Chevet

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Chevet de style roman de l'église de Saint-Léonard-de-Noblat

En architecture religieuse, le chevet (du latin capitium, ouverture supérieure de la tunique pour passer la tête, mot dérivé de caput, « tête ») désigne généralement l'extrémité du chœur d'une église du côté du maître-autel, sanctuaire de l'église[1], parce que, dans les édifices au plan en croix latine, le chevet correspond à la partie de la croix sur laquelle le Christ crucifié posa sa tête.

C'est l'extrémité, vue de l'extérieur, de l'église du côté du maître-autel[2]. Il comprend l’ensemble des murs, fenêtres et toiture du chœur, du déambulatoire s'il y en a un et, éventuellement, de la ou des chapelles, rayonnantes avec absidioles, ou échelonnées.

L'évolution du chevet au cours des temps[modifier | modifier le code]

La préfiguration, le Xe siècle[modifier | modifier le code]

Cette période se caractérise par la mise en place progressive de principes architecturaux qui ne seront plus remis en cause par la suite.

Le plan se composant d'une abside encadrée de deux absidioles, répandu depuis l'époque carolingienne, connaît et connaîtra encore un vif succès au cours des siècles, plus particulièrement dans les édifices de dimension moyenne (i.e. église de Saint-Généroux, église abbatiale de Saint-André-de-Sorède). Toutefois ce plan évolue : on pourra ainsi constater que les absidioles soit touchent l'abside, soit en sont séparées. Cette dernière caractéristique, propre à l'époque carolingienne et plus particulièrement aux édifices dotés d'un transept, tend à disparaître au cours de ce Xe siècle.

Par ailleurs, avec l'importance grandissante accordée aux reliques depuis l'époque carolingienne et l'augmentation spectaculaire des objets de vénération (à partir surtout du XIe siècle), est apparu le besoin de consacrer un endroit de l'église à leur exposition. Ainsi s'amorça la tendance à regrouper les autels et les reliques dans des chapelles accolées au chœur, partie la plus sacrée de l'édifice, mais aussi par l'adjonction, de part et d'autre de l'abside, sur les bras du transept, de plusieurs absidioles alignées : abbatiale de Saint-Michel-de Cuxa, la collégiale Saint-Vorles, l'abbatiale de Ripoll en Catalogne, l'abbatiale de Saint-Arnould de Metz ou l'abbatiale de Saint-Remi à Reims, etc. Les chevets à chapelles orientées sont nés.

Autre évolution qui apparaît au cours de cette période, les chevets à chapelles échelonnées où celles-ci sont de profondeur décroissante : église abbatiale de Déols, église de Bernay, église priorale de Perrecy-les-Forges, etc. Ce plan connut un grand succès au cours du XIe siècle.

C'est aussi au cours de ce Xe siècle que les architectes créèrent un type de chevet associant un couloir de circulation semi-circulaire et un certain nombre de chapelles ouvrant sur le pourtour de celui-ci : le chevet à déambulatoire et à chapelles rayonnantes. Le déambulatoire est la solution idéale trouvée par les architectes romans pour faire face au nombre toujours grandissant des pèlerins. Le déambulatoire permet à ceux-ci de défiler devant les chapelles sans perturber la messe se déroulant dans la nef principale : abbatiale de Saint-Philibert de Tournus qui présente certes un chevet du XIIe siècle mais dont le plan reprend fidèlement celui du Xe, la crypte de l'église Saint-Aignan d'Orléans, etc. Ce plan sera adopté dans beaucoup d'édifices ambitieux accueillant des pèlerins.

La hiérarchie des volumes apparaît comme le seul élément stable et est souvent la même : l'abside est plus haute et plus large que les absidioles. L'abside est aussi souvent précédée d'une travée. Ce ne sera plus le cas au siècle suivant.

La création de l'art roman, le XIe siècle[modifier | modifier le code]

Les vestiges de chevets de cette époque sont relativement rares : église Saint Étienne de Vignory, église Saint-Savin-sur-Gartempe, etc. Toutefois, il est possible de constater que les formes inventées au Xe siècle sont parachevées au cours de ce XIe siècle.

