Breton (cheval)

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Breton
Reine de Since, jument bretonne alezane
Reine de Since, jument bretonne alezane

Espèce Cheval (Equus caballus)
Région d’origine
Région Bretagne, Drapeau de la France France
Caractéristiques
Morphologie Cheval de trait
Registre d'élevage Syndicat des Éleveurs du Cheval Breton.
Standard français de la race
Taille 1,58 m en moyenne[1]
Poids 800 kg en moyenne
Robe Généralement alezane[1], plus rarement aubère, bai, rouan ou noir
Tête Courte et carrée, au profil rectiligne ou camus
Pieds Courts et garnis de fanons
Autre
Utilisation Attelage, travail de la terre, boucherie, plus rarement selle

Le Breton est une race de cheval de trait originaire de Bretagne. Issu de robustes petits chevaux locaux, son élevage s'organise dès la fin du XVIIe siècle sous l'influence de très nombreux croisements. Apprécié des militaires comme des paysans pour son amble confortable, sa capacité de traction et sa polyvalence, le Breton connaît un grand succès à l'arrivée du XXe siècle. Il quitte par trains et bateaux entiers sa Bretagne natale depuis Landivisiau. Il sert d'améliorateur pour d'autres races de chevaux de trait. En 1912, le registre d'élevage de la race est officiellement créé pour rassembler ses deux types, le trait et le postier, avant d'être fermé aux apports de sang étrangers en 1951. S'il garde ses fonctions de cheval de trait plus longtemps que d'autres races françaises, les années 1970 marquent une forte réduction de l'élevage. La réorientation de celui-ci vers la production de viande à destination de l'Italie survient vers 1980. Avec l'essor de l'équitation de loisir dans les années 1990, le Breton retrouve ses anciennes fonctions de cheval d'attelage.

Le cheval Breton est très massif et musclé, il présente souvent une robe alezane et malgré sa taille modeste pour un trait, déploie un trot efficace et une grande puissance au travail. Plusieurs chevaux nommés Bretons ont historiquement existé, chacun provenant d'un biotope spécifique. Si le bidet ambleur originel a désormais disparu, tout comme son descendant le Centre-montagne, officiellement, deux types de chevaux bretons sont reconnus. Le postier Breton, fleuron de l'élevage, est à l'origine un cheval de poste utilisé aussi bien pour l'attelage que pour les travaux des champs. Le trait Breton, le plus grand et puissant de tous, est historiquement élevé sur les côtes du Nord de Bretagne et destiné au trait lourd agricole.

Il est devenu au début du XXIe siècle l'un des chevaux de trait les plus présents en France, avec le Comtois, bien que l'expansion de son élevage soit surtout liée à l'hippophagie. Il continue à s'exporter et le Brésil le reconnaît comme race. Grâce à sa rusticité, il entretient les espaces verts et valorise les pâturages de moyenne montagne. L'attachement des bretons pour leur cheval est resté très fort, proche d'une « parenté totémique », comme en témoignent de nombreuses manifestations et l'érection de statues à Callac et Landivisiau.

Sommaire

Histoire[modifier | modifier le code]

Juments de trait bretonnes au repos dans les prés de l'écomusée du Pays de Rennes.

Le Breton est sélectionné depuis toujours pour sa grande force et sa résistance. S'il est présent depuis des milliers d'années dans les montagnes du centre, sa forme actuelle est le résultat de très nombreux métissages depuis le Moyen Âge[2], avec des trotteurs du Norfolk, des Percherons et des Ardennais notamment[3]. La Bretagne est réputée pour être une terre historique d'élevage équin, tout comme la Normandie, avec laquelle elle est fréquemment entrée en concurrence.

Origines du cheval Breton[modifier | modifier le code]

Les opinions s'affrontent pour savoir comment les chevaux sont arrivés en Bretagne. Une théorie veut qu'ils aient été apportés au cours des migrations aryennes depuis l'Asie voici plus de 4 000 ans, une variante que des chevaux asiatiques se soient alors mêlés à la population équine locale[4]. Une autre école de pensée les fait descendre de chevaux élevés par les guerriers Celtes avant leur conquête de la Grande-Bretagne[5],[6],[2].

Les ancêtres du cheval Breton ont probablement joué un grand rôle pour les peuples gaulois établis en Armorique. L'amour du cheval est en effet « l'une des passions les plus vives des Celtes », la possession d'un tel animal étant exclusivement réservée à la classe guerrière. Monté ou attelé aux chars de guerre, voire aux chariots de commerce dans l'intérieur des terres selon Diodore de Sicile, il n'est par contre jamais attelé à la charrue, ce travail étant l'apanage des bœufs. L'apparition de courses de chevaux en Bretagne remonte à l'époque celtique[7]. Le chant populaire Marzhin barzh (barde Merlin)[Note 1], collecté par La Villemarqué, les célèbre ainsi :

Marzhin barzh, en Breton. barde Merlin, traduction française.
E ebeul ruz en deus sternet
Gant direnn-flamm 'neus hen houarnet
Ur c'habestr 'neus lakaet 'n e benn
Hag un dorchenn skañv war e gein
E kerc'henn e c'houg ur walenn
Hag en-dro d'e lost ur seizenn
Ha war e c'horre 'mañ pignet
Hag er fest nevez degouezhet
E park ar fest pa oa degoue'et
Oa ar gern-bual o vonet
Hag an holl dud en ur bagad
Hag an holl virc'hed o lampat
« An hini en devo treuzet
Kleun bras park ar fest en ur red
En ul lamm klok, distak, ha naet,
Merc'h ar Rou' en do da bried »
E ebeulig ruz, pa glevas,
War-bouez e benn a c'hristilhas
Lammat a reas, ha kounnariñ,
Ha teurel c'hwezh tan gant e fri
Ha luc'hed gant e zaoulagad
Ha darc'h en douar gant e droad
Ken a oa ar re all trec'het
Hag ar c'hleun treuzet en ur red
« Aotroù Roue, 'vel peus touet,
Ho merc'h Linor renkan kaouet »
Il a équipé son poulain rouge
Il l'a ferré d'acier poli
Il l'a bridé,
Et lui a jeté sur le dos une housse légère.
Il lui a attaché un anneau au col,
Et un ruban à la queue.
Et il l'a monté,
Et est arrivé à la fête nouvelle;
Comme il arrivait au champ de fête,
Les cornes sonnaient.
La foule était pressée,
Et tous les chevaux bondissaient.
« Celui qui aura franchi
La grande barrière du champ de fête au galop,
En un bond vif, franc et parfait,
Aura pour épouse la fille du roi ».
À ces mots,
Son jeune poulain bai hennit à tue-tête,
Bondit et s'emporta,
Et souffla du feu par les naseaux,
Et jeta des éclairs par les yeux,
Et frappa du pied la terre;
Tous les autres étaient dépassés
Et la barrière franchie d'un bond.
« Sire, vous l'avez juré,
Votre fille Linor doit m'appartenir »[8]

Les Romains ne sont pas un peuple cavalier, cependant, leurs unités de cavalerie, principalement d'origine étrangère et notamment d'Afrique du Nord, ont peut-être laissé une trace sur le cheval Breton[9].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

À l'époque des croisades, le croisement des chevaux montagnards originels avec le cheval oriental ramené depuis ces terres lointaines donne le « bidet breton », selon un ouvrage de vulgarisation[10],[Note 2]. Il semble que de grands efforts soient faits pour élever les meilleurs chevaux possible, si besoin en important à grand frais des animaux reproducteurs étrangers[11] : une chronique rapporte qu'« en 1212, le duc Olivier de Rohan ramena neuf étalons arabes qu'il croisa avec le cheval breton »[12]. Une autre affirme que Jean le Roux achète la ville de Brest vers 1260, contre une haquenée blanche et 100 livres de rente[13]. L'animal est un cadeau précieux témoignant d'une haute estime[14], ainsi, le duc de Lancastre offre un cheval à Bertrand Du Guesclin pour le remercier de ses prouesses au siège de Dinan[15].

Le duché de Bretagne demande, durant tout le Moyen Âge, un grand nombre de chevaux pour les usages militaires. Les allures confortables sont prisées, à mi-chemin entre l'amble et le trot, celles du cheval Breton font sa popularité comme cheval d'équitation[16],[17]. En raison de cette particularité et de sa taille relativement réduite, il est surnommé le « bidet d'allures »[16].

Vers 1500, deux types se différencient déjà : le massif sommier du nord de la région, utilisé comme cheval de bât et pour les travaux de ferme, et le roussin du pays de Briec, plus fin et léger, monture de guerre également montée pour les longs trajets[6],[18],[10]. Le cheval Breton est toujours monté, les attelage étant traînés par des bœufs. La duchesse Anne, par exemple, a recours à la traction bovine[19].

Du Moyen Âge à la fin du XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Le roussin ambleur médiéval se fait connaître, jusqu'au XVIIIe siècle, sous le nom de « bidet de Briec » ou de « cheval de la lande ». Il est à l'origine du fameux « bidet de Cornouaille », ou plus simplement « bidet breton »[20].

