Scrignac

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Scrignac
La place principale du bourg en 2010.
La place principale du bourg en 2010.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Châteaulin
Canton Huelgoat
Intercommunalité Communauté de communes des Monts d'Arrée
Maire
Mandat
Georges Morvan
2014-2020
Code postal 29640
Code commune 29275
Démographie
Gentilé Scrignacois, Scrignacoise
Population
municipale
802 hab. (2011)
Densité 11 hab./km2
Population
aire urbaine
3 853 hab.
Géographie
Coordonnées 48° 26′ N 3° 41′ O / 48.43, -3.68 ()48° 26′ Nord 3° 41′ Ouest / 48.43, -3.68 ()  
Altitude Min. 86 m – Max. 281 m
Superficie 70,94 km2
Localisation

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Scrignac [skʁiɲak] est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France. La commune fait partie du Parc naturel régional d'Armorique.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le bourg perché sur une hauteur (vue depuis la route de Bolazec)

Vaste de 7 094 hectares, commune donc de grande superficie, Scrignac compte 906 habitants. Le nom "Scrignac" correspond en breton à skarena qui peut être traduit par "éclat de roche", "pente rocheuse" ou encore "lieu rocailleux". Le bourg est en effet juché au sommet d'une colline et le territoire communal est drainé par de nombreux cours d'eau : les cours amont de l'Aulne, du Squiriou et plusieurs autres affluents (le Roudouhir, le Rudalvéget, le Beurc'hoat, le Mendy, etc.) est très vallonné. L'altitude du territoire communal est compris entre 281 m et 86 m d'altitude (le bourg est vers 240 mètres) et est limitrophe au sud de Locmaria-Berrien, au sud-ouest de Berrien, au nord-est de Lannéanou, à l'est de Bolazec et de Plougras, cette dernière commune étant située dans le département des Côtes-d'Armor.

Histoire[modifier | modifier le code]

Des origines à la fin du XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

C'est en 1318 qu'apparaît la première mention de "Scruyniac", paroisse dépendant alors de l'évêché de Cornouaille et englobant les trèves de Bolazec et Coatquéau (écrit alors Coetkaeou). La transcription du nom est "Scruignac" en 1394 et 1591[1]. En 1585, l'existence du château de Montafilant est mentionnée : il appartenait alors à l'évêque de Tréguier, François de La Tour, seigneur de Penarstang et de Montafilant en Scrignac[2]. Scrignac est alors, du Moyen Âge à la Révolution française, pour l'essentiel sous l'autorité des seigneuries féodales de Montafilant et de Kerbrat-Hellès. Toutefois une vingtaine de villages dépendent de l'Abbaye du Relec (actuellement en Plounéour-Ménez) ou des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem (leur Commanderie est implantée alors à La Feuillée) et sont régis selon un mode d'exploitation original : la quévaise[3].

Aux XVe et XVIe siècles, l'installation de petits manoirs et métairies nobles, déclassés tôt en simples fermes, témoigne d'une activité agricole omniprésente. Aujourd'hui, seul le massif occidental de l'église paroissiale et quelques croix de chemins illustrent cette époque[4].

Carte de Cassini (XVIIIe siècle) : la région de Scrignac

En 1675, les manoirs de Kerizac, Kergreac'h et Kerbrat sont incendiés et pillés par les Bonnets rouges lors de la Révolte du papier timbré. Ces bâtiments sont encore en ruines en 1680, au moment de la réformation du registre du Terrier. En 1697, un document indique que le commandeur des moines hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem implantés à La Feuillée possède dans la paroisse le "membre de Lannouédic" qui regroupe les villages actuels de Lannouédic, Kertanguy et du Quilliou. En 1774 à Scrignac, pour une population totale de 3 000 habitants environ, le nombre des journaliers était de 890 payés un salaire de misère[5]. Dans le cadre du contrat de domaine congéable, fréquent alors en Basse-Bretagne, les autres paysans étaient domaniers.

Pendant la Révolution française[modifier | modifier le code]

En 1789, le cahier de doléances de Scrignac réclame la suppression des domaines congéables qui, en fonction de l'usement (= coutume) du Poher, sont "si odieux et si préjudiciable au peuple, en ce que le colon sortant, outre la perte de ses droits par un remboursement forcé, se voit encore obligé avec l'injustice la plus criante de payer tous les frais de prisage et autre en résultant"[6]. En mars 1792, Scrignac est l'objet d'une bataille entre les chouans et les républicains venus de Morlaix. Le 23 avril 1792, un mouvement de contestation contre la République élit le dénommé Coroller comme nouveau maire. Le 29 avril, un détachement de la garde nationale est envoyé à Scrignac. Le 3 mai, le patriote Jean Péron reprend possession de la mairie, et la commune est contrainte de payer une amende de 16 931 livres. Le 29 juillet de la même année, un curé constitutionnel, Le Coant, s'installe à l'église de Scrignac. Il est considéré comme un intrus, et la troupe venue de Carhaix et de Morlaix ainsi que la garde nationale de la mine interviennent[7]. Étienne Bernard, le curé de Scrignac et son vicaire ayant refusé de prêter serment à la Constitution civile du clergé furent arrêtés et conduits à Brest, ainsi qu'un autre prêtre, François Guyomarc'h, originaire de Berrien, qui s'était rétracté après avoir prêté le serment de fidélité dans un premier temps. Le recteur de la trève de Coatquéau, Claude Jégou, refusa aussi de prêter serment, se cacha et son cadavre fut découvert en 1797 sur le bord d'un chemin. Ses reliques reposent dans le cimetière de Coatquéau[5].

