Archidiocèse de Sens-Auxerre

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48° 11′ 52″ N 3° 17′ 01″ E / 48.1979, 3.2837

Archidiocèse de Sens
(la) Archidioecesis Senonensis
La rosace du transept sud de la cathédrale Saint-Étienne de Sens
La rosace du transept sud de la cathédrale Saint-Étienne de Sens
Informations générales
Pays France
Affiliation Église catholique en France
Archevêque Mgr Yves Patenôtre
Langue(s) liturgique(s) français
Superficie 7 427,4 km2
Création du diocèse Ier siècle
Élévation au rang d'archidiocèse IIIe siècle
Patron saint Savinien (de Sens)
Province ecclésiastique Dijon
Diocèses suffragants aucun
Adresse Sens
Site officiel Site officiel
Statistiques
Population 343 445 hab.(2012)
Notice sur hierarchy catholic : Consulter
Image illustrative de l'article Archidiocèse de Sens-Auxerre
Localisation du diocèse
Ancien archidiocèse de Sens
Image illustrative de l'article Archidiocèse de Sens-Auxerre
Cathédrale Saint-Étienne de Sens
Pays France
Église catholique
Rite liturgique romain
Type de juridiction diocèse
Création Ier siècle
Suppression 1823
Siège Sens
Diocèses suffragants Chartres, Auxerre, Meaux, Paris, Orléans, Nevers, Troyes
Site web www.catholique-sens-auxerre.cef.fr/

L'archidiocèse de Sens (en latin : archidioecesis Senonensis) est une église particulière de l'Église catholique en France. Son siège est la cathédrale Saint-Étienne de Sens.

Érigé dès le Ier siècle, le diocèse de Sens est élevé au rang d'archidiocèse métropolitain au IIIe siècle. Supprimé en 1801, il est rétabli dès 1822 pour le département de l'Yonne. Depuis 1823, les archevêques de Sens joignent à leur titre celui d'évêque d'Auxerre et le nom complet de l'archidiocèse est archidiocèse de Sens (-Auxerre). Depuis 1954, l'abbaye de Pontigny est le siège de la prélature territoriale de la Mission de France. Bien que celle-ci soit une église particulière distincte de l'archidiocèse de Sens, le titre de prélat de Pontigny est porté par l'archevêque. Depuis 2002, l'archidiocèse n'est plus métropolitain mais suffragant de celui de Dijon. Depuis 2004, Yves Patenôtre est l'archevêque de Sens, l'évêque d'Auxerre et le prélat de Pontigny.

Territoire[modifier | modifier le code]

Depuis 1822, l'archidiocèse de Sens couvre le département de l'Yonne à l'exception, depuis 1954, de la paroisse de l'abbatiale de Pontigny qui est le siège de la prélature territoriale de la Mission de France.

Historique[modifier | modifier le code]

L'archidiocèse de Sens[modifier | modifier le code]

Article connexe : Liste des archevêques de Sens.

Le diocèse de Sens a été fondé dès le Ier siècle et été érigé en archidiocèse au IIIe siècle.

Selon la tradition, rapportée par le Martyrologe romain[1], la cité gallo-romaine des Sénons est évangélisée au IIIe siècle par deux chrétiens : Savinien et Potentien. Selon la liste épiscopale[2], Savenien devint la premier évêque de Sens, vers 240. Mais, un 31 décembre[3], il meurt décapité d'un coup de hache dans le crypte d'un oratoire qu'il avait fait construire à la sortie de Sens[4]. Selon la liste épiscopale, Potentien lui succède mais est décapité le 31 décembre de l'année suivante.

Le premier évêque de Sens dont l'existence est attestée est Séverin qui figure sur la liste authentique des souscripteurs du pseudo-concile de Cologne de 346.

