Hospices de Beaune

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Hospices de Beaune
Hôtel-Dieu de Beaune
Cour intérieure avec toiture en tuile vernissée de Bourgogne
Cour intérieure avec toiture en tuile vernissée de Bourgogne
Présentation
Période ou style Gothique flamboyant avec toiture en tuile vernissée de Bourgogne
Type Hôtel-Dieu / Hospices
Date de construction 1443 à 1457
Destination initiale Hôtel-Dieu / Hospices
Propriétaire Hôpital moderne de Beaune
Destination actuelle Musée de la médecine
Protection Logo monument historique Classé MH (1862)[1]
Site web www.hospices-de-beaune.com
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne
Localité Beaune
Localisation
Coordonnées 47° 01′ 19″ N 4° 50′ 12″ E / 47.021944, 4.83666747° 01′ 19″ Nord 4° 50′ 12″ Est / 47.021944, 4.836667  

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Les Hospices de Beaune ou Hôtel-Dieu de Beaune est un Hôtel-Dieu / Hospices de style gothique flamboyant avec toiture en tuile vernissée de Bourgogne, fondé au XVe siècle par le chancelier des ducs de Bourgogne Nicolas Rolin et son épouse Guigone de Salins, à Beaune en Côte-d'Or en Bourgogne. Il est célèbre, tant par son architecture traditionnelle bourguignonne que par son prestigieux domaine viticole bourguignon dont la production est vendue aux enchères pour financer son fonctionnement, sous le nom de vente des hospices de Beaune. Actif jusque dans les années 1960, classé aux monuments historiques depuis 1862, il est à ce jour un musée de la médecine et expose entre autres le polyptyque Le Jugement dernier de Rogier van der Weyden.

Historique[modifier | modifier le code]

En 1443, à la fin de la guerre de Cent Ans, après avoir hésité entre Autun et Beaune, Nicolas Rolin, richissime chancelier du duc Philippe III de Bourgogne (Philippe le Bon, souverain de l'État bourguignon), et son épouse Guigone de Salins fondent cet Hôtel-Dieu richement doté, proche de la collégiale Notre-Dame de Beaune du XIIe siècle, et de l'Hôtel des ducs de Bourgogne de Beaune du XIVe siècle (siège du Parlement de Bourgogne).

Beaune est choisie pour son important taux de passage et de par son absence de grande fondation religieuse. L'influence flamande se fait ressentir dans cette importante cité de l'État bourguignon qui s’étend alors jusqu'aux Pays-Bas bourguignons.

« Moi, Nicolas Rolin, chevalier, citoyen d’Autun, seigneur d’Authume et chancelier de Bourgogne, en ce jour de dimanche, le 4 du mois d’août, en l’an de Seigneur 1443 ... dans l’intérêt de mon salut, désireux d’échanger contre des biens célestes, les biens temporels ... je fonde, et dote irrévocablement en la ville de Beaune, un hôpital pour les pauvres malades, avec une chapelle, en l’honneur de Dieu et de sa glorieuse mère ... »

Le 1er janvier 1452, ce « palais pour les pôvres malades » accueille ses premiers patients : vieillards, infirmes, orphelins, malades, parturientes, indigents, fréquentent l'institution gratuitement du Moyen Âge au XXe siècle.

En 1459 Nicolas Rolin obtient la création de l'ordre des Sœurs Hospitalières de Beaune dont la règle associe vie monastique et soins aux pauvres et aux malades.

Description[modifier | modifier le code]

La façade extérieure, relativement austère, contraste avec la richesse de la décoration de la cour centrale avec ses toits en tuile vernissée de Bourgogne et celle de l'intérieur de l'édifice.

Cour intérieure[modifier | modifier le code]

De forme rectangulaire, elle comporte un puits à eau en ferronnerie gothique. Elle donne vue sur les différents bâtiments aux toits en tuile vernissée de Bourgogne, technique probablement originaire d'Europe centrale, mais qui est devenue caractéristique des monuments bourguignons (la grande salle est couverte de simples ardoises de Trélazé).

Ces tuiles ont quatre couleurs (rouge, brun, jaune et vert) formant des motifs d'entrelacs géométriques. Elles ont été reconstruites entre 1902 et 1907 par Sauvageot qui a recréé des motifs personnels, les dessins originaux ayant été perdus. Les parties Nord, Est et Ouest comprennent deux étages à galerie, avec colonnettes de pierre au rez-de-chaussée et de bois au premier, permettant le passage à l'abri des sœurs soignantes. De nombreuses lucarnes arborent des décorations sculptées en bois et en ferronnerie.

Chapelle[modifier | modifier le code]

Elle fait partie intégrante de la salle des « pôvres » et était décorée, à l'origine du polyptyque du jugement dernier, attribué au peintre flamand Rogier van der Weyden, fermé en semaine et ouvert pour les dimanches et fêtes solennelles. Guigone de Salins y repose. Un jubé en bois sépare, depuis la restauration des bâtiments, chapelle et salle des malades.

