Guémené-sur-Scorff

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Guémené-sur-Scorff
La porte des Rohans (XVIe siècle)
La porte des Rohans (XVIe siècle)
Blason de Guémené-sur-Scorff
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Morbihan
Arrondissement Pontivy
Canton Guémené-sur-Scorff (chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes du pays du roi Morvan
Maire
Mandat
René Le Moullec
2014-2020
Code postal 56160
Code commune 56073
Démographie
Gentilé Guémenois, Guémenoise
Population
municipale
1 171 hab. (2011)
Densité 1 001 hab./km2
Population
aire urbaine
25 412 hab.
Géographie
Coordonnées 48° 04′ 09″ N 3° 12′ 06″ O / 48.0691666667, -3.2016666666748° 04′ 09″ Nord 3° 12′ 06″ Ouest / 48.0691666667, -3.20166666667  
Altitude 137 m (min. : 118 m) (max. : 180 m)
Superficie 1,17 km2
Localisation

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Guémené-sur-Scorff
Liens
Site web www.guemenesurscorff.com

Guémené-sur-Scorff [gemne syʁ skɔʁf] est une commune française, située dans le département du Morbihan en région Bretagne. Autrefois siège d'une principauté, la petite ville est considérée comme la capitale du Pays Pourlet. Elle doit aujourd'hui surtout sa renommée à sa spécialité gastronomique : l'andouille de Guémené.

Le nom breton de la commune est Ar Gemene (prononcé [ɟəmne]).

Toponymie[modifier | modifier le code]

Attesté sous la forme Kemenet-Guégant en 1160.

Du vieux breton kemenet[1] « fief, bénéfice » mot issu du latin commendare d'après Joseph Loth. Guégant, nom de personne (cf. #Histoire, ci-dessous). Le Kemenet-Guégant était au Moyen Âge une grande seigneurie de l'ouest du comté de Vannes. Il avait pour voisin au sud un autre grand fief, le Kemenet-Héboé.

Homophonie fortuite avec Guémené-Penfao d'après Albert Dauzat et Charles Rostaing qui est un ancien Wenmened, composé de gwenn « blanc » et menez « mont, montagne ».

Guémené devient Guémené-sur-Scorff en 1961.

Géographie[modifier | modifier le code]

plan de Guémené-sur-Scorff

Le territoire de la commune de Guémené-sur-Scorff est en grande partie enclavé dans celui de la commune de Locmalo, qui la borde au nord, à l'est et au sud. À l'ouest coule le Scorff, qui sert de frontière avec la commune de Ploërdut. Avec une superficie de seulement 117 hectares, son territoire se limite à la petite ville proprement dite. L'espace non bâti est très réduit. Avec une population de 1 237 habitants, la densité de population s'élève d'ailleurs à 1 057 habitants/km2, une valeur élevée comparable à celle de villes comme Port-Louis ou Lanester. La ville est bâtie sur un terrain vallonné. Le sommet de la colline de Mané Pichot, autrefois couvert de landes et de bruyères, constitue le point le plus élevé de la commune (180 mètres). Le Scorff coule en contrebas de la ville. Ce site a été probablement choisi à l'origine pour son intérêt défensif, les eaux du Scorff servant à alimenter en eau les douves du château. La ville s'est en effet développé à proximité du château féodal des seigneurs de Guémené.

Géologie[modifier | modifier le code]

La ville de Guémené-sur-Scorff est bâtie sur une colline granulitique située à la limite même entre une bande de schistes d'âge briovérien et le massif granitique septentrional de Ploërdut-Séglien. Cette colline granulitique est séparée du reste du massif granitique par la vallée du Scorff [2].

Situation[modifier | modifier le code]

Guémené-sur-Scorff est situé dans le nord-ouest du département du Morbihan, à l'intérieur des terres, à une quarantaine de kilomètres du littoral atlantique.

Le tableau ci-dessous donne la distance à vol d'oiseau exprimée en km de plusieurs villes françaises, ainsi que leur orientation.