Le territoire du diocèse de Sens, de grande étendue, correspond à celui de la cité gallo-romaine des Sénons[5], réduit à la suite de l'érection de la cité d'Auxerre par Postume ou Dioclétien. Il couvre deux pagi : le Sénonais proprement dit, autour de Sens, et le Gâtinais, autour de Château-Landon. Une fois stabilité, il couvre : le Melunais, autour de Melun ; une partie de la Brie, autour de Provins ; et une partie de la Beauce, autour d'Étampes.

L'archevêque de Sens portait le titre de vicomte de Sens depuis son achat de plusieurs lots par Pierre de Charny en 1274 ainsi que les titres de Baron de Brienon, de Nailly, de Saint-Julien-de-Sault et de Villeneuve-l'Archevêque et Seigneur d'Étigny et de Cuy (cette dernière étant appelée Noslon, nom du château seigneurial), titres portés depuis le Xe siècle et même au-delà.

Au concile de Rome de 769, l'évêque de Sens, Villicaire, est qualifié d'archevêque des Gaules (archiepiscopus Galliarum).

En outre, par une bulle du 2 janvier 876, le pape Jean VIII institue l'archevêque de Sens, Anségise, son vicaire en Gaule, c'est-à-dire son légat permanent pour les royaumes francs au-delà des Alpes. Cette qualité lui fut disputée par l'archevêque de Lyon, décision confirmée en 1079 par le pape Grégoire VII et en 1105 par Urbain II. La primatie de Sens fut néanmoins fermement défendue par le roi Louis VI, dit le Gros, qui a refusé que son royaume dépendit d'un primat vivant en terre d'Empire. Sous la menace de la rupture de la fidélité exemplaire des rois de France envers Rome, la tentative fut enrayée. Dans les faits, l'autorité attachée à cette primatie cesse au départ de l'archevêque Guillaume de Champagne à la fin du XIIe siècle. Il est vrai qu'alors, la circulation est enfin rétablie en Méditerranée, permettant à la papauté d'intervenir disciplinairement rapidement.

De septembre 1163 à avril 1165, le pape Alexandre III s'installe à Sens.

Sous François Ier, l'archevêque de Lyon, lui-même vainqueur de son archevêque de Vienne, aidé par la bourgeoisie marchande de sa ville confortée par ses foires, obtient du Roi la primatie sur le royaume. l'archevêque de Sens ne se défend pas. Le parlement de Paris, après avoir refusé de se plier à plusieurs reprises à la décision royale, finit par céder, mais offre à l'archevêque de Sens, en compensation, le titre de Primat des Gaules et de Germanie, destiné à rappeler que durant plus de 900 ans, l'archevêque de Sens tranchait les litiges des royaumes francs devenus depuis ceux de France et de Germanie.

Jusqu'en 1622, l'archevêché de Sens comptait sept diocèses suffragants : Chartres, Auxerre, Meaux, Paris, Orléans, Nevers et Troyes. Les sept initiales formaient le mot de CAMPONT, devise du chapitre de Sens.

Par la bulle Universi orbis du 20 octobre 1622[6], le pape Grégoire XV élève le diocèse de Paris au rang d'archidiocèse métropolitain avec, pour suffragants, les trois diocèses de Chartres, Orléans et Meaux. Pour indemniser l'archevêque, par une bulle de septembre 1668, le pape Clément IX unit à la mense archiépiscopale l'abbaye du Mont-Saint-Martin, à Gouy, alors dans le diocèse de Cambrai.

Lors de la création des départements, en 1790, vingt-trois paroisses de l'archidiocèse de Sens sont rattachés au département de l'Aube : dix paroisses du doyenné de Saint-Florentin[7], cinq autre du doyenné de la Rivière de la Vanne[8] et sept autres de doyenné de Traînel[9].

La constitution civile du clergé, décrétée par l'Assemblée nationale constituante le 12 juillet 1790, maintient Sens comme siège épiscopal du diocèse du département de l'Yonne. Bien que sanctionnée par Louis XVI, la constitution civile du clergé n'est pas reconnue par le Saint-Siège.

