Charles Ier de Sicile

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Charles Ier d'Anjou
Charles Ier d'Anjou, comte de Provence, intronisé par le pape Clément IV comme roi de SicileFresque de la Tour Ferrande à Pernes-les-Fontaines
Charles Ier d'Anjou, comte de Provence, intronisé par le pape Clément IV comme roi de Sicile
Fresque de la Tour Ferrande à Pernes-les-Fontaines
Titre
Roi de Sicile

(&&&&&&&&&&&0608516 ans, 7 mois et 28 jours)
Prédécesseur Manfred
Successeur Pierre Ier
Roi de Naples

(&&&&&&&&&&&0694119 ans, 0 mois et 1 jour)
Prédécesseur Manfred
Successeur Charles II
Comte d'Anjou et du Maine
12461285
Prédécesseur Domaine royal
Successeur Charles II
Comte de Provence et de Forcalquier
12461285
Prédécesseur Raimond Bérenger IV
Successeur Charles II
Roi titulaire de Jérusalem
12771285
Prédécesseur Hugues III de Lusignan
Successeur Jean II de Lusignan
Biographie
Dynastie Maison capétienne d'Anjou-Sicile
Date de naissance
Lieu de naissance Paris
Date de décès (à 58 ans)
Lieu de décès Foggia
Père Louis VIII le Lion, roi de France
Mère Blanche de Castille
Conjoint Béatrice de Provence
Marguerite de Bourgogne
Enfant(s) Louis
Blanche
Béatrice
Charles II
Philippe
Robert
Isabelle

Charles Ier de Sicile
Liste des rois de Sicile

Charles d'Anjou () est un prince français, dernier fils du roi de France Louis VIII le Lion et de Blanche de Castille. Investi comte d’Anjou et du Maine par son frère le roi Louis IX en 1246, il est également comte de Provence par son mariage avec Béatrice de Provence la même année.

En 1266, il conquiert la Sicile des Hohenstaufen et en devient le roi sous le nom de Charles Ier. Il est chassé de l'île par les Vêpres siciliennes en 1282, mais reste souverain de Sicile péninsulaire (ou roi de Naples) jusqu'à sa mort. Il revendique également des titres dans l'Orient latin : roi d'Albanie à partir de 1272, roi titulaire de Jérusalem à partir de 1277, prince d'Achaïe à partir de 1278.

Biographie[modifier | modifier le code]

Comte de Provence[modifier | modifier le code]

Statue de Charles d'Anjou, à Hyères.

Charles est le dernier fils de Louis VIII le Lion et de Blanche de Castille, né quelques mois avant la mort de son père en novembre 1226[1].

En 1246, il épouse Béatrice de Provence (1234-1267), comtesse de Provence et de Forcalquier (1245-1267), fille du comte Raymond Bérenger V et de Béatrice de Savoie. Par ce mariage, il devient lui-même comte de Provence et comte de Forcalquier (1246-1267), titres qui continuent à lui être donnés par courtoisie après son veuvage et son remariage.

À l'occasion de ce premier mariage, son frère le roi de France Louis IX, dit Saint Louis, le crée comte d'Anjou et comte du Maine (1246-1285), créant de ce fait la seconde dynastie angevine.

En croisade[modifier | modifier le code]

En 1248, il participe, au côté de son frère, le roi Louis IX, à la septième croisade. Il le suit en Égypte et est fait prisonnier comme lui après la bataille de Mansourah (1250). Rendu à la liberté, il rentre en France avec son frère Alphonse de Poitiers en mai 1250 et prend possession de son héritage provençal. Suite à des rébellions, il soumet Arles, Avignon et obtient la soumission de Barral Ier des Baux en juin 1251, puis de Marseille en 1252.

Le Hainaut[modifier | modifier le code]

Marguerite II de Flandre ne voulant pas céder le comté de Hainaut à Jean d'Avesnes le cède à Charles. Il s'y rend une expédition mais ne parvient pas à soumettre Valenciennes en 1254, manquant même d'être tué lors d'une escarmouche. De retour de Terre Sainte, son frère Louis IX l'oblige à renoncer au Hainaut et clôt ainsi la guerre de Succession de Flandre et du Hainaut.

Les ambitions italiennes[modifier | modifier le code]

Tombeau de Charles Ier de Sicile à la basilique de Saint-Denis (France).

En 1264, le pape Urbain IV fait appel à Charles contre son ennemi Manfred de Hohenstaufen, bâtard de l'empereur Frédéric II et roi de Naples et de Sicile. Charles d'Anjou est investi du royaume de Sicile par le pape Clément IV. Il réussit à s'emparer du royaume de Naples en battant Manfred qui est vaincu et tué lors de la bataille de Bénévent en 1266. Deux ans plus tard, il bat le neveu et héritier de Manfred, Conradin à Tagliacozzo, puis le fait exécuter. Il réprime sévèrement les populations de certaines villes rebelles à son règne, telle que Lucera dont la population musulmane est passée au fil de l'épée après un siège de plusieurs mois[2].

