Exploitation cinématographique

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L'exploitation cinématographique est le secteur économique qui assure la diffusion des films auprès du grand public, dans les salles de cinéma. Il s'agit du dernier maillon de la filière cinématographique, puisqu'il intervient après la production et la distribution dans la vie d'un film. L'exploitation cinématographique assure le lien entre l'oeuvre et le public sous forme de pratique collective hors domicile, ce qui constitue une différence essentielle avec des modes de diffusion plus récents, comme la télévision ou la vidéo, qui reposent sur une consommation individuelle ou familiale généralement pratiquée dans un cadre domestique.

La filière utilise en France une terminologie décalée par rapport au commerce, où distribution qualifie les points de vente. Or, quel que soit le format des établissements, les salles de cinéma accomplissent bien, sous le vocable d'exploitation, une fonction de commerce de détail. De nombreux professionnels, notamment dans le secteur de l'art et essai, privilégient toutefois des qualificatifs plus proches du caractère culturel du film, en retenant par exemple l'expression montreur de films[1]

En France[modifier | modifier le code]

Fin 2012, la France comptait 2029 établissements cinématographiques, totalisant 5502 salles et 1 068 903 fauteuils[2]. En 2013, ces cinémas ont accueilli 192,8 millions de spectateurs[3].

Le chiffre d'affaires réalisé par le secteur au titre de la vente de places de cinéma se monte à environ 1,2 milliards d'euros HT, compte tenu de la recette moyenne par spectateur (6,42€ TTC en 2012[4]) et du taux de TVA réduit (ramené de 7 % à 5,5 % au 1er janvier 2014[5]). S'ajoutent à ces recettes celles provenant d'activités complémentaires (vente de produits alimentaires, location de salles et d'espaces publicitaires, subventions, etc.).

L'exploitation cinématographique a la charge particulière d'encaisser les recettes des films, qui sont ensuite partagées avec les distributeurs. Ces derniers assurent ensuite la répartition de la part revenant aux ayants droit entre eux-mêmes et les producteurs.

L'exploitation cinématographique rassemble des cinémas de taille et de statuts hétérogènes. Au 31 décembre 2012, le parc de salles de cinéma français se compose de 2029 établissements se répartissant ainsi[6] :

Taille des cinémas Nbre cinémas Nbre salles  % entrées France
1 écran 1181 1181 8,3 %
2 à 3 écrans 429 1011 10,8 %
4 à 5 écrans 156 695 10,7 %
6 à 7 écrans 82 533 10,8 %
8 à 11 écrans 94 872 19,2 %
12 écrans et + 87 1210 40,2 %
Total 2029 5502 100 %

Le Centre National du Cinéma et de l'image animée (CNC) définit comme multiplexe tous les cinémas comptant au moins 8 salles. Selon ce critère, les multiplexes réalisent en France près de 60 % de la Fréquentation.

L'organisation qui représente les exploitants en France est la Fédération Nationale des Cinémas Français (FNCF).

L’Association française des cinémas d'art et d'essai (AFCAE), reconnue par le Ministère de la Culture depuis 1959, regroupe environ 1000 établissements classés art et essai[7].

Principaux opérateurs[modifier | modifier le code]

Les 10 principaux groupes d'exploitation français sont :

  • Les cinémas Gaumont Pathé : 746 écrans (72 cinémas)[8]
  • CGR : 413 écrans (39 cinémas)[9]
  • UGC : 392 écrans (37 cinémas)[10]
  • Cap'Cinéma, 101 écrans (13 cinémas)[11]
  • CinéAlpes  : environ 100 écrans (14 cinémas: Brest, Quetigny, Dijon, Aubière, Clermont-Ferrand (Ciné Capitole et Ciné Jaude), Mouans Sartoux, Nevers, Macon, Aurillac, Lons le Saunier, Monceau les Mines, Le Creusot, Issoire)[12]

Les trois plus importants totalisent 1551 salles, soit 28 % des 5 502 salles françaises.