À la suite du concordat de 1801, par la bulle Qui Christi Domini du 29 novembre 1801[10], le pape Pie VII supprime l'archidiocèse de Sens. Son territoire est incorporé à celui de diocèse de Troyes, qui est maintenu pour les départements de l'Aube et de l'Yonne, et le titre d'archevêque de Sens joint à celui d'archevêque de Paris.

L'archevêque avait pour armoiries : "D'azur, à la croix d'argent cantonnée de quatre crosses d'or".

L'archidiocèse de Sens-Auxerre[modifier | modifier le code]

Le concordat du 11 juin 1817 prévoit le rétablissement de l'archidiocèse de Sens pour les arrondissements de Joigny et de Sens du département de l'Yonne et avec, pour suffragants, les diocèses d'Auxerre, Moulins, Nevers et Troyes. Mais il n'est pas ratifié.

Par la bulle Paternae charitatis du 6 octobre 1822[11], Pie VII rétablit l'archidiocèse de Sens pour le département de l'Yonne et avec, pour suffragants, les trois diocèses de Troyes, Nevers et Moulins. Le nouveau diocèse a donc les limites de l'Yonne : le centre est une partie de l'ancien diocèse d'Auxerre, le nord vient de l'ancien diocèse de Sens, le Morvan au sud provient du diocèse d'Autun, et l'est du diocèse de Langres[12].

Conformément au régime concordataire, l'archidiocèse de Sens devient un établissement public du culte : la mense archiépiscopale de Sens.

Par le bref Antissioderensi ecclesiae du 6 juin 1823[13], Pie VII autorise les archevêques de Sens à joindre à leur titre celui d'évêque d'Auxerre. L'archidiocèse possède ainsi deux cathédrale[12].

La loi de séparation des Églises et de l'État du 9 décembre 1905[14] dissout la mense archiépiscopale de Sens.

En 1924, l'archidiocèse devient une association diocésaine : constituée le 18 août, déclarée à la sous-préfecture de Sens le 28 du mois, ses statuts sont publiés au Journal officiel du 18 septembre suivant.

Par la constitution apostolique Omnium ecclesiarum sollicitudo du 15 août 1954[15], le pape Pie XII élève la Mission de France au rang de prélature territoriale avec, pour siège, l'abbatiale de l'abbaye de Pontigny[12].

En 1973, la résidence de l'archevêque est déplacée de Sens vers Auxerre, où est également installée la Maison diocésaine[12].

En 1984, on regroupe les anciennes paroisses, qui passent de 500 à 102 ensembles paroissiaux[12].

L'archidiocèse aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Par un décret du 8 décembre 2002[16], la Congrégation pour les évêques réorganise les provinces ecclésiastiques de France métropolitaine, afin de les faire coïncider avec les régions administratives. L'archidiocèse de Sens conserve son titre, mais perd sa qualité de siège métropolitain. Il devient suffragant de l'archidiocèse de Dijon, comme le diocèse de Nevers et la prélature territoriale de la Mission de France. Le diocèse de Moulins devient, quant à lui, suffragant de l'archidiocèse de Clermont.

En 2011, l'archidiocèse de Sens-Auxerre compte 110 paroisses, regroupées en sept doyennés :

  • Doyenné de l'Auxerrois
  • Doyenné de l'Avallonnais
  • Doyenné du Jovinien
  • Doyenné de la Puisaye
  • Doyenné du Sénonais rural
  • Doyenné du Sénonais urbain
  • Doyenné du Tonnerrois

Statistiques[modifier | modifier le code]

L'archidiocèse comprenait en 2005 environ 200 000 baptisés pour une population totale de 332 566 habitants (60,1 %) desservis par 132 prêtres dont 55 réguliers. Le nombre de diacres permanents était de 13, de religieux de 112 et de religieuses de 139.