En 1664, Jacques de Solleysel écrit qu'« il sort de la Basse-Bretagne, tous les ans, huit à dix mille chevaux assez communs ; mais les meilleurs viennent des trois évêchés : Tréguier, Léon et Cornouaille ; surtout Tréguier, car on tient pour assuré qu'il y a plus de vingt mille cavales dans ce seul évêché. Jugez de cela que si on avait eu de bons étalons, au lieu des chevaux qui servent pour des chasses-marées et pour des fourgons, on y élèverait des chevaux propres pour servir à la guerre, à la chasse, et aux équipages des grands seigneurs; desquels le particulier et le public tirerait un notable avantage, et au triple de celui qu'il a eu jusqu'à présent ». En 1666, Gabriel Calloet-Kerbrat reproche aux éleveurs de nourrir leurs animaux de légumes et de plantes au lieu d'avoine et de foin, et de les faire saillir trop tôt. Enfin, il conseille le croisement de la jument bretonne avec des étalons d'Allemagne et d'Angleterre. Le Boucher du Crosco, membre de l'Académie royale d'agriculture de Bretagne, observe l'administration des haras et propose un plan pour assurer à la province un commerce, dont l'établissement de courses hippiques à l'instar de celles d'Angleterre[21]. D'après Jacques Mulliez, à la fin du XVIIe siècle, dans les évêchés de Léon et de Tréguier, des efforts de sélection sont certainement faits sur les juments. Mieux nourries et abritées des intempéries, elles deviennent plus puissantes et remplacent peu à peu les bœufs à la traction[22]. Le nombre d'exportations double entre le XVIIe siècle et le XVIIIe siècle[23]. Bernadette Lizet voit dans cette profonde mutation du rapport à l'animal les débuts de l'élevage du cheval Breton[24].

Au XVIIIe siècle, les paysans utilisent toujours majoritairement le bœuf pour les travaux de labour, ainsi que le rapporte Jacques Charpy[25]. L'amélioration des routes pousse toutefois à modifier le bidet, jugé comme un mauvais cheval, afin de le rendre plus rapide et plus fort, mieux adapté à la traction[6]. La région cherche à devenir la première pour l'élevage de chevaux de travail, et y parvient[26]. Cette production florissante fait les beaux jours du pays de Léon, dans l'actuel Nord du Finistère[27]. Deux types de chevaux émergent : le « cheval de Léon », ou léonais, le plus volumineux de tous et le plus proche du cheval de trait, et le « cheval du Conquet », plus léger, de type coursier[28]. Lorsque survient la Révolution française, le grand nombre de réquisitions et l'abandon des élevages par la noblesse portent un coup dur aux animaux[29].

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Gravure d'un cheval croisé Breton/Percheron dans l'encyclopédie pratique de l'agriculteur, publiée par Firmin-Didot et Cie, tome 5, 1877.
Gravure d'un pilhaouer (colporteur) sur un bidet allant l'amble.

Au XIXe siècle, « la race de trait particulière à la Bretagne possède des qualités qui la font rechercher par toute la France et à l'étranger, pour les services du roulage, des diligences, des postes, et du train d'artillerie »[30]. Une lettre envoyée depuis Morlaix au journal des haras en 1837 fait savoir que les chevaux Bretons sont certes peu élégants, mais « robustes et courageux, sobres et durs à la fatigue, peu sensibles aux intempéries et aux privations de toute espèce »[31].

En 1842, près de 30 000 poulains naissent en Bretagne chaque année. La moitié d'entre eux sont vendus aux éleveurs d'autres régions (Normandie, Poitou, Perche, Auvergne, Maine)[30]. Dans toute la Bretagne, l'agriculture, les voitures publiques, le roulage, le service des villes se remontent en chevaux du pays[30]. Le développement du réseau routier à la fin du XIXe siècle modifie la race « de Léon », croisée avec des étalons carrossiers légers et notamment le trotteur Norfolk britannique, qui a une influence déterminante, et aboutit au type plus léger du cheval Breton, le postier[10]. Il fait la renommée de la Bretagne à l'arrivée du XXe siècle[32]. Dans la seconde moitié du siècle, le système d'élevage et d'exportation est devenu très performant, notamment grâce au chemin de fer qui permet d'envoyer les chevaux vers des destinations lointaines[23].

Création et rôle des haras nationaux en Bretagne[modifier | modifier le code]

La race bretonne conserve de ses racines montagnardes le haras national, principal lieu d'élevage, situé dans le pays de Langonnet[30]. Le dépôt d'étalons créé à l'abbaye de Langonnet en 1806 pour le sud de la Bretagne, mal desservi par des routes étroites et peu praticables, est transféré en 1857 à Hennebont dans l'enclos de l'abbaye de la Joie. La création du haras national d'Hennebont en fait alors la capitale de l'élevage du cheval Breton[33].

Historiquement, les haras nationaux, manifestation de l'autorité française en matière d'élevage équin, ne cessent toutefois de s'opposer aux éleveurs bretons pour imposer leur standard, qui est l'allègement des chevaux : il s'agit « de nationaliser et de civiliser l'animal tout comme les hommes ». Ils s'acharnent particulièrement contre le bidet, qui subit une véritable « stigmatisation »[34], et contre les hommes qui l'élèvent[35]. Ce bidet, qu'ils décrient pour son manque d'élégance[36], incarne pour eux la gaucherie paysanne, tandis que l'on assiste à un engouement immodéré pour le Pur Sang anglais[37]. C'est pourquoi, au même moment, du sang arabe et Pur Sang ajouté à la race bretonne des montagnes du centre sous l'impulsion des haras nationaux mène à la création du type dit « cheval de Corlay », afin de fournir la cavalerie de l'armée. D'autres bidets sont croisés avec des Ardennais, pour les petits travaux de traction[32].

Réquisitions militaires[modifier | modifier le code]

Des chevaux bretons sont, en particulier lors des guerres de la République et de l'Empire, réquisitionnés aux cultivateurs locaux. Il en résulte, selon les haras nationaux, une « effroyable dégénération dans la taille et la force des juments » : les réquisitions forcées enlevant toutes les juments capables de porter un soldat, le cultivateur en vient à ne plus vouloir se servir que de « petites juments défectueuses », qu'il est sûr de garder[38]. Face à ce problème très présent en Bretagne, en 1842, l'officier des haras Ephrem Houël rappelle qu'Henri VIII d'Angleterre, afin de forcer les paysans à élever des animaux propres à être réquisitionnés, avait ordonné l'abattage systématique de tous les chevaux ne dépassant pas une certaine taille. Il en conclut que « c'est de son règne que date la grande supériorité des chevaux anglais sur le reste de l'Europe »[39].

XXe siècle et après[modifier | modifier le code]

Extrait du roman Le cheval d'orgueil

Trop pauvre que je suis pour posséder un autre animal, du moins le Cheval d'Orgueil aura-t-il toujours une stalle dans mon écurie[40].

Chevaux Bretons sur une foire vers 1900-1910, dans le Finistère.

Avant les années 1900, la Bretagne est encore « une terre de petite agriculture » relativement isolée[41]. La modernisation des transports profite aux chevaux de trait et surtout à leurs éleveurs, qui exportent dès lors leurs animaux dans toute l'Europe, décuplant ainsi leurs ventes de chevaux de trait[42]. La région est très propice à l'élevage du cheval. En 1904, Paul Diffloth rapporte que le cheval Breton est « d'une sobriété et d'une rusticité à toute épreuve », bien qu'il manque d'élégance, un défaut « racheté par une vigueur et un courage exceptionnels »[43].

Création du stud-book et organisation de l'élevage[modifier | modifier le code]

La création du stud-book du cheval breton avec deux livres séparés pour les types trait et postier résulte d'un conflit. En 1911, le premier tome de la section bretonne du stud-book des chevaux de trait français est ouvert par les éleveurs du Finistère nord, en refusant les animaux issus de croisements[44]. La Société hippique de Saint-Pol-de-Léon y répond l'année suivante, en créant le stud-book de la race postière Norfolk-Bretonne, c'est-à-dire celui du postier Breton[45]. En 1912, les livres sont fusionnés, mais des sections séparées sont toujours utilisés pour chaque type[17].

Sur toute cette période, la tendance générale est à l'augmentation de la taille des races de chevaux de trait pour gagner en puissance, grâce à des croisements[46] : les autres races de trait, Shire ou encore Percheron, rencontrent beaucoup de succès à l'exportation et les éleveurs bretons souhaitent devenir concurrentiels sur ce marché[3] en élevant des chevaux plus grands et plus lourds[47]. En 1920, la décision est prise de permettre des apports de sang extérieurs afin d'insuffler du sang neuf dans la race. Toutefois, en raison de son endurance et de ses allures, le cheval Breton reste une exception. Le métissage est accusé de réduire ses qualités. Dans les années 1930, les infusions de sang d'autres races sont officiellement abandonnées[17],[32]. Celà n'empêche pas certaines fraudes d'éleveur, qui importent des poulains ardennais entiers et leur donnent de faux papiers de chevaux bretons[47].

