Louis VII de France

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Louis VII
Sceau du roi Louis VIIParis, Archives nationales
Sceau du roi Louis VII
Paris, Archives nationales
Titre
Roi des Francs
1er août 113718 septembre 1180
43 ans, 1 mois et 17 jours
Couronnement 25 octobre 1131,
en la cathédrale de Reims
25 décembre 1137,
en la Cathédrale Saint-Étienne de Bourges (roi unique)
Prédécesseur Louis VI
Successeur Philippe II
Duc d'Aquitaine
8 août 113721 mars 1152
14 ans, 7 mois et 10 jours
Couronnement 8 août 1137,
à Poitiers
Prédécesseur Aliénor d'Aquitaine
Successeur Henri II Plantagenêt
Biographie
Dynastie Capétiens
Date de naissance 1120
Date de décès 18 septembre 1180 (à 60 ans)
Lieu de décès Paris (France)
Père Louis VI de France
Mère Adèle de Savoie
Conjoint Aliénor d'Aquitaine
(1137-1152)
Constance de Castille
(1154-1160)
Adèle de Champagne
(1160-1180)
Enfant(s) Marie de France
Alix de France
Marguerite de France
Adèle de France
Philippe II Red crown.png
Agnès de France
Héritier Philippe de France
Résidence Château de Fontainebleau, Château de Vincennes, Palais de la Cité

Signature

Louis VII de France
Rois de France

Louis VII[1], dit « Louis le Jeune », né en 1120, mort en 1180 à Paris, roi des Francs de 1137 à 1180. Il est le fils de Louis VI, dit « Louis le Gros », roi des Francs, et d’Adélaïde de Savoie (v. 1092-1154).

Biographie[modifier | modifier le code]

Sixième souverain de la dynastie des Capétiens directs. Il épouse successivement Aliénor d'Aquitaine, Constance de Castille, et Adèle de Champagne. Son fils Philippe Auguste lui succèdera.

Couronnement du roi Louis VII en 1137, enluminure du XIVe siècle.

Début du règne[modifier | modifier le code]

Il est sacré roi et couronné, à Reims, dès le 25 octobre 1131, par le pape Innocent II, après la mort accidentelle de son frère aîné Philippe de France (1116-1131) (à ne pas confondre avec Philippe, son frère cadet du même prénom), suite à une chute de cheval provoquée par un cochon errant[2], le 14 octobre 1131. Louis étant le second fils de Louis VI le gros, il n'était pas prédestiné à une carrière royale et son père lui réservait une carrière ecclésiastique, voire une carrière monastique comme son frère cadet Henri, d'où sa piété austère et rigoureuse. Son inexpérience et sa faible préparation à l'exercice du pouvoir explique probablement sa désatreuse politique malgré les réticences de Suger[3].

Portrait imaginaire de Louis VII, médaille du XIXe siècle

Après le décès de son père Louis VI « le Gros », d'une dysenterie probablement consécutive à un excès de bonne chère[4], il est à nouveau couronné à Bourges, le 25 décembre 1137.

Avant de mourir, son père avait organisé son mariage avec Aliénor d'Aquitaine (1122-1204), fille de Guillaume X de Poitiers, duc d’Aquitaine et d’Aénor de Châtellerault. Le mariage eut lieu à Bordeaux, le 25 juillet 1137. Il est lui-même couronné duc d'Aquitaine, à Poitiers le 8 août 1137. Ce mariage fabuleux permit au domaine royal de presque tripler, car la jeune mariée apporte dans sa dot la Guyenne, la Gascogne, le Poitou, le Limousin, l’Angoumois, la Saintonge et le Périgord, c’est-à-dire une partie du Midi et de l’Ouest de la France, l’équivalent de 19 départements actuels. Le caractère du roi, dévot, ascétique (il aurait voulu être moine), naïf et maladroit, mou dans ses décisions, s’accorde mal avec le caractère d'Aliénor, fort et sensuel. Cependant les dix premières années semblent se passer sans réelle mésentente.

