'est), au-delà du centre ville, se trouve le quartier du palais de la mer puis port Camargue.

Le Château Leenhardt, un monument devenu emblématique du Grau (Plage Rive droite), construit vers 1875 par l'architecte Henry Leenhardt, a été démoli dans les années 1970, après un siècle d'existence. Sa construction avait été l'occasion d'un test original d'utilisation de briques de sable qui lui donnaient une couleur grise particulière. De nombreuses cartes postales le montre lorsqu'il est devenu pension de famille protestante. Nombre de baigneurs se faisaient prendre en photo sur la plage qui bordait l'édifice.

La commune d'Aigues Mortes est limitrophe à la commune du Grau-du-Roi.

Le-Grau-du-Roi est l'une des 79 communes membres du Schéma de cohérence territoriale (SCOT) du sud du Gard et fait également partie des 34 communes du Pays Vidourle-Camargue. Elle est l'une des 4 communes du SCOT soumise à la Loi littoral.

Étymologie [modifier]

Le Grau-du-Roi vient de l'occitan grau (latin gradus), qui désigne l'embouchure d'un étang, ou d'un cours d'eau, sur la mer. Le canal qui met en communication un étang avec la mer s'appelle quant à lui la roubine (respectivement, en français: embouchure, étier et œillet).

Histoire [modifier]

Entrée du port du Grau-du-Roi
L'ancien phare

Le Grau-du-Roi doit sa définition à l’époque des croisades. À cette période, la commune d’Aigues-Mortes était un port royal bien que la mer ne soit jamais venue jusqu'au pied de ses remparts. Les navires partaient par un chenal creusé à travers les étangs jusqu'à la mer. Le port du Grau est relié depuis 1724 par un chenal de six kilomètres à Aigues-Mortes.

Le terme grau est un mot languedocien issus du latin « gradus » : passage, mouvement d'un fleuve. Sur le littoral languedocien, c’est un chenal qui met un étang côtier, une lagune, en communication avec la mer. Le Grau-du-Roi est au débouché du chenal qui conduit à Aigues-Mortes.

C’est à la fin du XVIe siècle que le Rhône, en pénétrant en torrent dans les eaux du Repausset, ouvre le grau qui nous intéresse, au lieu-dit de Consac de Gagne Petit.

C’est alors le début d’une longue série de travaux pour maintenir cette ouverture sur la mer afin de préserver la navigation dans le port d’Aigues-Mortes. En 1727 sont construits dans la mer deux môles empierrés prolongés dans l’étang du Repausset : ce chenal, rectifié en 1845, est l’actuel canal entre Le Grau-du-Roi et Aigues-Mortes. Le phare de l'Espiguette est, quant à lui, édifié en 1869.

Bien que n'étant pas une commune à part entière, le lieu est renommé, au cours de la Révolution française, Grau-le-Peletier[2].

Au fil des années, bâtiments administratifs, cabanes et maisons, posent les bases d’un village de pêcheurs. D’abord section de la commune d’Aigues-Mortes en 1867, Le Grau-du-Roi gagne son autonomie en 1879.

En 1900, Le Grau-du-Roi n’est encore qu’un très modeste village d’un peu plus d’un millier d’habitants. Ce sont la pêche et l’agriculture qui assurent à la population quelques ressources : le tourisme n’est encore qu’embryonnaire, même si, depuis le XIXe siècle, la mode des bains de mer tend à se généraliser. Ces immersions sont encore essentiellement considérées comme traitements médicaux et les instituts qui se sont montés sur les plages accueillent surtout des populations indigentes. Mais pouvoirs publics et habitants ont compris que leur richesse se trouvait là, sur ces plages de sable fin, entre mer et soleil.

Le prolongement de la ligne de chemin de fer de Nîmes Aigues-Mortes est une véritable bouffée d’oxygène : les baigneurs arrivent en masse et les productions locales, comme le poisson et le raisin blanc, sont enfin expédiées vers les marchés nationaux.

Après des années d’efforts, de travaux et de règlements sanitaires, le 26 avril 1924 un décret du Président de la République classe enfin Le Grau-du-Roi « station climatique et balnéaire ».

Si la première guerre a relativement épargné le village, en septembre 1939 la Seconde Guerre mondiale marque beaucoup plus profondément la population. Les troupes ennemies sont physiquement présentes et les conflits touchent directement les civils. Le Grau-du-Roi doit vivre sous l’occupation, avec ce que cela implique de restrictions, de sacrifices et de compromissions. Le conseil municipal est rapidement révoqué pour être remplacé par une délégation spéciale.

En 1942, la vie du village passe une nouvelle phase : les troupes allemandes s’installent sur tout le littoral. Une partie de la population est contrainte à l’exode.

