Saint-Père (Yonne)
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| Saint-Père | ||
Saint-Père (sous Vézelay), vue générale |
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| Administration | ||
|---|---|---|
| Pays | ||
| Région | Bourgogne | |
| Département | Yonne | |
| Arrondissement | Avallon | |
| Canton | Vézelay | |
| Intercommunalité | Communauté de communes du Vézelien | |
| Maire Mandat |
Christian Guyot 2008-2014 |
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| Code postal | 89450 | |
| Code commune | 89364 | |
| Démographie | ||
| Population municipale |
370 hab. (2009) | |
| Densité | 24 hab./km2 | |
| Géographie | ||
| Coordonnées | ||
| Altitude | Min. 142 m — Max. 359 m | |
| Superficie | 15,28 km2 | |
| Localisation | ||
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Saint-Père anciennement dénommée Saint-Père-sous-Vézelay est une commune du département de l'Yonne, dans la région Bourgogne, en France.
Sommaire |
Géographie [modifier]
Saint-Père est traversé par la Cure, affluent de l'Yonne et rivière de première catégorie (dit "rivière à truite"). Le village se trouve dans un "creux" cerné de toute part de lieux d'altitude (Vézelay, le Terria, Vignes, Avallon…)
Histoire [modifier]
Établi de très longue date, Saint-Père est situé près du gué de l'ancienne voie menant d'Autun à Auxerre par Quarré-les-Tombes[1].
Préhistoire [modifier]
Puits de captage des eaux néolithique [modifier]
En 1933 un puits vertical cylindrique de 1,5 m de diamètre environ, est partiellement démoli lors de l'extraction de sable. Ce puits, creusé dans le sable, avait ensuite été comblé avec de l'argile ; il n'y avait pas de boisements d'étayage[1].
Tentant de dégager le puits d'argile en 1938 ou 39, René Louis et Robert Dauvergne sont arrêtés à 4 m de profondeur par des infiltrations d'eau. Les Fontaines salées au sud-est de Saint-Père-sous-Vézelay, proches de la Cure, s'appelaient anciennement le puits de sel[1]. Elles ont été utilisées dès 2200 à 2300 BC ; c'est l'âge des 16 chênes évidés qui ont servi à fabriquer des puits de captage des eaux, et qui sont dans un très bon état de conservation. La grosseur de ces arbres laisse supposer qu'ils ont été conservés sur plusieurs générations avant d'avoir été abattus pour cet usage, un travail collectif mené à bien à l'aide de haches en cuivre ou en bronze. Deux techniques différentes ont été mises en œuvre pour ce faire, par deux groupes différents. Abandonné après l'Age du Bronze ancien, les puits ont été comblés par les alluvions des crues de la Cure. Ensuite, certains puits ont été réutilisés à la fin de l'Âge de Bronze - peut-être pour abreuver du bétail. Il faut attendre l'Age du Fer pour y voir une production de sel par le feu[2].
Nécropole du champ d'urnes [modifier]
Au lieu-dit le Poron, anciennement le Perron, une défense de mammouth a été trouvée en 1930 dans une sablière exploitée, à 1 m de profondeur[1]. Des ossements et fragments de poterie sombre se trouvaient dans la couche de terre recouvrant le sable, aux environs proches de la carrière de sable. En 1934 c'est une imbrex gallo-romaine intacte qui est mise à jour; puis à une profondeur variant de 50 cm à 60 cm, une sépulture en 1937, une en 1938 et, suite aux premières fouilles de René Louis et Robert Dauvergne, trois autres en 1939. Ces cinq sépultures trouvées paraissent former trois rangs avec des espacements de 2 m entre chaque sépulture, et vraisemblablement il s'agit d'un "champ d'urnes" avec de nombreuses autres sépultures.
Outre les restes d'ossements humains, la deuxième urne funéraire trouvée entière contenait une autre urne de même modèle mais assez petite pour passer par le col de la grande urne, ainsi qu'un bol, deux bracelets de bronze, et une pointe de flèche néolithique en silex avec pédoncule et barbelures, craquelée comme après un passage dans le feu[Note 1].