« Dans la nuit du 22 au 23 août 1792, des particuliers, tant de Scrignac que de Bolazec, se rendirent au district de Carhaix ; ils rapportèrent qu'un attroupement considérable de gens de Berrien se grossissait de tout ce qu'ils rencontraient dans les paroisses voisines et notamment à Scrignac, où ils forçaient les particuliers à les suivre ; que ces hommes, rassemblés en armes, menaçaient les propriétés, qu'ils avaient déjà commis des atrocités en pillant, volant et maltraitant des particuliers, qu'ils menaçaient de brûler la commune de Poullaouen, la ville de Carhaix et même de se porter à Quimper pour brûler le département »[8]. Les révoltés, venus aussi de Plourac'h et autres communes avoisinantes sont au nombre de 3 000 à 4 000, mais 300 seulement armés de fusils. Selon la version des bleus (républicains), 70 soldats et 42 gardes nationaux venus de Carhaix et Poullaouen se portent à leur rencontre : « Nous entrâmes dans le bourg de Scrignac et nous prîmes place dans le cimetière, dans l'église et au presbytère, que nous trouvâmes sans portes ni fenêtres, tout pillé et tout ravagé par les rebelles. Nous crûmes le curé assassiné, ce qui n'était cependant pas. (...) Vers les trois heures de l'après-midi, les sentinelles postées sur les tours nous firent remarquer un rassemblement d'environ 500 hommes qui se formait sur une hauteur. (...) Nous les débusquâmes à coups de fusils, et ils prirent la fuite vers la montagne. (...) Vers les six heures du soir, nous vîmes descendre du côté du sud une colonne d'environ 2 000 hommes. (...) Nous décidâmes de les attaquer. (...) Dès que nous parûmes dans la plaine, les rebelles se jetèrent à plat ventre dans les bruyères. (...) Nous estimons qu'ils ont perdu 25 hommes tués et qu'il y en a eu un plus grand nombre de blessés. Nous retournâmes au bourg avec quelques prisonniers et plusieurs fusils car dans cette colonne il y en avait au moins trois cents »[8].

Ainsi une bonne centaine de soldats et gendarmes auraient dispersé une troupe de 3000 ou 4 000 rebelles et les "chouans" auraient été mis en fuite. Cette version de l'histoire locale est contestée par certains[9]. Des renforts venus de Morlaix arrivent (150 le jour même, 250 le lendemain matin), ce qui permet aux forces de l'ordre de poursuivre les rebelles à Berrien. « Tous les habitants de Berrien avaient fui... » dit le même rapport.

Un impôt forcé est prélevé, et en octobre 1792, un homme de Scrignac est guillotiné à Carhaix.

Au printemps 1796, « dans la région de Scrignac et vers Le Ponthou, des bandes se formèrent et se dirigèrent vers les Côtes-du-Nord, sous la conduite d'inconnus disposant de beaucoup de numéraire. Des cultivateurs furent dépouillés par ces bandes ; ils se laissaient piller sans nommer leurs voleurs de crainte d'être assassinés »[10].

Le 18 novembre 1799 (27 brumaire an VII), le juge de paix de Scrignac est tué par une bande de chouans dirigés par Jean François Edme Le Paige de Bar[11].

Le 9 mai 1802, après avoir fait relâche au village de Kéréon en Guimiliau, sept chouans dirigés par Jean François Edme Le Paige de Bar, prennent en otage Alain Pouliquen, propriétaire et fabriquant de toiles au village de Mescoat en Ploudiry, le conduisent au village de Lestrézec en Berrien où il est menacé de mort, puis à Scrignac où Le Paige de Bar bénéficie de complicités[12] , et le font chanter jusqu'à ce qu'il écrive dans les jours qui suivent plusieurs lettres à ses enfants exigeant une rançon de 30 000 livres, à déposer tantôt à l'auberge du Squiriou, tantôt dans une auberge de Carnoët où elle est finalement remise à Le Paige de Bar, l'otage étant enfin libéré le 30 mai 1802[11].

Au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Au sein d'une Bretagne catholique et conservatrice, Scrignac a au XXe siècle longtemps voté fortement républicain et anticlérical puis communiste, en partie en raison de l'attitude de l'évêché. En 1887 et en 1908, la municipalité interdit au clergé de faire des quêtes. En 1910, la municipalité veut augmenter de 50 % le loyer du presbytère, cette augmentation est refusée par l'évêché. L'évêque ordonne le retrait des prêtres de la paroisse avec mise en interdit de l'église et suppression de la sonnerie des cloches. La situation est rétablie en mars 1911 mais pendant des décennies tout prêtre sera absent de la commune. L'anticléricalisme local et le vote communiste resteront une constante.

La fin du XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle[modifier | modifier le code]

La voie ferrée du réseau breton entre Morlaix et Carhaix est mise en service en 1892, empruntant la vallée du Squiriou, une gare "Berrien-Scrignac" étant construite à mi-chemin entre les deux localités ; la voie ferrée est empruntée en 1896 par le président de la République Félix Faure qui s'arrête trois minutes à la gare de Scrignac-Berrien. « À Scrignac où sonne un monotone biniou au milieu de quarante paysans, hommes et femmes d'une saleté sordide » écrit le journaliste du Journal des débats politiques et littéraires[13], le président reçoit les félicitations du maire et y répond[14]. Cette voie ferrée eut une grande importance pour la population, facilitant les déplacements vers Carhaix ou Morlaix et suscitant un important trafic de céréales et d'animaux vivants, surtout lors des foires de Scrignac. Charbon, engrais industriels, chaux vive (en provenance de Saint-Pierre-la-Cour en Mayenne) parvenaient dans les communes concernées chaque semaine grâce à elle. Le courrier également, acheminé ensuite en chars à bancs jusqu'à Berrien et Scrignac[15]. Le trafic voyageur cessa dès 1939 (transféré sur route) puis remis sur rail du fait de la guerre. Le trafic des marchandises cessa le 25 septembre 1962. Les rails furent enlevés en 1971.

