Jeep

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Jeep

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Création 1941
Site web www.jeep.com
Jeep Wrangler

Jeep est un constructeur automobile du groupe Fiat Chrysler Automobiles[1].

Les origines du mot « jeep »[modifier | modifier le code]

Plusieurs explications sont avancées quant à l'origine du nom « Jeep »[2], qui se prononce « djiyp » en anglais.

Il est traditionnellement admis que ce nom fait référence au projet initial proposé par Bantam (en) puis finalement développé par la Ford Motor Company sous le nom de code de « Ford GP-W ». « GP » signifierait soit « General Purpose » (« usage général », ou « voiture à tout faire »), soit « Government Purposes » (« usage gouvernemental »). Le mot « jeep » pourrait donc venir de cet acronyme « GP », prononcé en anglais « djipi ». Cette étymologie, que l'on retrouve dans tous les dictionnaires français, est pourtant controversée[3], R. Lee Ermey, dans sa série télévisée Mail Call, précise que le véhicule a été conçu pour des usages très particuliers, et non généraux (General Purpose), et que par ailleurs, les GI conducteurs du véhicule, à l'origine du surnom, n'avaient sans doute pas eu connaissance de cette dénomination officielle de GP-W donnée dans les bureaux d'étude. Ermey et d'autres avancent que le nom de jeep provient d'une bande dessinée des années 1930, Popeye d'E.C. Segar, où apparaît en mars 1936 un animal imaginaire du nom d'Eugene the jeep (appelé Pilou-Pilou en français)[2]. « Jeep » est alors une onomatopée habituellement utilisée par les dessinateurs pour imiter le cri d'un oisillon. Habile et possédant des facultés extraordinaires, ce petit animal de la jungle est capable de se sortir de situations difficiles. Ce surnom de « jeep » serait alors attribué au véhicule en raison de ses caractéristiques exceptionnelles.

Par ailleurs, le major E.P. Hogan, qui écrivit dès mars 1941 sur la Jeep pour la revue militaire Quartermaster Review, indique que le mot « jeep » désignait déjà pour les mécanos, lors de la Première Guerre mondiale, tout nouvel engin motorisé reçu pour évaluation[4]. Aussi, dans les années 1930 et au tout début des années 1940, on rencontre plusieurs fois ce mot « jeep », notamment dans la presse. Il peut alors désigner une personne inexpérimentée, voire idiote[5], une recrue ou un novice[6], un gadget technologique[7] ou un véhicule militaire[8].

L'acronyme « Just Enough Essential Parts » (« juste assez de pièces essentielles ») est une autre explication possible. La première série de ces véhicules a été conçue pour être la plus simple et la moins chère possible : la voiture était minimaliste, sans aucun confort, et bâtie pour une courte durée de service. Toutefois, cet acronyme a tout aussi bien pu être donné à l'usage, par les GI, après les premières apparitions sur le terrain d'un véhicule déjà appelé « jeep ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Jeep : photo de 1942

Convaincu que tôt ou tard il aurait à entrer dans la Seconde Guerre mondiale contre l'Axe, le gouvernement des États-Unis décida de définir un « véhicule de reconnaissance léger idéal » pour son armée afin de remplacer les motos et Ford T qu'utilisaient l'armée. Dans son appel d'offres adressé à 135 fabricants en juillet 1940, le cahier des charges prévoit une carrosserie rectangulaire, quatre roues motrices, un pare-brise rabattable, des feux de croisement et des phares longue portée, un poids de 590 kilogrammes et la capacité d'emporter 227 kg (dont une mitrailleuse et un équipage de trois hommes, d'où la spécification de trois sièges baquets), une garde au sol de 16 cm et une hauteur inférieure à 914 mm, un empattement inférieur à 1 905 mm et une voie très étroite d'1,494 mètre permettant d'emprunter, pneus démontés, les voies de chemin de fer[9].

C'est par le recrutement d'un ingénieur de talent, Karl Probst (en), qu'un minuscule constructeur alors inconnu Bantam, parviendra seul à tenir les délais et à emporter le marché face à Ford qui propose son modèle GP (acronyme de « General Purpose »), voiture connue sous le nom de « Pygmée » à cause de sa petite taille) et Willys-Overland qui propose sa Willys quad, au moins dans un premier temps. Il avait eu l'astuce de faire fi du poids maximal, irréalisable, et qui venait d'une demande de l'infanterie. Celle-ci souhaitait pouvoir porter ses voitures à bras d'homme. Karl Probst sut s'accorder les faveurs indispensables de Spicer, unique fournisseur de transmissions 4x4[10].