Louis VII écarte sa mère de la cour, mais garde les conseillers de son père dont l’abbé de Saint-Denis, Suger. Il poursuit également la politique de son père et continue de mettre en valeur le domaine royal ainsi que la rénovation et la transformation de la basilique Saint-Denis. Il fait de multiples concessions aux communautés rurales, encourage les défrichements et favorise l’émancipation des serfs. Il prend appui sur les villes en accordant des chartes de bourgeoisie (Étampes, Bourges) et en les encourageant hors de son domaine (Reims, Sens, Compiègne, Auxerre). Il soutient enfin l’élection d’évêques dévoués au pouvoir royal.

En 1138, Louis VII s’oppose au comte Thibaud II de Champagne et au pape Innocent II au sujet de l’investiture pour l’évêché de Langres, pour lequel il avait imposé Guillaume de Sabran, un moine de Cluny au lieu d'un candidat de Bernard de Clairvaux[5]. Il s’oppose à nouveau au pape en tentant d’imposer son candidat au siège de Bourges en 1141 contre Pierre de La Châtre, soutenu par le pape Innocent II. Celui-ci finit par excommunier Louis VII et Pierre de La Châtre trouve refuge en Champagne. Innocent II lève ensuite cette excommunication. En décembre 1142, le roi envahit le comté et lors de son avancée incendie en janvier 1143 Vitry-en-Perthois et son église dans laquelle s’étaient réfugiés les habitants du village, qui y trouvèrent une mort affreuse.

En vue d'apaisement, il signe le traité de Vitry avec le comte Thibaud II à l’automne 1143, acceptant l’élection de Pierre de La Châtre pour faire lever l'interdit qui pèse sur le royaume. Le 22 avril 1144, il participe à la conférence de Saint-Denis pour régler définitivement le conflit entre le Saint-Siège et lui.

La deuxième croisade[modifier | modifier le code]

Article principal : Deuxième croisade.

Pour sceller le règlement du conflit, il accepte de prendre part à la deuxième croisade prêchée par saint Bernard de Clairvaux, et aux environs de Noël 1145, Louis VII annonce sa décision de partir pour porter secours aux États chrétiens de Palestine, menacés par les Turcs qui viennent d’envahir le comté d'Édesse où de nombreux chrétiens sont massacrés. Le pape Eugène III approuve cette croisade et autorise le Roi de France à prélever le décime, c'est-à-dire d'imposer les biens ecclésiastiques, normalement exclus de tout impôt, pour financer son expédition. Vers Pâques 1146, le roi prend la croix en même temps que de nombreux barons lors de l’assemblée de Vézelay.

Contre-sceau de Louis VII en duc d’Aquitaine

Le 11 juin 1147, le roi Louis VII et Aliénor partent pour la deuxième croisade, à la tête de 300 chevaliers et d’une nombreuse armée, suivie peu à peu par des dizaines de milliers de pèlerins. Se mettant en marche à partir de Metz, ville impériale, ils passent par la vallée du Danube, où ils sont rejoints par l’armée de l’empereur Conrad III et prévoient de passer en Asie Mineure par Constantinople, où ils arrivent le 4 octobre 1147.

L’expédition est marquée par la discorde entre les clans français et allemand, l’inexpérience de Louis VII qui se montre velléitaire, et le soutien douteux des Byzantins qui nuisent plus aux chrétiens qu’ils ne les aident. Trompé par ceux-ci, Louis VII est battu par les Turcs en Asie Mineure et connaît plusieurs revers en Syrie. Il rejoint à grand peine Antioche en mars 1148, alors aux mains de Raymond de Poitiers, oncle d’Aliénor, qui reçoit les Croisés avec beaucoup d’égards.

Raymond espère que Louis VII va l’aider à combattre l’ennemi qui l’avait dépouillé de certains de ses territoires, mais le roi ne pense qu’à aller à Jérusalem. Aliénor tente en vain de convaincre son mari d’aider son oncle Raymond de Poitiers. Le roi préfère prendre conseil auprès du Templier eunuque Thierry de Galeran. Après coup, les chroniqueurs de l’époque se déchaînent et accusent la reine d’adultère : Guillaume de Tyr l’accuse même d’un inceste avec son propre oncle.