En 1904, le journal Ouest-Éclair décrit ainsi les fêtes de Scrignac :

« Les luttes de Scrignac sont célèbres à vingt lieues à la ronde. Les communes de Cornouaille et du Tréguier y députent leurs gars les plus forts et les plus agiles, et c'est au milieu d'un décor magique, dans une lande placée au sommet des monts, et d'où l'œil plane au-dessus de vingt paroisses, des monts du Crajou à Tossen Sant-Weltas[16] chantés par Taldir et à la butte Saint-Michel, que se tiennent les grandes assises sportives, véritables jeux olympiques de la Basse-Bretagne. Une foule innombrable se presse aux abords du champ clos, confondant en un pittoresque mélange les borledes (borledenn)[17] brodés des Quimpéroises, les tabliers éclatants des filles de Botmeur, les somptueux velours des Carhaisiennes et des Scrignacaises, avec le chupen sombre de la montagne, les lost picks trégorrois et les vestes multicolores de la Basse-Cornouaille. L'après-midi les courses, dans une lande plus vaste encore, en présence de l'horizon infini, virent les meilleurs bidets des montagnes lutter avec les chevaux léonards de vitesse et de prestance. (...) Nous ne voulons pas oublier de mentionner combien les organisateurs ont pris à tâche de donner la plus grande perfection possible à toute la fête. Les travaux qu'ils ont exécuté sur l'hippodrome, les belles tribunes qu'ils y ont fait construire, le rendent à l'heure actuelle un des plus beaux de Bretagne[18]. »

En 1930, relatant l'assassinat d'un cultivateur de Scrignac commis par un habitant de Botsorhel en raison d'une querelle d'héritage, qui fut abondamment relaté dans la presse de l'époque, le journal Ouest-Éclair écrit : « Il faut connaître ce rude pays des montagnes d'Arrhée, où la nature hostile a semé partout, sous les pas de l'homme, les pires difficultés. De tous côtés, ce ne sont qu'espaces désertiques, les roche élèvent au-dessus de la tourbe et des champs incultes leurs têtes dégarnies. Point ou pas d'arbres. Les terrains que l'homme cultive ont, cela se voit, dû être conquis de haute lutte, et dans cette lutte l'homme a gardé l'esprit rude et farouche de la terre. Aussi ne fat-il pas s'étonner que l'esprit de propriété est si grand, là, plus fort que partout ailleurs. On est jaloux de ce qu'on appelle son bien propre. Hélas, les gênes nombreuses amènent des gestes qui, dans le cas présent, peuvent aller jusqu'au crime »[19].

La Seconde Guerre mondiale : le "maquis rouge" et l'assassinat de l'abbé Jean-Marie Perrot[modifier | modifier le code]

Pendant la Seconde Guerre mondiale le maquis FTP (Francs-tireurs et partisans) de Scrignac est particulièrement important et organisé : on parle du "maquis rouge de Scrignac", d'obédience trotskiste[20]. Il est à l'origine de nombreuses actions antiallemandes. Le 29 juillet 1944, l'aviation alliée bombarde le bourg, l'objectif visé étant les deux écoles publiques où logeait l'armée allemande et le presbytère. La résistance locale s'était opposée en vain à ce bombardement qui fit une vingtaine de victimes malgré le bouche à oreille qui avait annoncé le bombardement. Les écoles publiques, le presbytère et plusieurs maisons furent rasés et l'église endommagée[5].

Le presbytère de Scrignac (le curé était Jean-Marie Perrot) fut un lieu de rendez-vous des nationalistes bretons collaborationnistes et même une cache d'armes et fut très fréquenté par la Gestapo comme l'a montré, entre autres auteurs, l'historien Henri Fréville[21].

L'assassinat par la Résistance, "sur avis de la radio de Londres" a écrit Robert Aron[22], de l'abbé Jean-Marie Perrot, recteur de Scrignac, militant régionaliste breton et accusé par beaucoup de collaboration avec l'occupant nazi, le 12 décembre 1943 eut des conséquences importantes à Scrignac : « L’homme qui tua Yann-Vari Perrot se nommait Jean Thépaut. Né en 1923 à Scrignac, fils d’un cheminot et d’une garde-barrière, il travaillait lui-même aux chemins de fer, au Réseau breton, dont le siège se trouvait à Carhaix. Jean Thépaut ne résidait pas à Scrignac, mais dans une petite chambre à Morlaix. Voilà pourquoi il ne connaissait pas physiquement sa victime (…) En fait, dès le printemps 1944, les Allemands parviennent à identifier l’auteur du coup de feu. L’enquête est alors conduite par le kommando Schaad, installé à Landerneau (…) Le sergent Schaad reçoit de la Gestapo de Rennes une liste de suspects qui lui avait été adressée par une femme originaire de Huelgoat et vivant à Rennes (…) Au cours d’une expédition à Scrignac et à Huelgoat, les Allemands, accompagnés de militants nationalistes bretons, dont André Geffroy, arrêtent certaines des personnes figurant sur la liste. Mais Jean Thépaut parvient à passer entre les mailles du filet. Il semble qu’il se soit mis à l’abri en Normandie. Le Kommando reviendra à deux reprises au moins à Scrignac : en juin où il arrête notamment deux cousins, membres des FTP, Armel et Francis Coant, qui seront fusillés à Rennes quelques jours plus tard ; le 19 juillet où il essuie le feu de trois résistants, en tue un, Jean Bernard, et met le feu à sa maison.»[23]. Cette description des faits de Thierry Guidet, à quelques détails près, est confirmée par une déposition d’André Geffroy, agent du Kommando de Landerneau et proche de l’abbé Perrot[24].