Le 4 janvier 1926, les deux sections du stud-book sont fusionnées par décision ministérielle sous la mention « trait »[3], en raison d'un flou généralisé quant aux origines géographiques des chevaux[46]. La même année, le type postier breton comptait plus de 5000 chevaux enregistrés[3]. Tous les chevaux bretons sont enregistrés ensembles depuis cette date. Le postier breton est toutefois soumis à des tests de performance à l'attelage. Les éleveurs se dirigent vers le cheval d'attelage léger plus près du sang recherché par l'armée, ou vers le cheval de trait lourd comme en recherche la société nationale des agriculteurs[3]. Les inscriptions au stud-book sont trop peu nombreuses, et la fermeture de celui-ci est envisagée. En réalité, certains meuniers et petits éleveurs de Bretagne font saillir illégalement des étalons non enregistrés proches du type bidet, avec une relative tolérance des autorités, jusque dans les années 1930. Ces petits chevaux solides sont recherchés sur les exploitations agricoles des régions difficiles de la Bretagne. La plupart des éleveurs ne font donc pas appel aux étalons des haras nationaux. En réponse à cette tendance, le type Centre-Montagne, correspondant à la plus petite variété de la race bretonne, est reconnu officiellement[47]. En 1951, le registre d'élevage du Breton est officiellement fermé aux chevaux non issus de parents enregistrés[17] ou nés à l'extérieur de la Bretagne historique, dont fait partie l'actuelle Loire-Atlantique. En 1966, l'ancien cheval Breton de type « bidet », tel qu'il existait avant les croisements, a « pratiquement disparu »[48].

Commerce[modifier | modifier le code]

Trait Breton dans une reconstitution de la foire aux chevaux de Landivisiau.

Le cheval breton dit « postier » est largement exporté, avec un pic atteint entre les années 1900 et 1940, où des trains remplis de chevaux partent de la gare de Landivisiau vers toute la France, tandis que des bateaux lui font gagner le sud de l'Europe (Italie et Espagne), l'Allemagne, l'Angleterre, l'Afrique du Nord, l'Amérique du Sud et le Japon[49]. Pour la seule année 1939, 18 000 chevaux quittent ainsi la Bretagne[50]. Ces chevaux sont essentiellement des animaux de travail déjà dressés, amenés à Landivisiau depuis leurs élevages de Cornouaille et du pays de Vannes. Ils servent dans les vignes du bordelais et de la Méditerranée, ainsi qu'aux agriculteurs de Vendée et du Massif central, aux mines du Nord et sont envoyés à l'abattoir de Vaugirard lorsqu'ils sont réformés[22].

Étalons influents[modifier | modifier le code]

La race bretonne est influencée par un certain nombre d'étalons raceurs. Le plus connu est Naous, un demi-ardennais né en 1934 d'un étalon breton et d'une jument importée[3]. La jument Ninon, née en 1957, donne les deux étalons Var Vella (en 1965) et Arguella (en 1966), qui a eux deux donnent naissance à 24 étalons, eux-mêmes pères de 110 étalons. Né en 1979, Nirée de l'élevage de la famille Desrues à Vergéal, fils de Var Vella et de Idole, marque fortement l'élevage dans les années 1990 avec Ici Landi (né en 1974), Norgant (né en 1979) et Riton (né en 1983), deux fils de Gouedic et pères de chevaux réputés. Anvers (né en 1988) donne des pouliches de qualité, tout comme ses fils Glomel & Gabarit (né en 1994) et Jackson (né en 1998)[51].

Reconversion bouchère[modifier | modifier le code]

Témoignage d'un éleveur belge à propos des chevaux Bretons de boucherie, en 1981

Aujourd'hui, ces gros lourdauds connaissent un regain d’intérêt avec la boucherie; faire du cheval lourd, c'est facile il n'y a pas besoin d'être un bon éleveur [...] Quand je vois ces chevaux faire maintenant une tonne, à quoi ça rime pour la traction ? [...] En trois ans, les aplombs sont foutus, les reins n'en parlons même pas ! Pour le bifteck, d'accord, et c'est pareil pour vos « Bretons » si allants et si forts sous les 800 kg, qui vont bientôt aborder les 1 000 kg de viande sur un squelette et des membres faits pour soutenir des poids bien inférieurs à la tonne ! [...] Pour moi, ce ne sont plus des chevaux de trait, mais des bêtes à viande[52].

En 1948, « les départements bretons figurent parmi les plus riches en chevaux. On en compte 19 par kilomètre carré dans le Finistère, 13 dans les Côtes-du-Nord, 11 dans l'Ille-et-Vilaine, 7 dans le Morbihan »[53]. Une particularité de la Bretagne est d'avoir gardé un élevage de chevaux relativement important plus tardivement que dans d'autres régions de France. Les débouchés locaux suffisent. Jusque dans les années 1960, les chevaux continuent d'être élevés et exportés grâce à une jumenterie que Bernadette Lizet qualifie d'anachronique au regard de la situation française. Les chevaux partent sur de petites exploitations, par exemple au travail viticole dans le Midi[54]. Les éleveurs se approchent de leur syndicat d'élevage et des haras nationaux durant les temps difficiles des années 1960 et 1970, où seules les primes à l'élevage et les concours agricoles leur permettent de subsister[54]. L'INRA et l'Institut national agronomique effectuent différentes analyses démographiques et génétiques quant aux populations de chevaux de trait, toutes menacées. En 1980, les chercheurs en concluent que la race bretonne est victime de consanguinité, de dérive génétique, et de la disparition de ses structures de coordination. L'âge avancé de ses éleveurs rend sa situation précaire[55].

Sélection bouchère[modifier | modifier le code]
Traits bretons lourds de type boucher à Creyssac.

Seule la reconversion pour le marché de la viande permet à la race bretonne de subsister[56]. Les éleveurs locaux se montrent d'abord réticents, mais en 1978, l'éleveur de porc et fils d'étalonnier breton François Coatalem engage un partenariat avec les haras nationaux pour développer ce débouché. L'année suivante, il obtient la mise en place d'un quota d'abattage de chevaux d'origine française[54]. C'est toutefois l'ouverture vers le marché italien, grand consommateur de viande de cheval de trait, qui entraîne la vague d'engouement pour le cheval breton lourd et une sélection suivant de nouveaux critères. Dès lors, les chevaux sont recherchés les plus gros possibles en dépit des problèmes d'aplombs occasionnés, et s'élèvent en plein air intégral. Ce modèle d'élevage s'exporte dans le massif central et les Pyrénées[54]. En 1984, les allures des chevaux bouchers n'étant plus prises en compte, le test d'allures des étalons de type postier est supprimé[57]. La distinction entre les types trait et postier devient moins évidente[58]. En 1985, le haras d'Hennebont envoie un énorme étalon reproducteur de type boucher nommé Oscar à Bannalec, dans le Finistère[47].

Disparition du Centre-Montagne[modifier | modifier le code]

La sélection bouchère est fatale au Centre-Montagne qui, étant la plus petite des variétés de la race, est aussi considérée comme la moins adaptée à la production de viande. Les étalons Centre-Montagne ne parviennent plus à saillir les juments trop grandes qui leur sont présentées en liberté[57]. La disparition de ce type traditionnel de la race provoque un malaise chez les éleveurs, qui regrettent les « bonnes petites juments » du pays[58]. En réponse, ils montrent un nouvel engouement pour leur patrimoine et pour les chevaux plus légers à l'arrivée des années 1990[59].

Fertilité[modifier | modifier le code]

Les étalons bretons ont la réputation d'être gras et peu fertiles, d'où une mauvaise réputation : en 1985, en Ille-et-Vilaine, seules 30% des juments saillies par des étalons bretons sont pleines[60]. L'invention du spermogramme permet de corriger le problème en écartant les étalons les moins fertiles de la reproduction. L'introduction de l'insémination artificielle privilégie aussi de nouveaux critères de sélection : moins que le poids, les allures, les aplombs ou le modèle, c'est la fertilité qui est prise en compte pour l'agrément d'étalon. Il en résulte une baisse de diversité génétique, heureusement contrebalancée par la multiplication des élevages hors berceau dans les Pyrénées et le Massif central. L'insémination artificielle permet aussi d'obtenir le sperme d'étalon distants géographiquement et donc d'augmenter les choix possibles des éleveurs[61].

Regain des activités de loisir et politique d'expansion[modifier | modifier le code]

Antic, jument postière bretonne baie, pendant la qualification loisir organisée au haras national de Lamballe. Primée par l'IFCE.
Trait breton à La Rochelle.

À partir des années 1990, la vague du cheval de loisir, liée au retour à la terre des néo-ruraux, provoque un regain d’intérêt pour le postier d'attelage[62]. Bernadette Lizet y voit aussi une réaction à la disparition du type dit Centre-Montagne, les éleveurs souhaitent préserver les lignées légères du cheval Breton. Dès lors, le brillant des allures, le geste du genou et le trot soutenu sont à nouveau recherchés[59]. Une série de mesures est mises en place par les haras nationaux pour favoriser ce marché, dont l'interdiction de la caudectomie chez les chevaux de trait en 1996, vue comme une hérésie par certains éleveurs traditionalistes[63]. Les haras nationaux mettent aussi en place un nouveau type de communication, autour des attelages, et des villes se passionnent pour les loisirs équestres. À Loudéac, la fête du cheval est l'occasion de voir tous les types de chevaux bretons dans une démarche de valorisation de la culture régionale. Les concours d'utilisations traditionnelle et les routes du cheval de trait se multiplient[59]. Une nouvelle génération d'éleveurs prend la relève, issus de milieux non agricoles, ils acquièrent des chevaux bretons dans une démarche de conservationet d'utilisation pour les loisirs[64]. L'utilisation de chevaux Bretons au travail n'a pourtant pas cessé de diminuer jusqu'à l'arrivée du XXIe siècle : vers 1984, les maraîchers Bretons employaient encore 400 chevaux pour leur activité, mais en 2004, tous ou presque ont disparu[65].