Ces "champs d'urnes" sont bien connus en Bohême, Allemagne du sud, Rhénanie, Bavière, Suisse et Italie du nord. Ils indiquent la période entre l'Age du Bronze et l'Age du Fer et correspondent à un peuple probablement originaire de Hongrie et de Lusace où la culture des urnes a remplacé celle des tumulus vers 1000 à 1200 BC ; puis ce peuple s'est étendu entre 800 et 1000 BC en Allemagne du sud et la Haute vallée du Rhin, ensuite en Bavière, Suisse et Italie du nord. Les urnes globuleuses à haut col remplacent alors celles bicôniques à col court et évasé. Selon Bosch Gimpera, un groupe de ce peuple, parti de Bavière, Wurtemberg et Bâle, serait passé par la trouée de Belfort pour arriver au centre de la France (champs d'urnes de Pougues-les-Eaux - aussi une station thermale - dans la Nièvre, de Dompierre-sur-Besbre en Allier) ; et aurait ensuite contourné les Cévennes par l'ouest pour arriver dans le Tarn (nombreuses nécropoles vers Saint-Sulpice-la-Pointe), la plaine de Toulouse et les Pyrénées. Un autre groupe du même peuple, passant par le plateau suisse et la vallée du Rhône où il aurait remplacé la civilisation palafitte, aurait suivi le bord de la Méditerranée pour peupler le Roussillon et le Narbonnais. Une autre nécropole découverte en 1935 à Granges près de Chalon-sur-Saône viendrait appuyer cette hypothèse. Les quatre champs d'urnes du centre de la France connus fin XIXe siècle sont tous localisés dans des bancs de sable (en sus de nombreuses autres ressemblances)[3].
Antiquité [modifier]
Le matériel céramique et métallique retrouvé entre le village et la chapelle Saint-Jean-Baptiste indique une fréquentation importante depuis la Tène finale jusqu'au Ve siècle[4].
En 1935-36 est découvert un mur de de 80 mètres le long de la chapelle, des thermes gallo-romains avec plusieurs sanctuaires de source, et d'anciens captages néolithiques sont reconnus. Plusieurs exploitations de fer étaient en opération dans les environs proches, et une activité commerciale s'était établie[1],[5],[6]. Charles Beyney a également trouvé au lieu-dit Corvée St-Jean près de la Brèche, des pièces romaines, céramiques, tuiles romaines, pilette d’hypocauste, verre, un fût de colonne de 67 cm de diamètre (maintenant au musée de St-Père sauf les murs et le fût de colonne). Des photos aériennes[7] indiquent un grand domaine rural, appelé Vercellacus à partir du IVe siècle (du nom de son propriétaire), transmis en tant que villa carolingienne[8].
An début du XXe siècle, l'abbé Pissier explore les ruines de la chapelle Saint-Jean-Baptiste du IVe siècle.
Moyen Âge [modifier]
La Geste des évêques d’Auxerre donne le nom "Vidiliacus" lors du don de Domecy avec Vézelay par Aunaire à St-Germain en 590 ("cum Vidiliaco")[9]. Ce nom s'est transmis vers la colline de Vézelay. Par ailleurs on a découvert en 2012 un mur carolingien sous le cloître de Vézelay[10]. Des sarcophages mérovingiens ont été retrouvés dans le sous-sol de l'église Saint-Pierre, et sous l'un d'eux un sarcophage plus ancien[11].
En 858 un monastère a été fondé par Girart comte de Vienne. Installé sur la colline, on ne sait pas s'il occupait dans ses débuts le site de l'église actuelle[10], mais il y a continuité d'occupation du site entre l'Antiquité et le Moyen Âge, comme l'ont démontré des fouilles réalisées dans le sous-sol de l'église Saint-Pierre[11].
Époque moderne [modifier]
Le bourg fut appelé « Val-en-Sel » pendant deux ans après la Révolution[12], malgré que les sources en usage aient été volontairement comblées en 1767 pour empêcher la production locale de sel.
Au XVIIIe siècle le ru du Val de Poirier (« des Perriers ») a été détourné à l'aide d'une digue pour établir un jardin. Il avait auparavant alimenté en eau le domaine gallo-romain puis les fossés moyenâgeux[10].
Le village d'aujourd'hui est construit sur la partie habitat du domaine gallo-romain, avec l'église Notre-Dame près de l'ancien hypocauste.
Administration [modifier]
Démographie [modifier]
Lieux et monuments [modifier]
L'église Notre-Dame de Saint-Père [modifier]
Elle a été classée monument historique depuis 1840[16].
Construite du XIIIe au XVe siècle, c'est un chef-d'œuvre de l'art gothique flamboyant bourguignon. Le clocher du XIIIe siècle, haut de 50 mètres (34,30 mètre hors flèche) est remarquable. L'église fait aussi 50 m hors-tout.
À l'extérieur, un porche couvert et clos typique de Bourgogne.