Forçant Aliénor à le suivre, Louis VII quitte Antioche et gagne Jérusalem où il accomplit le pèlerinage qu’il s’était imposé. En juin 1148, il tente de prendre Damas, devant laquelle son armée est repoussée. Le couple royal séjourne encore une année en Terre sainte avant de revenir séparément vers la France, par mer. Le roi fait d'abord escale en Calabre où il débarque le 29 juillet 1149. Il séjourne dans le royaume de Sicile où il attend trois semaines l'arrivée de la reine venant de Palerme[6]. À Potenza et durant trois jours, Louis VII fut l'hôte du roi normand Roger II de Sicile. Sur le chemin du retour, il eut à Tivoli une entrevue avec le pape Eugène III (9-10 octobre 1149)[7].

Le roi Louis VII part en croisade.

En définitive la participation de Louis VII à cette deuxième croisade fut lourdement préjudiciable à l’avenir du royaume, car l’expédition se solda par un très lourd échec sur tous les plans. D'abord sur le plan financier, car cette expédition appauvrit considérablement le trésor royal; sur le plan politique, car le roi ne s’est pas occupé directement du royaume pendant ses deux années d’absence, et par conséquence, a relâché son emprise sur les grands féodaux ; sur le plan militaire, car la croisade est une succession d’échecs militaires ; de plus, une partie de sa chevalerie et une grande armée ont été sacrifiées ; et sur les plans dynastiques, patrimoniaux, territoriaux et stratégiques car cette croisade provoque la rupture du roi avec Aliénor, lors de la séparation, Aliénor récupère les fiefs qu’elle avait apportés dans sa dot. Cette dernière va alors épouser le futur roi d’Angleterre, Henri Plantagenêt. Ce mariage apporte d’immenses territoires à la couronne d’Angleterre, permettant ainsi la présence sur le continent d’un redoutable concurrent au roi de France. Par ce mariage, le roi Henri II d'Angleterre règne sur un territoire qui s’étend de l’Écosse aux Pyrénées, comprenant l’Angleterre, l’Anjou, le Maine, la Normandie, l’Aquitaine et la Bretagne. Les successeurs de Louis batailleront sans relâche contre l'Angleterre pendant à peu près cent ans pour finalement récupérer une bonne partie des territoires perdus par Louis VII et faire la paix avec l'Angleterre pour un bon moment en 1259 lors du traité de Paris.

La séparation d'avec Aliénor[modifier | modifier le code]

Dès le voyage de retour en France, en novembre 1149, Louis VII pense à se séparer d’Aliénor. Mais le pape Eugène III, lors d’un arrêt au Mont-Cassin, puis l’abbé Suger réussissent à les réconcilier, et en 1151, Alix de France (1150-1195), seconde fille du couple royal, vient au monde.

Cependant, après le décès de Suger, en 1151, le roi désirant toujours la séparation, le concile de Beaugency trouve finalement une faille, au motif que l’arrière-grand-mère d’Aliénor, Audéarde de Bourgogne, était la petite-fille de Robert le Pieux, arrière-arrière-grand-père de Louis VI (cousinage au 9e degré civil, mais au 5e degré canonique), et de ce fait prononce l’annulation du mariage le 21 mars 1152[8]. Aliénor reprend sa dot, et le 18 mai 1152, elle épouse en secondes noces le comte d’Anjou Henri II Plantagenêt, qui devient roi d’Angleterre en 1154. Il a 19 ans et elle, 30 ans.

Cette faute politique s'ajoute en tant qu'élément déclencheur dans la rivalité entre les rois de France et les rois d’Angleterre, qui a débuté sous le règne de Henri Ier de France, pour se terminer au milieu du XIIIe siècle. Beaucoup d'historiens médiévistes considèrent que cette séparation est à l'origine d'une « Première Guerre de Cent-Ans ».

