Baie de Douarnenez

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Baie de Douarnenez
Vue sur la pointe de Talagrip
Vue sur la pointe de Talagrip
Localisation
Pays France
Région Bretagne, Finistère
Coordonnées 48° 10′ N 4° 26′ O / 48.17, -4.433 ()48° 10′ Nord 4° 26′ Ouest / 48.17, -4.433 ()  
baie Baie de Douarnenez
Géographie
Altitude 0 m

Géolocalisation sur la carte : Bretagne

(Voir situation sur carte : Bretagne)
Baie de Douarnenez

Géolocalisation sur la carte : France

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Baie de Douarnenez

La baie de Douarnenez est une baie de l’ouest de la France, dans le département du Finistère.

Géographie[modifier | modifier le code]

Cette baie est située entre la presqu'île de Crozon au nord, et le cap Sizun au sud, et dessine un immense bassin demi-circulaire de plus de 16 kilomètres de large sur 20 kilomètres de profondeur.

Bien qu’à demi fermée à l’ouest par le cap de la Chèvre, elle s’ouvre encore de ce côté de la mer d'Iroise sur une largeur de 9 kilomètres. Ce trait de côte est en recul rapide sous l'action de l'érosion marine, surtout lors des fortes tempêtes coïncidant avec de grandes marées, car elle prend les vents d'ouest de plein fouet. Cette côte n'offre aucun abri naturel susceptible de servir de port entre Telgruc-sur-Mer et Douarnenez.

Des plages (Le "Caon" en Telgruc-sur-Mer, la "Lieue de Grève" à cheval sur les communes de Saint-Nic et Pentrez, "Kervijen" en Plomodiern, Sainte-Anne-la-Palud, "Kervel" en Plonévez-Porzay, "Trezmalaouen" en Kerlaz, le "Ris" en Douarnenez) en bordure de petits plateaux de schistes briovériens qui constituent l'essentiel de la plaine du Porzay constituent le fond de la baie, l'arc de cercle dessiné par le littoral étant toutefois entrecoupé de quelques promontoires modestes formés de falaises de 20 à 40 mètres de haut. Ces plages prennent appui pour partie sur un cordon littoral, constitué par endroits de petites dunes, qui ont régularisé le trait de côte, mais gênent l'écoulement des modestes cours d'eau, d'où la formation de "palues" ou "palud", c'est-à-dire de marais maritimes dont le toponyme Sainte-Anne-la-Palud est une illustration[1].

Au sud-est se trouve le port sardinier de Douarnenez qui lui a donné son nom, seule agglomération d'importance située sur ses rivages. La station balnéaire de Morgat se situe, elle, au nord, sur la presqu'île de Crozon.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les cuves de salaison[modifier | modifier le code]

Des cuves de salaison jalonnent la baie de Douarnenez (17 sites identifiés dont l'Aber en Crozon, Le Caon à Telgruc-sur-Mer, Porz-ar-Vag en Plomodiern, Tréfeuntec en Plonévez-Porzay, Plomarc'h-Pella en Douarnenez[2], Kerandraon en Poullan-sur-Mer,...) ainsi que les estuaires de petits fleuves côtiers proches (Odet, Goyen, Blavet). Ce sont de petits appareils de pierre enduits de mortier rouge, de telles structures plus nombreuses et plus vastes jalonnent en grand nombre le pourtour de la Méditerranée.

Ces "cuves de salaison", généralement construites vers la fin du Ier siècle après J.-C., fabriquaient différents produits à base de poisson : salaisons; garum ou allec[3]

Des restes de structures liées à ces cuves de salaison ont été trouvés à proximité : restes d'habitat précaire ou saisonnier, hypocaustes, villa romaine et thermes près de la plage du Ris.

Pêche à la sardine[modifier | modifier le code]

La baie de Douarnenez a été et reste un haut lieu de la pêche à la sardine.

L’Atlas Maior de Blaue de 1665 portait la mention « pêche de sardines » sur la baie de Douarnenez faisant ressortir l’importance de cette activité au XVIIe siècle.

À la fin du XIXe siècle, des centaines de chaloupes sardinières ont traqué le poisson dans la baie, alimentant les 32 conserveries de Douarnenez.

La chapelle de Sainte-Anne-la-Palud[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sainte-Anne-la-Palud.

La légende prétend que la première chapelle remonterait au temps de saint Guénolé. La chapelle actuelle date de 1864 et est un lieu célèbre de pèlerinage: chaque année, le petit Pardon a lieu fin juillet et surtout le grand Pardon le dernier week-end du mois d'août.

Épaves et séquelles de guerre[modifier | modifier le code]

Le littoral abrite d'anciens forts, dont celui de Morgat.

En raison de sa configuration et de la proximité du port de Brest, la baie a souvent servi de lieu d'exercices militaires et elle abrite selon l'OSPAR un dépôt immergé de munitions [4].

La baie abrite aussi plusieurs épaves, dont un navire de guerre, coulé lors d'un exercice et un avion.

Légendaire[modifier | modifier le code]

C'est également dans la baie que la ville d'Ys aurait été engloutie selon la célèbre légende.


Sécurité maritime[modifier | modifier le code]

Morgat et Douarnenez (selon la direction des vents) sont aussi des ports-refuges pour des navires en difficulté ou souhaitant s'abriter du mauvais temps.