La côte gardoise ne représentait qu’une vingtaine de kilomètres, mais du fait des risques de débarquement, les ouvrages et les installations militaires sont particulièrement nombreux sur ces lieux. Ainsi, les plages de la commune sont hérissées de toutes sortes de systèmes antichars et de pyramides en béton, de blockhaus,… 800 hectares de vignes et 200 hectares d’herbages sont transformés en champ de mines. Dans le village, les allemands font également construire des casemates abritant des canons et des mitrailleuses. L’entrée du canal est fermée par un filet anti sous-marin et une rampe lance-flammes. Les portes et les volets des maisons servent à fabriquer des plates-formes et des encuvements en bois.

L’année 1944 marque les derniers mois d’occupation. Ils se révèlent être les plus pénibles car les troupes d’occupation, gagnées par la défaite, renforcent les brimades et les réquisitions. Le Grau-du-Roi est libéré au mois d’août, et en 1945, la paix est signée.

Ce n’est qu’après la seconde partie du siècle que Le Grau-du-Roi surmonte véritablement les dégâts causés par la Seconde Guerre mondiale. La station amorce alors un réel développement touristique et économique.

Afin de rationaliser l’aménagement du littoral, l’État met alors en place le « plan Racine ». L’architecte Jean Balladur est chargé du dossier. Il doit imaginer des structures capables de satisfaire l’afflux touristique tout en respectant la qualité de vie des autochtones et en préservant l’environnement. C’est dans le cadre de ce programme que le grand chantier de Port Camargue est lancé en 1968.

Économie [modifier]

Viticulture [modifier]

Article détaillé : Sable-de-camargue.

Administration [modifier]

Administration municipale [modifier]

Le conseil municipal graulen comprend 29 membres.

Depuis les dernières élections municipales, sa composition est la suivante :

Groupe Président Effectif Statut
« Vivre ensemble le Grau-du-Roi[3] »
UMP, Nouveau Centre
Étienne Mourrut 23 majorité
« Cap sur le changement »
PS
Robert Crauste 6 opposition

Liste des maires [modifier]

Article détaillé : Liste des maires du Grau-du-Roi.

De 1789 à 1799, les agents municipaux (maires) sont élus au suffrage direct pour 2 ans et rééligibles, par les citoyens actifs de la commune, contribuables payant une contribution au moins égale à 3 journées de travail dans la commune. Sont éligibles ceux qui paient un impôt au moins équivalent à dix journées de travail.

De 1799 à 1848, La constitution du 22 frimaire an VIII (13 décembre 1799) revient sur l’élection du maire, les maires sont nommés par le préfet pour les communes de moins de 5 000 habitants. La Restauration instaure la nomination des maires et des conseillers municipaux. Après 1831, les maires sont nommés (par le roi pour les communes de plus de 3 000 habitants, par le préfet pour les plus petites), mais les conseillers municipaux sont élus pour six ans.

Du 3 juillet 1848 à 1851, les maires sont élus par le conseil municipal pour les communes de moins de 6 000 habitants.

De 1851 à 1871, les maires sont nommés par le préfet, pour les communes de moins de 3 000 habitants et pour 5 ans à partir de 1855.

Depuis 1871, les maires sont élus par le conseil municipal suite à son élection au suffrage universel.

Hôtel de Ville
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
octobre 1879 mai 1884 Amédée Rédarès    
juin 1884 avril 1892 Jacques Mézy    
mai 1892 avril 1896 Ange Delorenzi    
mai 1896 décembre 1896 Léon Pommier    
décembre 1896 août 1897 Joseph Dumas    
août 1897 septembre 1897 Jacques Mézy   Président de la délégation spéciale
septembre 1897 octobre 1905 Jean Gourdon    
novembre 1905 novembre 1919 Louis Ponsole    
décembre 1919 avril 1925 Auguste Vincent    
mai 1925 décembre 1940 Antonin Revest   Conseiller général du canton d'Aigues-Mortes
janvier 1941 août 1944 Jean Tourette   Président de la délégation spéciale
septembre 1944 mai 1945 Antonin Revest   Président du comité de Libération
mai 1945 mars 1965 Belsamond Ramain PSU  
mars 1965 mars 1983 Jean Bastide PSU Conseiller général du canton d'Aigues-Mortes (1945-1961 et 1967-1973)
Député de la deuxième circonscription du Gard (1973-1978)
mars 1983 en cours Étienne Mourrut RPR puis UMP Conseiller général du canton d'Aigues-Mortes (1985-2002)
Député de la deuxième circonscription du Gard (2002-2012)

Canton [modifier]

La commune fait partie du canton d'Aigues-Mortes, dont le conseiller général est Léopold Rosso, également adjoint au maire du Grau-du-Roi. Le canton dépend de l'arrondissement de Nîmes et de la deuxième circonscription du Gard dont le député est Gilbert Collard (FN).