Le cortège funèbre de Jean-Marie Perrot chemina sous la protection de mitrailleuses allemandes du bourg de Scrignac à Coat-Quéau. Deux éloges furent prononcés[25]. Pour venger l'exécution de l'abbé Perrot, des collaborateurs ultras créèrent la "Bezen Perrot" qui lutta militairement contre la Résistance.

Quelques années après la mort du prêtre, une croix est érigée sur un talus proche du lieu où il a été tué. En 1982, cette croix est coupée et quelques mois plus tard, le monument aux morts de Scrignac est détruit par une bombe. En 1984, la troupe de théâtre Ar Vro-Bagan, dirigée par Goulc'han Kervella, décide de monter une pièce sur Jean-Marie Perrot. Elle est jouée pour la première fois le 12 décembre 1985, à Morlaix. À la suite de cette pièce, une grosse polémique oppose les partisans de Perrot à ses détracteurs[26].

Des tentatives de réhabilitation de Jean-Marie Perrot ont lieu régulièrement de la part de nationalistes bretons, par exemple dans un livre de Kristian Hamon sur le "Bezenn Perrot"[27], provoquant l'indignation de survivants de la Résistance[28].

Par ailleurs, le 17 mai 1943 vers 13 heures, un combat aérien se déroule au-dessus des communes de Plonévez-du-Faou, Scrignac et Berrien. Un avion anglais tombe en flammes à l'est du bourg de Plonévez-du-Faou, et des incendies, provoqués par la chute des réservoirs ou des projectiles, se déclarent sur le territoire des communes de Plonévez-du-Faou, La Feuillée et Scrignac[29].

Un fief rural du parti communiste pendant longtemps[modifier | modifier le code]

Scrignac a longtemps été considéré comme le cœur même de la "montagne rouge" : avant Jean-Marie Perrot, nommé curé de Scrignac par son évêque en guise de sanction ("en avant-goût de purgatoire") mais qui y demeura 13 ans jusqu'à sa mort en 1943, aucun recteur de Scrignac n'avait pu tenir plus de deux ou trois ans.

Scrignac présente la particularité d'avoir été pendant longtemps un fief rural du parti communiste en Bretagne (fief parfois indocile puisque les communistes scrignacois présentèrent parfois des candidats en désaccord avec la ligne officielle du parti). Selon l'ethnologue Patrick Le Guirriec qui a consacré une monographie à cette commune, cette puissance locale du parti communiste s'explique par leur rôle dans la résistance locale pendant la Seconde Guerre mondiale à laquelle participèrent la plupart des "humbles" de la commune par contraste avec les "messieurs" plus souvent neutres ou collaborateurs même si l'évocation des faits alors survenus reste encore souvent taboue[30].

Le déclin national de l'influence communiste s'est aussi fait sentir à Scrignac, mais le PCF y reste prépondérant: par exemple lors des élections cantonales de 2008, au premier tour, le candidat du Parti communiste français a obtenu à Scrignac 194 voix (36,88 %) devançant le candidat de la majorité présidentielle 170 voix (32,32 %) et le candidat socialiste 135 voix (25,67 %), ce dernier étant pourtant l'élu cantonal (canton d'Huelgoat) lors du second tour[31].

C'est cette tradition de "montagne rouge" qui explique probablement ce dicton traditionnel en langue bretonne dont voici la traduction française :

Aux montagnes de Scrignac
On envoie grignoter le diable[32].

Coat-Quéau (Koat-Keo)[modifier | modifier le code]

Coat-Quéau fut longtemps une trève importante de Scrignac. En 1388, une bulle accorde des indulgences à ceux qui voudraient contribuer par leurs aumônes à la restauration de sa chapelle. Une couverture d'un livre en parchemin signale l'existence d'une école à Coat-Quéau dans la seconde moitié du XVe siècle[7]. La chapelle fut vraisemblablement reconstruite au XVIe siècle et était entourée d'un enclos paroissial avec cimetière et calvaire. Elle tombe en ruines dès la fin du XIXe siècle[33].

En 1925, la commune de Scrignac mit en vente publique les ruines de l'ancienne église, devenue simple chapelle, de Coat-Quéau, longue de 30 mètres et large de 20 mètres, ainsi que le calvaire. La flèche du clocher était alors brisée et les pierres de son tiers supérieur avaient servi à la construction d'un pont. La toiture était effondrée depuis 20 ans et des arbres avaient poussé à l'intérieur. La chapelle fut achetée par un industriel de Quimper, René Bolloré[34] ; les pierres furent transportées à 40 kilomètres de là et réutilisées dans la construction d'une nouvelle chapelle à l'usine de Cascadec, à Scaër[35].Pieux et pratiquant, René Bolloré construit aussi, en 1921, une chapelle au cœur même de l'usine d'Odet, tandis qu'à Cascadec il déplace la chapelle de Scrignac, en ruines, pour la remonter à l'entrée de l'usine.

Une nouvelle chapelle fut construite au même emplacement en 1937 : "L’architecture est due au Président de l’Atelier Breton d’Art Chrétien, M. James Bouillé ; les coloris des vitraux représentent les sept saints de Breiz, dus au talent du jeune maître-verrier, Job Guével ; l’imposante statue de Notre-Dame, sortie du ciseau du sculpteur sur bois F. Chauris" écrit alors l'hebdomadaire Le Courrier du Finistère à l'occasion de sa consécration qui a lieu en octobre 1938[36].

L'abbé Jean-Marie Perrot, après son assassinat en décembre 1943 par la Résistance, fut enterré près de la chapelle de Coat-Quéau[37].

