Culture populaire

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La culture populaire représente une forme de culture dont la principale caractéristique est d'être produite et appréciée par le plus grand nombre, à l'opposé d'une culture élitiste ou avant-gardiste qui ne toucherait qu'une partie aisée et/ou instruite de la population[1]. Elle ne doit pas être confondue avec la culture de masse ou la culture médiatique .

La culture populaire est l'objet d'un grand nombre d'études, notamment dans le cadre des Cultural Studies, mais bien que le sujet soit abondamment étudié et décrit, il n'existe pas de définition qui fasse l'unanimité au sein de la communauté scientifique[2]. La culture populaire se définit souvent indirectement, par opposition à d'autres formes de cultures.

On peut également mentionner que la culture populaire, contrairement à une forme de culture jugée plus élitiste, se veut accessible à tous et, même si elle ne se prive pas pour autant de références plus ou moins explicites à de nombreuses autres œuvres (courant dans les émissions et séries télévisées, par exemple), demeure compréhensible et appréciable à plusieurs niveaux, sans exiger nécessairement de connaissances culturelles approfondies au préalable.

Le terme « culture pop » (ou « pop culture » en anglais) désigne plus spécifiquement le courant contestataire né à la fin des années 50 dans l'art et la musique.

Historique[modifier | modifier le code]

La culture populaire dans le monde rural européen[modifier | modifier le code]

Les traditions populaires du monde rural ont été généralement décrites sous le terme de folklore, terme savant à l'origine, passé depuis dans le langage courant, avec une forte connotation de mépris ou de dévalorisation. C'est ainsi que les musées qui remettent cette culture à l'honneur parlent généralement de « traditions populaires » et guère de « folklore ».

L'année est rythmée par le calendrier rural, en particulier les moissons. Les grands évènements sont les foires, les fêtes religieuses et les mariages. Au quotidien, les veillées sont le lieu de transmission d'une culture orale de contes et légendes.

Ces contes et mythes populaires seront collectés et transcrits dans toute l'Europe et notamment par :

L'industrialisation[modifier | modifier le code]

À partir du XVIIIe siècle, l'industrialisation des pays occidentaux amène la naissance d'une culture ouvrière, dont la solidarité est une forte composante. Certains loisirs sont encouragés par le paternalisme de l'époque : sports, colombophilie, jardins ouvriers, fanfares afin de détourner l'ouvrier de la fréquentation du bistro. Le syndicalisme se développe, entrant parfois en opposition avec des traditions religieuses toujours fortes.

L'industrialisation est également l'occasion d'un brassage de cultures, dû à des flux migratoires vers les régions industrielles demandant de la main-d'œuvre, ainsi qu'au développement des chemins de fer.

L'alphabétisation[modifier | modifier le code]

Au cours du XIXe siècle, la plupart des pays occidentaux s'engagent dans l'alphabétisation de la population. Elle se généralise un peu plus tôt dans les pays de religion protestante, où chacun doit être capable de lire la Bible.

En France, en 1881, les lois Ferry instituent l'école gratuite et obligatoire, qui permettra l'accès de tous à la culture écrite. Cette école institue également le français comme langue unique, interdisant l'usage des langues régionales.

Les mouvements d'éducation populaire prennent leur essor, militant pour une diffusion de la connaissance au plus grand nombre afin de permettre à chacun de s'épanouir et de trouver la place de citoyen qui lui revient.

La culture de masse[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture de masse.

Au début du XXe siècle, les droits aux congés payés sont acquis en Allemagne, puis en France et en Belgique, permettant à une part croissante de la population de partir en vacances.

À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, en négociant l'annulation de la dette française envers les États-Unis, Léon Blum dut accepter, lors des accords Blum-Byrnes de mai 1946, que les films hollywoodiens puissent être projetés dans les salles de cinéma françaises. Il s'ensuivit une diffusion de l'American Way of Life, qui participa à une certaine forme de développement de la culture de masse de la culture américaine. Les Français commencent à découvrir une culture qui se dilue, largement, dans les sodas anglo-saxons.

Le développement massif de la culture de masse aux États-Unis, et ce qu'on a appelé « l'américanisation » du monde dans les années 1930, va amener de nombreux intellectuels et sociologues à se pencher sur l'influence de la culture de masse sur nos modes de vie.

Pour autant l'expression de « culture de masse » revêt, au même titre que celle de « culture populaire » une connotation trop souvent péjorative aux yeux de certains.

