Pabu

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Pabu
Mairie de Pabu
Mairie de Pabu
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Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Côtes-d'Armor
Arrondissement Guingamp
Canton Guingamp
Intercommunalité Guingamp Communauté
Maire
Mandat
Pierre Salliou-Cottin
2008-2014
Code postal 22200
Code commune 22161
Démographie
Gentilé Pabuais
Population
municipale
2 777 hab. (2008[1])
Densité 354 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 35′ 18″ N 3° 08′ 04″ O / 48.5883333333, -3.13444444444 / 48.5883333333; -3.1344444444448° 35′ 18″ Nord 3° 08′ 04″ Ouest / 48.5883333333, -3.13444444444 / 48.5883333333; -3.13444444444  
Altitude 200 m (min. : 50 m) (max. : 137 m)
Superficie 7,84 km2
Localisation

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Liens
Site web Site officiel de la commune de Pabu

Pabu [paby] est une commune française, située dans le département des Côtes-d'Armor et la région Bretagne.

Sommaire

Histoire[modifier]

Pabu est une forme du vieux breton papa, terme de déférence ayant le sens de « père », mais aussi « d'évêque » ou encore de père-fondateur d'un lieu consacré (ou supérieur monastique).

Ce terme désignait autrefois Saint Tugdual. Saint Tugdual, ou Tudwal, ou Tudgual (suite à une faute de copiste) vint de Grande-Bretagne en Armorique au VIe siècle, avec soixante douze de ses disciples parmi lesquels sa mère, Sainte Pompée (Koupaïa en breton), et sa sœur Sainte Sève. Il est le fondateur présumé du monastère de Landreger, dit Tréguier, et il a, sans le vouloir, donné son nom à la paroisse de Pabu. L’église actuelle fut édifiée sous son invocation et, comme la légende voulut en faire un pontife sous le nom de Leo V Britigena (« Léon le Breton »), le peuple breton l’appela du nom de Pabu.

En 1673, Pabu est le siège d'une chapellenie dite de Reranré, du nom du gros village de Kerhré (Keranres en 1532), situé à 800 m au nord, connu aujourd'hui sous le nom de La Poterie. Cette chapellenie est à cette époque à la nomination du seigneur de Munehorre (ou Menehorre) ; le chapelain était désigné par le seigneur. Le seigneur de Munehorre, vassal du fief de Pontrieux-Frynaudour (La Roche-Jagu), avait droit de haute, basse et moyenne justice, c’est-à-dire qu’il pouvait prononcer des sentences capitales.

À l'origine de la commune, il y eut le territoire de Trivis, désignant l'une des quatre dîmeries de la paroisse de Ploumagoar. Il pourrait s'agir d'une prononciation locale de Trevez (trève, hameau, lieu habité), ou encore, la trève de la pointe en raison de la configuration des lieux, pointe enfoncée entre le Trieux et le Frout.

En 1711, les habitants de la dîmerie de Trivis, au centre de laquelle se trouvait Pabu, adressent une supplique à Monseigneur l'Evêque, comte de Tréguier, pour obtenir l’érection de l’église actuelle, alors en construction, en église tréviale ou paroissiale. Cette dîmerie devient une paroisse succursale le 14 avril 1747 (soit 35 ans après la supplique) et prend le nom de Pabu en l'honneur de Saint Tugdual, son saint patron.

Pabu élit sa première municipalité le 29 janvier 1790, et elle devient paroisse en 1803. Le territoire de Pabu s'est accru le 20 août 1822 de l'enclave de Kergoz (ou Guer-Noz), jusqu'alors dépendante de Ploumagoar.

Les potiers peuplaient les villages de La Poterie et de Kerez. L'argile était extraite à Kervenou en Pommerit-le-Vicomte. Jusqu'en 1914, on y fabriquait des pots, des jattes, des cruches, des ribots, mais aussi des briques, des tuiles ainsi que des épis de faîtage. Ces épis de faîtage étaient encore présents sur le toit de l'église avant sa restauration ; ils sont encore visibles dans le hall de la mairie, où ils sont exposés dans des vitrines.