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 802 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 016 2 048 2 190 2 164 2 586 2 652 2 767 2 891 2 890
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 812 2 947 3 103 3 056 3 130 3 085 3 120 3 140 3 256
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3 651 3 825 3 832 3 511 3 386 3 208 2 869 2 558 2 111
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
1 946 1 687 1 405 1 222 1 005 883 825 809 802
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[38] puis Insee à partir de 2004[39].)
Histogramme de l'évolution démographique


Commentaire : Si l'on néglige quelques minimes dents de scie, la population de Scrignac a augmenté presque constamment pendant les deux premiers tiers du XIXe siècle, passant de 2 016 habitants en 1793 à 3 103 en 1876, soit un gain de plus de 1 000 personnes (plus de 50 % d'augmentation en 83 ans), puis après une période de stagnation dans les décennies 1880-1890, recommence à augmenter atteignant son pic démographique en 1911 avec 3 832 habitants. À partir de cette date, l'exode rural provoque un retournement démographique très net : le déclin est constant d'un recensement à l'autre, la commune perdant plus de 3 000 habitants en 94 ans entre 1911 et 2006, soit plus des trois quarts de sa population de 1911. Contrairement à d'autres communes rurales de la région, le déclin démographique continue encore dans les premières années du XXIe siècle, la commune ayant par exemple encore perdu 58 habitants en 7 ans entre 1999 et 2006. La densité de population est désormais inférieure à 12 habitants au km2.

Le bourg ne regroupait traditionnellement qu'une faible partie des habitants de la commune : 371 en 1886, pour une population communale totale de 3 120 personnes.

Le vieillissement de la population est important : les 60 ans et plus représentent en 2006 presque 40 % de la population totale alors que les 0 à 19 ans sont à peine plus de 16 %. En 10 ans, entre 1999 et 2008, Scrignac a enregistré 60 naissances et 189 décès, soit un lourd déficit naturel de 129 personnes, les naissances représentant moins du tiers des décès. Toutefois le solde migratoire, régulièrement déficitaire tout au long du XXe siècle, est redevenu légèrement positif entre 1999 et 2007[40].

Économie[modifier | modifier le code]

La commune dispose encore d'un bon réseau commercial pour une commune de cette taille puisque de nombreuses professions artisanales et commerciales sont représentées : menuiserie, garages, maçonnerie, épiceries, restaurant, taxis, santé, social... Une importante activité agricole s'y maintient également malgré l'altitude relativement élevée et le vallonnement très marqué du terroir communal : en 1996, 60 exploitations agricoles y étaient encore recensées et la SAU (surface agricole utile) y représentait 51,2 % de la superficie totale de la commune.

Les établissements Goarnisson exploitent une carrière importante de granulats dans le sud de la commune. Par le passé, un gisement de calcaire (une lentille de calcite incluse dans les schistes comme il s'en trouve également dans la presqu'île de Crozon et dans la région de Châteaulin) fut exploité par intermittences entre 1831 et 1950 à Moulin-Terre. Jusqu'aux années 1930, tous les jours, une charrette tirée par quatre chevaux allait à la gare expédier la chaux et revenait chargée de charbon. L'activité du four à chaux a donc contribué à la prospérité de la gare et vice versa. Cette exploitation explique aussi la construction de logements ouvriers à cette époque.

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Politique et administration[modifier | modifier le code]

La mairie
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
avant 1809 après 1809 Sébastien-Marie Thépault   Notaire
1878 1888 Thoz Républicain  
1896 1909 Jean Guynamant    
1919   François Guynamant    
1935   Barbier Républicain et radical socialiste  
mars 1977 novembre 1999 François Landré PCF Agriculteur
décembre 1999 mars 2014 Marcel Coant PCF Artisan maçon - Président de la Communauté de communes des Monts d'Arrée depuis 2012
Les données manquantes sont à compléter.