Le cheval Breton bénéficie, comme le Comtois, d'une politique d'expansion régionale. Alors que les chevaux stationnés hors de Bretagne historique n'étaient pas comptabilisés au stud-book de la race, un recensement des élevages bouchers dans les Pyrénées et le Massif central permet, en une dizaine d'années, un doublement des effectifs (1 700 animaux recensés en 1990 contre plus de 3 400 en 2002[65]). Le marché de la viande s'effondre toutefois avec la construction européenne, qui favorise les importations[59]. Les haras nationaux accompagnent le mouvement de reconversion de la race vers les loisirs. Le haras national d'Hennebont se transforme en pôle cultuel conçu comme un musée de plein air et évite de montrer les éléments en rapport avec la viande. Le haras national de Lamballe s'investit davantage encore en menant une politique de soutien à l'élevage de loisir, au grand dam des éleveurs de lourd[66].

La race bretonne est gérée par le Syndicat des Éleveurs du Cheval Breton (SECB)[16] reconnu depuis le 23 avril 2003 comme association nationale de race[67]. Le syndicat de race a mené une politique d'ouverture aux éleveurs néo-ruraux, ce qui a permis de multiplier le nombre d'adhérents (de 500 à 1 400 après la politique d'ouverture[64]).

Types historiques de la race bretonne[modifier | modifier le code]

Historiquement, un très grand nombre de chevaux différents portent ou ont porté le nom de « Breton », ce qui explique que les armées cherchant jadis des chevaux de selle vifs pour les officiers et des chevaux d'artillerie pour la traction des canons pouvaient se fournir entièrement sur les foires de Morlaix ou de la Martyre[27]. Les différences entre les types de chevaux sont dues au sol et la nourriture : le littoral du Nord produit en général une nourriture abondante, tandis que les montagnes du centre offrent un environnement difficile pour l'élevage[68].

« Après l'introduction des chevaux dans cette contrée, ceux qui se sont reproduits sur les montagnes d'Arée ou dans leur voisinage sont restés sveltes et d'une taille plutôt petite que moyenne; ceux qui se répandirent sur les bords de la mer, sur les terres grasses et humides, se développèrent, prirent de fortes proportions et formèrent les variétés de trait léger ou de gros trait [...] Si la Bretagne avait été toute basse et humide, ou toute montagneuse et sèche, nous n'y trouverions qu'une seule sorte de cheval : la diversité du sol a créé des races diverses. »

— Eugène Gayot[69]

Le nom « cheval Breton » désigne par défaut le cheval de trait dès le XIXe siècle[70]. Les aptitudes variées de la race sont liées aux structures agricoles bretonnes : jusqu'aux années 1900, un même cheval devait être apte à tracter la herse au pas dans les champs et à se rendre au marché au trot sur les routes[71]. Les croisements du Breton avec des Percherons, des Boulonnais et des Ardennais sont souvent des échecs, ces étalons reproducteurs massifs ne convenant pas à la taille réduite des juments bretonnes[10].

Disparus[modifier | modifier le code]

Marc'h Land, un bidet breton gris truité d'1,48 m, tel que les paysans en montaient avant l'amélioration des routes.

Au début du XIXe siècle sont répertoriés comme chevaux bretons la « race de Léon », la « race du Conquet », les « chevaux nains d'Ouessant », les « bidets de Cornouaille », et « la race étique des monts d'Arrée »[32]. Tous ont disparu à l'époque actuelle, le bidet, notamment, a été transformé par croisements à la suite de la construction des routes, afin d'en faire un cheval d'attelage[72]. Le cheval de Corlay est une création du XIXe siècle, et le Centre-Montagne un descendant des bidets des contrées montagneuses, qui a connu une courte existence officielle de 1927 aux années 1980.

Race de Léon[modifier | modifier le code]

Dans les environs de Saint-Pol-de-Léon et de Morlaix était élevé le « cheval de Léon », de forte constitution. Une revue de 1859 le décrit comme suit : taille de 1,56 m à 1,64 m, robe généralement baie, quelquefois grise pommelée, rarement alezane, tête carrée et un peu lourde, chanfrein droit ou camus, ganache prononcée, encolure épaisse et un peu courte, crinière le plus souvent double, garrot peu sorti et charnu, épaules également charnues manquant d'inclinaison, croupe arrondie, large, généralement avalée, creusée sur la ligne médiane par un sillon profond, queue attachée bas et aux longs crins. La partie supérieure des membres est puissante, les jarrets sont larges et secs, mais les tendons sont peu détachés et le genou un peu effacé. Les boulets sont, comme la queue, garnis de longs crins. Le pied est grand, évasé et plat. Les chevaux sont néanmoins pleins d'énergie et de vivacité dans leurs allures, sobres et très-durs à la fatigue[73].

Le climat, la position et le sol de cette contrée font que le commerce équin est le principal revenu des habitants au milieu du XIXe siècle, chaque ferme possédant six à sept juments. Les étalons employés y sont fournis par l'administration des haras ou appartiennent à des particuliers. Les étalons fournis avant la révolution française par les états de Bretagne n'étaient pas des chevaux de trait, mais durant l'organisation du haras de Langonnet, des gros trait Bretons, Percherons et Boulonnais ont été envoyés dans le Léon[74].

Race du Conquet[modifier | modifier le code]

Cheval Breton du Finistère dans l'encyclopédie pratique de l'agriculteur, publiée par Firmin-Didot et Cie, tome 5, 1877.

Dans les environs de Saint-Renan, Trébabu et le Conquet, des chevaux de trait léger et carrossiers proviennent des haras entretenus dans cette contrée par de riches propriétaires, ainsi que des étalons qu'y plaçaient les États de Bretagne[75]. Peut-être issus du cheval de Léon, ils sont plus légers dans leurs formes et leur structure en raison des pâturages moins riches que sur le littoral. Ils ont été croisés avec des chevaux danois, allemands et normands importés par les États de Bretagne. De robe baie, quelquefois grise pommelée, leur taille varie de 1,48 m à 1,58 m. La tête carrée est assez légère, le chanfrein droit et quelquefois busqué, l'encolure bien proportionnée, le garrot assez sorti, les épaules moins chargées et un peu plus obliques que sur le cheval de Léon, le corps plus allongé, la croupe arrondie et séparée par un petit sillon, la queue attachée plus haut, les membres un peu grêles comparativement aux autres parties du corps, les boulets moins garnis de crins, les pieds moins évasés, moins plat. Ce cheval est énergique, sobre et dur au travail, mais manque de distinction dans son ensemble. C'est un excellent cheval d'arme pour la cavalerie de ligne[76].

Bidet[modifier | modifier le code]

Article connexe : Bidet (cheval).
Bidet Breton de Briec, sur une gravure de 1861.

Le bidet Breton (et le « double-bidet ») a été très recherché pour son amble, qu'il connait naturellement ou qui lui est inculqué. Il se trouve dans les environs de Briec et de Carhaix, dans les vallées et sur le couchant des monts d'Arrée, et sur le littoral du Morbihan. Les animaux sont peu homogènes, puisque généralement élevés par des paysans pauvres. Leur robe est surtout l'alezan sous différentes nuances, la taille est généralement petite, de 1,38 m à 1,40 m. La tête est carrée, camuse, un peu forte, mais sèche et ordinairement plaquée. L’œil est vif, l'encolure est droite et assez mince, le garrot peu développé, les épaules sèches, le corps arrondi, ample, court et ramassé, la croupe arrondie et basse, les membres forts, les jarrets larges et bien évidés mais quelquefois clos, les boulets très fournis de crins mais sans longs poils, les pieds très bien conformés. Les animaux des environs de Carhaix sont plus anguleux et ont un peu plus de taille que ceux de Briec et de Châteauneuf[76],[77]. La variété propre à Briec, ou «  bidet de Cornouaille », a connu une très grande popularité[78].

Au début du XIXe siècle, le bidet Breton est « en France, la monture de presque tous ceux que leur profession appelle à monter journellement à cheval »[76]. Il n'est pas rare de voir parcourir à des bidets de train des distances de trente à quarante kilomètres, à raison de vingt-quatre kilomètres à l'heure[79]. Ceux qui trottent ont des allures allongées et très vives, travaillant jusqu'à un âge avancé, sans que leurs aplombs et leurs membres n'en souffrent, tout en se contentant de peu de nourriture[76]. Cette sobriété lui a valu le surnom de « cosaque de la France » durant la campagne de Russie[78]. Dès les années 1850, le bidet devient, du moins au centre de la Cornouaille et du Morbihan, beaucoup moins recherché car l'état des voies de communication généralise l'usage de la traction hippomobile. Il n'est bientôt plus utilisé que dans son pays de naissance, malgré ses qualités de sobriété et de robustesse[76].

Cheval nain d'Ouessant[modifier | modifier le code]

La présence de « chevaux nains » est attestée à Ouessant par quelques rares sources. « Très recherchés et remarquables par leur vivacité et l'élégance de leurs formes, non moins que par l'extrême petitesse de leur taille », ils étaient déjà en nette diminution à l'époque de Jean-Baptiste Ogée. Ils sont croisés avec des étalons corses, proches de leur morphologie, au XIXe siècle[80]. François-Marie Luzel en a vu durant sa jeunesse, mais constate lors d'un voyage à Ouessant qu'ils ont disparu[81].

Chevaux de Saint-Brieuc, de Tréguier et de Lannion[modifier | modifier le code]

À gauche, cheval de race bretonne des Côtes-du-Nord, à droite, le cheval de Corlay.

