Scriptorium

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Saint Matthieu travaillant sur une illustration dans un scriptorium médiéval.

Le mot scriptorium (au pluriel, des scriptoria ou des scriptoriums) est un mot latin dérivé du verbe scribere qui signifie « écrire ». Ce nom désigne l'atelier dans lequel les moines copistes réalisaient des livres copiés manuellement, avant l'introduction de l'imprimerie en Occident. (Le terme a quelquefois été repris pour désigner, de nos jours, une salle consacrée aux travaux d'écriture.)

Tant les récits que les bâtiments encore existants ou les fouilles archéologiques montrent que, contrairement à l'opinion populaire, de telles pièces existaient rarement dans les monastères ; la plupart des écrits monastiques étaient faits dans des réduits à l'intérieur du cloître, ou dans les cellules des moines elles-mêmes. Les références dans les publications universitaires modernes à des scriptoria visent d'ordinaire la production écrite collective d'un monastère plutôt qu'une pièce physique particulière.

Un scriptorium était en tout cas une annexe nécessaire à une bibliothèque. Dans le sens conventionnel d'une pièce spécifique, les scriptoria n'existaient probablement que pour des périodes de temps limitées, lorsqu'une institution ou un particulier souhaitaient qu'un grand nombre de textes soit copié afin de remplir une bibliothèque ; une fois celle-ci remplie, il n'y avait plus besoin d'une pièce réservée. Au début du XIIIe siècle, des boutiques de copie séculières se développèrent ; les scribes professionnels ont pu avoir des pièces spéciales pour écrire, mais dans la plupart des cas, ils disposaient sans doute simplement d'un bureau près d'une fenêtre dans leur propre maison.

Scriptorium de l'abbaye de Fontenay, France.

Vivarium[modifier | modifier le code]

Le monastère de Vivarium en Italie du Sud peut être considéré comme le prototype en Occident du scriptorium, car construit en vue de collecter, copier et préserver des manuscrits. Construit sur ordre de Cassiodore le monastère contenait des lampes à huile auto-alimentées, un cadran solaire, une horloge à eau ainsi que les instruments nécessaires à l'écriture comme des plumes, calames, encriers ou des grattoirs.

Le dessein de Cassiodore, qui rédigea des instructions, était de préserver les littératures sacrées et profanes, tant en langue latine que grecque. Ce centre éditorial dura moins d'un siècle, à peu près de 550 à 630 apr. J.-C..

Lieux où existaient des scriptoria[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, chaque abbaye possédait un scriptorium, d'importance plus ou moins grande. Dans les plus petits établissements, c'était simplement l'endroit où l'on confectionnait et mettait à jour les livres indispensables à la vie religieuse. Dans les plus grands, il s'agissait de véritables centres de production, destinés à alimenter la bibliothèque de l'établissement lui-même ou de ses filiales en textes de toute espèce.

Les scriptoria les plus célèbres sont, d'une part, ceux qui se sont développés à l'époque carolingienne et ont permis la transmission des textes de l'Antiquité classique ; et d'autre part, ceux qui ont développé un style de calligraphie ou d'enluminure particulièrement achevé. Ils se trouvaient dans les monastères, dans les archevêchés, ou dans les évêchés. Parmi les principaux, on peut citer :

Monastères
Archevêchés
Évêchés

Anecdote[modifier | modifier le code]

Plusieurs scènes du roman d'Umberto Eco Le Nom de la rose se déroulent dans le scriptorium de l'abbaye. Jean-Jacques Annaud dans son film du même nom a lui aussi situé plusieurs scènes dans le scriptorium. Le lieu choisi pour ces scènes dans le film est en fait l'ancien dortoir du monastère d'Eberbach en Allemagne.

Référence[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]