Scrignac est l'un des rares bastions du communisme rural en Bretagne, même si les communistes locaux ont parfois été frondeurs à l'égard de la ligne officielle du Parti communiste français comme l'explique le sociologue Patrick Le Guirriec dans sa monographie[30] de la commune. Cette particularité trouve ses racines dans le fait que ce parti a ici incarné la Résistance française pendant l'Occupation[30].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marie Perrot, recteur de Scrignac, né à Plouarzel le 3/09/1877, fonde le Bleun-Brug en 1905 et devient directeur de la revue catholique Feiz ha Breiz (Foi et Bretagne), de 1911 à sa mort. Devenu recteur de Scrignac en 1930, il siège au sein du Comité Consultatif de Bretagne, créé par Vichy. Sa revue Feiz ha Breiz publie des articles violemment antibolcheviques. Accusé par certains de collaboration, il meurt assassiné par la Résistance[41] le 12/12/1943 à Scrignac, probablement selon Thierry Guidet par Jean Thépaut[42].
  • Théodore Le Hars (1861-1928), sénateur du Finistère, maire de Quimper et conseiller général, mort accidentellement à Scrignac le 2/10/1928.
  • Francis Coant[43], né le 15 août 1916 à Scrignac, communiste, propagandiste résistant, arrêté sur dénonciation et arrêté à Scrignac en juin 1944 par le Kommando de Landerneau[41] (autonomistes bretons collaborateurs), cousin de Louis Coant. Fusillé par les Allemands le 8 juin 1944 à la caserne du Colombier à Rennes.
  • Louis Coant[43], né le 9 octobre 1920 à Scrignac. Dénoncé par Corre et arrêté à Scrignac en juin 1944 par le Kommando de Landerneau (autonomistes bretons collaborateurs), cousin de Francis Coant. Fusillé par les Allemands le 8 juin 1944 à la caserne du Colombier à Rennes.
  • Théophile Kervoelen (1913-1938), combattant volontaire en Espagne républicaine, mort au combat en Aragon en mars 1938.
  • Jean Thépaut (1923-1974): né à Scrignac et décédé à Scaër, ce militant du parti communiste fut membre de l'Organisation spéciale, ossature du mouvement de résistance Francs-Tireurs et Partisans. Certains disent qu'il prenait directement ses ordres près du Komintern sans passer par la hiérarchie du Parti communiste français. Il passe pour être l'auteur de l'attentat à la grenade contre le Foyer du soldat allemand à Morlaix le 26 décembre 1943 et pour être l'auteur de l'assassinat le 12 décembre 1943 de l'abbé Perrot à Scrignac, militant nationaliste breton. Après la Seconde Guerre mondiale, il s'engagea dans l'armée française (fusilier marin) qu'il aurait été chargé d'infiltrer dans un but anticolonialiste[44].
  • François-Louis Goaziou (22/03/1864-31/03/1937 à Charleroi en Pennsylvanie - États-Unis) : à l'âge de 16 ans, en 1880, il émigra aux États-Unis et devint mineur en Pennsylvanie, puis journaliste et permanent appointé de la Fédération américaine du droit humain ; membre de la "Chevalerie du travail" (organisation ouvrière d'avant-garde), puis de l'UMWA, puis des IWW, puis de l'AFL ; militant coopérateur ; militant anarchiste, puis socialiste ; propagandiste infatigable et rédacteur de journaux révolutionnaires de langue française de 1890 à 1916 ; sans doute la figure la plus remarquable du mouvement révolutionnaire franco-américain. Il a été pendant de nombreuses années le président de la fédération de droit humain des États-Unis (Franc-maçonnerie)[45].
  • Jean-Marie Collobert (10/09/1911-8/07/1944), officier marinier mort pour la France. Il est mort dans le naufrage du sous-marin La Perle, le 8 juillet 1944, entre Terre-Neuve et le Groenland. Il n'y eut qu'un seul rescapé. Le sous-marin avait au préalable assuré plusieurs missions de renseignement, pour l'armée française de la Libération, déposant et récupérant des agents secrets sur les côtes françaises avant de retrouver sa base à Alger. Jean-Marie Collobert a été décoré à titre posthume de la Croix de guerre avec étoile d'argent. « Par son magnifique courage et son mépris total du danger, a contribué à la réussite des opérations effectuées sur les côtes occupées par l'ennemi. Disparu en Atlantique avec son bâtiment déjà cité à l'ordre du régiment. »
  • Yves Guinamant (1651-1717), écuyer sieur de Kéralio, procureur au parlement de Bretagne à Vannes puis à Rennes.
  • Émile Gourvil, né à Scrignac le 29 mars 1845, avocat à Morlaix, fut conseiller général du canton du Huelgoat à parti de 1889 et est élu député de la deuxième circonscription de Châteaulin en 1891, réélu en 1893 mais ne se représenta pas en 1898. Il se définissait comme "républicain indépendant", voulant "protéger l'agriculture".
  • Yves Ménez dit "Pier Min", de Scrignac, eut le génie dès le milieu des années 1920 de créer et d’adapter des airs de gavottes en intégrant dans un ambitus plus large, des chromatismes, des modulations, des emprunts aux tons voisins, des rythmes syncopés. Quelle que soit la reprise des standards de tradition populaire ou l’interprétation de ses propres compositions, Ménez affirma un sens mélodique et un tempérament peu communs[46]

Monuments et sites[47][modifier | modifier le code]

L'église paroissiale Saint-Pierre reconstruite en 1855 avec son clocher du XVe siècle

Les églises et chapelles de Scrignac[48][modifier | modifier le code]

  • L' église Saint-Pierre qui datait du XVe siècle, menaçait ruine dès 1792 et a été reconstruite au XIXe siècle (la date de l'achèvement des travaux est 1865), seul le clocher encastré dans l'église et datant du XVe siècle de l'ancienne église ayant été conservé. À l'intérieur, le bénitier date du XIVe siècle. De nombreuses statues de l'ancienne église ont été replacées dans l'actuelle dont un "Ecce Homo", une "Pietà" et des statues de plusieurs saints (saint Herbot, saint Ronan, saint Pierre, saint Paul…).L'édifice a été frappé par la foudre en 1931 (ce qui entraîna la destruction de certaines verrières), puis par les bombardements pendant la Seconde Guerre mondiale. L'église fut rénovée en 1946 et à nouveau en 1956.
  • La chapelle Saint-Corentin de Trénivel (XVe ‑ XVIIe siècle) appartenait à un prieuré dépendant de l'abbaye du Relec (plan rectangulaire)[49]. Sa construction est antérieure au XVe siècle. En ruines au début de la décennie 1980 (il ne restait que les quatre murs), elle a été restaurée grâce à Jack Meyer et à la création d'une association « Les Amis de Saint-Corentin-Trénivel, Scrignac » présidée par Jacques Dilasser. La restauration a lieu en 2003 et 2004 et un pardon est organisé pour la première fois depuis la restauration le 17 juin 2006[50]. Un calvaire et une fontaine se trouvent à proximité; cette dernière forme un bassin carré de 0,80 m de profondeur qui aurait servi à l'accomplissement de bains rituels à l'époque gallo-romaine. La chapelle abrite désormais des expositions d'art contemporain et des concerts de musique classique[51].
  • La chapelle Saint-Corentin de Toul-ar-Groaz (XVIe siècle), de plan rectangulaire également, abrite notamment une pietà.
  • La chapelle Saint-Hernin et Saint-Divy de Kerforc'h, date de 1761. Elle est aussi de plan rectangulaire et abrite plusieurs statues dont celles de saint Hernin et saint Herbot, tous deux en évêques bénissant.
  • La chapelle de Coat-Quéau (Koat-Keo), où repose l'abbé Perrot, qui l'avait fait reconstruire en 1937 (architecte James Bouillé) dans le style régionaliste néo-breton. De plan en "T", elle possède un important porche ouest abritant l'autel utilisé lors des pèlerinages. Ce recteur de Scrignac, nationaliste breton, fondateur du Bleun-Brug, fut abattu en décembre 1943, probablement par la Résistance communiste. Son rôle lors de la guerre, notamment vis-à-vis de l'occupant allemand, reste controversé. L'abbé est depuis sa mort honoré à cet endroit par les patriotes bretons qui voient en lui leur père spirituel. Une messe y est dite en breton chaque lundi de Pâques pour garder sa mémoire. Le pardon de Coat-Quéau est célébré chaque année aux alentours du 20 août. La chapelle et son placître ont été classés monuments historiques par arrêté du 30 septembre 1997. Une croix de type celtique a été édifiée sur sa tombe en 1950.
Article détaillé : Chapelle de Koat-Keo.