Ainsi serait-elle assimilée, de façon plus ou moins implicite, à une forme de culture « facile », américanisée, régie par de grandes multinationales, surmédiatisée et globalement inférieure à la « vraie culture », plus difficile d'accès. Les avocats de cette culture tiennent pour argument que cette dévalorisation qualitative est relativement peu justifiable, bien qu'omniprésente, lorsque l'on sait que de nombreux artistes tels que Elvis Presley ou les Beatles peuvent tout à fait être rattachés à une forme de culture de masse, quand on connaît l'importance de leur médiatisation à leurs époques respectives : cette médiatisation n'a pour autant jamais nui à la qualité artistique de leurs productions, pas plus qu'elle ne les a empêché d'être reconnus, avec le temps, comme de grands artistes. Ainsi, la qualité des œuvres culturelles ne dépendrait donc en rien de leur accessibilité auprès du public.

Cet argument n'est cependant tenable qu'à condition de tenir ces musiciens pour des musiciens de qualité, ce qui exige un gage d'objectivité. Or, c'est bien trop souvent les mêmes partisans de cette culture qui la jugent. Elvis Presley et les Beatles peuvent tout aussi bien être considérés sous un autre angle, selon lequel ils seraient les premiers véritables produits de masse dont la popularité repose moins sur leurs qualités que sur leur image.

Néanmoins, l'opposition d'une culture dite « basse » à une véritable culture est tout aussi absurde. Car là encore, ce sont ceux qui revendiquent leur culture comme supérieure qui la jugent comme telle.

Domaines culturels[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Rouget de Lisle chantant La Marseillaise, lithographie de Wentzel

Tradition orale[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Don Quichotte, image d'Épinal

Arts visuels[modifier | modifier le code]

Jeux[modifier | modifier le code]

Art[modifier | modifier le code]

Artisanat[modifier | modifier le code]

Nouvelles technologies[modifier | modifier le code]

Critiques de la notion[modifier | modifier le code]

Le problème de définition du populaire[modifier | modifier le code]

William Hogarth, An Election Entertainment (v. 1755). Représentation satirique dans le style rococo d'un banque d'élection.

À l'heure de la démocratie établie, le « populaire » se définit difficilement : ce qui serait dit « populaire » se définirait par sa capacité à toucher tout le monde à l'exception de ceux qui en font un rejet ( conservateurs d'(ancien) ordre élitiste établi, marginaux etc ). D'où vient cette difficulté : de plus en plus, au XIXe siècle et au XXe siècle, la culture d'un pays ne se définit plus en fonction de sa culture officielle (celle des élites et des dirigeants) mais grâce aux différentes productions culturelles reconnues (en considération du problème du colonialisme) et aux mœurs ancestrales ou nouvelles connues.

Selon Pierre Bourdieu :

« Le culte de la culture populaire n'est, bien souvent, qu'une inversion verbale et sans effet, donc faussement révolutionnaire, du racisme de classe qui réduit les pratiques populaires à la barbarie ou à la vulgarité : comme certaines célébrations de la féminité ne font que renforcer la domination masculine, cette manière en définitive très confortable de respecter le « peuple », qui, sous l'apparence de l'exalter, contribue à l'enfermer ou à l'enfoncer dans ce qu'il est en convertissant la privation en choix ou en accomplissement électif, procure tous les profits d'une ostentation de générosité subversive et paradoxale, tout en laissant les choses en l'état, les uns avec leur culture ou leur (langue) réellement cultivée et capable d'absorber sa propre subversion distinguée, les autres avec leur culture ou leur langue dépourvues de toute valeur sociale ou sujettes à de brutales dévaluations que l'on réhabilite fictivement par un simple faux en écriture théorique. »

— Pierre Bourdieu, Méditations pascaliennes, Seuil, 1997

Études dans le champ de l'industrie culturelle[modifier | modifier le code]

Les sciences de l'information et de la communication ont mis en évidence le faux débat démagogique entre culture populaire et art savant instauré par les médias et les grands groupes de communication. La confusion entre « arts et traditions populaires » et « culture populaire industrialisée » pollue ce débat. Theodor W. Adorno a initié une critique dans son essai traduit en français par « La Production industrielle de biens culturels » (« Kulturindustrie ») dans La Dialectique de la raison. Il a aussi problématisé une coupure esthétique entre musique populaire (liée à l'industrie du disque) et musique savante[3].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. John Storey 2006, p. 4-5
  2. Gordon Lynch 2005, p. 3
  3. Cf. « Sur la musique populaire », traduit en français dans le numéro spécial Jazz de la Revue d'esthétique

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]