Ville Pontivy Le Faouët Hennebont Lorient Vannes Saint-Brieuc Quimper Brest Rennes Nantes Paris Strasbourg
Distance

Orientation

18 km

(E)

21 km

(O)

30 km

(S)

38 km

(S)

57 km

(S-E)

59 km

(N-E)

68 km

(O)

101 km

(N-O)

113 km

(E)

155 km

(S-E)

418 km

(E)

811 km

(E)

Histoire[modifier | modifier le code]

L'histoire de Guémené est en grande partie liée à celle de son château. La ville doit en effet son développement à la présence de ce dernier.

Ce château vit le jour au XIe siècle avec la création du fief de Kemenet-Guegant, dont il était le siège et cela, afin de donner des terres à un dénommé Guégant, probablement fils du dénommé Piriou, bâtisseur de la Roche Piriou en Priziac. Le fief de Kemenet-Guegant fut cédé en 1354 par le roi d'Angleterre Edouard III à l'un de ses capitaines, un dénommé Roger Davy. Ce dernier le conserva jusqu'à son décès à la bataille d'Auray en 1364. Il fut acquis par Jean Ier de Rohan et sa femme Jeanne de Navarre, petite-fille du roi Louis X le Hutin par sa mère, le 26 mai 1377, pour 3 400 sous d'or, aux dépens de Jean, sire de Longueval, et de Jeanne de Beaumetz son épouse. Leur fils Charles de Rohan, premier de la lignée des Rohan-Guémené, hérita du fief. Il restera dans la maison des Rohan, branche des Rohan-Guémené, jusqu'à la Révolution. Le fief fut érigé en 1570 en principauté et les seigneurs de Guémené prirent alors le titre de Prince de Guémené.

Le château fut attaqué à de nombreuses reprises au cours de sa longue histoire: par les troupes d' Henri Plantagenêt au XIIe siècle, par celles du roi d'Angleterre Edouard III en novembre 1342 (le château fut incendié) et par les chouans le 28 janvier 1795. Il fut occupé par les anglais pendant la guerre de succession de Bretagne et par les espagnols pendant les guerres de la Ligue. Il connut plusieurs remaniements au cours des siècles. Jeanne de Navarre y fit notamment construire une étuve rappelant les thermes romaines, connu sous le nom de Bains de la reine. Le château fut progressivement délaissé par ses propriétaires à partir du début du XVIIe siècle. Ceux-ci préférèrent en effet résider sur leurs terres en Touraine ou profiter des fastes de la vie à la cour et ne se rendirent plus que rarement sur leurs terres Guémenoises.

La ville est décrite comme moult riche, pleine et marchande au XIVe siècle. Elle abritait avant la Révolution une importante population de serviteurs et de fonctionnaires au service des seigneurs de Guémené : fermier général, sénéchal, procureur fiscal, intendant, capitaine du château, notaires. C'était aussi une place marchande renommée pour ses foires. La ville a conservé de cette époque un grand nombre de maisons ainsi que l'auditoire, qui servit un temps de mairie, et fait maintenant office de médiathèque. Des halles, attestées dès 1634, situées sur l'actuel place Joseph Loth, furent démolies en 1923 pour des raisons d'insalubrité.

Langues[modifier | modifier le code]

Français et breton.

Le breton vernaculaire (en voie d'extinction) parlé dans la commune est du type bas vannetais pourlet. Il a été étudié par Malachy McKenna dans A Handbook Of Modern Spoken Breton, 1988.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
Coupé : Écartelé : au un : de gueules à neuf macles d'or, posés 3, 3, 3 (qui est de Rohan) ; au deux : d'hermine (qui est de Bretagne) ; au trois : de sinople à une fasce ondée cousue d'azur ; au quatre : d'une croix engrêlée d'or (qui est de Beaumetz).
Commentaires : Conc. J.-C. Renaud.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