D'autres types d'animaux sont répertoriés dans les Côtes-d'Armor, et notamment à Saint-Brieuc. Les chevaux de trait y sont proches de ceux du Léon, mais la robe est gris moucheté ou truité, gris pommelé et gris clair, quelquefois aubère ou baie, et la taille va de 1,48 m à 1,58 m. Ces chevaux se trouvent sur tout le littoral, depuis Saint-Malo jusqu'à Lannion, et sont achetés poulains par des cultivateurs des environs de Dinan et de Rennes, voire du Perche et de la Normandie[82].

Le cheval élevé à Tréguier est à diviser en deux variétés ; l'une, plus forte et plus commune que la race du Léon, existe principalement dans les environs de Lannion ; l'autre, beaucoup moins grande, mais bien établie et d'assez bonne conformation, se trouve dans les environs de Pontrieux. Le commerce principal de ces localités est celui des chevaux; les poulains sont vendus à 18 mois et 2 ans, et les mères font le travail des fermes[83].

Cheval de Corlay[modifier | modifier le code]

Article détaillé : cheval de Corlay.

Également connu sous le nom de « cheval léger de la montagne », son centre de production historique se situe dans les environs de Corlay. Avant la Restauration, la région ne donne que des bidets[84] sobres à l'état semi-sauvage[85]. En 1808, des étalons arabes et quelques Pur Sangs sont introduits et donnent par croisement le cheval de Corlay, monté dans des courses locales[85] grâce à la la vitesse héritée de ses ancêtres[17]. Il est désormais référencé comme un A.Q.P.S.[86], mesurant 1,50 à 1,55 m. Ses effectifs ont diminué très régulièrement[16], il a pratiquement disparu vers 1994[87]. La ville de Corlay a ouvert un musée pour retracer son histoire[88].

Centre-Montagne[modifier | modifier le code]

Également appelé « petit trait Breton » et historiquement issu des zones montagneuses, il s'agit de la plus petite des variétés de la race bretonne. Il est reconnu en 1927 parmi les types de la race, avec le trait et le postier, et toise alors environ 1,40 m. Il descend des bidets de montagne, et aurait survécu « parce qu'il y a toujours eu des éleveurs pour monter à cheval, dans la montagne »[89],[32]. Son exportation en Italie est à l'origine de la formation du trait italien, ou T.P.R. (Tiro pesante e rapido)[86] : au cours des XIXe siècle et XXe siècle, les agriculteurs italiens avaient tenté d'utiliser le trait belge pour améliorer leur cheptel local, mais la descendance s'est avérée trop lourde et lente pour le travail de traction demandé[90]. En Espagne, le Centre-montagne est à l'origine de l'Hispano-Breton, issu du croisement entre des juments du nord du Portugal et de l'Espagne avec des étalons bretons, au début du XXe siècle. L'Hispano-Breton est reconnu comme race autochtone de Castille depuis 1998[91]. Le Centre-Montagne a disparu de Bretagne dans les années 1980, du fait de la sélection pour la viande.

Types survivants[modifier | modifier le code]

Officiellement, les haras nationaux, le syndicat de la race et la plupart des éleveurs ne distinguent que deux types de chevaux Bretons : le trait et le postier. La différence de modèle s'explique par l'utilisation des chevaux, le trait Breton étant destiné à la traction lourde au pas (qui exige des chevaux un placement de l'encolure presque à l'horizontale), et le postier à la traction au trot (qui, au contraire, s'effectue avec l'encolure relevée)[92]. Les éleveurs Bretons mettent en avant les aptitudes mixtes de la race[71].

Postier Breton[modifier | modifier le code]

Postiers bretons dans une pâture à Daoulas

Le type postier, « fleuron de la race »[93], est considéré comme « l'un des plus précieux patrimoines zoologiques français »[94], un symbole de la « réussite zootechnique »[91], et l'exemple le plus notoire de la réussite d'un croisement[95]. Son nom vient de son utilisation historique pour tirer les chariots des postes[16]. Ses ancêtres ont été largement utilisés par l'artillerie de la Grande Armée, et décrits comme une version allégée du Suffolk Punch, un cheval de trait de Grande-Bretagne[17]. La forte demande en chevaux de poste au XIXe siècle pousse à des croisements avec des étalons normands et Percherons, faisant émerger un type dit « Trait Breton percheronisé »[32] et introduisant la robe grise dans la race[26].

Le postier proprement dit est développé à la suite des croisements des juments du Léon avec le trotteur Norfolk et le Hackney, au début du XXe siècle[95], sous l'influence de quelques aristocrates et notables de la région inspirés par le succès des chevaux anglais[96]. Ces croisements sont surtout motivés par la demande militaire en chevaux d'artillerie, et suivent la mode d'époque pour la recherche du sang[3]. Le postier Breton se fait notamment connaître en 1905 grâce au concours central hippique de Paris[3].

Il est plus léger et étendu dans ses allures que le trait[91]. Ses allures très soutenues lui permettent de tenir un train de 10 km/h en tirant le double de son poids[93]. Toisant environ 1,55 m, il est élevé principalement dans le centre de la Bretagne. C'est un bon cheval d'attelage capable de réaliser des travaux de trait léger[17]. La sélection pour la viande fait que lorsque le succès de l'attelage pousse les éleveurs à sélectionner à nouveau des chevaux plus légers (années 1990), peu de différences existent encore entre le type postier et le type trait, tous deux élevés au poids[97]. Dans les années 2000, au haras national de Lamballe, des postiers bretons rigoureusement sélectionnés sont croisés avec des chevaux de sang légers (trotteurs et Pur Sangs), dans le but d'obtenir en troisième génération des chevaux postiers plus légers à réintégrer parmi la race bretonne[66], avec peu de succès[97] : les éleveurs voient naître des chevaux hybrides au profil convexe[24], ils ont le sentiment de perdre leur race[66].

Trait Breton[modifier | modifier le code]

Étalon breton de type trait lourd, au salon international de l'agriculture.

Le trait Breton est issu de croisements avec des Ardennais et des Percherons effectués par les paysans pour leur travail agricole, afin d'obtenir des chevaux plus puissants, et aptes à tracter de pesants outils[98]. L'étalon « raceur » demi-Ardennais Naous, notamment, a eu une grande influence avant la Première Guerre mondiale[99]. Le trait Breton est très fort en rapport avec sa taille, originellement élevé dans la zone côtière du nord de la Bretagne, vers Merléac, il toise environ 1,60 m. Ce type en a absorbé un autre, plus ancien et plus lourd, le « Grand breton », qui a servi d'améliorateur pour de nombreuses autres races de trait[16]. Désormais élevé presque essentiellement pour sa viande, le trait Breton forme le type le plus fréquent chez la race, et peut peser la tonne[91].

Description[modifier | modifier le code]

Étalon postier breton.

Le cheval Breton est caractérisé par sa masse très imposante, donnant l'impression d'un cheval « excessivement éclaté dans ses deux bouts ». Ses membres courts le rendent « près de terre ». Il est très musclé aux épaules et aux cuisses[86]. Du fait des nombreux modèles de la race, la taille des animaux varie de 1,45 m minimum à 1,70 m pour les plus grands spécimens, bien que la moyenne se situe entre 1,55 m et 1,63 m, pour un poids de 750 kg[2],[100],[101]. Ce poids peut aisément atteindre la tonne pour les chevaux de boucherie[86].

Standard morphologique[modifier | modifier le code]

Article connexe : Morphologie du cheval.

En France, le cheval breton doit, pour être admis à la reproduction, être conforme à un standard morphologique. Il existe officiellement deux types : le trait, le plus compact, et le postier, plus léger, plus étendu dans ses rayons et ses allures[101]. Le Postier est, de manière générale, plus réputé que le trait et se rapproche davantage du cheval de sang[44].

Tête[modifier | modifier le code]

Tête d'une jument postier breton de robe baie.

La tête est courte et carrée, de volume moyen, au profil rectiligne (certaines lignées possèdent toutefois une tête camuse[100]) et au front large, de taille moyenne, bien proportionnée, avec des naseaux larges et bien ouverts, recherchée expressive et avec l’œil vif. Les oreilles sont petites et très mobiles, assez basses[16],[102],[100],[101].

Avant-main, corps et arrière-main[modifier | modifier le code]

L'encolure est généralement courte (mais recherchée longue), forte, large et très musclée, légèrement courbée et bien greffée. Le poitrail est très éclaté, la poitrine profonde, le garrot souvent écrasé et peu apparent. L'épaule, souvent courte (mais recherchée longue) et oblique, est attachée à un corps compact, au dos court, tendu, large, puissant et fort. Le cheval a du coffre et ses côtes sont arrondies. L'arrière-main est très puissante, dotée d'une croupe large, arrondie, et souvent double[16],[102],[86],[100],[101].

Membres[modifier | modifier le code]

Les membres sont courts mais puissants, avec des jointures larges, des pieds bien formés et d'abondants fanons[16],[102]. Les cuisses et les avant-bras sont très musclés, les canons courts et secs[100],[101]. Les genoux sont, par contre, relativement bas. Les membres antérieurs parfois mal appuyés peuvent donner aux chevaux une irrégularité d'allure et les faire billarder[86]. Ces membres courts donnent au cheval Breton un aspect ramassé, qui s'explique par son utilisation historique sur des exploitations au terrain accidenté, nécessitant une meilleure accroche que sur les terrains plats[103].

Robes[modifier | modifier le code]

Article connexe : Robe du cheval.

