Baniyas (Golan)

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Banias et Césarée.
Baniyas
La grotte de Pan.
La grotte de Pan.
Caractéristiques
Longueur 9 km
Bassin 145 km2
Débit moyen 4 m3/s
Cours
Source Baniyas
· Localisation En territoire revendiqué par la Drapeau de la Syrie Syrie.
· Altitude 390 m
· Coordonnées 33° 14′ 54″ N 35° 41′ 40″ E / 33.248423, 35.694532 (Source - Baniyas)  
Se jette dans Jourdain
Géographie
Pays traversés Drapeau d’Israël Israël

33° 14′ 42″ N 35° 41′ 34″ E / 33.245121, 35.692799 Baniyas[1], Banias ou Panéas est un site archéologique qui s'est appelé Césarée de Philippe[2] pendant la période romaine. Le site est près d'une des sources du Jourdain sur le mont Hermon et a donné son nom à la seigneurie de Banias un des fiefs du royaume de Jérusalem pendant les croisades. Le site est à l'est de la frontière internationale entre Israël et la Syrie dans le territoire occupé par Israël dans le Golan depuis 1967. La rivière affluent du Jourdain s'appelle aussi Baniyas[3]. Le Baniyas, constitue avec le Dan, l'une des deux sources principales du Jourdain.

Histoire[modifier | modifier le code]

Temple et grotte de Pan

Le site a été un lieu de culte du dieu Pan d'où son nom grec Panion[4] latinisé ensuite en Paneas[5] ou Panias[6]. L'alphabet arabe n'ayant pas de lettre P le nom est arabisé en Baniyas[7]. Une caverne au nord du site s'appelle la « grotte de Pan ». Un temple dédié au dieu Pan se trouve proche de l'entrée de la grotte.

Période hellénistique[modifier | modifier le code]

Au IIIe siècle av. J.-C., les Lagides fondent Panion pour faire concurrence au centre religieux sémitique de Dan[8] à seulement 4 km à l’ouest.

En 198 av. J.-C., le roi séleucide Antiochos III battit l'armée ptolémaïque dans cette région et s'empara de Panion (Baniyas).

À la fin de cette période la région faisait partie du royaume des Ituréens.

Période romaine[modifier | modifier le code]

Le palais d'Hérode Agrippa II

En 20 av. J.-C., le roi ituréen Zénodore meurt sans héritier. Auguste donne à Hérode le Grand les territoires de Zénodore. Les Nabatéens furent particulièrement furieux car Zénodore leur avait vendu son territoire avant sa mort : ils perdent le territoire et l’argent qu’ils avaient versé. Hérode a fait construire un temple à la gloire d’Auguste à Panias.

En av. J.-C., à la mort d'Hérode le Grand, sur l’ordre d’Auguste, son royaume est divisé entre ses fils. Archélaos a reçu la Judée avec le titre d'ethnarque ; Hérode Antipas reçut la Galilée et Philippe la Transjordanie et quelques parties du domaine de Zénodore aux environs de Panias[9].

En av. J.-C., le roi Hérode Philippe II créa une ville qu’il nomma Caesarea Philippi ; le Nouveau Testament la nomme ainsi[10]. Elle devint la capitale de son royaume qui s'étendait au-delà du Golan et du Hauran. Des sources de l'époque mentionnent la ville sous le nom de Caesarea Panias[11]

Hérode Agrippa II reconstruit la ville en 61 et l'appelle Neronias Caesarea Sebaste[12],[13]. Il y a fait construire un théâtre.

Au printemps 65 (ou 66), Césarée est le théâtre d'affrontements entre Grecs et Juifs à la suite desquels la communauté juive s'enfuit de la ville[14].

En 70, Titus après avoir détruit Jérusalem séjourne à Césarée de Philippe, « où il donna des spectacles divers. Beaucoup de prisonniers périrent alors, les uns jetés aux bêtes féroces, les autres forcés à lutter par nombreuses troupes, comme des ennemis, les uns contre les autres »[15].

Un temple à Zeus fut édifié, aux environs de l'an 100, pendant le règne de Trajan.

Période byzantine[modifier | modifier le code]

Jusqu’à l’arrivée des musulmans, la ville devient un centre chrétien. Le culte de Pan est abandonné et le site perd de son importance. Le palais d’Agrippa II est transformé en bain public. La ville devient un évêché.

Période musulmane[modifier | modifier le code]

La chute d'eau de la rivière Baniyas à la frontière internationale
cascades de la rivière Baniyas

Au moment de la conquête musulmane le site reprend de l’importance par l’afflux des nouveaux venus. Son nom devient alors Baniyas.

Pendant les croisades cette région devient la frontière entre les royaumes croisés et la Syrie musulmane.

La seigneurie Baniyas fut donné par les Assassins à Baudouin II en 1128. Elle passa ensuite par mariage à Onfroy de Toron, qui en donna la moitié en 1157[16] à l'Ordre de l'Hôpital.

Le roi de Jérusalem Amaury Ier décida de mener une offensive contre l’Égypte en 1163, prétextant que les Fatimides ne payaient plus la capitation qu’ils lui devaient. Sa campagne échoua et il dut se retirer. Cette initiative provoqua des craintes chez Nur ad-Din. Il résolut alors de mener des campagnes contre les croisés en Syrie et en Palestine afin de les détourner d'Égypte.

Nur ad-Din fait la conquête de Baniyas en 1164 et fait prisonnier Josselin III d'Édesse. Josselin va rester en captivité jusqu'en 1176, il reprend alors une partie de ses domaines.

Le site[modifier | modifier le code]

Les fouilles ont commencé après l’occupation du Golan par Israël en 1967. On retrouve sur le site des vestiges des différentes époques.

Un peu au-dessus de la grotte de Pan il y a un petit mausolée druze dédié à Weli Sheikh Khader.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. latin : Paneas ; grec : Panion, Πάνιον ; hébreu : banyas, בניס ; arabe : bānyās, بانياس
  2. latin : Caesarea Philippi
  3. arabe : bānyās al-ḥūla, بانياس الحولة
  4. Panion en grec : Πάνιον
  5. Paneas en latin, voir John Strange, Atlas Biblique, Alliance biblique universelle,‎ 1999, 64 p. (ISBN 978-293020971-5), p. 49, 52, 54, 58
  6. Panias ou Paneas (c.f. « Panias », sur Dictionnaire Gaffiot : « source d'où sort le Jourdain ») voir aussi : Pline l'Ancien, Histoire naturelle [détail des éditions] [lire en ligne], V, xv. La Judée.
  7. Baniyas en arabe : bānyās, بانياس
  8. Tell Dan, 33° 14′ 51″ N 35° 39′ 07″ E / 33.2475, 35.65194
  9. Flavius Josèphe, Guerre des Juifs [lire en ligne], II, vi, 3
  10. Par exemple voir : Matthieu 16,13-20 et Marc 8,27-30
  11. En grec, dans la géographie de Ptolémée : Kaisareia Panias, Καισάρεια Πανίας
  12. grec : Sebastos, Σεβαστος, traduction en grec du latin Augustus
  13. Flavius Josèphe, Antiquités Judaïques [lire en ligne], XX, ix, 4
  14. Flavius Josèphe, Guerre des Juifs [lire en ligne], II, xiv, 4-5
  15. Flavius Josèphe, Guerre des Juifs [lire en ligne], VII, ii, 1
  16. Guillaume de Tyr, Livre XVIII, chap. 12, RHC Occid. tome I, p. 837

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]