L'hôtel de ville.
Liste des maires depuis la Libération
Période Identité Étiquette Qualité
1944 1945 Eugène Raude    
1945 1945 Louis Le Ravallec    
mai 1945 1966 Charles Montmayeur    
1966 1966 Jean Le Guennec    
1966 mars 1983 Louis Hubert    
mars 1983 mars 2001 Jean Moec PS Conseiller général du canton de Guémené-sur-Scorff (1985-1992)
mars 2001 avril 2014 Christian Perron PCF Conseiller général du canton de Guémené-sur-Scorff (2004-2011)

Démographie[modifier | modifier le code]

Guémené-sur-Scorff comptait 1 500 communiants à la fin du XVIIIe siècle selon le géographe Jean Ogée. La population de la ville a augmenté de façon régulière au cours du XIXe siècle. Au recensement de 1946, juste au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, la population de la ville semble artificiellement gonflée. La ville de Lorient et ses alentours avaient été en effet vidé d'une grande partie de leur population en raison des bombardements des alliés. Un grand nombre d'habitations ayant été détruites, la ville de Guémené-sur-Scorff avait accueilli temporairement certains de ces sans domiciles. Après 1954 la population de la ville s'est mise à décliner.

En 2011, la commune comptait 1 171 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 261 1 312 1 192 1 349 1 483 1 560 1 609 1 644 1 572
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 504 1 567 1 672 1 528 1 571 1 470 1 638 1 865 1 868
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 975 2 027 2 085 1 921 1 923 1 824 2 022 2 575 2 012
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
1 743 1 831 1 693 1 555 1 332 1 205 1 235 1 237 1 171
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Patrimoine civil et militaire[modifier | modifier le code]

Vestiges du château des princes de Guémené[modifier | modifier le code]

Pan de l'ancienne muraille du château contre lequel est adossée une maison

De l'ancien château, demeure des seigneurs de Guémené, ne subsistent plus aujourd'hui que la porterie dite Porte des Rohans et quelques pans des anciennes murailles à machicoulis. Les pavillons modernes d'un quartier résidentiel ainsi que l'hôtel de ville occupent aujourd'hui les lieux où celui-ci se dressait autrefois.

Un aveu de 1682 décrit de la façon suivante le château : Le château de Guémené clos et fermé de puissants murs, garnis de machicoulis et cannoniers, de huit tours et pavillons, avec plusieurs corps de logis, environnés et renfermés de douves et fossés, larges et profonds et pleins d'eau, fermant à pont-levis; l'étendue duquel contient en fonds, compris les douves, quatre journaux et demi.

Un procès verbal dressé le 10 septembre 1644 par les autorités de la ville signale déjà l'état d'indigence des bâtiments : le pont du château est à refaire, les tours et le grand corps de logis sont en aussi mauvais état intérieur qu'extérieur. En 1670 commence la récupération des pierres des courtines et du grand logis. En 1694 le donjon est démoli car il menace ruine. En 1843, le château, dont les toits et les planchers ont alors entièrement disparu, est vendu à l'État. Il est laissé sans entretien et continue à se dégrader. En 1926, le château, dont les ruines sont encore imposantes, est presque entièrement démoli.

Quelques maisons guémenoises[modifier | modifier le code]

La ville de Guémené-sur-Scorff a conservé plusieurs maisons en pierre de taille datant d'avant la Révolution française. Certaines d'entre elles ont été construites à l'aide des pierres provenant de l'ancien château. Parmi les plus remarquables, nous pouvons citer :

  • l'ancien relais de diligence (XVIe siècle) : Ce bâtiment est flanqué d'un large porche qui atteste de son ancienne fonction.
  • l'échoppe (XVIe siècle): Maison ayant pignon sur rue. Le premier étage est à pans de bois et dispose d'un large auvent. Le rez-de-chaussée dispose d'un large étal et servait autrefois d'échoppe.
  • l'hôtel des princes (XVIe siècle): Maison ayant pignon sur rue dont le premier étage est à pans de bois et dont les auvents sont couverts d'ardoises. Il s'agissait au XVIIIe siècle d'une auberge qui avait pour enseigne l'Aigle d'or.
  • la maison du marchand (XVIIe siècle)
  • la maison du sénéchal (XVIIe siècle) : Comme son nom l'indique, elle appartenait à un des personnages les plus illustres de la ville.
  • l'ancien hospice (XVIIe siècle)
  • la taverne les trois marchands (XVIIe siècle) : l'enseigne existe depuis le milieu du XVIIe siècle