Le Breton porte habituellement une robe alezane, souvent avec des crins lavés, mais son standard accepte aussi le bai, l'aubère, le rouan, le noir, le noir pangaré et le chocolat[101]. Si des encyclopédies affirment que le gris est accepté[16], ce n'est pas le cas selon la version du 26 mai 2011 du règlement du stud-book de race[101]. La raison s'explique sans doute par le fait que la robe grise est issue des croisements avec le Percheron[26].

Historiquement, la mode de la robe alezane a rendu le bai beaucoup moins fréquent[104] : dans les années 1970, les juges des concours se sont appliqués à écarter les sujets autres qu'alezans[24]. La raison est peut-être à chercher, ainsi que l'affirme un éleveur belge, dans les croisements effectués avec des chevaux Ardennais, qui sont presque toujours de robe baie : les éleveurs bretons ont cherché à éliminer la robe baie de leurs élevages, peut-être pour effacer cette particularité qui leur rappelle trop les croisements et le métissage[105]. L'alezan foncé ou brûlé et l'aubère foncé sont désormais particulièrement recherchés. La plupart des chevaux portent beaucoup de marques blanches, dont de hautes balzanes et une large liste en tête, dite « belle face »[100], en raison de la présence du gène sabino parmi les ressources génétiques de la race. Toutefois, le stud-book tente désormais de limiter la présence du blanc. Le blanc a mauvaise réputation, la corne blanche des sabots est réputée moins solide et les poils blancs sur le ventre donneraient des maladies d'après les éleveurs[24].

Tempérament et entretien[modifier | modifier le code]

Ce cheval est réputé robuste, rustique et travailleur, ni exigeant, ni lunatique, familier et gentil[1]. Malgré sa masse et ses membres courts, il possède des allures actives, et notamment un trot vif. Sa bonne résistance aux climats chauds est appréciée à l'exportation[102]. Lorsqu'en 1917 la création d'une race de chevaux de trait est préconisée au Maroc, le Breton est proposé pour l'importation et les croisements[106]. Il en est de même en Algérie en 1913[107].

Une particularité documentée du cheval Breton est celle de se nourrir d'ajoncs, au point de braver les piquants pour attraper de jeunes pousses au bord des fossés[108]. Yann Brekilien rapporte même un proverbe populaire : « Cheval de jonc, cheval Breton », ajoutant que les paysans hachaient la plante pour en nourrir leurs chevaux au lieu d'utiliser l'avoine, et que les bêtes s'en accommodaient très bien[109].

Sélection[modifier | modifier le code]

Le poulain Dolmen, un bai porteur du gène sabino, écarté du stud-book en raison de sa robe.

Le syndicat des éleveurs du cheval breton a vocation à représenter la race, sélectionner et l'améliorer le cheptel, et rassembler les éleveurs et personnes concernées par le cheval breton[110]. En 2003, pour la sélection des animaux, son attention est portée sur la fertilité des étalons[111] et la limitation des marques blanches. La robe pie est en effet interdite par le standard de race. La jument Dame de Pique et l'étalon Océanique ont toutefois transmis de grandes marques blanches à leur descendance, les éleveurs parlent même d'un « empoisonnement des robes »[112]. Les poulains dont les balzanes montent au-dessus des articulations sont généralement vendus pour la boucherie, et les marques blanches ne doivent idéalement pas dépasser le dessus du sabot ni l'étoile en-tête[113]. Cette orientation a été incluse en 2009 au règlement du stud-book de la race, qui prévoit le refus des marques blanches en dehors de la tête et des membres, des balzanes dépassant la base du jarret et le canon, et de la liste prolongée par un ladre ou du blanc sur les naseaux et aux lèvres[101]. C'est ainsi que le poulain Dolmen, né le 13 avril 2013 avec le gène sabino (et donc du blanc étendu), a été écarté du stud-book de la race malgré l'inscription de ses deux parents et son identification en règle. Une pétition a été créée pour le faire accepter[114].

Les éleveurs cherchent aussi à alléger le modèle postier pour le sortir du créneau hippophagique, et à l'adapter pour l'attelage de compétition et de loisir[49]. Les poulains issus d’insémination artificielle et de transfert d’embryon sont inscriptibles au stud-book[101]. Les poulains enregistrés peuvent être marqués d'une hermine, symbole de la Bretagne, sur le côté gauche de l'encolure[16],[101].

Utilisations[modifier | modifier le code]

Les chevaux Bretons les plus lourds, comme ceux-ci, à Creyssac, restent majoritairement élevés pour leur viande.

Historiques[modifier | modifier le code]

Le cheval Breton est historiquement un animal de travail, recherché par les militaires. Ses qualités lui ont valu d'être croisé pour améliorer d'autres races, et de faire naître des mules.

Dans le monde paysan[modifier | modifier le code]

Observation d'un officier des haras français en 1842

On conçoit l'amour des Bretons pour leur race native, quand on les voit franchir d'énormes distances doucement portés sur ces petits chevaux dont la vitesse égale celle des plus rapides trotteurs[79].

De nombreuses sources d'époque témoignent du statut du cheval breton dans le monde paysan, et de l'attachement, l'animal étant à la fois « l'outil de travail et l'orgueil » des Bretons[115]. Cet orgueil est si grand « qu'il n'est pas rare de voir, les jours de marché, venir aux villes des charrettes fort peu chargées, traînées par cinq ou six forts chevaux ». Cette coutume appartient surtout au pays de Léon[116]. Paul Sébillot rapporte un proverbe : « Bon dieu d'en haut, prends ma femme, laisse les chevaux ». L'animal est utilisé pour une foule de travaux : déplacer des matériaux tels que la pierre et le bois, labourer, tirer la herse, transporter des personnes, porter des produits de la ferme au marché, ramasser le goémon, etc[115]. La taille d'une ferme est même comptabilisée en chevaux[93].

Les Bretons des montagnes montent à cheval sur une bonne partie du XIXe siècle[Note 3]. « Rien n'est plus curieux que de les voir, au retour des foires et marchés, serpenter au flanc des collines ». Leur harnachement consiste ordinairement en un léger bât, garni d'une peau ou d'un coussin, serré au milieu par une sangle. La bride est dure, les étriers sont remplacés par deux cordes doubles, dans lesquelles le pied s'enfonce jusqu'au talon. Les cavaliers se tiennent droits et parfaitement d'aplomb. Leurs genoux sont relevés à la hauteur de l'arçon. Ils se rendent aux « Pardons », aux baptêmes, aux enterrements, aux plaisirs ou aux affaires de la famille, mais c'est surtout aux noces que la chevauchée est de rigueur : « malheur au convive qui n'a pas un cheval à monter dans cette occasion solennelle, honneur à celui qui possède un brillant et surtout un rapide bidet, car la fête ne sera pas complète s'il ne se fait plusieurs courses en l'honneur du jeune ménage »[117]. Ces courses ne sont pas réservées qu'aux périodes de noces, puisqu'il s'agit d'une tradition et d'un honneur dans les villages. Le vainqueur attache une branche de laurier à la tête de sa monture, un bidet des montagnes « relativement laid et petit ». L'animal est monté par un adolescent de douze à quinze ans. Ils courent à dix ou douze à la fois, quelquefois plus, sur des terrains accidentés et sans tomber[118].

Dans le monde militaire[modifier | modifier le code]

Le cheval Breton a une bonne réputation militaire, et en temps de guerre, il servait surtout de cheval d'artillerie[115]. Il est apprécié par les armées napoléoniennes pour sa résistance durant la campagne de Russie, il l'est plus tard pour la guerre de Crimée[119]. Cependant, l'empereur Napoléon Ier aurait refusé d'en intégrer à son haras personnel car les chevaux proposés étaient castrés, et lui-même n'y acceptait que des entiers[120]. Un classement des chevaux français les plus résistants aux campagnes militaires, effectué de 1845 à 1854, donne la remonte de Guingamp (faite de chevaux bretons) en tête[119].

Actuelles[modifier | modifier le code]

Le Breton possède des capacités variées en raison des différents types de la race. Les plus petits et légers peuvent être utilisés sous la selle et pour un travail de trait léger et rapide, tandis que les plus lourds sont idéaux pour la traction lourde et les travaux d'agriculture, bien qu'ils restent majoritairement élevés pour leur viande. La demande pour les loisirs reste assez faible et l'hippophagie constitue toujours le principal moteur économique de l'élevage[64].

Production de viande[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Hippophagie et Viande de cheval.

Le principal débouché du cheval Breton est la production de viande. Il est particulièrement apprécié des éleveurs en raison de sa rusticité et de sa croissance rapide, permettant de produire une viande de qualité en peu de temps[102], notamment à destination du marché italien, grand consommateur de jeune viande chevaline. Le syndicat de la race estime que le maintien de cette production est indispensable en dépit des controverses qu'elle suscite[121].

Loisir et compétition[modifier | modifier le code]

L'équipe bretonne sur la Route du poisson de 2012.

Toutefois, il cherche désormais à positionner le cheval Breton dans le secteur des loisirs et de la « compagnie » en le recommandant pour la promenade montée et attelée, et dans les clubs d'équitation (dans lesquels il peut aussi réaliser les travaux de cour et d'écurie, ou être monté pour la voltige en cercle)[121]. L'essor de l'équitation de loisir et du tourisme équestre, attelé en particulier (la Bretagne étant l'une des régions où ce secteur est le plus développé, avec plus de 600 km de chemins balisés[93]), a permis à la race de trouver de nouveaux débouchés dans la traction de roulottes et de chariots bâchés. Le cheval Breton est également attelé dans des fêtes de villages et des défilés costumés, il est représenté dans nombre de fêtes bretonnes, mais aussi dans des spectacles à Paris[121],[122]. On le retrouve attelé à des calèches de promenade, ou pour des mariages et des réceptions[121].