Ainsi, la forme du chevet à chapelles échelonnées se maintient dans sa diversité même si une certaine uniformisation apparait: nombre de chapelles limité à cinq, profondeur du chœur limitée à deux travées. Mais d'un édifice à l'autre, le plan peut toutefois varier considérablement : église de Saint Pierre de Meobecq, abbatiale de Saint Pierre de Gigny[Laquelle ?], abbatiale Notre Dame de Bernay[Laquelle ?] ou l'église de Saint Nazaire de Bourbon-Lancy)

Exceptionnellement, des églises vont comporter jusqu'à sept chapelles échelonnées. Les plans de ces édifices ne sont connus souvent que grâce à des sondages archéologiques ou à des vestiges trop limités : abbatiale de Saint-Sever, abbatiale de La Charité-sur-Loire, église de Saint Ouen de Rouen, église sainte Mary d'York, etc. Ce type de plan disparaît au cours du XIIe siècle sauf pour quelques rares exemples, les églises de Chateaumeillant et de Glastonbury.

Par ailleurs, au cours de la première moitié du XIe siècle, les chevets connaissent des modifications significatives non pas dans leur plan, mais dans leur élévation et dans le traitement des espaces internes.

Enfin et surtout, les édifices importants adoptent quasiment systématiquement le plan à déambulatoire et à chapelles rayonnantes : église de Saint Sernin de Toulouse, église de Saint Jean de Montierneuf de Poitiers, église de Saint Benoît sur Loire, église Notre Dame de la Couture du Mans, église Notre Dame du Port de Clermont-Ferrand, ou la crypte de l'église Saint Eutrope de Saintes.

De la maturité à la rupture, le XIIe siècle[modifier | modifier le code]

On peut constater que depuis les premiers édifices romans, les architectes avaient accordé à la courbe un rôle privilégie dans le dessin des chevets. Il n'y a eu que de rares exemples isolés de chevets polygonaux au cours du XIe siècle : église de Sainte Radegonde à Poitiers ou l'église de Nant.

Les chevets à pans coupés commencent à se multiplier à partir de 1130 avant de se répandre à partir des années 1150 dans toutes l'Europe. Toutefois, ce modèle de chevet ne supplanta jamais les chevets à forme arrondie (collégiale d'Auzon, l'église Notre Dame de l'abbaye de Montmajour, l'église de Meymac ou l'église de Mont Devant Bassey)

Les variations de forme sur ces chevets polygonaux sont nombreuses :

  • angles soulignés par des colonnes engagées ou de petits contreforts
  • arcades enveloppant les fenêtres
  • variation du nombre de pans (trois, cinq, etc.)
  • surenchère décorative (par exemple l'église Notre Dame de Rioux)

Le gothique, les XIIIe et XIVe siècles[modifier | modifier le code]

Les chevets gothiques suivent une évolution, comme pour le reste du bâtiment, qui va vers un allégement, vers une recherche constante de la lumière, vers une élévation de plus en plus importante.

Avec le développement en hauteur des nefs, le chevet, situé à la tête de l'église, participe à cette impression de vaisseau s'élançant vers le ciel.

Autre évolution : alors que dans les édifices romans, les chapelles sont greffées sur le chœur indépendamment les unes des autres, elles sont dans les cathédrales gothiques, soudées entre-elles en une succession continue formant comme une couronne. Toutefois, il est à noter que ce parti pris architectural peut se retrouver exceptionnellement dans des églises romanes dès le XIe siècle. C'est notamment le cas pour l'église Saint Gilles de Puypéroux où le chœur est entouré de sept absidioles non pas isolées les unes par rapport aux autres comme le voudrait la tradition romane, mais soudées entre-elles.

Une typologie des chevets[modifier | modifier le code]

Le chevet roman[modifier | modifier le code]

Le chevet auvergnat[modifier | modifier le code]

Les chevets auvergnats sont de forme pyramidale. Le regard s'élève, comme l'âme, de degré en degré pour atteindre le ciel. D'abord, le sol, puis les absidioles, le déambulatoire, puis l'abside, puis la croisée du transept, le massif barlong, la tour et enfin la flêche.

C'est un symbole de la Trinité. Mais, c'est aussi, plus prosaïquement un système architectural permettant l'équilibre des masses.

Le chevet de l'église d'Orcival est le parfait accomplissement de cette élévation pyramidale des volumes. Sa crypte émerge du sol et forme un socle de pierre. Sur ce socle, s'élèvent les quatre chapelles du déambulatoire ainsi que les deux absidioles du transept. Leur toiture se trouve presque au même niveau que celle du déambulatoire, dominée au centre par l'étage du chœur. Le sommet du chœur atteint le toit du transept dont les bras allongés semblent se greffer sur le massif barlong, typique de l'Auvergne, qui forme la transition avec l'octogone de la tour de croisée. Le clocher domine, enfin, l'ensemble de son toit pyramidal.