Administration[modifier]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
janvier 1790 1793 Séverin Salaün    
1799 1823 Jacques Menguy    
1823 1831 Yves Lorgeré    
1831 1848 Louis Le Noanès    
1848 1852 Guillaume Jézéquel    
juillet 1852 janvier 1867 Jean Le Bonniec    
janvier 1867 18 aout 1878 Yves-Marie Lorgeré    
septembre 1878 novembre 1909 Désiré Le Bonniec    
décembre 1909 décembre 1917 Yves Le Houerff    
décembre 1917 décembre 1919 François Le Bail   Adjoint intérim
décembre 1919 mai 1925 Joseph Le Houerff    
mai 1925 mai 1945 Jean-Louis Martin    
mai 1945 octobre 1947 Célestin Chevoir    
octobre 1947 mars 1965 Alexandre Lédan    
mars 1965 février 1966 Yves Guyader   Invalidé
février 1966 mars 1971 Yvon Le Merrer    
mars 1971 juillet 1973 Yves Guyader   Invalidé
juillet 1973 mars 1977 Jean Chevoir    
mars 1977 mars 1983 Pierre Pasquiou    
mars 1983 mars 2001 Georges Le Normand PS  
mars 2001 mars 2008 Pierre Salliou-Cottin    
mars 2008 2014 Pierre Salliou-Cottin   Retraité directeur du lycée professionnel du Restmeur, conseiller communautaire

Démographie[modifier]

En 2010, la commune comptait 2 799 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 279 932 857 913 1 204 1 063 1 080 1 093 1 087
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 084 1 087 1 148 1 054 1 089 979 934 971 965
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
917 894 939 862 891 1 031 1 359 1 318 1 540
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2009 2010
1 592 1 739 2 452 2 871 2 772 2 675 2 832 2 772 2 799
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1962[2] puis Insee à partir de 1968[3].)

Histogramme de l'évolution démographique


Langue bretonne[modifier]

  • A la rentrée 2007, 32,5 % des enfants de la commune étaient inscrits dans le primaire bilingue[4].

Lieux et monuments[modifier]

Si Pabu ne possède pas de monuments historiques protégés par la loi, on peut toutefois signaler les bâtiments suivants, dont la plupart sont des demeures privées qui ne se visitent pas :

Intérieur de l'église Saint-Tudgual
Pierres tombales découvertes en 2009
  • L'église Saint-Tugdual est en forme de croix latine avec chevet et ailes à pans coupés, et dispose d'une chapelle des fonts en face du porche du midi. Elle date du XVIIIe siècle et porte diverses inscriptions : sur le bras sud, la date de 1711, sur le portail : la date de 1750, sur la façade occidentale : « Par le Général de Pabu en 1762, Y.Huon Curé I:Le Beuf F. », sur le
    Château de Munehorre
    Château de Runevarec
    Manoir du Grand Kermin
    L'ancien aqueduc
    pignon de la chapelle des fonts : « Yves Prigent Gouverneur ». Cet édifice a succédé à un édifice plus ancien mentionné sous le nom de chapelle Sainct Pabu en 1532. Sa construction débuta en 1711 pour s'achever en 1762 ; elle a été restaurée en 1826 et son agrandissement a été évoqué en 1860.

Son mobilier comprend : des autels du XVIIIe siècle ; des fonts baptismaux de 1747, des statues diverses, notamment celles de Saint Tugdual, Saint Yves, Saint Jacques le Majeur, Saint Roch, Saint Vincent, Saint Quentin. Ce dernier est le patron des potiers qui étaient nombreux autrefois ici, et sont mentionnés dès 1498. Ils ont disparu aujourd'hui. Les cloches portent les noms de Tugdual (ré aigu) et Yves (mi aigu). Saint Tugdual, ou Tudwal, venu de Grande-Bretagne au VIe siècle et premier évêque de Tréguier, était surnommé « Pabu ».

