Palindrome

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Palindrome (homonymie).

Le palindrome (substantif masculin), du grec πάλιν / pálin (« en arrière ») et δρόμος / drómos (« course »), aussi appelé palindrome de lettres, est une figure de style désignant un texte ou un mot dont l'ordre des lettres reste le même qu'on le lise de gauche à droite ou de droite à gauche, comme dans la phrase « Ésope reste ici et se repose » ou encore « La mariée ira mal ».

Définition[modifier | modifier le code]

Définition stricto sensu[modifier | modifier le code]

Le palindrome est un cas particulier d'ambigramme, d'anagramme et d'anacyclique comme « suce|écus », pour lequel la signification est la même dans les deux sens de lecture.

Il est communément admis que l'on ne tient pas compte des signes diacritiques (accents, trémas, cédilles) ni des espaces. Cependant, rien n'interdit au palindromiste de choisir des règles plus strictes. Un palindrome définissant le palindrome existe : un art luxueux ultra nu.

On peut distinguer les palindromes possédant un nombre pair de lettres, dans lesquels l'axe de symétrie passe entre deux exemplaires de la même lettre (« élu par cet|te crapule »), des palindromes à nombre impair de lettres, dont une « lettre-pivot » occupe le centre (« Ésope reste ici et se repose »).

Historique du palindrome proprement dit[modifier | modifier le code]

Bien que pratiqué de longue date (les palindromes étaient aussi appelés autrefois sotadiques, du poète grec Sotades (300 av. J.-C.) qui passe pour les avoir inventés), le palindrome fut souvent considéré comme un jeu mineur. Il fut popularisé par le groupe littéraire Oulipo dans la seconde moitié du XXe siècle.

Exemples[modifier | modifier le code]

Mots palindromes[modifier | modifier le code]

Les mots palindromes sont parfois nommés « palindromes naturels », bien que cette appellation ne convienne pas aux langues agglutinantes (ex : Gnutötung « mise à mort de gnou » en allemand). Ainsi, les noms communs radar, rotor ou kayak, été, ici, tôt, le verbe ressasser sont des mots palindromes.

Il peut s'agir également de noms propres, comme les prénoms Natan, Neven, Ève, Hannah et Otto, les villes de Sées, Noyon, Callac, Laval ou Senones en France, de Neuquen en Argentine ou de Qaanaaq au Groenland[1], la rivière Erdre, la déesse romaine Acca, le groupe de musique ABBA, le personnage de Stanley Yelnats dans le film La Morsure du lézard, ou l'acteur Robert Trebor (ce dernier nom est toutefois un pseudonyme).

On peut encore citer comme exemple une langue indienne, le malayalam, parlé dans l'état de Kerala.

Expressions et phrases-palindromes[modifier | modifier le code]

Seuls quelques exemples parmi les plus connus pour chaque langue sont recensés dans cette section. Pour des listes plus exhaustives, vous pouvez consulter la bibliographie et les liens externes

En français[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste de palindromes français.

Les difficultés de composition de palindromes en français sont notamment dues à la grande fréquence du e muet et de digrammes ou trigrammes particuliers comme « ch », « qu », « au » ou « ion ». Cependant, la littérature est abondante :

  • « Mon nom » (Daphné Germain)
  • « Karine alla en Irak » (ou « Narine alla en Iran »)
  • « Eh ! ça va la vache » (Nicolas Singer)
  • « La mariée ira mal »
  • « Ce mec »
  • « Arès tôt sera »
  • « À l'émir, Asimov a vomi sa rime, là » (Renaud Joseph)
  • « Engage le jeu que je le gagne » (Alain Damasio - La Horde du Contrevent)
  • « Noël a trop par rapport à Léon » (Sylvain Viart)
  • « À l'étape, épate-la ! » (Louise de Vilmorin)
  • « Ce repère, Perec » (palindrome monovocalique)
  • « Tu l'as trop écrasé, César, ce Port-Salut ! »
  • « La mère Gide digère mal » (Louis Scutenaire)
  • « Léon, émir cornu, d'un roc rime Noël » (Charles Cros)
  • « Élu par cette crapule » (Marcel Duchamp)
  • « Ésope reste ici et se repose » (Jacques Capelovici, également connu sous le pseudonyme de Maître Capelo)
  • « Ésope reste élu par cette crapule et se repose »
  • « Sa nana snob porte de trop bons ananas »
  • « Serge lava le grès »
  • « Zeus a été à Suez »
  • « Et la marine va, Papa, venir a Malte »
  • « Le sel »
  • « La malade pédala mal »
  • « Tâte l'État ! » (Thierce Jérôme)
  • « Oh ! cela te perd, répéta l'écho »
  • « Elisa l'a mis, Sim, à l'asile »
  • « Ha ! Ras la turbine du déni brutal, Sarah »
  • « Talc en éclat »
  • « Odile, le Lido ! »
  • Les noms de famille Canac, Laval et Lebel sont des palindromes.