L'ascension des Plantagenêts[modifier | modifier le code]

Geoffroy d'Anjou est alors un des principaux vassaux du Roi de France. Fin stratège, il se marie avec Mathilde, petite-fille de Guillaume le Conquérant ce qui lui permet, en plus de l'Anjou, de revendiquer la Normandie mais aussi le trône d'Angleterre si jamais Étienne venait à mourir sans descendance. Geoffroy, qui conquiert progressivement la Normandie, meurt finalement en 1151, laissant derrière lui trois fils. L'aîné, Henri, a l'intelligence de se marier avec Aliénor d'Aquitaine suite à son divorce avec le Roi de France, en 1152. Henri possède alors un domaine plus grand que celui du Roi de France, domaine qui s'agrandit avec la mort d'Étienne, qui le désigne comme son successeur à la couronne d'Angleterre en 1153 avec le traité de Wallingford. Henri est finalement couronné Roi d'Angleterre en 1154.

Louis VII va alors tout faire pour affaiblir son puissant vassal. Reprenant une stratégie qui avait fait merveille lors du règne de son grand-père Philippe Ier, il soutient les révoltes de Bretagne et du Poitou contre l’Angleterre, et celle des fils d’Henri II contre leur père. Il est aidé en cela :

  • par les manœuvres d’Henri II Plantagenêt qui pousse à la révolte ses grands vassaux,
  • par le soutien du clergé au roi de France, en raison de la piété de Louis VII et des liens historiques étroits entre l’épiscopat et la royauté capétienne,
  • et par la révolte des fils d’Henri II qui exigent des apanages et trouvent refuge et protection auprès de Louis VII, et qui sont appuyés par leur mère, Aliénor d'Aquitaine.

Principaux évènements de son règne[modifier | modifier le code]

En 1158, Louis VII et Henri II Plantagenêt se réconcilient et se font la promesse d’un mariage entre Marguerite de France et Henri le Jeune. Apaisement de courte durée, dès mars 1159, Henri II s’en prend au comté de Toulouse, et durant l’été, Louis VII contraint le roi d’Angleterre à lever le siège de la ville de Toulouse. Lors de l'année 1163, Henri II rend hommage à Louis VII pour la Normandie au nom de son fils Henri le Jeune. Louis VII fait alliance avec les comtes de Flandre et de Champagne tandis que l'on pose la première pierre de la cathédrale Notre-Dame de Paris, c'est le pape Alexandre III qui a cet honneur. Louis VII offre la somme de deux cents livres pour la construction dirigée par Maurice de Sully, évêque de Paris.

Il y a un affrontement entre Henri II Plantagenêt et Thomas Becket l’archevêque de Cantorbéry, soutenu par Louis VII. Finalement quatre chevaliers fidèles d’Henri II tuent l’archevêque.

Louis VIII fait, entre temps, bâtir les fortifications de Villa franca devenue Villa nova regis (Villeneuve-sur-Yonne) qui devait servir de bastion avancé à plusieurs provinces, et devint une des huit résidences royales, à qui il donne les privilèges de Lorris pour qu'elle s'accroisse rapidement.

Le tombeau de Louis VII dans l'abbaye de Barbeau.

Le 21 août 1165, naît Philippe Auguste, unique héritier mâle de Louis VII. Le 30 septembre 1174, le traité de mariage d’Adèle avec Richard Cœur de Lion est signé.

En 1172 et 1173, Louis VII pousse Henri et Richard, les enfants d’Henri II Plantagenêt, à entrer en conflit avec leur père. Fin 1173, Louis VII et Henri II concluent à Caen une trêve provisoire et réaffirment vers le printemps 1174 l’intention de marier leurs enfants Adèle et Richard.

En 1177, le pape impose à Henri II la conclusion du traité d'Ivry, signé le 21 septembre, et par lequel les deux rois se jurent amitié ; traité suivi, le 22 juin 1180, par la signature d’un pacte de non-agression. Le traité de Gisors Page d'aide sur l'homonymie du 28 juin 1180 marqua la fin de cette série de guerres continuelles entre la France et l’Angleterre.