Grande salle « des pôvres »[modifier | modifier le code]

De dimensions imposantes (près de 50 m de long, 14 m de large et 16 m de haut), elle est couverte d'une charpente monumentale apparente et peinte, en forme de carène de bateau (renversée). Les poutres traversières sortent de la gueule de dragons multicolores qui évoquent les monstres de l'enfer. De petites têtes sculptées, représentant des caricatures des bourgeois beaunois dont les visages sont accompagnés de tête d'animaux qui symbolisent leurs défauts respectifs, rythment les travées. Le carrelage comprend le monogramme de Rolin et sa devise : « Seulle * ». Ce mot accompagné de l'étoile signifie que sa femme, Guigone de Salins est la seule dame de ses pensées.

La salle est occupée par deux rangées de lits à rideaux bordant les murs sud et nord, la place centrale étant réservée aux tables et aux bancs pour les repas. Le mobilier a été reconstitué en 1875 par le gendre de l'architecte Eugène Viollet-le-Duc. Deux patients pouvaient se coucher sur chaque lit. Derrière chaque lit un coffre permettait de ranger les vêtements des malades. Un couloir comporte une banquette équipée de chaises d'aisance court le long du mur derrière les rideaux.

Salle Sainte-Anne[modifier | modifier le code]

Située à l'ouest, au contact de la salle des « pôvres ». Elle ne comprenait que quatre lits.

Salle Saint-Hugues[modifier | modifier le code]

Voisine de la dernière, elle a été créée en 1645 et comprend quelques lits destinés à des malades plus aisés. Elle est remarquable par ses peintures murales d'Isaac Moillon représentant différents miracles du Christ ainsi que saint Hughes, en évêque et chartreux.

Il est aussi représenté sur le retable de l'autel, ressuscitant des enfants morts de la peste. Cette salle de malades a été réaménagée dans son décor du XVIIe siècle.

Salle Saint-Louis[modifier | modifier le code]

Dédiée au roi Saint Louis, elle ferme la cour à l'est et a été construite en 1661 à l'emplacement d'une grange. Cette pièce contient aussi de beaux coffres gothiques, une fontaine et deux séries de tapisseries du XVIe siècle, dont l'une tissée à Tournai raconte en sept épisodes la parabole du Fils Prodigue et l'autre provenant de Bruxelles évoque l'histoire de Jacob.

Salle Saint-Nicolas[modifier | modifier le code]

Située au nord-ouest de la cour, elle était destinée aux malades les plus graves et contenait 12 lits. Elle sert actuellement de salle d'exposition sur l'histoire des Hospices et de son vignoble. Un pavage de verre permet de voir couler la Bouzaise qui servait à l'évacuation des eaux usées.

Salle Polyptyque du Jugement Dernier[modifier | modifier le code]

Les Hospices de Beaune abritent une œuvre remarquable, peinte au XVe siècle, le polyptyque du Jugement dernier du peintre flamand Rogier van der Weyden, polyptyque à volets mobiles rectangulaires, composé à l'origine de neuf panneaux de chêne à fil vertical peints, dont six sur les deux faces initialement exposé dans la chapelle des « pôvres » malades.

Probablement réalisé entre 1446 et 1452, ce retable a d'abord été attribué à Jan van Eyck en 1836 avant d'être attribué à Rogier van der Weyden en 1843. Scié sur toute l'épaisseur des panneaux, l'envers et l'endroit (correspondants aux positions ouverte et fermée) sont exposés conjointement dans une même salle climatisée.

Apothicairerie (pharmacie)[modifier | modifier le code]

Elle comprend deux petites pièces avec ses étagères de flacons et de fioles. La première salle présente un mortier en bronze doté d'un arc accroché au pilon permettant d'alléger son poids et ainsi de faciliter le travail des apothicaires lors de la préparation des remèdes.

Dans la deuxième salle, les étagères présentent une collection de 130 pots de faïence datés de 1782 dans lesquels étaient conservés les onguents, huiles, pilules et sirops ...

Cuisine[modifier | modifier le code]

Dotée d'une vaste cheminée à deux foyers, elle est meublée de différents éléments dont un tourne-broche automatisé datant de 1698, animé par un petit automate en costume traditionnel appelé « Messire Bertrand » qui semble tourner la manivelle en veillant aux activités de la cuisine.

La cuisine est aujourd'hui présentée comme elle était au début du XIXe siècle avec son grand fourneau muni de deux robinets d'eau chaude appelés « cols de cygne ». Une sainte Marthe en bois polychrome veille sur la pièce, encadrée de bassines de cuivre.