Certains auteurs ont voulu porter le palindrome à ses limites :

  • Georges Perec est l'auteur d'un long palindrome (1969) qui compte 1 247 mots[2].
  • Le palindrome de Saint-Gilles composé de 2119 mots a été construit par Pol Kools en 2004[3].
  • Le palindrome Lieu cerné de Stéphane Susana est également un palindrome très long[4].

Le mot « palindrome » lui-même peut s'inscrire dans des palindromes : caser vite ce palindrome ne mord ni lape cet ivre sac. Georges Perec l'a également utilisé dans son long palindrome.

En grec ancien[modifier | modifier le code]

  • Νίψον ἀνομήματα, μὴ μόναν ὄψιν. / Nípson anomếmata, mề mónan ópsin. (« Lave mes péchés et non seul mon visage. »)

En latin[modifier | modifier le code]

  • « In girum imus nocte et consumimur igni » ; « Nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes consumés par le feu ». Cette phrase attribuée à Virgile, qui s'applique entre autres aux papillons de nuit, est aussi le titre d'un film de Guy Debord sorti en 1978.
  • « Odo tenet mulum, madidam mappam tenet Anna. » (cette phrase n'est pas un palindrome mais chacun de ses mots en est un)
  • « Roma summus amor. » ; « Rome, [mon] plus grand amour »
  • « Roma tibi subito motibus ibit amor. » ; « De Rome te viendra aussitôt l'amour passionné » (attribué à Quintilien).
  • « Sator Arepo Tenet Opera Rotas. » ; « Le semeur à son araire tient les roues (du destin) ». Toutes les lettres employées sont uniquement celles de l'expression Pater Noster : c'est pourquoi certains en ont fait un des symboles secrets de reconnaissance des chrétiens.
  • « Si bene te tua laus taxat, sua laute tenebis. » ; « Si tu es digne de ta gloire, tu suivras le chemin qu'elle t'indique. »
  • « Signa, te, signa ; temere me tangis et angis ? » ; « Signe-toi et signe, ne te rends-tu pas compte que tu me serres et m'étrangles ? » (attribué à Quintilien).
  • « Sole medere pede ede perede melos. »

Nom scientifique, réputé latin :

En allemand[modifier | modifier le code]

Les palindromes (Palindrom) en allemand peuvent différencier les lettres ö de o, ü de u et ä de a, en négliger l'accentuation, ou encore les écrire sous leur forme archaïque oe, ue et ae.

  • « Eine güldne, gute Tugend: Lüge nie! » : « Une bonne vertu en or : ne mens jamais ! »
  • « Reliefpfeiler. » : « pilier de relief »
  • « Eine treue Familie bei Lima feuerte nie. » : « Une famille fidèle à Lima ne tirait jamais de coup de feu. »
  • « Ein Neger mit Gazelle zagt im Regen nie. » : « Un Nègre avec une gazelle n'hésite jamais sous la pluie. »

En anglais[modifier | modifier le code]