Le 1er novembre 1179, il fit sacrer son fils Philippe Auguste, et épuisé par la maladie, il lui abandonna le pouvoir l’année d’après.

En 1180 se conclut le mariage d’Agnès et d’Alexis II Comnène. Louis VII meurt finalement le 18 septembre 1180, d'une cachexie paralytique dans son palais royal de la Cité à Paris. Le lendemain, il est inhumé à l’abbaye royale Saint-Port de Barbeau qu’il a fondée près de Fontaine-le-Port, en bord de Seine entre Melun et Fontainebleau. Son fils Philippe Auguste lui succède. Ce dernier exerçait en fait le pouvoir depuis le 28 juin 1180, jour où son père lui abandonna le pouvoir.

Suite à l'abandon de l'abbaye de Barbeau, Louis XVIII fait transporter le 30 juin 1817, les cendres de Louis VII à la basilique Saint-Denis, nécropole des rois de France.

Bilan du règne[modifier | modifier le code]

Bien qu’éduqué pour être clerc ou moine plutôt que roi, Louis VII a joué un rôle important dans l’histoire de France :

  • Il consolide le pouvoir royal dans les provinces qui étaient sous son influence et combat le pouvoir féodal.
  • Il s’entoure de conseillers de grande qualité et promulgue des ordonnances importantes pour la gestion du royaume comme celle de paix de 1155 :

« Moi, Louis, par la grâce de Dieu roi de France. Afin de réprimer la fièvre des méchants et d'arrêter les mains violentes des pillards, à la demande du clergé et avec l'accord du baronnage, nous décrétons la paix dans tout le royaume. Pour cette raison, l'année du Verbe incarné 1155, le 4 des ides de juin, nous avons réuni un concile à Soissons. Y furent présents les archevêques de Reims et de Sens ainsi que leurs suffragants, tout comme les barons, les comtes de Flandre, de Troyes et de Nevers, et d'autres très nombreux, et le duc de Bourgogne. Par leur volonté, nous prescrivons qu'à partir de la prochaine fête de Pâques, et pour dix ans, toutes les églises du royaume et l'ensemble de leurs possessions, tous les paysans, le gros et le petit bétail également, et, pour ce qui est de la sécurité des chemins, tous les marchands où qu'ils se trouvent et tous les hommes quel qu'ils soient — tant qu'ils seront prêts à venir en justice devant ceux qui doivent leur rendre justice —, aient absolument tous la paix et pleine sécurité. Nous avons dit en plein concile et devant tous, par le verbe royal, que nous observerions cette paix sans la briser et que, s'il s'en trouvait pour violer la paix prescrite, nous ferions justice d'eux selon notre pouvoir. Ont juré cette paix le duc de Bourgogne, le comte de Flandre, le comte Henri [de Troyes], le comte de Nevers, le comte de Soissons et le reste du baronnage présent. Le clergé également, les archevêques et les évêques, les abbés ont promis, devant les reliques sacrées et au vu de tout le concile, d'observer cette paix, de leur côté, de toutes leurs forces ; et pour que justice soit faire des violences, ils ont promis de nous aider selon leur pouvoir et ils ont proclamé dans la stabilité de la parole consacrée. Pour que la chose soit entendue plus largement et qu'on n'en perde pas le souvenir, j'ai confié à la mémoire des lettres la stipulation de la chose faire et la teneur de la paix, et nous avons ordonné de les fortifier de l'autorité de notre sceau[9]. »

  • Le royaume de France s’enrichit sous son règne, l’agriculture se transforme et gagne en productivité, la population augmente, le commerce et l’industrie se développent, une véritable renaissance intellectuelle apparaît, et le territoire se couvre de châteaux forts construits en pierre.