Tout à côté l'abbé Jean-Marie Perrot avait fait mettre en valeur la sépulture d'un autre prêtre (le gisant est du côté droit de la chapelle), celui-là victime de la Révolution.

  • La croix de Coat-Quéau date de 1669 et se trouvait alors dans l'enclos paroissial de la trève de Coatquéau.
  • L'ancienne chapelle de Coat-Quéau, dont l'existence était signalée dès 1388, en ruines, fut vendue, démontée et reconstruite à Scaër en 1926. Elle a été remplacée par la chapelle actuelle, illustrative du "style breton" et construite en 1937.
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Calvaire le long de la route entre le bourg et Coat-Quéau.
  • De nombreuses autres croix[52] ou vestiges de croix parsèment le territoire communal[53].

Monuments civils[modifier | modifier le code]

  • Scrignac possède sur son territoire 15 moulins à eau, la plupart réaménagés en résidences privées désormais[53]. Huit moulins figuraient déjà sur la carte de Cassini vers 1770, mais ils étaient 14 sur le plan cadastral de 1834.
  • La motte féodale de Guernaon date du Xe siècle et garde des traces d'un édifice rectangulaire en bois protégé par une double enceinte[54]. D'autres mottes féodales se trouvaient à proximité, dominant la vallée de l'Aulne, en particulier l'imposante motte féodale de Rospellem dans la commune voisine de Carnoët. Une autre se trouvait entre les villages de Coat-Quéau et Kervran.
  • Un four à chaux datant de 1830 se trouve au lieu-dit Moulin-Terre, entre Scrignac et La Croix-Rouge[55].
  • L'ancienne gare de Berrien-Scrignac, qui dépendait du Réseau breton, implantée dans la vallée du Squiriou à mi-distance des deux bourgs de Scrignac et Berrien, reconvertie un temps en Écomusée de la chasse et de la faune sauvage.
  • L'ancienne voie ferrée Carhaix-Morlaix a été reconvertie en "voie verte" piétonne et cycliste (et VTTiste). L'ancienne voie ferrée est devenue entre Scrignac et Poullaouen un chemin réservé aux promeneurs et aux roulottes hippomobiles dont la base est à Locmaria-Berrien. Elle longe les rivières du Squiriou, du Beurc'hoat puis l'Aulne.
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Le monument aux morts.
  • Le "Monument aux morts", en granite bleuté, a été érigé en 1921, mais victime d'un attentat aux débuts de la décennie 1970, il a été reconstruit et modifié en 1989, il porte, outre les noms des tués, des plaques en français et en breton[56].

Un espace naturel remarquable : les landes du Cragou et du Vergam[modifier | modifier le code]

Traditions[modifier | modifier le code]

  • Le jeu de galoche reste pratiqué à Scrignac[60], tant au bourg que dans le village de Quefforc'h.
  • La gavotte de Scrignac (voir photo[61]). Sa partition est disponible sur un site Internet[62].