Exemples:

Le chevet polygonal ou chevet à pans, chevet triangulaire[modifier | modifier le code]

Ce chevet est sans absidioles ni déambulatoire. Il est réduit à une simple abside de forme polygonale maintenue par des colonnes qui font office de contreforts.

Le chevet triangulaire, exemple rare, est représenté par celui de la chapelle Saint Quentin de Vaison-la-Romaine. C'est un chevet à pans coupés, caractéristique du roman provençal, qui connaît, ici, une variante. Au lieu de décrire un pentagone, le chevet forme un triangle dont les angles sont soulignés par des demi-colonnes cannelées. À l'intérieur, on constate que la forme triangulaire cache, en réalité, trois petites absides masquées par les murs extérieurs.

Exemples:

  • église Saint Martin de Nouvion-le-Vineux
  • église Saint Gervais et Protais de Civaux
  • abbatiale Notre-Dame de Montmajour
  • église Saint Trojan de Rétaud (Grands arcs de décharge ornés entre les contreforts-colonnes limitant les pans;petites arcatures sous le toit. Corniche à modillons et métopes)
  • église Notre Dame de Rioux (contreforts-colonnes, arcs de décharge ornés, modillons et métopes; fenêtres à archivoltes)
  • église Sainte Radegonde de Talmont (contreforts-colonnes et arcatures ornées)
  • église Saint Sulpice de Dournazac
  • église Saint Aignan de Ladignac-le-Long
  • église Saint Etienne de Lubersac (contreforts-colonnes sous arcatures, chapiteaux historiés)
  • église Saint André de Meymac
  • église Saint Jean de Saint-Jean-de-Côle (les trois absides rayonnantes totalisent 75 modillons sculptés, tous différents ainsi que des les chapiteaux historiés aux colonnes d'angles)
  • église Saint Martial de Saint-Fortunade
  • église Saint Remy de Seniergues (percement des fenêtres dans l'épaisseur des contreforts de l'abside - très original)
  • église Saint Blaise de l'Hopital-Saint-Blaise.
  • ancienne abbatiale Saint Pierre de Moissac.
  • ancienne abbatiale Saint Jean-Baptiste de Sorde-L'Abbaye.
  • église Saint Jean-Baptiste de Camboulas-Pujols (cinq pans, arcs de décharge à fenêtres, décorés de chapiteaux et de modillons).
  • église Saint Cyr et Sainte Julitte de Campagnac-Canac.
  • église Saint Michel de Castelneau-Pégayrols (abside et absidioles en hémicycle à l'intérieur, mais à pans à l'extérieur).
  • église saint Etienne de Dol-et-Valquières.
  • église Saint Hilarian-de-Perse de Espalion.
  • chapelle Saint Vincent de Eus.
  • église sainte Marguerite de Laroque-Sainte-Marguerite.
  • église Saint Pierre de Lanuéjols (modillons à la corniche du chevet).
  • église Notre Dame du Rosaire de Le Recoux.
  • église Sainte Croix de Le Rozier (Sept arcatures dont cinq à baies).
  • église de l'Assomption de Liaucous.
  • église Saint Cyrise de Montjaux (arcs de décharge).
  • église Saint Pierre de Mostuéjouls (arc de décharge, boulins alignés sous corniche).
  • église Saint Martin de Plaisance (arcs de décharge,modillons)
  • ancienne cathédrale Notre Dame de Saint-Bertrand-de-Comminges (cinq pans et contreforts).
  • église Notre Dame de l'Assomption de Saint-Chely-du-Tarn.
  • église Saints just et Pastor de Valcabrère.

Le chevet-tours[modifier | modifier le code]

Les tours jumelées de part et d'autre du chevet traduisent une survivance de l'architecture carolingienne. Cette tradition se maintient principalement dans les régions Nord et Est de la France, sous l'influence de l'empire germanique ottonien.

Exemple:

Le chevet à abside et absidioles orientées[modifier | modifier le code]

C'est une des caractéristiques des églises du XIe siècle méditerranéen. En effet, les églises du premier roman méditerranéen, notamment dans le Roussillon, ont un plan simple : absence de transept, nef à trois vaisseaux et trois absides orientées vers l'Est. Toutefois, il est possible d'admirer des chevets à abside et absidioles orientées dans toute la France.