Arrivés derrière Probst qui construit son prototype en 49 jours, Willys et Ford allaient devoir attendre que Bantam soit servi pour être livrés. Pour son plus grand malheur, Bantam n'aura pas le marché car la firme n'a pas la capacité de production des volumes annoncés par le Quartermaster Corps. Pour « compenser », on confiera à Bantam la fabrication des remorques 1/4 de tonne de type T3. Willys fabriquera également les remorques 1/4 tonne de type MBT.

Les trois sociétés reçoivent l'approbation pour fabriquer un échantillon de 70 véhicules livrés en novembre 1940 au Fort Holabird. Les trois modèles dépassaient tous la spécification de poids de 590 kg, mais l'armée se rendit vite compte que cette limite était bien trop faible et elle la releva lors de la commande suivante de véhicules. Soumise aux tests des militaires, la Jeep révéla un certain nombre de faiblesses mais aussi d'immenses qualités. Malheureusement, le poids de 590 kg ne fut pas réalisable. En effet, le prototype pesait 920 kilogrammes et par la suite le poids sera de 1 060 kg environ selon les versions (MA, MB, M201, M38, M38A1 et Mutt).

Willys, devenu à la fois le plus performant et le moins cher (739 dollars), décroche donc le premier contrat pour la fabrication du modèle MB, résultant d'un mélange des prototypes Willys MA et Ford GP. Suivant les règles du Quater Master Corps de l'US Army, les plans et brevets du véhicule appartiennent au gouvernement qui a le libre choix de ses fournisseurs. Face à la tournure des évènements mondiaux, l'US Army augmente rapidement sa demande et Willys révèle rapidement ses limites en capacité de production journalière. Ford tire donc son épingle du jeu, en proposant de prendre la moitié des volumes de Willys pour doubler la quantité de véhicules produits. Début 1942, Ford reçoit ses premiers contrats de production. Le véhicule s'appelle Ford GPW. L'origine du « W » reste assez confuse, « War », « Willys »... une douce revanche pour Ford, bien en avant dans son développement technologique. L'idéologie de Ford est marquée. Même si le véhicule sorti des usines de Ford et de Willys est identique dans sa conception, John Ford se différencie de Willys en marquant la quasi-totalité des pièces mécaniques de sa jeep avec le « F » symbole de la marque. On retrouve ainsi ce marquage sur l'ensemble des pièces de carrosserie, la visserie, les organes moteur, les joints, la transmission et le châssis, les instruments, les pneumatiques... autant de marquages que de possibilités de se différencier. Willys et Ford fabriqueront 637 770 véhicules de 1941 jusqu'à l'été 1945, dont près de 60 % par Willys.

Jeep : photo de 2007

Ce véhicule, connu pour sa couleur vert olive, a servi notamment comme véhicule de liaison pour le commandement et de support pour les transmissions. De nombreuses modifications sont opérées sur les véhicules. Nombreuses photos d'époque montrent toute sorte de transformations, allant des simples ajouts, aux blindages, en passant par de vrais customisations. Son efficacité et sa large diffusion en ont fait le véhicule tout-terrain de référence, à tel point que l'on appelle encore aujourd'hui « jeep » une automobile tout-terrain au style rustique. Le mot « jeep » étant une marque déposée devenue un nom commun (antonomase), il ne prend pas de majuscule quand il est utilisé comme tel[11].

En 1946, la société Willys s’associe avec le constructeur français Hotchkiss pour la vente et la diffusion de jeeps en France sous la responsabilité de la SOFIA (Société Financière Industrielle Automobile). En juin 1950, la marque « Jeep » est déposée par Willys-Overland[12]. En 1953, la marque Jeep est vendue à Kaiser Motors. En 1952, Willys concède à Hotchkiss la licence de fabrication et de commercialisation des MB ainsi que celle des pièces détachées. En 1955, l’armée française relance la production de jeeps suite aux échecs consécutifs de projet de développement d’un nouveau véhicule léger de reconnaissance (VLR), la Delahaye VLR. La première commande porte sur 465 véhicules dénommés « Jeep Hotchkiss licence MB ». Suite à quelques améliorations, les jeeps alors construites prennent l’appellation « M201 licence MB ». La production est presque entièrement destinée à l’armée française. En 1956, Hotchkiss s'associe à Brandt, la production est effectuée dans l’usine de Stains. La production s’arrête en 1966 après un total de 27 628 jeeps M201 construites.

Ce succès militaire incita les dirigeants de la compagnie Willys à développer une version civile du Jeep.

Par la suite, la compagnie Willys fusionna avec la compagnie Kaiser, puis cette dernière (Kaiser-Willys) fut rachetée par American Motors Corporation (AMC) en 1956. Suite à ses déboires financiers (qui n'étaient absolument pas dus à la division Jeep), Renault prend le contrôle d'AMC au début des années 1980. La marque a été reprise pendant quelques années par Renault qui a essayé d'en faire une tête de pont vers le marché américain. En 1987, AMC était à l'agonie et fut vendue à Chrysler. La division Jeep-Eagle fut immédiatement créée car, peu importe dans quelle compagnie il soit passé, le nom Jeep a toujours été très rentable et très populaire.