Contrairement à bien d'autres races de trait, le postier Breton a toujours été utilisé à la traction[123]. Ils peuvent s'essayer à l'attelage de compétition, secteur qui a très fortement progressé depuis 1995 avec des concours d'utilisation organisés par les haras nationaux français, et des concours ouverts aux jeunes chevaux de toutes les races, organisés par la société hippique française et la fédération française d'équitation. Le cheval Breton dispute ses concours attelés sur quatre épreuves en général, la présentation et le dressage, le marathon, la maniabilité et la traction[121].

Travail et entretien des espaces verts[modifier | modifier le code]

Trait breton en démonstration de labour à la Fête du Cheval du Poney et de l'Âne, à Rennes.

Le cheval Breton est de retour au travail, restant une aide précieuse pour le débardage forestier, les cultures maraîchères, et les passages minutieux entre les pieds de vigne. La race est utilisée sur de petites exploitations[102], les légumiers de la « ceinture dorée », dans le Finistère nord, l'ont adopté dans leurs champs d'artichauts, de choux-fleurs et de pomme de terres[122],[121] pour le binage, le battage et le transport des têtes de légumes : son utilisation permet de ne pas tasser le sol à l'approche de l'hiver[32]. De plus, le fumier produit par le cheval est valorisé, au point que dans les années 1980, il rapporte davantage à la revente que ne coûte la nourriture de l'animal[124]. Ces chevaux recueillent aussi des algues sur les plages bretonnes, notamment du goémon en pays Bigouden[122]. Le syndicat de race promeut son retour en ville, pour l'entretien des parcs, les travaux d'entretien et de voirie[121]. Depuis 2007, le festival interceltique de Lorient emploie un trait Breton pour la collecte des déchets, l’expérience devant être étendue en 2011[125]. Une épicière de Pluherlin a créé une « équicerie » grâce à une roulotte aménagée et à Stourm, son postier Breton. L'attelage parcourt chaque jour les quinze kilomètres separant Pluherlin et Rochefort-en-Terre, afin de faire des livraisons à domicile[126]

Une autre utilisation de la race est l'entretien des espaces verts par la consommation des végétaux[122], dans des zones de déprise agricole et des zones naturelles sensibles, grâce à sa rusticité. Le cheval Breton est testé dans les régions marécageuses, les dunes et les landes, ainsi qu'à l'estive avec d'autres herbivores. L'une des plus célèbres expériences concerne la forêt de Brocéliande[121].

Croisements et production de mules[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mule des Pyrénées.

Le Breton est ou a été lui-même beaucoup utilisé pour améliorer d'autres races de chevaux. Il influence significativement le cheval canadien, puisque des membres de la race ont été envoyés en Nouvelle-France (Canada) au cours du XVIIe siècle. Il est également utilisé pour croiser avec le Franches-Montagnes suisse, et d'autres races de trait lourd[16]. Après la Seconde Guerre mondiale, un étalon Breton est utilisé pour améliorer le trait du Schleswig, en Allemagne[127]. Des Bretons sont envoyés en Inde pour produire des mules, et à l'élevage de Saharanpur, ils sont croisés avec l'étalon anglo-arabe Mystère pour produire des chevaux carrossiers[128]. Le Breton donne aussi des mules, par croisement avec l'âne grand noir du Berry ou le baudet catalan. En Espagne, le trait Breton est à l'origine de l'Hispano-Bretón, cheval de trait majoritairement destiné à la production de viande[129].

Diffusion de l'élevage[modifier | modifier le code]

Article connexe : Élevage du cheval en France.
Logo du syndicat des éleveurs du cheval breton.
L'entrée ouest du haras national de Lamballe, avec deux chevaux Bretons au travail.

En Bretagne et en France[modifier | modifier le code]

Le Breton est l'un des chevaux de trait français dont les effectifs sont les plus importants[10], fin 2012, on compte environ 15 000 chevaux et 3 200 éleveurs[130]. Avec 4043 immatriculations en 2007, le Breton a représenté 28 % du total des chevaux de trait[93]. Il connaît aussi une forte progression puisqu'en 2001, les 3418 immatriculations de la race représentaient alors 19 % des chevaux de trait[2]. Le nombre d'éleveurs a lui aussi progressé, passant de 2599 en 2001 à 2811 en 2002[2]. En 2010, il tend à se stabiliser, avec 4 037 nouvelles immatriculations en 2008 contre 4 053 en 2007, accompagnées d'une très légère diminution des juments saillies, des étalons en activité et du nombre d'éleveurs[1],[Note 4]

L'expansion du cheval Breton est comparable à celle du Comtois, avec un doublement des effectifs entre les années 1990 et le début des années 2000. Il est, comme ce dernier, adapté à la moyenne montagne, de robe principalement alezane, et élevé de manière extensive à destination de la boucherie[123].

Année 1992 1996 2000 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011
Nombre de poulinages en France[1]. 1772 2221 3286 3508 3653 3879 4072 4063 3894 3807 3497
Pouliche bretonne baie née à l'élevage de Kerloc, à Saint Fiacre.

Si la population de la race reste réduite en comparaison avec les chevaux de selle populaires, elle a été remarquée par les chercheurs pour sa riche diversité génétique[131]. En 2002, 63 % des étalons sont stationnés en dehors de Bretagne[10], les anciennes restrictions d'enregistrement n'ont pas empêché l'élevage de se répandre dans toute la France et autour du monde[18], notamment en Italie et au Japon. La plupart des naissances hors Bretagne ont lieu en moyenne montagne, dans le massif central et les Pyrénées[123]. Toutes races confondues, la Bretagne recèle environ 50 000 chevaux[93].

Les restrictions ont posé un problème de perte génétique lors de l'enregistrement des poulains Bretons au registre d'élevage, car pendant longtemps, seuls les animaux nés dans le berceau d'origine, la Bretagne historique, pouvaient y figurer[10]. Désormais, la notion de berceau n'existe plus et tous les chevaux issus de parents eux-mêmes Bretons sont automatiquement inscriptibles au registre d'élevage[132]. Une politique d'enregistrement à titre initial a aussi permit une forte augmentation des effectifs de la race[1].

Le cheval Breton reste élevé principalement au haras national de Lamballe (qui effectue une présentation de ses animaux chaque année[133]), à celui d'Hennebont (la parade annuelle de ses étalons attire des milliers de visiteurs[134]) et autour de La Roche-sur-Yon[18]. En 2008, la grande majorité des éleveurs sont localisés en Bretagne, les autres en Auvergne, Midi-Pyrénées, Aquitaine, Pays de la Loire et Limousin[135]. Le cheval Breton est visible chaque année au salon du cheval de Paris et au salon international de l'agriculture. Le syndicat de la race compte 1200 adhérents en 2002[122].

Dans le reste du monde[modifier | modifier le code]

Ce cheval continue d’être exporté autour du monde, pas seulement pour le marché de la viande puisqu'au début du XXIe siècle, une cinquantaine d'étalons reproducteurs partent chaque année améliorer des souches locales, ou pour le travail agricole. Le Brésil importe un ou deux chevaux chaque année, et constitue le seul pays étranger à posséder un registre d'élevage de la race bretonne. L’Espagne, l'Italie et l'Afrique du Nord sont les trois autres principaux importateurs[136].

Cheval Breton dans la culture[modifier | modifier le code]

Jean-Jacques Séité, débardeur professionnel, et son hongre breton Oscar lors d'une démonstration de maniabilité à la voix

Le cheval Breton est incontestablement un patrimoine culturel[130], si la culture marchande historique de la Bretagne a disparu avec la motorisation[44], un attachement profond reste entre éleveurs, utilisateurs, et chevaux bretons[27], teinté d'une certaine nostalgie de l'âge d'or de ce cheval de trait[44]. Les habitants témoignent d'un certain régionalisme à travers l’intérêt pour leurs chevaux, leurs concours d'élevages, et les foires qui attirent un public nombreux[122]. De même, le marché touristique européen contribue à une folklorisation des chevaux et des paysans bretons[137]. Cet attachement est proche d'une « parenté totémique » : l'éleveur de Bretons emploie par exemple le « nous » pour parler de ses chevaux et de lui, ou de l'ensemble des éleveurs et chevaux de son pays[138]. Il évoque le gwad keseg, le « sang de cheval », pour parler de la passion qu'il « a dans le sang ». Pour tout breton, Landivisiau est aussi le symbole du commerce des chevaux[22].

Cette place culturelle est transparente dans les écrits et les chansons anciennes. Dans le Barzaz Breiz, rapporté par Théodore Hersart de la Villemarqué, le cheval est un symbole guerrier, comme en témoigne le barde Gwenc'hlan dans sa prophétie comparant le roi à un cheval marin[139] :

Diougan Gwenc'hlan. La prophétie de Gwenc'hlan, traduction française.
Me wel ar morvarc'h énep tont,
Ken a gren ann aot gand ar spont.
Dalc'h mat ta, dalc'h mat ta, morvarc'h;
Darc'b gand hé benn, darc'h mat ta, darc'h[139]
Je vois le cheval de mer venir à sa rencontre
Et faire trembler le rivage d'épouvante
Tiens-bon ! Tiens-bon, cheval de mer
Frappe-le à la tête, frappe fort, frappe ! »[140]

La gloire de la chevalerie [...] doit revenir en partie à la Bretagne : c'est dans ses frais vallons que s'élevaient les destriers de Tristan du Léonnais, et des Preux de la Table Ronde; c'est sur ses collines sauvages que bondissaient les cavales de la tendre Guenièvre et d'Iseult de Cornouailles[139].