  • « A man, a plan, a canal: Panama. » ; « Un homme, un projet, un canal: Panama. » (Leigh Mercer, 1948)
    • On peut broder sur ce palindrome : « A man, a plan, a cat, a canal : Panama! », voire « A man, a plan, a canoe, pasta, heros, rajahs, a coloratura, maps, snipe, percale, macaroni, a gag, a banana bag, a tan, a tag, a banana bag again (or a camel), a crepe, pins, Spam, a rut, a Rolo, cash, a jar, sore hats, a peon, a canal : Panama! »...
  • « Able was I ere I saw Elba. » ; « J'étais puissant avant de voir l'île d'Elbe. » (dixit Napoléon)
  • « Desserts I desire not so long no lost one rise distressed. » (cité par Michel Laclos)
  • « Did Hannah see bees ? » Hannah did... » ; « Est-ce qu'Hannah a vu des abeilles ? » « Oui. »
  • « Evil I did dwell, lewd did I live. » (cité par Michel Laclos)
  • « Evil is a name of foeman, as I live. » (cité par Michel Laclos)
  • « Go droop - stop - on ward draw no pots, poor dog. » (cité par Michel Laclos)
  • « Madam, in Eden I'm Adam. [she responded :] « Eve ». » ; « Madame, dans l'Eden je suis Adam. » « Ève »).
  • « No, it is opposed, art sees trade's opposition. » (cité par Michel Laclos)
  • « Now stop, major general ! Are negro jam pots won ? » (cité par Michel Laclos)
  • « Now, Sir, even Hannah never is won. » (cité par Michel Laclos)
  • « "Nurses run", says sick Cissy as nurses run. » ; « "Les infirmères courent", dit Cissy malade alors que les infirmières courent. »
  • « Paget saw an irish tooth Sir, in a waste gap. » (cité par Michel Laclos)
  • « Rail at a liar. » (cité par Michel Laclos)
  • « Rats live on no evil star. » (cité par Michel Laclos) Ce vers est de Sylvia Plath, poète américaine.
  • « Stop, Syrian ! I start at rats in airy spots. » (cité par Michel Laclos)
  • « Sums are not set as a test on Erasmus. » (attribué à W. H. Auden)
  • À noter que le chanteur et parodiste américain Weird Al Yankovic a composé une chanson, intitulée Bob, exclusivement constituée de palindromes ; Le clip.
  • Dans le jeu vidéo Might and Magic V : Dark Side of Xeen, plusieurs palindromes originaux de qualité variable sont proposés au joueur, l'aidant à résoudre une énigme. On peut noter par exemple :
    • « Eva, can I stab bats in a cave? » ; « Eva, puis-je poignarder des chauves-souris dans une grotte ? »
    • « God! A red nugget! A fat egg under a dog! » ; « [mon] Dieu ! Une pépite rouge ! un gros œuf sous un chien ! »

En arabe[modifier | modifier le code]

  • «  ربك فكبر  » ; « de ton Seigneur, célèbre la grandeur. » (Coran, Sourate 74 "Le revêtu d´un manteau" Verset 3)
  • «  حوت فمه مفتوح  » ; « Une baleine à la bouche ouverte. »
  • «  عقرب تحت برقع  » ; « Un scorpion sous un voile. »
  • «  بلح تعلق تحت قلعة حلب  » ; « Une datte est accrochée sous la citadelle d'Alep »
  • «  أرض خضرا  » ; « Terre Verte »
  • «  مودته تدوم  » ; « Son amour est éternel »
  • « مَـوَدَّتُـهُ تَـدُومُ لِـكُلِّ هَـوْلٍ ***** وَهَـلْ كُـلٌّ مَـوَدَّتُـهُ تَـدُومُ »;« Un vers de poème en arabe : Son amour résiste à toute épreuve ***** et qui pourrait avoir un tel amour? »
  • « قيل افتح باب جارٍ تلقه ***** قلت راجٍ باب حتفٍ أليق »; « Un vers de poème en arabe : ils ont dit d'ouvrir la porte d'un voisin, il t'assistera ***** j'ai dit qu'ouvrir la porte de l'enfer, mieux sera »

En breton[modifier | modifier le code]

  • « Ro da gador. » ; « Donne ta chaise. »
  • « Noe, e vag a gave eon. » ; « Noé, dont le bateau trouvait de l'écume. »
  • « Te, mab baradebrer er bed arab bamet. » ; « Toi, fils mangeur de pain émerveillé par le monde arabe. »

En catalan[modifier | modifier le code]

  • « Català a l'atac. » ; « Catalan à l'attaque. »
  • « S'és o no s'és. » ; « On est ou on n'est pas. »
  • « I ara rai. » ; « Et il importe maintenant peu. »

En chinois[modifier | modifier le code]

  • «  上海自来水来自海上。  » (Shanghai zilai shui lai zi hai shang) ; « L'eau courante de Shanghai vient de la mer. »

En coréen[modifier | modifier le code]

Les palindromes sont dénommés huimunche ogu :

  • «  Saingson sonsaing. » (Saing son son saing) ; « Le professeur Poisson. »
Note : même remarque que plus bas pour le japonais

En espagnol[modifier | modifier le code]