Exemples:

  • église Notre Dame d'Urcel
  • église Saint Pierre de Balesme
  • église Saint Germain de Blet
  • église Notre Dame de Germigny-l'Exempt
  • église saint Ours de Loches
  • ancienne abbatiale Saint Martin de Plaimpied-Givaudins
  • ancienne abbatiale Saint Pierre de Preuilly-sur-Claise
  • ancienne abbatiale Saint Pierre de Cellefrouin
  • église Notre Dame de Chauvigny
  • église Notre Dame de Saint Junien de Lusignan
  • église Saint Pierre de Melle
  • église Saint Denis de Montmoreau-Saint-Cybard
  • ancienne abbatiale Saint Vincent de Nieul-sur-Autise
  • église Saint Sulpice de Oyré
  • église Saint Pierre de Parthenay-le-Vieux
  • église Saint Sylvain de Ahun (abside à cinq fenêtres ornées de colonnettes et de boudins, contreforts-colonnes et étage de 11 arcatures sous modillons)
  • église Notre Dame de Vouvant
  • église Saint Genés d'Ayrac
  • église Saint Laurent de Blars
  • église Saint Martin de Blond
  • église Saint Leon de Saint-Léon-sur-Vezère (abside et absidioles communicantes)
  • ancienne abbatiale de Notre Dame de la Nativité de Cadouin
  • ancien prieuré de Villesalem
  • ancienne abbatiale Notre Dame d'Arthous.
  • église Saint Etienne de Nerbis.
  • ancienne collégiale Saint Nicolas de Nogaro.
  • église Saint André de Sauveterre-de-Béarn.
  • basilique Notre Dame de la Fin des Terres de Soulac-sur-Mer.
  • abbatiale Saint Martin de Canigou de Casteil.
  • ancienne cathédrale Sainte Eulalie de Elne.
  • ancienne abbatiale Saints Sauveur et Guillaume de Saint-Guilhem-le-désert (galerie d'arcatures-niches sur bandeau de dents d'engrenage et fenêtres ornées. Moyen appareil légèrement ocré,à joints fins).

Le chevet à abside et absidioles orientées et échelonnées[modifier | modifier le code]

L'église Saint Sever de Saint-Sever dans les Landes, possède avec l'église de Chateaumeillant d'avoir l'un des plus beaux chevets en échelon de l'art roman. Il ne comporte pas moins de sept chapelles qui s'étagent à partir du transept. En outre, l'église Saint Sever est le seul exemple en France de ce type de chevet qui soit suffisamment dégagé pour en permettre une étude détaillée, le chevet de Chateaumeillant étant totalement masqué par des constructions ultérieures.

Le plan à chapelles échelonnées le long du chœur et du transept permet l'orientation de l'ensemble des espaces sacrées vers l'Est, vers la Lumière du soleil levant, vers Jérusalem. Ce plan qui permet de réunir en un même édifice, des lieux de culte autrefois dispersés : martyria, baptistères, etc. Toutefois, ce plan réserve peu de place à la circulation des fidèles. De ce fait très rapidement, ce plan fut remplacé par celui à déambulatoire et chapelles rayonnantes.

Le chevet avec abside en hémicycle[modifier | modifier le code]

Exemples:

  • église Saint Pierre d'Aulnay
  • église Saint Jean de Bourg-Charente
  • église Saint Nicolas de Civray[Laquelle ?]
  • église Notre Dame de Colombiers
  • église Notre Dame de Corme-Ecluse
  • église Notre Dame de Courcôme
  • église Saint Cybard de Plassiac-Rouffiac
  • ancienne abbatiale Sainte Marie aux Dames de Saintes
  • église Saint Pierre de Thaims
  • église Notre Dame de Trois-Palis
  • chapelle Sainte Anne d'Annepont
  • église Saint Martin de Colombiers
  • église castrale Notre Dame de Morthemer
  • église Notre Dame de Bussière-Badil
  • église Saint Pierre de Carennac
  • chapelle Saint Jean de Chancelade
  • église Notre Dame de Faye
  • église Saint Pierre de Fonds
  • église Sainte Croix de Le Bouyssou
  • église Saint Paul de Reilhac-Champniers
  • église Saint Hilaire de Reilhac
  • église Saint Front de Saint-Front-sur-Nizonne
  • église Saint Pierre de Saint-Pierre-Toirac
  • église Notre Dame de Velle de Vers.
  • église Sainte Quitterie-au-Mas de Aire-sur-Adour.
  • église Notre Dame de Bidarray.
  • église Saint Martin de Haux.
  • église Saint Pierre de Lalande-de-Fronsac.
  • église Saint Pierre de Lesgor.
  • église Saint André de Luz-Saint-Sauveur (modillons)
  • église Notre Dame de Moirax.
  • chapelle Saint Martin de Mourrens.
  • église Saint Pierre de Petit-Palais.
  • église Saint Martin de Pouillon (fenêtres ornées, modillons saillants et métopes en étoiles, cordons de billettes, en moyen appareil de calcaire clair, toiture débordante à tuiles creuses).
  • église Notre Dame de Pujols-sur-Dordogne.
  • église Saint Aubin de Saint-Aubin (fenêtres contournées d'amples arcatures à colonnettes et chapiteaux)
  • église saint Paul de Saint-Paul-Lès-Dax (3 fenêtres ornées,6plaques sculptées en bas relief surmontant des arcatures ornées sous les fenêtres surmontées chacune d'un oculus aveugle, grand appareil à joints fins, aux nuances variées.Toit avec des tuiles creuses.)
  • ancienne abbatiale Notre Dame de Saint-Savin.
  • église saint Vivien de Saint-Vivien-en-Médoc.
  • église Saint Christophe de Vianne.
  • chapelle Saint Sabin de Villefranche-du-Queyran.
  • église Saint André de Angoustrine.
  • église Saint Saturnin de Saint-Sturnin-de-Lenne.
  • église Saint Etienne de Sahorre.
  • église Saint Martin de Bourg-Madame-Hix.
  • église Saint Alban de Saint-Alban-sur-Limagnole.
  • ancienne cathédrale Saint Lizier de Saint-Lizier.
  • chapelle du cimetière de Boussac-de-Crassous.
  • église Sainte Marie de Corneilla-de-Conflent (corniche à dents d'engrenage, arcature sur modillons, fenêtres ornées)
  • église Saint Hippolyte de Lavernhe (particularité:abside en hémicycle creusée de 3 absidioles à l'intérieur.)
  • église Saint Paul de Salles-la-Source (Forts contreforts saillants).

Le chevet plat[modifier | modifier le code]

La formule du chevet plat est une caractéristique des édifices obéissant à l'ordre cistercien qui renonce aux courbes extérieures de l'église. Par ailleurs, les églises de dimension modeste conservent des chevets plats, car la construction d'édifices à nef unique et chevet plat est d'un coût moindre.

exemples :

Le chevet avec déambulatoire et chapelles rayonnantes[modifier | modifier le code]

le chevet de la basilique Saint Sernin de Toulouse avec ses trois chapelles rayonnantes

L'ancienne priorale Notre Dame de Paray-le-Monial (basilique du Sacré-Cœur depuis le XIXe siècle) est l'archétype des églises romanes de pèlerinage qui adopteront ce type de chevet. Celui-ci est particulièrement bien dégagé. Dans la zone inférieure sont disposées les chapelles rayonnantes qui sont au nombre de trois. L'étage suivant est formé par le déambulatoire qui possède son propre alignement de fenêtres. Il est surmonté par les fenêtres hautes du sanctuaire. Le quatrième niveau est constitué par la travée du chœur dont la hauteur supérieure apparaît nettement. L'ensemble du chevet est enfin couronné par la tour de croisée octogonale à deux étages.

Ce type de chevet trouve son origine dans les cryptes annulaires du début du Moyen Âge comme à Saint-Michel-de-Cuxa. Cette configuration obéissait à des contraintes d'ordre pratique : répondre au flux des pèlerins. Mais, il apparaît aussi comme la reproduction en pierre de la hiérarchie sacrée telle qu'elle était perçue au Moyen Âge. Dans la zone inférieure se trouvaient les laïcs; dans le sanctuaire, plus élevé, les ecclésiastiques; la tour de croisée, qui marque le sommet de la pyramide, symbolisait le divin.

Exemple:

Le chevet tréflé ou trilobé[modifier | modifier le code]

C'est un chevet formé de trois absides de même taille.