À l'intérieur, deux chapiteaux dont une tête de nègre et une tête d'avare très abîmée dont deux dragons mangent les oreilles restées sourdes aux appels. La coûteuse rénovation oblige à faire appel à la générosité des habitants d'une modeste commune de 385 habitants. Très peu de messes y sont célébrées.
Le site archéologique des Fontaines Salées [modifier]
Thermes romains et sanctuaire, bassin cultuel celte, captages du néolithique.
Le musée archéologique [modifier]
Au pied de l'église, le Musée Archéologique de Saint Père abrite principalement les trouvailles archéologiques du Site des Fontaines Salées. L'essentiel des collections est constitué par des céramiques, monnaies, bijoux, statuettes, ex-voto…
Vignoble [modifier]
Voir aussi [modifier]
Notes et références [modifier]
Notes [modifier]
- Deuxième et troisième urnes de sépulture trouvées : des photos des urnes et des artéfacts sont données dans "le champ d'urnes des fontaines salées (Yonne) et la civilisation des “ champs d'urnes ” en Bourgogne, p. 19.
Références [modifier]
- "le champ d'urnes des fontaines salées (Yonne) et la civilisation des “ champs d'urnes ” en Bourgogne. Louis Robert, Gallia, 1943, Volume 1, no 1-1, p. 15-41.
- Captages en bois à la fin du Néolithique : les Fontaines Salées à Saint-Père-sous-Vézelay. Vincent Bernard, Pierre Pétrequin, Olivier Weller, Gilles Bailly, Christine Bourquin-Mignot, Hervé Richard. p. 299-336.
- H. Jacquinot et P. Usquin, La Nécropole de Pougues-les-eaux (Nièvre). Derniers Temps de L'âge Du Bronze. Bulletin de la Société Nivernaise Des Lettres, Sciences Et Arts. 1879.
- Pierre Nouvel, dans Carte archéologique de la Gaule par Jean-Paul Delor, p. 608. Cité dans La villa gallo-romaine de St-Père ne cesse d’intriguer les archéologues. Philippe Beyney, 2012.
- René Louis, Les fouilles gallo-romaines de Saint-Père-sous-Vézelay (Yonne) : vue d'ensemble sur les campagnes 1934, 1935 et 1936 aux lieux-dits "Les Fontaines-Salées", "Le Perron" et "La Corvée Saint-Jean" ]. Monographies de fouilles, Société des fouilles archéologiques et des monuments historiques de l'Yonne. 1937.
- Les fouilles des Fontaines- Salées en 1942 - Les thermes, le "temple de source", et les puits à cuvelage de bois. René Louis, Gallia, 1943, Vol. 1, no 1-2, p. 27-70.
- Jean-Paul Delor, Carte archéologique de la Gaule, 89/1 et 2. Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2002, tome 2, p. 604. Article de Pierre Nouvel. Cité dans La villa gallo-romaine de St-Père ne cesse d’intriguer les archéologues. Philippe Beyney, 2012.
- Abbé Bernard Lacroix, Saint-Père-sous-Vézelay. Origines et évolution. Librairie Voillot, 1993.
- Michel Sot, dir. La Geste des évêques d’Auxerre, tome 1. Textes établis par G. Lobrichon et H. Goullet, collection Les Classiques de l’histoire de France du Moyen Âge, 42e volume. Les Belles-Lettres, 2002, 400 pages. Cité dans La villa gallo-romaine de St-Père ne cesse d’intriguer les archéologues. Philippe Beyney, 2012.
- La villa gallo-romaine de St-Père ne cesse d’intriguer les archéologues. Philippe Beyney, 2012.
- Christian Sapin, Saint-Père (Yonne) - Église Saint-Pierre. Bulletin du CEM no 7, 2003, no 8 de 2004, et Études et Travaux de 2005, p. 41-42. Cité dans La villa gallo-romaine de St-Père ne cesse d’intriguer les archéologues. Philippe Beyney, 2012.
- Notice Historique sur Saint-Père-sous-Vézelay, abbé Pissier, Société des Sciences Historiques et Naturelles de l'Yonne, Auxerre, Volume 56, 1902.
- Résultats du recensement de la population - Saint-Père, sur le site de l'Insee. Consulté le 1er janvier 2012.
- Recensement de la population au 1er janvier 2006, sur le site de l'Insee. Consulté le 1er janvier 2012.
- Populations légales 2009 en vigueur le 1er janvier 2012, sur le site de l'Insee. Consulté le 1er janvier 2012.
- Notice no PA00113834, base Mérimée, ministère français de la Culture.