Intercommunalité [modifier]

Le Grau-du-Roi fait partie de la communauté de communes Terre de Camargue (CCTC), dont le siège se trouve à Aigues-Mortes, qui groupe trois communes (les mêmes que celles du canton) ainsi que du pays Vidourle-Camargue. Les présidents respectifs de ces structures sont Léopold Rosso, conseiller général du canton et Jean Denat, conseiller général du canton de Vauvert.

Jumelage [modifier]

Drapeau de l'Allemagne Dossenheim (Allemagne)

Démographie [modifier]

Évolution démographique
(Source : INSEE[4])
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2010
2 363 3 354 3 963 4 152 5 253 5 875 7 892 8 178
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes

Lieux et monuments [modifier]

Maison du Dauphin
course camarguaise aux arènes
  • L'église Saint-Pierre, reconstruite dans les années 1960.
  • la maison dite "du dauphin", face à l'église, typique de "l'architecture 1900".
  • L'ancien phare couvert d'un lanternon en cuivre (1828).
  • La "villa Parris", "belle époque", à côté du phare, abritant un centre culturel. Balcon-terrasse supporté par des colonnes en fonte ouvragées.
  • La "villa Rédarès", bel exemple d'architecture balnéaire Art Déco des années 1920, dernier vestige de ce style sur la commune, elle vient d'être, hélas, démolie en mai 2011... À sa place devrait être édifié le nouvel hôtel de ville. Les plus anciens se souviendront aussi, sur la rive opposée, du fameux " château Leenhardt" , édifié en 1875 selon un procédé novateur utilisant des briques de sable de mer conférant à l'édifice, d'un style particulier assez sévère, une couleur grisâtre. Il fut démoli en 1974.
  • Les quais et les façades préservés en grande partie le long du chenal du port de pêche au sein desquels la redoute du XVIIIe siècle pourrait avoir été englobée au XIXe siècle (découverte récente rive gauche).
  • Le site naturel de l'Espiguette et son phare édifié en 1869.


Dotée de l'un des plus grands ports de plaisance d'Europe : Port Camargue, le Grau du Roi - Port Camargue est devenu un pôle touristique majeur du littoral languedocien, et reste le second port de pêche français en Méditerranée.

Avec l'augmentation régulière de ses habitants (8 110 habitants en 2008), le village de pêcheurs est devenu une petite ville équipée : écoles, arènes, auditorium, Seaquarium et musée de la Mer, casino, fête foraine...[réf. nécessaire]


Elles peuvent contenir 3 000 personnes[5]. Elles sont entièrement dédiées à la course camarguaise, mais lors de la fête votive du Grau-du-Roi on assiste aussi à des abrivados et des bandidos.

Le premier rassemblement de la bouvino a lieu en mars avec l'abrivado des plages [6].

Personnalités liées à la commune [modifier]

Bibliographie [modifier]

  • Jean-Baptiste Maudet, Terres de taureaux - Les jeux taurins de l'Europe à l'Amérique, Madrid, Casa de Velasquez, 2010, 512 p. (ISBN 84-96820-37-1), p. Annexe CD-Rom 112 pages 
  • Jean-Baptiste Maudet, Terres de taureaux - Les jeux taurins de l'Europe à l'Amérique, Madrid, Casa de Velasquez, 2010, 512 p. (ISBN 84-96820-37-1) 
  • Frédéric Saumade, Des sauvages en occident, les cultures tauromachiques en Camargue et en Andalousie, Paris, Mission du patrimoine ethnologique, 1994 et 1995, 275 p. (ISBN 2-735105-87-3) 

Notes et références [modifier]

  1. Populations légales 2008 de la commune : Le Grau-du-Roi sur le site de l'Insee
  2. Notice communale du Grau-du-Roi sur la base Ehess-Cassini.
  3. [* (fr) Son blog officiel Blog officiel]
  4. Le Grau-du-Roi sur le site de l'Insee
  5. Maudet 2010, annexe, p. 85
  6. premier rassemblement de bouvino en mars

Voir aussi [modifier]

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie [modifier]

  • Simien Frédéric, Le Grau du Roi, éditions Alan Sutton, 2007. (ISBN 9 782849106723)
  • Simien Frédéric, Camargue, fille du Rhône et de la mer, éditions Alan Sutton, 2010.
  • Albaric Alain, Le Grau-du-roi, éditions du Vent Large, 1995.