Aujourd'hui, Jeep est redevenu un constructeur actif sur la plupart des marchés mondiaux et surfe sur la vague des SUV et des tout-terrains de loisir. La marque de 4x4 Jeep enregistre en 2012 son record de ventes mondial avec 701 626 unités écoulées[13].

Parmi les modèles de Jeep figurent :

  • de 1945 à 1986 : la série des CJ (CJ-2 à CJ-7). La Jeep CJ-7 est distribuée en Europe par Renault ;
  • de 1982 à 1986 : La CJ-7 est motorisée par les moteurs 2 litres essence et Diesel de la Renault 20 ;
  • de 1987 à 1995 : la Jeep YJ (appelée « Wrangler » aux États-Unis et en Europe) qui adopte un confort matériel propre aux voitures de tourisme ;
  • de 1997 à 2006 : la Jeep TJ (appelée « Wrangler » aux États-Unis et en Europe) ;
  • de 2001 à 2007 : la Jeep Cherokee KJ (appelé « Liberty » aux États-Unis) ;
  • de 2007 à aujourd'hui : la Jeep Wrangler JK (2-portes) et JK Unlimited (5-portes) ;
  • de 2008 à 2013 : la Jeep Cherokee KK (ou « Liberty » aux États-Unis) ;
  • en 2010 : la Jeep Grand Cherokee WK2 démarre sa production aux États-Unis le 19 avril.
  • en 2014 : lancement de la Cherokee KL

Modèles produits[modifier | modifier le code]

1940-1953 : Willys[modifier | modifier le code]

1953-1970 : Kaiser-Frazer[modifier | modifier le code]

  • 1954–1981 CJ-6
  • 1957–1965 FC-150 et FC-170 (pick-up et truck)
  • 1963–1991 Jeep Wagoneer SJ
  • 1963–1970 Gladiator (SJ)
  • 1966-1969 Super Wagoneer
  • 1967–1973 Jeepster Commando

1970-1986 : AMC[modifier | modifier le code]

1986-2009 : Chrysler[modifier | modifier le code]

Jeep Commander

Depuis 2010 : Fiat Chrysler Automobiles[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alliance entre les groupes Fiat et Jeep
  2. a et b (en) Jeep - Dave Wilton, Wordorigins.org, 12 juillet 2006
  3. (en) How the jeep got its name... - Ray Cowdery, USM Books, 2007
  4. (en) What does ‘jeep’ mean? - 42FordGPW, 18 septembre 2008
  5. (en) « He’s been all over the country, popping sodas here and there, but with all that practice he’s still a jeep. »The Saturday Evening Post du 16 juillet 1938
  6. (en) « The chow line stretched from the processing building to the mess hall, where the jeeps eat their first meal in the army. » — Jimmy Cannon, Nobody Asked Me, 1941
  7. (en) « In television parlance a jeep is a demonstration unit which consists of an electric camera connected by wire to a tele-receiving set. »The New York Times du 23 juillet 1939
  8. (en) « Take a ride in one of the tanks and you’ll see why the men of the brigade call them hell buggies, wombats, jeep wagons or man-killers ! »The New York Times du 31 juillet 1938
  9. (en) Tim Cole, « Only in a Jeep », Popular Mechanics, vol. 162, no 11,‎ novembre 1985, p. 94
  10. (en) Steven Zaloga, Jeeps 1941-45, Osprey Publishing,‎ 2011, p. 6
  11. (en) Tom Morr (texte) et Ken Brubaker (photographies), The Joy of Jeep, MotorBooks International, 2007 (ISBN 978-1-6167-3064-2), p. 50 [lire en ligne]
  12. (en) Steve Statham, Jeep Color History, MotorBooks International,‎ 1999 (lire en ligne), p. 27
  13. « La marque Jeep enregistre la vente de 701 626 véhicules dans le monde en 2012 », sur La Tribune Auto,‎ 18 janvier 2013

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Willys MB un véhicule similaire à la Jeep Ford GPW.
  • M151 le successeur de la jeep.
  • Jeepney un moyen de transport en commun aux Philippines construit à partir de jeeps de l'armée américaine abandonnées.
  • Dallas (jeep) une voiture française des années 1980 imitant sommairement la jeep et inspirée de la Willys MB.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • David Dalet et Christophe Le Bitoux, Jeep : Sur les traces de la légende, Éditions Techniques pour l'Automobile et l'Industrie, 2003 (ISBN 978-2-7268-8339-6)

Liens externes[modifier | modifier le code]