Exemples:

Le chevet gothique[modifier | modifier le code]

Le chevet à chapelles rayonnantes[modifier | modifier le code]

Les architectes recherchent à faire rentrer la lumière, symbole de Dieu, dans le bâtiment religieux et plus particulièrement dans le chœur. Les baies des chapelles rayonnantes occupent la totalité de l'espace entre les contreforts. Chaque niveau est ajouré. Les arcs- boutants ne font plus obstacle à la pénétration de la lumière.

Plus, on s'enfonce dans l'époque du gothique, plus les chevets sont allégés et aériens.

Exemples:

  • cathédrale Saint Pierre de Beauvais
  • cathédrale de Noyon:des contreforts-colonnes renforcent les murs des chapelles rayonnantes dont les fenêtres ont encore un tracé archaïque. Au-dessus des tribunes, le XVIIIe siècle a monté d'épais massifs de maçonnerie, surmontés de pots à feu, pour contrebuter les voûtes de l'abside.
  • cathédrale de Bayonne avec son chevet construit vers 1250, les statues ornant la balustrade ont été refaites à l'époque moderne.
  • cathédrale de Reims.

Le chevet à double déambulatoire et chapelles rayonnantes[modifier | modifier le code]

Le double déambulatoire est propre à l'église gothique. Les deux couloirs de circulation s'enroulent autour du chœur. Ils sont divisés par des colonnes qui ne font pas obstacle à la luminosité provenant des chapelles rayonnantes.

Exemples:

  • Basilique Saint-Denis : les chapelles rayonnantes s'intègrent au deuxième couloir du déambulatoire. De ce fait, le chevet prend à l'extérieur une forme globalement semi-circulaire.Il fond en une seule ligne les volumes intérieurs que l'époque romane aimait, au contraire,souligner.
  • cathédrale de Coutance : le chevet a été construit avant 1274.L'élévation est la suivante:second déambulatoire et les chapelles rayonnantes, puis les fenêtres du premier déambulatoire beaucoup plus élevé, enfin les fenêtres hautes. La tour-lanterne couvre la croisée du transept et s'élève à 57,45m.
  • cathédrale Saint Etienne de Bourges : le chevet date d'avant 1209-1214.Au-dessus de la crypte se développe le second déambulatoire interrompu par les chapelles rayonnantes du chœur coiffées de hautes pyramides de pierre. Au dessus encore, le premier déambulatoire épaulant le vaisseau central. Les clochetons réunis par une arcature ajourée qui terminent les arcs-boutants et la balustrade à pinacles couronnant le vaisseau central datent du XIXe siècle.
  • cathédrale de Chartres.

Le chevet à chapelles rayonnantes avec une chapelle axiale marquée[modifier | modifier le code]

Les chapelles rayonnantes sont disposées de façon continue et s'ouvrent sur une travée du déambulatoire.Plus profonde, la chapelle située dans l'axe de la nef-la chapelle axiale-est généralement consacrée à la Vierge Marie.

Exemples:

Le chevet à chapelles diagonales[modifier | modifier le code]

Exceptionnelle à l'époque romane, la disposition des absidioles en biais par rapport au chœur devient plus courant à l'époque du gothique. C'est un compromis entre les chevets à chapelles rayonnantes et les chevets à chapelles échelonnées.

Exemples:

Le chevet avec déambulatoire et sans chapelles rayonnantes[modifier | modifier le code]

C'est le chevet aux volumes les plus purs. L'abside et le déambulatoire forment deux niveaux parfaitement semi-circulaires, soutenus et rythmés par des arcs-boutants.

Exemples:

Le chevet plat[modifier | modifier le code]

Les chevets plats sont surtout l'apanage des petites églises de campagne. On les trouve principalement dans le Nord de la France. Ils sont rarissimes pour les cathédrales et autres édifices majeurs. À noter que les cathédrales à chevet plat sont beaucoup plus fréquentes en Angleterre.

Exemples de cathédrales à chevet plat :

Exemples d'églises:

Le chevet à abside et absidioles orientées[modifier | modifier le code]

Le chevet avec abside en hémicycle[modifier | modifier le code]

Chevet de la cathédrale d'Angers

Le chevet fortifié[modifier | modifier le code]

La physionomie traditionnelle de l'église gothique, avec le déploiement des arcs-boutants, est née en Ile de France. Elle s'impose très tardivement et avec parcimonie dans le Sud de la France.

