Abwehr

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Abwehr
République de Weimar
République de Weimar

Période 19218 mai 1945
Pays Allemagne
Allégeance Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand et République de Weimar
Rôle Forces armées du Reich allemand
Guerres Seconde Guerre mondiale
Commandant historique Wilhelm Canaris
Un radio de l'Abwehr.
Chiffrement à l'Abwehr et machine Enigma.

L’Abwehr, mot allemand signifiant « défense », est une ancienne organisation de l'armée allemande qui opéra de 1921 à 1944. Elle constituait le service de renseignements de l'état-major allemand.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

L’Abwehr est mise en place en 1921, au lendemain de la Première Guerre mondiale, au sein de l'armée. Elle comprend à l'époque une section de reconnaissance, un section de chiffrage et d'écoutes radio, ainsi qu'une section de contre-espionnage.

La section de renseignements de la Reichsmarine est intégrée à l'Abwehr 1928.

Le 7 juin 1932 (avant donc l'arrivée au pouvoir d'Hitler), un marin prend la tête du bureau : le capitaine Konrad Patzig. Le poste n'est pas jugé très important, à l'époque, et peut donc être confié à un militaire sans trop d'ambition.

Assez rapidement, l’Abwehr entre en conflit avec Himmler et Heydrich, notamment parce que l'Abwehr organise des vols reconnaissances en avion en territoire polonais, et que les services de la SS craignent que cela éveille la méfiance des Polonais. En juin 1935, le Capitaine Patzig est donc muté sur le cuirassé Graf Spee.

1935: arrivée de Canaris[modifier | modifier le code]

L'amiral Wilhelm Canaris est nommé à la tête de l’Abwehr en janvier 1935. Averti par Patzig de la volonté de la SS de prendre le contrôle de l'Abwehr, Canaris pense pouvoir s'opposer à ces vues. Il devra cependant continuellement à lutter contre l'antagonisme de la SS. Une illustration de ce conflit plus ou moins larvé est le vol des documents de l'Abwehr relatifs à la collaboration germano-soviétique (notamment lors des purges de Staline) par la SS, en 1937. Toute trace de ces vols étant effacés par un incendie.

1938: réorganisation[modifier | modifier le code]

Canaris remanie les trois sections :

  1. La division centrale, ou département Z (Abteilung Z en allemand) qui chapeaute les deux autres, a la main sur les finances, le personnel et est dirigée par Hans Oster ;
  2. La division extérieure (Amtsgruppe Ausland en allemand) qui regroupe plusieurs fonctions :
    • les relation avec l'OKW et les services généraux ;
    • la coordination avec les autres ministères, affaires étrangères ;
    • l'évaluation des données venant de l'étranger comme la presse, les émissions radio et les documents interceptés.
  3. Abwehr I, II et III, regroupées sous le terme de contre-espionnage, font davantage de la collecte et de l'évaluation de données :
    • I depuis l'étranger, commandé par let Colonel Hans Piekenbrock,
    • II le sabotage, commandé par le Colonel Erwin von Lahousen,
    • III contre-espionnage sur le sol allemand, planification de faux documents, pénétration des services étrangers, enquête sur les actes de sabotage, commandée par le Colonel Egbert Bentivegni.

Chaque district militaire du Reich, Wehrkreis, ici appelée Ast ou encore Abwehrstelle avait sa déclinaison locale des sections I à III. Le commandant local était un officier d'une des trois armes et avait une certaine latitude pour recruter des agents locaux.

La qualité du recrutement (principalement des civils) a souvent laissé à désirer, d'où de nombreuses déconvenues lors de missions.

1939-1943[modifier | modifier le code]

Dans les pays occupés, l’Abwehr dispose d'antennes pour y mener la lutte contre les Résistants. En France, l'organisation occupait l'Hôtel Lutetia à Paris.

Dans les pays neutres, les agents de l’Abwehr se cachent derrière des attachés d'ambassade, du personnel de mission commerciale. Ces postes étaient appelés Organisation de guerre ("Kriegsorganisationen" ou "KO's" en allemand).

Canaris prend grand soin à choisir des chefs et du personnel proche qui soient anti-nazis. Le seul à être retourné par le SD est Rudolf Bamler. À partir de 1943, plusieurs de ses membres, y compris Wilhelm Canaris lui-même, commencent à participer à la résistance allemande, ils sont connus sous le nom du complot Orchestre noir (Die Schwarze Kapellenbsp).

Parmi les opérations menées par l’Abwehr, citons : l'opération Pôle nord ou l'opération Tannenbaum, l'opération Felix, l'opération Pastorius.

Canaris utilise des Juifs dans son équipe, leur fournissant des passeports, ce qui permet d'en sauver de la Shoah. Cette action fut reconnue après-guerre[1].

L'efficacité de l'Abwehr est amoindrie par les tensions avec la SS, qui soupçonne (à juste titre) certains membres de l'Abwehr de comploter contre Hitler. Certains agents sont des antinazis, comme  Erich Vermehren et sa femme la comtesse Elizabeth von Plettenberg, stationnés à Istanbul et qui, menacés d'être démasqués par la Gestapo, passent à l'ennemi britannquee. L'Amiral Canaris lui-même remettait de fausses informations au pouvoir nazi.

1944[modifier | modifier le code]

En février 1944, l’amiral Canaris, accusé de défaitisme, est limogé ; dégradé, il doit prendre la tête d'une coquille vide, le Bureau de la Guerre Commerciale et Economique. Le RSHA prend le contrôle complet de l’Abwehr et de ses agents à l'étranger. Après le complot du 20 juillet 1944 contre Adolf Hitler, Canaris est arrêté.

1945[modifier | modifier le code]

Il sera pendu en avril 1945 dans des conditions atroces au camp de Flossenbürg. Dix jours plus tard, ce camp est libéré par les troupes alliées[2]., [3]

Chefs[modifier | modifier le code]

  • 1920 - 1927 : Oberstleutnant Friedrich Gempp
  • 1927 - 1929 : Oberstleutnant Günter Schwantes
  • 1930 - 7 juin 1932 : Oberstleutnant Ferdinand von Bredow
  • 7 juin 1932 - 31 décembre 1934 : Kapitän zur See Konrad Patzig
  • 1er janvier 1935 - février 1944 : Konteradmiral Wilhelm Canaris

Organes de l'Abwehr[modifier | modifier le code]

Fiction[modifier | modifier le code]

L'écrivain Dan Simmons est l'auteur d'un roman, nommé Les Forbans de Cuba, basé sur des faits et personnages historiques et relatant les rivalités entre le SD et l'Abwehr.

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Eric Kerjean, Wilhelm Canaris, l'espion d'Hitler, in Histoire(s) de la Dernière Guerre, n° 9, janvier 2011.
  • Eric Kerjean, Canaris - Le maître espion de Hitler, Paris, Perrin, 2012, 227p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'Express relaie une information des Juifs orthodoxes Loubavitch
  2. À quelques dizaines de jours de l'effondrement du nazisme et de ses séides.
  3. Aide aux persécutés

Liens externes[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]