Un DVD "Gavottes à Scrignac" par Brigitte Le Corre et Marie-Laurence Fustec a été publié en 1998[63].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. InfoBretagne – Étymologie et histoire de Scrignac
  2. Scrignac
  3. Patrimoine de Bretagne
  4. Portail des patrimoines de Bretagne
  5. a, b et c Éliane Faucon-Dumont, Georges Cadiou, Huelgoat et les monts d'Arrée. Les rebelles de la montagne, éditions Alan Sutton, Saint-Cyr-sur-Loire, 2008 (ISBN 978-2-84910-738-6)
  6. Alain Le Bloas, "La question du domaine congéable dans l'actuel Finistère à la veille de la Révolution", Annales historiques de la révolution française N331, janvier-mars 2003
  7. a et b Scrignac sur Topic Topos
  8. a et b Extrait du procès-verbal des commissaires du district de Carhaix, Archives départementales du Finistère, consultable sur Gallica
  9. Le Courrier du Finistère N° 3096 – 4 février 1939 et N° 3097 du 11 février 1939
  10. Daniel Bernard, Recherches sur la Chouannerie dans le Finistère, revue "Annales de Bretagne", 1937, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k115338s/f112.image.r=Perguet.langFR
  11. a et b Daniel Bernard, Recherches sur la Chouannerie dans le Finistère", revue "Annales de Bretagne", n°3 et 4, année 1937, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k115338s/f354.image.r=Guerlesquin.langFR
  12. Parmi les complices arrêtés peu de temps après, Charles Le Foll, cultivateur et marchand de bœufs à Rustang en Scrignac ; Corentin Jaffray, de Scrignac ; Maurice Le Masson, aubergiste au Squiriou ; Joseph Guitton, du Cosquer du Run en Carnoëtetc. Charles Le Foll, Corentin Jaffray et Joseph Guitton sont condamnés à mort par le tribunal spécial de Quimper le 8 février 1803 (19 pluviôse an XI) et guillotinés quatre jours plus tard
  13. "Journal des débats politiques et littéraires", n° 222 du 10 août 1896, consultable sur Gallica
  14. Jean-Pierre Diraison et autres auteurs, Étude et sauvegarde du patrimoine de l’Arrée et des communes environnantes, 1982, Berrien
  15. Panneau d'information implanté sur place
  16. le Tossen Sant-Weltas est la colline Saint-Gildas de Carnoët, ancienne forteresse de la châtellenie locale
  17. La borledennest la coiffe traditionnelle des femmes du pays de Quimper, voir http://www.lejuch.com/tradition/coiffes/0454779aa10bdd513.html
  18. Journal Ouest-Éclair n°1177 du 1-07-1904, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6403864/f4.image.r=Botsorhel.langFR
  19. Journal Ouest-Éclair n°11182 du 15 mars 1930, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k658122c/f5.image.r=Botsorhel.langFR
  20. Jacqueline Pluet-Despatin, Les trotskistes et la guerre 1940-1944, éditions Anthropos, 1980
  21. Henri Fréville, Archives secrètes de Bretagne 1940-1944, éditions Ouest-France
  22. Robert Aron, Histoire de l'épuration, Fayard
  23. Thierry Guidet, Qui a tué Yann-Vari Perrot ?
  24. Le monde en guerre
  25. Jacqueline Christophe, Denis-Michel Boëll, Régis Meyran, Du folklore à l'ethnologie, éditions de la Maison des Sciences de l'homme
  26. Enklask war vuhez ha marv Yann-Vari Perrot (Enquête sur la vie et la mort de l'abbé Yann-Vari Perrot) sur le site de l'INA
  27. Khristian Hamon, Le Bezen Perrot : 1944, des nationalistes bretons sous l'uniforme allemand, Y. Embanner, 2004
  28. La Résistance au banc des accusés sur membres.multimania.fr
  29. Éric Rondel, La Bretagne bombardée, 1940-1944, éditions Ouest et Cie, 2011, [ISBN 9-782364-28007-6]
  30. a, b et c Patrick Le Guirriec, Paysans, parents, partisans dans les Monts d'Arrée, Brasparts, Éditions Beltan, 1988
  31. Résultats des cantonales 2008
  32. Recueilli et traduit par F.L. Sauvé, Lavarou Koz a Vreiz Izel, Revue celtique, 1876-1878, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6205534r/f239.image.r=Clohars%20Fouesnant.langFR
  33. Scrignac - Coat Quéau - Chapelle Notre-Dame de Coat Quéau
  34. La création de la manufacture d'Odet
  35. Le Courrier du Finistère n°2493 - 26 novembre 1927
  36. Le Courrier du Finistère n°3080 - 8 octobre 1938
  37. Le Courrier du Finistère n° 3351 - 25 décembre 1943
  38. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  39. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  40. INSEE - Évolution et structure de la population en 2007
  41. a et b Kommando de Landerneau sur www.39-45.org
  42. Thierry Guidet, Qui a tué Yann-Vari Perrot ?, Beltan, Coop Breizh, ISBN 2-909924-84-X
  43. a et b Liste des 32 fusillés au Colombier le 8 juin 1944 sur pagesperso-orange.fr
  44. Jean Thépaut sur fr.academic.ru
  45. Michel Cordillot, Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux États-Unis de 1848 à 1922, éditions de l'Atelier, 2002
  46. Yves Menez
  47. Scrignac, les églises et chapelles sur www.infobretagne.com
  48. Églises et chapelles
  49. Chapelle de Trénivel en Scrignac
  50. Scrignac, la chapelle Saint Corentin de Trénivel
  51. Le Télégramme - 28 juillet 2009
  52. Scrignac sur www.croix-finistere.com
  53. a et b Croix sur le territoire communal
  54. Motte féodale sur fr.topic-topos.com
  55. Fours à Chaux sur fr.topic-topos.com
  56. Monument aux morts sur patrimoine.region-bretagne.fr
  57. Les landes du Cragou-Vergam classées « Espace remarquable de Bretagne » sur www.bretagne.fr/internet
  58. [PDF]Espace remarquable de Bretagne, classement de trois réserves naturelles régionales – Landes de Lan Bern et Magoar à Glomel – Landes de Cragou et du Vergam sur Le Cloître-Saint-Thégonnec – Étang grand et petit loc'h à Guidel |date=12/2008
  59. site officiel de Bretagne Vivante
  60. Le jeu de galoche sur fr.topic-topos.com
  61. Scrignac sur cantonhuelgoat.chez-alice.fr
  62. Gavotte de Scrignac sur breizhpartitions.free.fr
  63. Gavottes à Scrignac Brigitte Le Corre, Marie-Laurence Fustec CD 1998 sur musique.fnac.com

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Joseph Guillemin, En Arrée et Poher : un monde rural au XVIIe siècle. Une paroisse de Cornouaille : Scrignac en pays de Poher, de Louis XIII à Louis XV. Mémoire de maîtrise d'histoire. Université de Bretagne occidentale. Centre de recherche bretonne et celtique, Brest, 1997.
  • Michel Penven, Scrignac. Association Sur les traces de François Joncour. Brasparts, 1990.
  • Patrick Le Guirriec, Paysans, parents, partisans dans les Monts d'Arrée, Brasparts, éditions Beltan, 1988.