  • « Reconocer. » ; « Reconnaître. »
  • « La sed de sal. » ; « La soif du sel. »
  • « Amo la pacífica paloma. » ; « J'aime la colombe pacifique. »
  • « Anita lava la tina. » ; « Anita lave le bassin. »
  • « Dábale arroz a la zorra el abad. » ; « Il lui donnait du riz, à la renarde, l'abbé »
  • « Ateo por Arabia iba raro poeta. » ; « Un poète bizarre athée allait à travers l'Arabie. »
  • « Oirás rock corsario. » ; « Tu entendras du rock, corsaire. »
  • « Atar a la rata. » ; « Attacher le rat » (Julio Cortázar)
  • "seres" : êtres vivants

L'écrivain argentin Juan Filloy a publié plus de 6 000 palindromes[5] en langue espagnole ( « No di mi decoro, cedí mi don. », ...).

En espéranto[modifier | modifier le code]

  • « Saĝa nomo naĝas. » ; « Un nom sage nage. »
  • « Ne mateno, bone tamen. » ; « Pas un matin, mais tout de même bon. »
  • « La Vedo celas: ne malsatas lam' en saleco de val'. » ; « Le Veda a pour but : le lama n'a pas faim en salinité de vallée. »

En estonien[modifier | modifier le code]

  • « Aias sadas saia. » ; « Dans le jardin, il pleuvait du pain blanc. »

En finnois[modifier | modifier le code]

Le finnois est une langue propice aux longs palindromes : Saippuakivikauppias (marchand de pierre de savon), est considéré comme le palindrome naturel le plus long[6]. C'est également une langue où un palindrome de près de 50 000 caractères a été composé[7].

  • « Isä, älä myy myymälääsi. » ; « Papa, ne vends pas ton magasin. »
  • « Oot hei kaunis, syys sinua kiehtoo. » ; « T'es belle, l'automne te fascine »
  • « Allu, taas sulaa jää, Lenin elää, ja alus saa tulla! » ; « Allu, la glace fond encore, Lenin vit, et le navire est permis à venir! »

En hongrois[modifier | modifier le code]

  • « Géza, kék az ég. » ; « Géza, le ciel est bleu. »
  • « Indul a görög aludni. » ; « Le Grec s'en va dormir »
  • « A nyári kelet a telek iránya. » ; « L'orient de l'été donne la direction des hivers »
  • « Te pék, láttál képet? » ; « Toi le boulanger, aurais-tu vu une image ? »
  • « Szárad a darázs. » ; « La guêpe sèche »
  • « Régi pap igér » ; « Vieux curé promet »
  • « Meg ne lássál engem! » ; « Ne me regarde pas ! »
  • « Keresik a tavat a kis erek » ; « Les petits ruisseaux cherchent le lac »

En italien[modifier | modifier le code]

  • « Ogni mare è ramingo. » ; « Chaque mer est vagabonde. »
  • "I topi non avevano nipoti." ; "Les rats n'avaient pas de neveux."
  • "I treni inerti"; "Les trains inertes"
  • "Ai lati d'Italia"; "Aux cotés de l'Italie"

autre exemple : "Angela lava la legna" (anonyme / Angela lave le bois...)

En japonais[modifier | modifier le code]

Les palindromes sont dénommés kaibun :

  • « Shinbun shi. » (shi n bu n shi) ; « Papier journal »
  • « Takeyabu yaketa. » (ta ke ya bu ya ke ta) ; « Le bosquet de bambou a brûlé »
  • « Itaria de mo homo de aritai. » (i ta ri a de mo ho mo de a ri ta i) ; « J'aimerais être homo en Italie aussi »
Note : les transcriptions en caractères latins ci-dessus ne sont pas symétriques, mais en japonais, chaque syllabe correspondant à un seul caractère, il s'agit bien de palindromes ( しんぶんし, たけやぶやけた & いたりあでもほもでありたい ).