Un auteur du XIXe siècle remarque que toutes les contrées où la chevalerie est célébrée sont aussi réputées pour la qualité de leur élevage équin[141]. En dehors de la légende, le cheval Breton, utilisé jusqu'au XXe siècle comme moyen de locomotion, est associé à tous les événements de la vie. Sa présence en nombre lors des grands rassemblements populaires, tels que les pardons, les foires ou même les mariages, est également l'occasion d'organiser des cavalcades et des courses[142]. Animal indispensable au paysan, il fait même l'objet de fêtes particulières, comme le jour de la Saint-Éloi[143], où l'on cherchait à obtenir la bénédiction du Saint pour son cheval. Les paysans se rendaient en pèlerinage avec une offrande, généralement un fer à cheval, afin de prier et de se faire bénir. Ils arrosaient ensuite les parties génitales de leurs chevaux à une fontaine, un rite de fécondité lié à l'arrivée d'un futur poulain, signe d'abondance. Le rite était si populaire qu'à Quistinic, la fréquentation du pardon en juillet a obligé la construction d'une nouvelle fontaine au XIXe siècle. À Saint-Éloy, le pardon du jeudi de l’ascension attirait des fidèles de toute la France. Il en est de même à Saint-Péver depuis 1888, où les chevaux se baignent dans un étang[93].

L'attachement des paysans bretons pour le cheval de leur pays ainsi que le statut de celui-ci sont largement mis en scène dans Le Cheval d'orgueil de Pierre-Jakez Hélias, adapté au cinéma par Claude Chabrol en 1980[144]. D'autres œuvres parlent de chevaux bretons sans en faire leur sujet principal, Honoré de Balzac en mentionne ainsi dans son roman Les Chouans[145].

La peintre Rosa Bonheur a eu plusieurs fois l'occasion de travailler sur des chevaux Bretons[146]. La place de Callac s'est vue offrir par le ministère de la culture en 1958 une statue du célèbre étalon reproducteur Naous, réalisée à la fin de la vie du cheval. En 1983, la mairie de Landivisiau a érigé la statue d'un cheval Breton à l'endroit où se tenait jadis son célèbre marché au chevaux, qui attirait de très nombreux maquignons[99].

Le domaine de Ménez-Meur, dans les monts d'Arrée, accueille une maison du cheval Breton[147]. En 1998, Jean-Maurice Colombel créé une exposition autour du cheval et des hommes, qui a été vue à Rennes, Vannes, Vitré et Hennebont, entre autres, jusqu'en 2003[148]. Un postier Breton, Naer (signifiant « Serpent », en Breton), joue avec son dresseur Laurent Jahan un numéro de combat médiéval, présenté notamment à cheval Passion[149]. Il s'est taillé depuis une solide réputation de cheval de spectacle, et tourne dans toute l'Europe et à New-York[150].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Longtemps considéré comme une invention de La Villemarqué, ce chant a été récemment réhabilité, car issu d'un véritable travail de collecte. Voir entre autres Joseph Vendryes, Études celtiques, Volume 27, Société d'Éditions "Les Belles Lettres", 1990, p. 398
  2. La plupart des hippologues s'accordent cependant pour affirmer que ce type de croisement très ancien, s'il a pu avoir lieu, n'a généralement pas laissé de grandes traces sur les chevaux, et se révèle plus proche d'une légende populaire que d'une vérité historique
  3. L'une des particularités de la Bretagne sur les autres provinces françaises est la non-utilisation de l'âne : même les paysans les plus pauvres se doivent de posséder au moins un cheval
  4. Le terme d'« éleveur » s'applique à toute personne en possession d'au moins une jument mise à la reproduction.

Références[modifier | modifier le code]

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  147. Alain Stéphan, Guide du Finistère, éditions Jean-paul Gisserot, 2004, (ISBN 2877477363 et 9782877477369), p. 57
  148. Colombel et Simon 2003, p. 5
  149. « Le charme des crinières d'or 2010 », Cheval magazine (consulté le 28 août 2011)
  150. Charlotte Clergeau, « Une légende bretonne sur les planches », Cheval magazine, no 501,‎ août 2013, p. 52-53

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • Louis Moll et Eugène Nicolas Gayot, La connaissance générale du cheval: études de zootechnie pratique, avec un atlas de 160 pages et de 103 figures, Didot,‎ 1861, 722 p. (lire en ligne) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Éphrem Houël, Traité complet de l'élève du cheval en Bretagne, E. Tostain,‎ 1842 (lire en ligne) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • J. A. Barral, Journal d'agriculture pratique, vol. 1, Librairie agricole de la maison rustique,‎ 1859 (lire en ligne) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Les Origines du cheval breton, A. Prud'homme,‎ 1931, 292 p.
  • Jean Yves Marie Moysan, La Sélection du cheval breton par les épreuves..., impr. de R. Foulon,‎ 1941, 76 p.
  • Philippe Lacombe, « Corps, cultures et techniques : entre tradition et modernité », dans Corps et sociétés, L'Harmattan,‎ 2001 (ISBN 2747502937 et 9782747502931), chap. 23 de Histoire & anthropologie Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Marcel Mavré, Attelages et attelées : un siècle d'utilisation du cheval de trait, France Agricole Éditions,‎ 2004, 223 p. (ISBN 9782855571157, lire en ligne) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Judith Draper, Le grand guide du cheval : les races, les aptitudes, les soins, Éditions de Borée,‎ 2006, 256 p. (ISBN 9782844944207, lire en ligne) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Dominique Auzias et Jean-Paul Labourdette, Le Petit Futé Finistère, Petit Futé,‎ 2009, 334 p. (ISBN 2746925680 et 9782746925687) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Dominique Auzias, Caroline Michelot, Jean-Paul Labourdette et Delphine Cohen, La France à cheval, Petit Futé,‎ 2010, 227 p. (ISBN 2746927829 et 9782746927827) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Études universitaires[modifier | modifier le code]

  • Yvon Le Berre, « Les grandes étapes de la création du cheval Breton », Ethnozootechnie, no 30,‎ 1982, p. 15-26 (ISSN 397-6572)
  • Bernadette Lizet, La bête noire: à la recherche du cheval parfait : France Mission du patrimoine ethnologique, Éditions MSH,‎ 1989, 341 p. (ISBN 2-7351-0317-X, lire en ligne) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Joelle Corre, Landivisiau, capitale du cheval Breton au XXe siècle, Brest, Mémoire d'histoire contemporaine - université de Bretagne occidentale,‎ 1993
  • Marie Cegarra, L'animal inventé: ethnographie d'un bestiaire familier, L'Harmattan,‎ 1999, 189 p. (ISBN 9782738481344) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Jacques Mulliez, Le cheval breton aux XVIIe et XVIIIe siècles : Actes des conférences 1990, Rennes, Université des Enclos et des Monts d'Arrée - Presses universitaires de Rennes,‎ 2000, p. 82-97
  • Bernadette Lizet, « Mastodonte et fil d'acier. L'épopée du cheval breton », La ricerca folklorica Retoriche dell'animalità. Rhétoriques de l'animalité, no 48,‎ 2003, p. 53-70 (lire en ligne)

Encyclopédies de races[modifier | modifier le code]

Ouvrages et articles régionaux[modifier | modifier le code]

  • Y. Rochard, « les haras de Lamballe », Ar Men, no 72,‎ décembre 1995
  • Yvon Le Berre, Un siècle de cheval breton, Association Le Breton et son cheval,‎ 1999, 64 p. (ISBN 2951482108 et 9782951482104)
  • Gérard Alle (ill. Gilles Pouliquen), Le cheval breton au travail, Coop Breizh,‎ 2002, 176 p. (ISBN 2843461693 et 9782843461699)
  • M. Le Gall, « Du cheval en Bretagne au cheval breton », Kreiz breizh, no 4,‎ 2002, p. 12-20
  • Jean-Maurice Colombel et François Simon, Des chevaux et des hommes Bretons, Rennes, Éditions La Part Commune,‎ 2003, 141 p. (ISBN 2844180507 et 9782844180506) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Yvon Le Berre, Les quatre saisons du cheval breton, Cloître éd.,‎ 2003, 74 p. (ISBN 2910981983 et 9782910981983)

Articles de vulgarisation[modifier | modifier le code]

  • A. Fougères, « Le Breton : le roi des lourds », Cheval pratique, no 7,‎ 1990, p. 38-41
  • F. Racic, « Le Breton », Atout cheval, no 4,‎ 1998, p. 81-85
  • F. Racic, « Le breton...comme ils l'imaginent », Atout cheval, no 17,‎ 1999, p. 72-77
  • « Le breton : la marque de l'hermine », Attelages magazine, no Hors Série 2,‎ 2002, p. 38-41
  • A. Puig, « Le breton dans tous ses états », Sabots, no 1,‎ 2002, p. 33-35
  • Yvon Le Berre, « Le breton », Sabots, no 8,‎ 2004, p. 38-39
  • A. Poirier, « Corlay, cœur breton », Of course, no 10,‎ 2005, p. 68-71
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