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

le clocher-campanile

L'église Notre-Dame-de-la-Fosse (XIXe siècle): Elle remplace un édifice plus ancien qui faisait office de collégiale. Cette collégiale, fondée en 1529 par les seigneurs de Guémené, était constituée de 8 chanoines et 4 archiprêtres. Aujourd'hui seul sont conservés dans l'église les anciennes stalles du chapitre dont les panneaux sculptés servent d'ornements aux autels latéraux.

La principale originalité de l'église Notre-Dame-de-la-Fosse est son absence de clocher. Celui-ci s'est en effet effondré en 1757 faute d'entretien. Pour le remplacer un clocher-campanile fut construit en 1761 sur une hauteur à une cinquantaine de mètres de distance de l'église. Il s'agit d'une grosse tour carré surmontée d'un dôme.

Guémené-sur-Scorff dans la littérature[modifier | modifier le code]

Guémené-sur-Scorff est citée dans le poème d’Aragon, Le Conscrit des cent villages, écrit comme acte de Résistance intellectuelle de manière clandestine au printemps 1943, pendant la Seconde Guerre mondiale[5].

Dans la version originale du poème éditée dans La Diane Française, le nom est orthographié Guéméné. Ce nom de village pourrait éventuellement faire référence à Guémené-Penfao

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Gastronomie[modifier | modifier le code]

  • L'andouille de Guémené est la spécialité gastronomique de Guémené-sur-Scorff. Contrairement à celle de Vire, qui est fabriquée par emplissage, l'andouille de Guémené est conçue par enfilages successifs de chaudins (gros intestin du porc servant d'enveloppe), ce qui a pour résultat des différences évidentes dans la structure même de l'andouille.
En l'absence d'une appellation d'origine contrôlée, n'importe quel charcutier du Morbihan peut faire une andouille dite « de Guémené ». Aussi, une confrérie des goustiers de l'andouille lutte depuis quelques années pour défendre l'originalité et la qualité de ses produits[6].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • G. Le Calonnec, Pierres guémenoises, éd. Keltia Graphic.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le mot breton quéménet (ou kemenet) a le même sens que le mot latin commendatio, signifiant à l'origine vice-royauté ou par extension « fief », « châtellenie » et est à l'origine de plusieurs toponymes bretons comme celui de la commune de Guémené-Penfao (Loire-Atlantique), ou de l'archidiaconé de Quéménet-Ily, dont le siège se trouvait à Trégarantec ou encore de la châtellenie du Quéménet dont le siège se trouvait à Penhars près de Quimper, voir Albert Le Grand, La vie des Saints de la Bretagne-Armorique http://books.google.fr/books?id=YSvBi_0z3gsC&pg=PA215&lpg=PA215&dq=Qu%C3%A9m%C3%A9net&source=bl&ots=H0kkNe8gNE&sig=r2Xqa8Iwx9GYfOTz1vE7jo1E2MY&hl=fr&sa=X&ei=BhnEUOrzMIiJ0AWQj4HwBA&ved=0CC8Q6AEwAA#v=onepage&q=Qu%C3%A9m%C3%A9net&f=false
  2. « carte géologique du socle département du Morbihan » (consulté le 12-11-2011)
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  5. Louis Aragon, « Le Conscrit des cent villages », publié initialement dans La Diane française, consulté dans Pierre Seghers, La Résistance et ses poètes : France, 1940-1945, Paris : Seghers, 2004 (2e édition). (ISBN 2-232-12242-5), p. 373-375
  6. « Faire l’andouille à Guémené ». La confrérie des « goustiers de l’andouille » : entre marketing et célébration identitaire