En occitan[modifier | modifier le code]

  • « Roma, lo còr nud d’un ròc, o l’amor. » ; « Rome, le cœur nu d'un roc ou l'amour. »
  • « Tien, Alícia sap mès sèm pas aicí la neit. » ; « Tiens, Alice sait mais nous ne sommes pas ici la nuit. »
  • « Ten-te, nenet net ! » ; « Tiens-toi, bébé propre ! »

En portugais[modifier | modifier le code]

  • « Reviver. » ; « Revivre. »

En roumain[modifier | modifier le code]

  • « Ele fac cafele. » ; « Elles font les cafés. »

En suédois[modifier | modifier le code]

  • « Ni talar bra latin. » ; « Vous parlez bien latin. »

En tchèque[modifier | modifier le code]

  • « Jelenovi pivo nelej. » ; « Ne verse pas ta bière au cerf. »
  • « Kobyla má malý bok. » ; « La jument a un petit flanc. »

En turc[modifier | modifier le code]

  • « Anastas mum satsana. » ; « Anastase, vends des bougies! »
  • « Ey Edip, Adana'da pide ye. » ; « Ô Edip, manges des pidés à Adana »

En hindî[modifier | modifier le code]

  • « Nitin. » Prénom masculin (se prononçant nitine).

Élargissement de la notion[modifier | modifier le code]

On élargit parfois la notion de palindrome, en ne se limitant plus à l'ordre de lettres ou de symboles, mais à des segments plus larges ou à des notions non linguistiques.

En littérature[modifier | modifier le code]

On peut mentionner :

  • des palindromes syllabiques, comme :
    • « Laconique Nicolas » (la co ni que ni co la)
    • « Si Didon rêvait là-haut, Théo la verrait donc d'ici » (Nicolas Graner)
    • ce distique de Luc Étienne :
      Quand de deux maux la patrie délivre la Française, cher passé,
      C'est pas cher seize francs la livre des tripes à la mode de Caen
    • ces vers de Georges Perec[8] :
      L'eau celant Lancelot
      Gauvain devint Goth
      Perceval avale ce père
      Oh, le gars Galehaut...
  • des palindromes de mots : « Papa aime Maman, Maman aime Papa » (refrain d'une chanson de Georges Guétary). « Place là, de loin, les fous ; petit à petit fous-les loin de la place » (Nicolas Graner).
  • des palindromes de vers :

La petite brise la glace
Pour pêcher avec son ami
Il lui faudrait un autre lieu.
Mais le vent est beaucoup trop froid :
Il lui faudrait un autre lieu
Pour pécher avec son ami :
La petite brise la glace

(Nicolas Graner, Notez que pêcher n'est pas pécher ; que le premier lieu est un poisson et non un endroit ; et que presque tous les mots du premier vers changent de sens et de nature dans le dernier. ([1]))

  • des palindromes de répliques dans un dialogue, comme le "Canon cancrizans" dans Gödel, Escher, Bach de Douglas Hofstadter.
  • des palindromes de chapitres dans un livre. Un exemple est le roman imaginaire La Crypte cité par Georges Perec dans son roman 53 jours, qui possède une structure de ce type.

Le palindrome est une contrainte littéraire difficile lorsqu'il s'agit de composer un texte d'une certaine longueur. Le sens du texte peut alors paraître obscur. Le « Grand Palindrome » de Georges Perec est le plus long palindrome publié en français, avec 5 566 lettres[9], soit le produit de la multiplication palindromique 11*23*2*11[2]. Le « record mondial » est détenu par Pitkä palindromi, un palindrome en finnois composé par Teemu Paavolainen en 1992 avec 49 935 caractères[7].

Palindromes sonores (ou phonémiques)[modifier | modifier le code]

Un palindrome sonore est une expression dans laquelle la suite phonémique (les phonèmes successifs) est réversible. Exemple :

"une Slave valse nue"

La suite phonémique étant ici : u n ə s l a v ə v a l s ə n u.

Autres exemples :

  • Angèle et Laurent enrôlaient les gens
  • Dis beau lama t'as mal au bide

Palindromes graphiques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ambigramme.

Palindromes antisymétriques[modifier | modifier le code]

Une nouvelle forme de palindromes se répand depuis le début des années 2000 : les palindromes antisymétriques. Plus subtils que leurs homologues dits "palindromes symétriques" ou simplement "palindromes" (voir ci-dessus pour la définition du palindrome usuel), ils ont pour fonction de surprendre l'interlocuteur ou le lecteur dans le cadre, notamment, poétique ou politique.

Un palindrome antisymétrique se caractérise par la répétition exacte de deux listes de lettres à la suite dans le même mot égales dans le cas d'un 2p-mot et égales mais avec une lettre dite "neutre" ou "abélien" au centre dans le cas d'un 2p+1-mot.