Charles d'Anjou prend donc possession des deux parties (insulaire et péninsulaire) du royaume de Sicile, mais il réprime avec une telle rigueur la Sicile (presque totalement révoltée contre Charles) et rend son gouvernement si odieux aux Siciliens insulaires que ceux-ci, guidés par Jean de Procida, conspirent contre lui : en 1282, tous les Français qui se trouvaient dans Palerme (à l'exception notable du chambellan de Charles, Guillaume des Porcellets, épargné en considération de sa droiture et de sa vertu) sont massacrés le lundi de Pâques, à l'heure des vêpres, d'où le nom de Vêpres siciliennes donné à cette révolte.

Charles perd ainsi la Sicile, dont le roi Pierre III d'Aragon, neveu de Manfred de Hohenstaufen, se proclame roi. Néanmoins, Charles reste souverain de la partie péninsulaire du royaume et s'installe à Naples (d'où le nom de royaume de Naples couramment donné à son royaume).

Les ambitions orientales[modifier | modifier le code]

Depuis son arrivée en Italie, Charles n'a de cesse que de reprendre à son compte les prétentions latines sur l'empire byzantin. En 1267, il fiance son fils Philippe[3] avec Isabelle[4], la fille du prince Guillaume II d'Achaïe[5]. Suite à leur mariage, qui a lieu à Trani le , il est prévu que le couple hériterait de la principauté d'Achaïe à la mort de Guillaume II. Par ailleurs, il s'est engagé à restaurer Baudouin II sur le trône de Constantinople, en échange de la suzeraineté sur l'Achaïe, nombre d'îles de l'Égée, et le tiers des conquêtes à venir, à la seule exclusion de la ville de Constantinople.

Pour compléter son dispositif, Charles n'hésita pas à conclure une alliance avec les Seldjoukides, le roi d'Arménie, et même le Khan des Mongols. En 1269, il réussit à conclure un accord avec Gênes, pourtant alliée de Byzance.

Après l'échec de la huitième croisade et la mort de son frère le roi de France Louis IX, Charles, de retour en Sicile, prépare une expédition maritime contre Byzance, mais sa flotte est détruite par une tempête extraordinaire.

Son fils Philippe d'Anjou étant mort en 1277 et Guillaume d'Achaïe étant mort en 1278, Charles d'Anjou est devenu sur le papier l'héritier de l'Achaïe et le suzerain des terres encore aux mains des Latins. Afin de parfaire cette situation, à l'automne 1280, il envoya par voie de terre une armée forte de 8 000 hommes afin d'investir la forteresse byzantine de Bérat. Le siège dure jusqu'en mars 1281, puis les troupes impériales commandées par Tarchaniotès, le neveu de l'empereur, attaquent les troupes de Charles. La défaite des troupes latines est totale, la plus grande partie des troupes angevines sont tuées ou capturées.

Il meurt le 7 janvier 1285 à Foggia, dans les Pouilles du Nord.

Mariages et enfants[modifier | modifier le code]

Charles Ier de Sicile et sa femme Béatrice de Provence

De son premier mariage avec Béatrice de Provence (1234-1267), comtesse de Provence et de Forcalquier, il eut :

Son second mariage avec Marguerite de Bourgogne (1248-1308), comtesse de Tonnerre, fut sans postérité.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sa généalogie sur le site Medieval Lands
  2. Émile G. Léonard Les Angevins de Naples, p.72
  3. Généalogie de Philippe d'Anjou sur le site Medieval Lands
  4. Généalogie d'Isabelle de Vlilehardouin sur le site Medieval Lands
  5. [ http://fmg.ac/Projects/MedLands/LATIN%20LORDSHIPS%20IN%20GREECE.htm#IsabelleVillehardouindied1312 Généalogie de Guillaume II, prince d'Achaïe sur le site Medieval Lands]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Émile G. Léonard, Les Angevins de Naples, Paris, Presses universitaires de France (PUF),‎ 1954.
  • Régis Rech, « Charles d'Anjou et le Limousin : la conquête du royaume de Naples chez Hélie Autenc et Géraud de Frachet », in Bibliothèque de l'école des chartes, no 158-2, 2000, p. 443-473, [lire en ligne].
  • Noël-Yves Tonnerre et Élisabeth Verry, Les princes angevins du XIII° au XV° siècle, un destin européen, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, collection « Histoire », 2004.
  • Georges Jehel, Charles d'Anjou (1226-1285), comte d'Anjou et de Provence, roi de Sicile et de Jérusalem : un Capétien en Méditerranée, CAHMER Université de Picardie Jules Verne, 2005.
  • Michel Grenon, " Charles d'Anjou Frère conquérant de Saint Louis ", Historiques L'Harmattan, 2012

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roi de Sicile
1266-1282-1285
Pierre Ier
roi de Sicile à Palerme (1282) 
Charles II
roi de Sicile à Naples (1285) et du reste
roi titulaire à Jérusalem 
détaché du royaume de France
comte d'Anjou et du Maine
1246-1285
Raimond Bérenger IV
comte de Provence
1246-1285
?
duc de Durazzo
1267-1285
Guillaume II de Villehardouin
prince d'Achaïe
1278-1285
Marie d'Antioche
(reine titulaire) 
Arms of Anjou-Jerusalem.svg
roi de Jérusalem
1277-1285
Hugues III de Lusignan
(roi effectif) 
Jean II de Lusignan
(roi effectif de Jérusalem)