De juin 2007 à juin 2009, l'église a subi d'importants travaux de restauration : réfection totale de la charpente et de la couverture et restauration du chœur, des retables et des toiles peintes. En outre, le peintre pabuais, Bernard Le Quellec, a réalisé sur les 210m² de la voûte en plâtre une fresque à la « tempera », dont le thème est inspiré de l'Apocalypse de Saint-Jean et du Jugement Dernier. Les travaux de restauration du chœur ont mis au jour six pierres tombales sur lesquelles on peut lire les inscriptions suivantes : « Yves Séverin Bizien, comte de Munehorre, décédé le 31 juillet 1772. Requiescat in pace » (Jean-Marie Séverin Bizien était né le 30 septembre 1702 et il était l'époux de Marie-Thérèse de Langle), ou « …Seigneur de Kerbourdon, décédé le 19 juillet 1768. Il a laissé en sortant de ce monde des amis parmi lesquels sa mémoire ne mourra jamais. Requiescat in pace » (Il s'agit de Hyacinthe François Bizien, frère de Jean Marie Yves Séverin, né le 23 octobre 1729 et décédé le 19 juillet 1768, sieur de Kerbourdon en Plestin-les-Grèves) ou encore « Ci-gît le corps de Messire Jean Marie Gabriel André Paul De Launay, élu par acclamation ami du peuple et père des pauvres, qualité qu'il a maintenue jusqu'à son dernier moment, décédé le 11 mars. Priez Dieu pour son âme. Requiescat in pace. 1791 » (Jean Marie Gabriel André Paul De Launay, bienfaiteur de l'église, était le fils de Renée Rolande Bizien, née le 8 décembre 1695, sœur aînée des deux précédents). Ces pierres tombales fermaient les sépultures des seigneurs de Munehorre et celles qui étaient en bon état ont été disposées dans les transepts. (visite en saison, ou sur demande auprès de la mairie).

  • Le château de Munehorre (construit entre le XVe et le XVIIe siècle, mais certains éléments seraient encore plus anciens, comme la tourelle), son colombier, sa chapelle, son moulin (Milin-ar-Pont). Son nom viendrait de « Mein Hoer », qui signifie pierres d'or en vieux breton (langue antérieure aux XIe et XIIe siècles). Il possédait jadis une chapelle privée ; en 1671, on en distingue deux : « un oratoire » et une chapelle nommée Saint-Pabu. La seigneurie de Munehorre (ou Kerprigent-Munehorre) possédait jadis un droit de haute justice (confirmée en 1671), puis de moyenne et basse justice (en 1770). La seigneurie de Munehorre avait dans sa mouvance le manoir de Kerhuel et le manoir du Rucaër (ne se visite pas mais peut se louer en location saisonnière : http://pdegeofroy.over-blog.com/article-manoir-de-munehorre-67085394.html ).
  • Le manoir de Kerhuel (XVIIe remanié aux XVIIIe et XIXe siècles) ou la maison d'en haut était déjà habité au XIIe siècle ; son moulin est en ruine et sa chapelle a disparu. Ce n'était pas initialement une propriété noble, bien que ses occupants aient été d'illustres personnages, et il ne le devint qu'au XVIIe siècle. Ce manoir possède en façade une magnifique lucarne à fronton et, à l'intérieur, on peut voir une cheminée monumentale qui daterait du XIIe siècle (ne se visite pas).
  • Le château de Runevarec, construit sur les ruines d'un ancien manoir, date de la seconde moitié du XIXe siècle, aujourd'hui lycée rural du Restmeur. Sa chapelle est dédiée à saint Loup, protecteur des troupeaux et réputé pour guérir les épileptiques ; on y trouve une statue de saint Loup en bois polychrome datée de 1783. On y a célébré la fête de la Saint-Loup dès 1848 ; la fameuse dérobée en fit la renommée. Cette fête est devenue le festival de la danse bretonne à Guingamp. (visite de la chapelle possible sur demande).
  • Le Grand Kermin, ancien manoir remanié au XVIIIe, dont il subsiste des parties datant des XVe (tourelle), XVIe et XVIIe siècles. Il possédait jadis un colombier et une chapelle privée dédiée à Saint Jacques. Propriété noble depuis toujours, le domaine a dû cesser son faire-valoir-direct (exploitation par le noble lui-même) très tôt ; sous la Révolution, il est déjà affermé, mais les propriétaires y conserveront un « pied-à-terre », sans doute pour la chasse, jusqu'à la dernière guerre (ne se visite pas).