Exemples efficaces :

  • Chercher
  • Pipi
  • 15:15
  • Dodo
  • Paonpao (la lettre neutre de ce 2p+1-mot étant le "n" central)

Finalement, la forme essentielle d'un palindrome antisymétrique est un peu moins difficile à appréhender que celle d'un palindrome "rien", c'est pourquoi les intellectuels préfèrent utiliser des palindromes classiques, dits également palindromordnilap.

Calendrier[modifier | modifier le code]

  • Le 10 février 2001 était une date palindromique sous sa forme numérique (telle qu'utilisée en France) : 10022001 (10/02/2001)
  • C'était également le cas pour le 20 février 2002, date de l'inauguration du parc Vulcania. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle Valéry Giscard d'Estaing avait choisi cette date, poussant même le "palindromisme" jusqu'à l'heure de la cérémonie, qui débuta à 20:02.

Heures[modifier | modifier le code]

  • On peut relever des heures palindromiques, telles que :

00:00 04:40 12:21 20:02
01:10 05:50 13:31 21:12
02:20 10:01 14:41 22:22
03:30 11:11 15:51 23:32

Mathématiques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Nombre palindrome.
  • Palindromes arithmétiques
    • 1234 + 8765 = 9999 = 5678 + 4321
    • 2^4 = 4^2

Musique[modifier | modifier le code]

Le système occidental à 12 sons par octave (12 demi-tons ou gamme chromatique), est un palindrome musical "matriciel". Très évidemment, la gamme par tons, soit 6 sons par octave, en est un autre ; mais aussi le mode Dorien de notre gamme majeure (7 sons par octave) bien connue, soit Ré-Mi (1 ton), Mi-Fa (1/2), Fa-Sol (1), Sol-La (1), La-Si (1), Si-Do (1/2), Do-Ré (1). De même l'intervalle (2 sons) de trois tons (6 demi-tons), qui fut jadis appelé diabolus in musica, soit par exemple Fa-Si (3 tons), Si-Fa (3 tons). Ou encore l'accord de 3 sons dit augmenté, soit Do-Mi (2 tons), Mi-Sol# (2), Sol#-Do (2). Dans notre système musical à 12 sons, il existe 64 palindromes musicaux "matriciels". Voir Derek Sébastian, album discographique « Alba Sabla, Magies Musicales du Tao Chinois », 1998.

Bande-dessinée[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Oubapo.

En 1903, Gustave Verbeck crée "The Upside-Downs Little Lady Lovekins and Old Man Muffaroo", une série d'une soixantaine de bandes dessinées où, pour savoir la suite, il faut tourner le dessin à l'envers, le texte étant écrit dans les deux sens.

Le cinquième épisode de Watchmen d'Alan Moore et Dave Gibbons, "Terrible Symétrie", propose un découpage dans lequel la première planche a son image-miroir dans la dernière et ainsi de suite avec une double page centrale à la disposition symétrique.

"Nogegon", le tome 3 des Terres creuses de Luc et François Schuiten est palindromique.

Biologie[modifier | modifier le code]

En génétique, une séquence palindromique est une notion à mettre en relation avec les enzymes de restriction dont la fonction est de cliver l'ADN en deux bouts. Il s'agit d'une séquence d'ADN pouvant se lire dans les deux sens.

Exemple:

5' = TCCGGA = 3' , la séquence correspondante sera, sur le brin antiparallèle :
3' = AGGCCT = 5'

Cette séquence palindromique a un intérêt tout particulier dans le cadre des fonctions normales des enzymes de restriction ou des facteurs de transcription, permettant la reconnaissance spécifique au sein d'une longue séquence nucléotidique ou du génome d'un site particulier.

Cette propriété est particulièrement utile dans le but d'identifier une séquence d'ADN donnée au sein d'un gène, afin de le caractériser sans ambigüité. Si lors d'une mutation, la séquence palindromique est modifiée, l'enzyme spécifique de cette séquence ne pourra plus la reconnaître, et donc ne pourra plus agir en coupant l'ADN. L'identification de cette séquence différente et plus longue par la technique d'électrophorèse permettra la confirmation d'une maladie génétique par exemple.