Il y a eu plusieurs accidents ou catastrophes évitées de peu. Le 27 février 2004, le cargo turc Kaptan Aslan Fatoglu est entré en collision de nuit à 11 nœuds avec le pied du phare du Millier avant de s'échouer[5].

Écologie, environnement[modifier | modifier le code]

Nettoyage mécanique des plages qui se sont ensablées et se recouvrent périodiquement d'importantes laisses de mer, comprenant de plus en plus d'ulves (plage de Morgat)

Bien que ventée et animées d'une courantologie permettant un certain renouvellement de l'eau, cette baie est particulièrement bien fermée et donc vulnérable aux phénomènes d'eutrophisation ou de dystrophisation, aux marées noires ou à l'accumulation de polluants pas ou peu dégradables.

Après un fort recul des populations de sardines qui ont autrefois permis l'expansion du port de Douarnenez et qui donnaient du travail à des milliers de personnes dans les conserveries, la baie a vu le tourisme se développer. Les aménagements touristiques n'ont pas été sans conséquences sur la Baie, comme la construction d'un deuxième puis d'un troisième port à Crozon-Morgat, avec modification des courants et ensablement de la baie de Morgat et perte de sable côté Crozon, disparition et recul de l'herbier de zoostères, recul des populations de crabes, langoustes à Morgaz, alors que la zone s'urbanisait, disparition des remontées de saumons, puis de civelles, etc.

Parce que concernée par une forte augmentation du phénomène de marée verte [6], dont les coûts de nettoyages pèsent sur les collectivités (qui, à titre d'exemple, ont dû ramasser durant la saison touristique estivale de 1998 9.836 m3 d'ulves, soit 2,2 fois plus que les 4.475 m3 de 1997 - à titre de comparaison, le total des ulves ramassées en Bretagne en 1998 était estimé à 51.200 m3) , la baie de Douarnenez a été étudiée par IFREMER et le CEVA, en plus d'une série d'autres sites faisant l'objet d'un suivi des pullulations d'ulves.

  • Les ulves pullulent périodiquement depuis quelques années en Bretagne, mais généralement à faible profondeur. L'Ifremer a mis en évidence en baie de Douarnenez qu'un stock d'ulves existe parfois dans des zones plus profondes (-2 à -18 m), comme sur quelques autres sites du littoral breton, ce qui pourrait traduire - comme l'extension des surface, et du nombre de sites touchés - une extension de l'eutrophisation des côtes bretonnes, et expliquer des épisodes d'anoxie marine (zones marines mortes, phénomène également en augmentation dans le monde).
  • Une zone morte (anoxie) y a été observée à partir de l'an 2000, signalée par Google earth, avec OSPAE 2003 comme source, et le Virginia Institute of Marine Science, se basant sur les travaux du Pr Robert Diaz et de Rutger Rosenberg de l'université de Gothenburg en Suède.
  • Les nitrates agricoles semblent expliquer une grande partie du problème : le flux maximum de nitrates a été en 1998 celui du Kerharo (41 mg/l en moyenne). Les taux moyens et globaux de nitrate en fin de printemps et début d'été étaient respectivement de 2066 kg/jour en 1998 (année pluvieuse) contre 608 kg/jour en 1997 (année sèche), soit 3,4 fois plus l'année pluvieuse, ce qui s'explique par le fait que les nitrates sont très solubles dans l'eau.
  • Il a aussi été plusieurs fois signalé que les marées vertes (échouages d'ulves) dépendaient aussi dans la baie des conditions de vent : un vent de secteur nord-est (vent de terre) favorise les dépôts, alors que des vents d'ouest assez soutenus pouvaient "nettoyer" les plages de leurs dépôts [6].
La bonne exposition aux vents de la baie et de ses abords a justifié la construction de quelques éoliennes.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Augris (dir.), Atlas thématique de l'environnement marin de la baie de Douarnenez (Finistère), IFREMER, Plouzané, 2005, 134 p. (ISBN 2-84433-139-4)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. André Guilcher, "Le relief de la Bretagne méridionale, de la baie de Douarnenez à la Vilaine", Paris, 1948
  2. J.-P. Barrdel, "Une usine antique de salaison:l'établissement des Plomarc'h-Pella à Douarnenez (Finistère)", rapport de fouille, SRA de Bretagne, Rennes
  3. Aude Leroy, "Les ateliers de salaison antiques en baie de Douarnenez (Finistère)", Revue archéologique de Picardie, année 2003, volume 1, pages 65-75, consultable http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pica_0752-5656_2003_num_1_1_2357
  4. (en) Rapport OSPAR sur les munitions immergées - (carte en page 9 pour l'UE et la zone OSPAR) Titre : Overview of Past Dumping at Sea of Chemical Weapons and Munitions in the OSPAR Maritime Area / Version 2005 - (ou en format compressé)
  5. (fr) Bureau d'enquêtes sur les événements de mer, « Rapport d’enquête technique Kaptan Aslan Fatoglu », sur www.beamer-france.org (consulté le 5 août 2011)
  6. a et b Michel MERCERON, IFREMER,Agence de l'eau ; Inventaire des ulves en Bretagne, année 1998 ; Rapport de synthèse ;  ; ref : R.INT.DEL/99.15/Brest

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]