Les 10 plus grands groupes cumulent quant à eux environ 2130 écrans, soit 39 % du parc.

Répartition des recettes[modifier | modifier le code]

Sur un ticket vendu, l'exploitant reverse deux taxes : la TVA (5,5 %) et la TSA (10,72 %), collectée par le CNC. La recette restante, qui représente 83,98 % du prix de chaque billet, est appelée la Base Film[18].

Cette Base Film sert d'assiette à la rémunération du distributeur du film, selon un taux de location qui est généralement de 50 %. Toutefois, ce taux diminue fréquemment au fur et à mesure de l'exploitation des films, selon des négociations menées chaque semaine. Le cinéma verse également une contribution de 1,515 % de la Base Film à la SACEM, dont 1,21 % pour le compte du distributeur.

Cartes illimitées[modifier | modifier le code]

Au printemps de l’année 2000, le groupe UGC a mis en place une carte illimitée permettant aux bénéficiaires de celle-ci, de se rendre autant de fois qu’ils le souhaitent au cinéma, moyennant le paiement d’une somme annuelle (environ 179 €). Le régime de cette carte est encadré par la Loi du 15 juillet 2001 ; plus précisément, l’article 97 de cette même loi soumet les exploitants à une autorisation préalable du CNC. À la suite de la création de cette carte, des exploitants indépendants ainsi que des professionnels ont saisi le Conseil de la Concurrence afin de dénoncer l’effet anticoncurrentiel de cette carte. En effet, ils considèrent que les prix de la carte sont abusivement bas violant ainsi l’article L 420-5 du Code de Commerce, et qu’ils entraînent une éviction des principaux concurrents sur le marché. Ils ont été débouté de leur demande, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, la création de cette carte par UGC n’empêche pas ses concurrents de l’adopter également ; ainsi, dès le mois d’août de l’année 2000, GAUMONT a proposé aussi la carte illimitée. Aussi, UGC avait pris le soin de respecter les règles qui seront plus tard énoncées dans la Loi de 2001. De plus, d’après une étude, les adhérents de la carte illimitée vont en moyenne 46 fois par an au cinéma. Ainsi, le prix de la place de cinéma s’élève à 4,95 € ; d’après le Conseil de la Concurrence, tant que ce prix dépasse les 3,05 € (coûts variables), on ne peut pas considérer que le prix est abusivement bas. Enfin, et contrairement aux idées reçues, la carte illimitée ne menace pas le métier d’exploitant des salles de cinéma. En effet, depuis l’institution de cette carte, le nombre d’entrées vendues a augmenté, ce qui ne peut qu’être positif pour les exploitants.

A l'étranger[modifier | modifier le code]

Si l'organisation de la filière cinématographique est relativement semblable parmi les grands pays occidentaux, l'importance de l'exploitation varie considérablement. C'est aux États-Unis que le taux d'équipement en salles de cinéma et la fréquentation cinématographique sont les plus élevés, la France se situant également à un haut niveau (données 2012)[19] :

États-Unis France Allemagne Royaume-Uni Italie Espagne Japon Australie
Population (en millions)[20] 320 64 83 63 61 47 127 23
Salles de cinéma 39 918 5 502 4 617 3 817 3 814 4 000 3 290 1 995
Salles/1 million d'habitants 125 86 56 61 63 85 26 87
Fréquentation 1360 204 135 172 91 91 155 86
Entrées/an/habitant 4,3 3,2 1,6 2,7 1,5 1,9 1,2 3,7
Recettes guichet (millions €) 8 438 1 306 1 033 1 352 609 595 1 950 900
Prix moyen de la place (€) 6,20 6,42 7,65 7,88 6,69 6,54 12,58 10,47

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filière cinématographique (cycle de vie d'un film)

La filière cinématographique est intégrée dans et prolongée par la filière audiovisuelle. En aval de l'exploitation cinématographique, on trouvera donc l'édition vidéo puis la diffusion télévisuelle.

Production de films → Festivals de cinéma internationaux → Distribution de films → Festivals de cinéma nationaux → Exploitation cinématographique