Ploujean

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Ploujean
Le château de Suscinio, maison natale de Charles Cornic, façade nord
Le château de Suscinio, maison natale de Charles Cornic, façade nord
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Commune Morlaix
Statut Ancienne commune
Date de fusion 21 février 1959
Démographie
Population 3 142 hab. (1954)
Géographie
Coordonnées 48° 36′ 19″ N 3° 50′ 02″ O / 48.6053, -3.833948° 36′ 19″ Nord 3° 50′ 02″ Ouest / 48.6053, -3.8339  
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Ploujean (en breton : Plouyann) est une ancienne commune du Finistère rattachée à Morlaix depuis 1960.

Géographie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1899, Ploujean fait partie des dix-huit seules communes du département du Finistère à déjà posséder une société d'assurance mutuelle, forte de 183 adhérents (c'est même la première commune du département en nombre d'adhérents devant Plougasnou qui en compte 159), contre la mortalité des animaux de ferme, qui assure les chevaux et les bêtes à cornes[1].

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

L'expulsion des Sœurs en août 1902 et la fermeture de l'école privée[modifier | modifier le code]

En août 1902, la décision du gouvernement d'Émile Combes d'appliquer avec rigueur la loi du 1er juillet 1901 sur les associations, et en particulier l'expulsion des congrégations religieuses en vertu de la Loi sur les congrégations entraîne des troubles importants dans de nombreuses communes, entre autres dans le Léon dans des communes comme Ploudaniel, Le Folgoët, Saint-Méen, etc. mais aussi à Ploujean le 11 août 1902, comme le raconte le Bulletin des Congrégations, publication évidemment favorable aux protestataires :

« À Ploujean, l'alarme est donnée à 4 heures du matin. Tout le monde accourt. Hommes, femmes et enfants se groupent en grand nombre aux abords de l'école. La troupe arrive ; elle barre les routes qui mènent aux villages, mais les paysans arrivent à travers champs et parviennent quand même au lieu de l'exécution. Plusieurs brigades de gendarmerie à pied et à cheval prêtent main-forte à la troupe. Après les sommations légales, on brise les portes à coups de marteau et de hache. Des gendarmes à cheval forcent la population à s'écarter. Pendant ce temps les Sœurs du Saint-Esprit, et les femmes et jeunes filles qui leur servent de garde d'honneur, se sont réfugiées dans la seconde enceinte, c'est-à-dire dans la maison même d'habitation. De nouvelles sommations sont faites, et sur un nouveau refus, recommence la honteuse besogne, sous les huées de la foule. La seconde porte vole en éclats. Les gendarmes expulsent les personnes les unes après les autres. Les religieuses sortent, l'une après l'autre, et se rendant à l'église pour chanter le Parce Domine, accompagnées de toute la population en larmes, qui crie : « Vivent les Sœurs ! Vivent nos gardes-malades ! » Les scellés sont apposés partout. Le comte de Beaufort, propriétaire, dans un langage émouvant et superbe, proteste contre cette violation de domicile[2]. »

Le chemin de fer[modifier | modifier le code]

Ploujean a disposé d'une gare. La desserte ferroviaire (ligne de Morlaix à Primel Tregastel) mise en service en 1912 (un accident ferroviaire concernant un train à destination du Dourduff-en-Mer survint le 28 juillet 1912 à la gare de Ploujean, faisant au moins deux morts et plusieurs blessés graves[3]) par les Chemins de fer armoricains, reprise ensuite par la Compagnie des Chemins de fer départementaux du Finistère, ferma dès 1935.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[4]:
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891
1 874 2 692 2 261 2 867 2 780 2 785 2 689 2 843 2 871 2 738 2 804 2 910 2 868 2 935 3 042 3 157 3 088
1896 1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006
3 067 3 339 3 442 3 568 2 938 2 961 3 013 3 058 3 265 3 142 - - - - - - -
Nombre retenu à partir de 1968 : Population sans doubles comptes[5]

Commentaire: L'annexion de la commune par Morlaix en 1959 interrompt la série statistique des données démographiques communales.

Monuments[modifier | modifier le code]

  • L'église Notre-Dame (XIe-XVe-XVIe siècles) abrite un orgue construit par le facteur Thomas Dallam au XVIIe siècle
  • Chapelle Saint-Roch (XVIIe siècle)
  • Croix de Kerbaul (Haut Moyen Âge)
  • Château de Nec'hoat (XVIe-XIXe siècles)
  • Château de Kéranroux (1773)
  • Manoir de Traonfeuteuniou (XIXe siècle)
La vallée des mondes perdus
  • Le château de Suscinio ou maison Cornic-Duchesne, acquise par le corsaire Charles Cornic, à la fin du XVIIIe siècle. Le Parc botanique de Suscinio[6] est un domaine de 3 hectares, agencé autour du manoir. Une promenade au cœur du parc est l’occasion de découvrir une succession de jardins tous aussi surprenants les uns que les autres. Du jardin à l’italienne avec ses terrasses encloses à la vallée des mondes perdus, en passant par le jardin de la table ronde, véritable symbole celte, et le jardin potager, c’est une végétation dense et luxuriante qu’il est ainsi possible d’y admirer. D’un grand intérêt botanique et paysager, notamment grâce aux nombreux arbres pour la plupart âgés de plus de deux cent ans, le Parc botanique de Suscinio[7] a reçu le label « Arbres remarquables de France ».

Personnalités[modifier | modifier le code]

  • Tristan Corbière, né Édouard-Joachim Corbière, poète proche du symbolisme, figure du "poète maudit", né en 1845 à Ploujean, mort en 1875 à Morlaix. René Martineau en a écrit une biographie passionnée[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Compte-rendu et procès verbaux, Association bretonne, Classe d'agriculture, Saint-Brieuc, 1901, consultable page 40 et page 63
  2. Bulletin des Congrégations, 17 août 1902, consultable
  3. Journal Le Gaulois no 12707 du 29 juillet 1912, consultable et no 12708 du 30 juillet 1912, consultable
  4. http://cassini.ehess.fr/cassini/fr/html/fiche.php:select_resultat=27233
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui
  6. Parc botanique de Suscinio, site du Pays de Morlaix-Trégor
  7. Parc botanique de Suscinio, sur Balado.fr
  8. Selon roglo.eu. On trouve aussi « né à Kérauroux (Finistère), le 17 juin 1831, mort à Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord) le 10 avril 1885. » (« Ploujean », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français,‎ 1889 [détail de l’édition] )
  9. Bénézit, dictionnaire des peintres

Liens externes[modifier | modifier le code]

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