Figures proches[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il s'agirait de la ville palindromique la plus septentrionale au monde, par 77° 28′ 59″ Nord.
  2. a et b Grand Palindrome de Perec
  3. Le palindrome de Saint-Gilles
  4. Lieu cerné par Stéphane Susana - texte intégral dans la revue Formules
  5. Article sur Juan Filloy dans The Telegraph
  6. http://www.guinnessworldrecords.com/content_pages/record.asp?recordid=58685
  7. a et b Pitkä palindromi
  8. Mentionné comme exemple de rime rétrograde dans Lexique des termes littéraires, dir. Michel Jarrety, Le Livre de poche, 2010 (ISBN 978-2-253-06745-0)
  9. hors titre et signatures

Annexes[modifier | modifier le code]

  • Eibohphobie (par plaisanterie : phobie des palindromes)

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louise de Vilmorin, L'Alphabet des aveux (1954), Gallimard / Le Promeneur, 2004.
  • Michéa Jacobi, Le palindrome, CIPM Marseille, 2002.
  • Gérard Durand, Palindromes en folie, Les dossiers d'Aquitaine (20/02/2002)
  • Gérard Durand, Le Palindromnibus, Les dossiers d'Aquitaine, 2011
  • Gérald Minkoff, Tir cet écrit, MAMCO Genève, 1997.
  • Jacques Antel, Mots croisés palindromiques, Pauvert, 1978.
  • Versions papier et électronique de dix millions de sonnets palindromes, Robert Rapilly d'après Raymond Queneau.
  • de l'Oulipo:
    • Atlas de littérature potentielle, Folio essais
    • La littérature potentielle, Folio essais
    • Abrégé de littérature potentielle, Éditions Mille et une nuits
    • Luc Étienne, Palindromes bilingues (HC 1981)

Bibliographie des figures de style[modifier | modifier le code]

  • Quintilien (trad. Jean Cousin), De L’institution oratoire, t. I, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Budé Série Latine »,‎ 1989, 392 p. (ISBN 2-2510-1202-8).
  • Antoine Fouquelin, La Rhétorique françoise, Paris, A. Wechel,‎ 1557 (ASIN B001C9C7IQ).
  • César Chesneau Dumarsais, Des tropes ou Des différents sens dans lesquels on peut prendre un même mot dans une même langue, Impr. de Delalain,‎ 1816, 362 p. (ASIN B001CAQJ52)
    Nouvelle édition augmentée de la Construction oratoire, par l’abbé Batteux. Disponible en ligne.
  • Pierre Fontanier, Les Figures du discours, Paris, Flammarion,‎ 1977 (ISBN 2-0808-1015-4, lire en ligne).
  • Patrick Bacry, Les Figures de style et autres procédés stylistiques, Paris, Belin, coll. « Collection Sujets »,‎ 1992, 335 p. (ISBN 2-7011-1393-8).
  • Bernard Dupriez, Gradus, les procédés littéraires, Paris, 10/18, coll. « Domaine français »,‎ 2003, 540 p. (ISBN 2-2640-3709-1).
  • Catherine Fromilhague, Les Figures de style, Paris, Armand Colin, coll. « 128 Lettres »,‎ 2010 (1re éd. Nathan, 1995), 128 p. (ISBN 978-2-2003-5236-3).
  • Georges Molinié et Michèle Aquien, Dictionnaire de rhétorique et de poétique, Paris, LGF - Livre de Poche, coll. « Encyclopédies d’aujourd’hui »,‎ 1996, 350 p. (ISBN 2-2531-3017-6).
  • Henri Morier, Dictionnaire de poétique et de rhétorique, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Grands Dictionnaires »,‎ 1998 (ISBN 2-1304-9310-6).
  • Michel Pougeoise, Dictionnaire de rhétorique, Paris, Armand Colin,‎ 2001, 16 cm × 24 cm, 228 p. (ISBN 978-2-2002-5239-7).
  • Olivier Reboul, Introduction à la rhétorique, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Premier cycle »,‎ 1991, 15 cm × 22 cm, 256 p. (ISBN 2-1304-3917-9).
  • Hendrik Van Gorp, Dirk Delabastita, Georges Legros, Rainier Grutman et al., Dictionnaire des termes littéraires, Paris, Honoré Champion,‎ 2005, 533 p. (ISBN 978-2-7453-1325-6).
  • Groupe µ, Rhétorique générale, Paris, Larousse, coll. « Langue et langage »,‎ 1970.
  • Nicole Ricalens-Pourchot, Dictionnaire des figures de style, Paris, Armand Colin,‎ 2003, 218 p. (ISBN 2-200-26457-7).
  • Michel Jarrety (dir.), Lexique des termes littéraires, Paris, Le Livre de poche,‎ 2010, 475 p. (ISBN 978-2-253-06745-0).