  • Le manoir de Kerhré porte les dates de 1691, 1714 et 1723. Comme tous ses semblables, Kerhré ne fut pas construit en une seule fois et comporte plusieurs étapes. Le moulin de Kerhré, mixte d'abord (moulin à grain et à teillage), servit ensuite uniquement à teiller le lin ; capable d'une grande puissance (20 chevaux vapeur en bonnes eaux), c'était l'un des meilleurs moulins parmi les 32 jalonnant le cours du Trieux. Au temps de sa splendeur, il faisait travailler 20 à 25 personnes.
  • La seigneurie de Minguével. D'après une carte géométrique de la province de Bretagne levée en 1771, le Minguével est désigné comme « château ». C'est une ancienne seigneurie, dont l'existence du manoir et d'une chapelle est rapportée par différents documents et par la découverte de pièces de calvaire et autres accessoires ; des recherches plus précises indiqueraient l'existence d'un prieuré, annexe du couvent des Cordeliers à Guingamp (incendié et détruit en 1591, lors du siège de la ville) (ne se visite pas).
  • La métairie du Rucaër et son moulin à blé, connu aussi sous le nom de « Milin-ar-Menez ».
  • L'ancien aqueduc romain, dont la partie à arcades constitue la frontière entre Pabu et Guingamp, alimentait le cœur de la ville en eau potable. Dès 1588, la fontaine de Guingamp est alimentée par un aqueduc qui lui apporte l'eau des sources de Montbareil. Il est remplacé au XVIIIe siècle par un autre aqueduc plus élevé dont les quatre arcades de 5,20 mètres d'ouverture franchissent le vallon des Lutius (Ru Potin ou Lutin). La canalisation traverse ensuite le jardin du monastère de Montbareil, puis un petit aqueduc passe les douves pour arriver au pied des remparts. Il reste en service jusqu'au début du XXe siècle. La fontaine des Quatre Ponts, date de la reconstruction du système d'aqueducs de Guingamp, vers 1735-1743.
  • La croix de Groaz Hent (ou Cozen) date de 1764.

Économie[modifier]

Une entreprise de la ZA du Rucaër

L'hôpital dit de Guingamp, construit sur le territoire de la commune, fut inauguré le 24 octobre 1909 par monsieur Ruau, ministre de l'Agriculture. Depuis, il n'a cessé d'évoluer. En 1996, s'achevèrent de nouvelles constructions répondant mieux aux exigences hospitalières actuelles, et un nouvel ensemble de 138 lits de long séjour, dont le chantier avait débuté fin 2002, a remplacé trois bâtiments anciens qui ne pouvaient être réhabilités. Par ailleurs, une passerelle entre l'hôpital et la polyclinique a été inaugurée en 2007. En décembre 2008, les activités de la polyclinique, fermée par suite d'une liquidation judiciaire, ont été reprises par l'hôpital.

La commune accueille diverses entreprises sur sa zone artisanale du Rucaër, et un pôle d'entreprises liées à l'automobile vient de s'établir autour du rond-point de Saint-Loup, première phase de la nouvelle zone d'activités dénommée « Espace commercial Saint-Loup » en cours de réalisation par Guingamp Communauté.

Personnalités liées à la commune[modifier]

Galerie[modifier]

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Notes et références[modifier]

Notes[modifier]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier]

  1. populations légales 2008 sur le site de l’INSEE
  2. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010
  4. Ofis ar Brezhoneg: Enseignement bilingue

Bibliographie[modifier]

  • Bertrand Chiche, Une officine céramique d'époque gallo-romaine à Pabu, Annales de Bretagne, n° 78, 1, 1971, p. 197-209

Voir aussi[modifier]

Articles connexes[modifier]

Liens externes[modifier]