Cependant, la deuxième croisade fut calamiteuse, et la séparation d’avec Aliénor d’Aquitaine est une erreur lourde, qui fournit à un vassal mineur le moyen de s’imposer, en plaçant le roi de France en infériorité territoriale pendant près d’un demi-siècle. Il fallut l’action de trois grands rois, Philippe Auguste, Louis VIII « le Lion » et Louis IX, pour redresser la situation et arriver à réduire les conséquences de cette lourde décision.

La monarchie, jusque-là itinérante, s’est fixée à Paris car la présence du roi dans tout son domaine n’est plus nécessaire. Un embryon d’administration centrale et locale s’est formé. Autour de lui, des familiers lui ont donné des conseils politiques, et vont former le Conseil du roi, les services centraux de la monarchie regroupent les chefs des services domestiques du palais. En province, des prévôts ont été chargés par le roi de collecter les revenus, de lever des contingents militaires et de rendre la justice. Comme son père, le roi va soutenir le mouvement d’émancipation des communes, va accorder des privilèges aux communautés rurales et émanciper des serfs.

Unions et descendance[modifier | modifier le code]

D'une maîtresse au nom resté inconnu, il est le père de Philippe de France (mort en 1161).

Cinéma[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Généalogie de Louis VII sur le site Medieval Lands
  2. Michel Pastoureau, Les animaux célèbres, Bonneton, Paris, 2002, p. 94-98
  3. Marcel Pacaut, Louis VII et son royaume, S.E.V.P.E.N.,‎ 1964, p. 31
  4. Selon l'Académie française, « faire bonne chère » signifiant « faire bon accueil », est utilisé dès le XIXe siècle au sens de « faire un bon repas » parce qu'un bon repas est une partie d'un bon accueil. Dans ce sens, chère comprend tout ce qui regarde la quantité, la qualité et la préparation des mets.
  5. Ivan Gobry, Les Capétiens (888-1328), Éditions Tallandier, 2001, p. 219
  6. Guillaume de Tyr, XVII, 18.
  7. Ferdinand Chalandon, Histoire de la domination en Italie et en Sicile, t. II, IV (« Louis VII et Roger II »).
  8. Divorce d'Aliénor d'Aquitaine et de Louis VII
  9.  éd. Rec. des hist. des Gaules, p.  387-388,  trad. Brunel-Lalou, Sources d'hist. médiévale, p. 142-143

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Sources imprimées[modifier | modifier le code]

  • Suger, Vie de Louis le Gros, suivie de l'histoire du roi Louis VII, publiée par Auguste Molinier, Paris, Alphonse Picard, 1887, 195 p., [lire en ligne]
  • Eudes de Deuil, La croisade de Louis VII, roi de France, publiée par Henri Waquet, (Documents relatifs à l'histoire des Croisades, publiés par l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres, III), Paris, Geuthner, 1949, [compte rendu en ligne]. Autre édition (sans notes ni appareil critique) : Paleo, coll. « Sources de l'Histoire de France », 154 p., 2004, (ISBN 2849090816).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrick Demouy, « Henri de France et Louis VII. L'évêque cistercien et son frère le roi », in Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public, no 29, 1998, p. 47-61, [lire en ligne].
  • André Gouron, « L'entourage de Louis VII face aux droits savants : Giraud de Bourges et son ordo », in Bibliothèque de l'école des chartes, no 146-1, 1988, p. 5-29, [lire en ligne].
  • Marcel Pacaut, « Louis VII et Alexandre III (1159-1180) », in Revue d'histoire de l'Église de France, t. 39, no 132, 1953, p. 5-45, [lire en ligne].
  • Marcel Pacaut, Louis VII et les élections épiscopales dans le royaume de France, Paris, Librairie philosophique J. Vrin, coll. « Bibliothèque de la société d'histoire ecclésiastique de la France »,‎ 1957, 167 p., [compte rendu en ligne], [compte rendu en ligne].
  • Emmanuel Poulle, « La date de naissance de Louis VIII », in Bibliothèque de l'école des chartes, no 145-2, 1987, p. 427-430, [lire en ligne].

Lien externe[modifier | modifier le code]