La pratique de l'archidiocèse est inférieure à la moyenne nationale, ainsi que le nombre de baptêmes et de funérailles religieuses, ce territoire étant caractérisée par une forte sécularisation, ce qui en faisait une terre de mission dès le milieu du XXe siècle.

Cathédrales et basilique mineure[modifier | modifier le code]

La cathédrale Saint-Étienne de Sens, dédiée à saint Étienne, est l'église cathédrale de l'archidiocèse[17].

La cathédrale Saint-Étienne d'Auxerre, également dédiée à saint Étienne, était l'église cathédrale de l'ancien diocèse d'Auxerre[18].

La basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay, dédiée à sainte Marie-Madeleine, est, depuis le 4 mai 1920, une basilique mineure[19].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Saints Savinien et Potentien, martyrs de Sens (✝ v. 300) (consulté le 3 décembre 2013)
  2. (fr) Liste des archevêques de Sens (consulté le 3 décembre 2013)
  3. (fr) Saint Savinien (consulté le 3 décembre 2013)
  4. (fr) Saints Savinien et Potentien (consulté le 3 décembre 2013)
  5. (fr) Bertrand Debatty, « Les limites de la cité gallo-romaine des Sénons : Perception et réalité », Hypothèses, 2004, n° 1, pp. 85-94, sur www.cairn.info (consulté le 3 décembre 2013)
  6. (la) Bulle Universi orbis du 20 octobre 1622, dans Bullarum diplomatum et privilegiorum sanctorum romanorum pontificum : Taurinensis editio, vol. XII, Turin, 1867, pp. 750-753 (consulté le 3 décembre 2013)
  7. Auxon, Coursan-en-Othe, Courtaoult, Ervy-le-Châtel, Montfey, Montigny-les-Monts, Nogent-en-Othe, Racines, Villeneuve-au-Chemin et Vosnon.
  8. Bérulle, Courmononcle (aujourd'hui, partie de Saint-Benoist-sur-Vanne), Pouy-sur-Vannes, Rigny-le-Ferron et Vulaines.
  9. Courceroy, Fontenay-de-Bossery, Gumery, La Louptière-Thénard, La Motte-Tilly, Plessis-Gatebled et Traînel.
  10. (la) Bulle Qui Christi Domini du 29 novembre 1801, dans Bullarii romani continuatio, tome XI, Rome, 1845, pp. 245-249 (consulté le 3 décembre 2013)
  11. (la) Bulle Paternae charitatis du 6 octobre 1822, dans Bullarii romani continuatio, tome XV, Rome, 1853, pp. 577-585 (consulté le 3 décembre 2013)
  12. a, b, c, d et e Site du diocèse
  13. (la) Bref Antissioderensi ecclesiae du 6 juin 1823, dans Bullarii romani continuatio, tome XV, Rome, 1853, pp. 608-609 (consulté le 3 décembre 2013)
  14. (fr) Loi du 9 décembre 1905 (version initiale) (consulté le 3 décembre 2013)
  15. (la) Constitution apostolique Omnium ecclesiarum sollicitudo du 15 août 1954, dans Acta Apostolicae Sedis (AAS), vol. XLVI (1954), n° 14 (15 novembre 1954), pp. 567-574 (consulté le 3 décembre 2013)
  16. (fr) Décret du 8 décembre 2002 (consulté le 3 décembre 2013)
  17. (en) Cathédrale Saint-Étienne (consulté le 3 décembre 2013)
  18. (en) Ancienne cathédrale Saint-Étienne (consulté le 3 décembre 2013)
  19. (en) Basilique Sainte-Madeleine (consulté le 3 décembre 2013)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Jean-Charles Picard et al., Province ecclésiastique de Sens (Lugdunensis Senonia), Paris, De Boccard, coll. Topographie chrétienne des cités de la Gaule des origines au milieu du VIIIe siècle, 1992, 153 p. (ISBN 2701800714)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]