L'opposition des grands féodaux au pouvoir royal, les guerres intestines, la lutte entre Français et Anglais, l'hérésie cathare ont maintenu un climat d'insécurité constante. L'église, souvent seul refuge des populations, se transforme en un bâtiment fortifié.

Avec la Guerre de Cent Ans, la fortification des églises se constatera dans d'autres régions de France comme la Saintonge. Les guerres des XVIe et XVIIe siècles dans le Nord de la France seront aussi à l'origine de la transformation des églises du Thiérarche en forteresses.

Exemples:

  • église Saint Adrien de l'Isle-en-Dodon
  • cathédrale d'Albi:son chevet comporte, fait exceptionnel, deux étages de fenêtres.Murs et contreforts émergent d'un épais talus caractéristique de l'architecture militaire de l'époque de sa construction.
  • église de Saintes-Maries-de-la-Mer
  • église romane de Saint Martin de Besse[Laquelle ?],fortifiée au XVe siècle
  • église d'origine templière Saint Martial de Rudelle
  • église Saint Amand de Saint-Amand-de-Coly,fortifiée dès le XIIe siècle
  • cathédrale de Narbonne :son chevet a été construit entre 1272 et 1319.Les proportions sont très amples. Il se caractérise par des dalles couvrant le déambulatoire et les chapelles rayonnantes et formant ainsi une terrasse autour du vaisseau principal. Un chemin de ronde, ouvrage de défense, muni de créneaux et de merlons, entoure l'abside.Il relie les contreforts les uns aux autres et les couronne.

Le chevet renaissance[modifier | modifier le code]

Exemples:

  • église Saint Pierre de Caen

Le chevet dans l'architecture monastique[modifier | modifier le code]

Chevet bernardin[modifier | modifier le code]

Il doit son nom au fait qu'il reflète la disposition du chevet de Clairvaux, bâti du vivant de saint Bernard. Il se caractérise par un chœur plat, dépassant à peine les chevets du transept. Chapelles alignées et chevet plat sont d'ailleurs considérés comme la « marque de fabrique » des églises cisterciennes, bien qu'elles n'aient pas toutes adopté ce plan. Exemples : Fontenay en Côte-d'Or, Noirlac dans le Cher, Silvacane dans les Bouches-du-Rhône[3]...

La courbe est en effet rejetée car elle est considérée comme une gêne à la concentration de la prière. C'est le règne de la ligne:le déambulatoire est tracé à l'équerre où s'intégrent des chapelles rectangulaires. Les absides et les absidioles sont intégrées dans la maçonnerie du mur extérieur. Le chevet n'est donc plus que lignes horizontales ou verticales.

Chevet bénédictin[modifier | modifier le code]

Il est ainsi appelé parce qu'il apparaît à Cluny II et se confirme à Cluny III, il est caractérisé par des volumes disposés en « échelons », décroissant au fur et à mesure que l'on s'éloigne du chœur. L'ensemble forme une pyramide, au sommet de laquelle culmine le clocher. Exemples : Saint-Philibert de Tournus et Paray-le-Monial en Saône-et-Loire, saint-Benoît-sur-Loire dans le Loiret, Fontevraud dans le Maine-et-Loire, Fontgombault dans l'Indre[3].

Sources[modifier | modifier le code]

  • Prosper Mérimée : Étude sur les arts du Moyen Âge; Art et métiers graphiques. 1967
  • Thorsen Droste : La France romane ; coll. Guide Arthaud ; Les éditions Arthaud . 1990
  • Elie Faure : Histoire de l'art ; coll. L'art médiéval, Folio/Essais ; Editions Gallimard. 1988
  • R.Crozet : L'art roman.PUF.1985

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. dom Melchior de Vogüé, dom Jean Neufville, Glossaire des termes techniques à l'usage des lecteurs de "la nuit des temps", Éditions Zodiaque (collection "introductions à la nuit des temps" n°1), La Pierre-Qui-Vire, 1983
  2. Jean-Marie Pérouse de Montclos, Principes d'analyse scientifique "Architecture" - Méthode et vocabulaire, chapitre IX - Couvrement (2 tomes), Ministère des Affaires Culturelles, Inventaire général des monuments et richesses artistiques de la France, Imprimerie Nationale, Paris, 1972
  3. a et b Claude Wenzler, Architecture de l'abbaye, Éditions Ouest-France,‎ 1998 (ISBN 2-7373-2375-4)