Anciennes caves[modifier | modifier le code]

Une ancienne cave à vin voûtée médiévale de plus de 300 m est construite sous les Hospices de Beaune. La réserve particulière de vin des Hospices y est conservée. Cette cave est ouverte à la visite publique uniquement durant la vente des hospices de Beaune.

Vignoble et vente de charité des vins des hospices[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Vente des hospices de Beaune.

Les Hospices de Beaune sont propriétaires d'un domaine viticole bourguignon grâce à des dons et des héritages de riches seigneurs bourguignons du Moyen Âge depuis 1471 et à cinq siècles de gestion du patrimoine. Il comporte actuellement près de 60 hectares situés notamment dans les côte de Beaune et dans les côte de Nuits dont la plupart des parcelles sont situées dans des zones d'appellation premiers crus et grands crus d'exceptions. Les quarante-et-une cuvées de prestige obtenues sont vendues depuis 1794 sous forme d'enchères traditionnelles de charité « à la bougie », le troisième dimanche de novembre sous le nom de vente des hospices de Beaune. Le résultat des ventes, qui se situe entre 1,8 et 5,2 millions d'euros pour les meilleures années ainsi que les dons, est, depuis cinq siècles, consacré entièrement aux fonctionnements charitable et religieux des anciens hospices et des nouvelles institutions hospitalières civiles et laïques.

À cette occasion, les élèves de l'école hôtelière internationale Savoie-Léman de Thonon-les-Bains, se chargent du service de plus de 500 convives, depuis 1955.

Les Hospices de Beaune, devenus aujourd'hui musée, ont été modernisés avec les Hospices civils de Beaune qui emploient à ce jour 700 salariés et financent :

  • Le centre hospitalier Philippe Le Bon de court séjour de Beaune, ouvert en 1971
  • Le Centre Nicolas Rolin de long et moyen séjour
  • Deux structures d'hébergement pour personnes âgées dépendantes : l'Hôtel-Dieu et la Charité

Résultats de la vente des vins depuis 1994[2] :

  • 1994 : 558 pièces 12 047 000 F (+/- 1 791 824 €)
  • 1995 : 564 pièces 13 150 000 F (+/- 1 955 880 €)
  • 1996 : 719 pièces 18 715 000 F (+/- 2 783 596 €)
  • 1997 : 617 pièces 23 519 500 F (+/- 3 498 199 €)
  • 1998 : 577 pièces 24 699 000 F (+/- 3 673 633 €)
  • 1999 : 729 pièces 31 043 821 F (+/- 4 617 337 €)
  • 2000 : 727 pièces : 34 588 598 F (+/- 5 144 574 €)
  • 2001 : 696 pièces : 25 228 106 F (+/- 3 752 330 €)
  • 2002 : 691 pièces : 3 480 000 €
  • 2003 : 560 pièces : 3 423 000 €
  • 2004 : 699 pièces : 3 026 000 €
  • 2005 : 789 pièces : 3 789 000 €
  • 2006 : 688 pièces : 3 793 000 €

Philatélie[modifier | modifier le code]

  • En 1941, un timbre de 5 francs brun-noir est émis. Il représente la cour intérieure de l'Hôtel-Dieu. Il porte le n° YT 499.
  • En 1942, un timbre de 15 francs brun-carminé est émis. Il représente la cour intérieure de l'Hôtel-Dieu (même visuel que le timbre précédent). Il porte le n° YT 539.
  • En 1943, un timbre de 4 francs bleu est émis. Il représente Nicolas Rolin et Guigone de Salins d'après le tableau de Roger de la Pasture et le porche de l'Hôtel-Dieu. Il a bénéficié d'une vente anticipée le 21 juillet 1943 à Beaune. Il porte le n° YT 583.
  • En 2003, un timbre de 0,50 euro multicolore est émis. Il représente les toits de l'Hôtel-Dieu. Il porte le n° YT 3597[3].

Hospices de Beaune au cinéma[modifier | modifier le code]

Plusieurs scènes du film La Grande Vadrouille de Gérard Oury (1966) furent tournées aux Hospices de Beaune, en particulier dans la salle des « pôvres ».

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie-Thérése Berthier, John-Thomas Sweeney, "Histoire des Hospices de Beaune" Vins, domaines et donateurs, Guy Trédaniel Editeur, octobre 2012 (ISBN 978-2-8132-0499-8)
  • Laurent Gotti, Hospices de Beaune, La Saga d'un hôpital-vigneron, éditions Féret, novembre 2009 (ISBN 978-2351560488)
  • Roland de Narbonne (textes), Michel Tiziou (photographies), Hôtel Dieu, Beaune, éditions Service d'Editions Régionales, 1992 (ISBN 978-2907701358)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no PA00112112 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Source : www.wmaker.net
  3. Catalogue Yvert et Tellier, Tome 1

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]