Falun Gong

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Falun Gong
C'est l'emblème du Falun Gong.
Chinois traditionnel 法輪功
Chinois simplifié 法轮功
Traduction littérale Roue de la Loi

Le Falun Gong (法轮功 en chinois simplifié, 法輪功 en chinois traditionnel, Fǎ lún gōng en pinyin), aussi appelé Falun Dafa (法轮大法 en chinois simplifié, 法輪大法 en chinois traditionnel, Fǎ lún dà fǎ en pinyin), est une ancienne discipline de qigong, transmise au grand public par M. Li Hongzhi à partir de1992. La particularité de ce qigong est de s’inscrire aussi bien dans la tradition bouddhiste que taoïste de la Chine. L'objectif du Falun Gong est de maintenir le corps en bonne santé et d'éveiller la conscience au maintien d'une bonne moralité.

D’abord soutenu par le gouvernement chinois, il a compté jusqu'à 70 millions de pratiquants en Chine continentale en 1999[1]. Le Parti communiste chinois (PCC), soucieux de garder le contrôle de l'opinion publique et s'inquiétant de la libération de la conscience de la population chinoise, s'est senti menacé par la popularité de cette pratique. Sa tentative de contrôle a provoqué l'effet inverse, amenant le Falun Gong à s'affirmer comme une école de qigong autonome et indépendante du pouvoir. Le PCC est alors devenu hostile au Falun Gong et a commencé en 1999 la répression de cette pratique sur le territoire de la République populaire de Chine, avec la création du Bureau 610. Ce dernier a orchestré une campagne de propagande à grande échelle destinée à diffamer la pratique et des vagues d'arrestations et d'emprisonnements qui seraient accompagnés de mauvais traitements et de torture[2].

Origines et catégorisation[modifier | modifier le code]

Le 13 mai 1992, Li Hongzhi, à l'époque un maître de qigong du nord-est de la Chine, donne son premier séminaire public sur le Falun Gong dans la ville de Changchun. Il présente le Falun Gong comme une pratique issue des « traditions ancestrales millénaires de « cultivation »[3] », et cherche à faire revivre les éléments spirituels de la pratique du qigong qui ont été rejetées pendant la Révolution culturelle pour s’adapter à la doctrine communiste. Son but est de revenir à la fondation des enseignements du qigong c'est-à-dire au développement physique et spirituel conjoint.

Dans le contexte culturel de la Chine, le Falun Gong est généralement décrit comme un système de qigong, nom moderne donné à l’ancien terme « xiulian » (chinois : 修炼 ; pinyin : xiūliàn ; littéralement : « cultivation-pratique »), signifiant cultiver l’esprit et en même temps exercer le corps[4]. Les traditions orientales ne considèrent pas le corps et l’esprit comme indépendants et enseignent à les harmoniser en travaillant sur l’un comme sur l’autre. De multiples variétés de « cultivation-pratique » se retrouvent partout dans l'histoire chinoise ; elles sont issues des traditions bouddhistes, taoïstes et confucéennes et recouvrent également le domaine des arts martiaux internes[5],[6]. Richard Madsen, professeur à l’Université de Californie à San Diego, souligne que la culture traditionnelle chinoise a une « interprétation profonde de la matière et de l'esprit, du corps et de l’âme[7]. » Selon Yuezhi Zhao, analyste principale et professeur à l’Université Simon Fraser au Canada, « le Falun Gong, comme d’autres formes de qigong, met l’accent sur l'unité de guérison physique et spirituelle, contrairement à la distinction faite en Occident entre médecine et spiritualité. Pour amener à l’amélioration de la santé, les exercices physiques doivent être accompagnés par la cultivation morale et les exercices spirituels permettant de concentrer l'esprit. Dans le cas du Falun Gong, les valeurs à cultiver sont authenticité (chinois :  ; pinyin : zhēn), bonté (chinois :  ; pinyin : shàn) et tolérance (chinois :  ; pinyin : rěn)[8]. » Benjamin Penny, professeur d'histoire chinoise à l'Université nationale australienne, souligne aussi l’importance de ces valeurs dans le Falun Gong[9] et écrit : « la meilleure façon de décrire le Falun Gong est de l’assimiler à un système de cultivation. Les systèmes de cultivation sont une caractéristique de la vie chinoise depuis au moins 2 500 ans et probablement beaucoup plus longtemps[10]. »

En Occident, vu la difficulté à lui trouver un équivalent, le Falun Gong est généralement vu comme une pratique ou un mouvement spirituel. Aux États-Unis, dans la Résolution 605 votée le 16 mars 2010 par la Chambre des représentants des États-Unis demandant l'arrêt immédiat de la persécution du Falun Gong en Chine, ce dernier est qualifié de « mouvement spirituel » et de « discipline spirituelle traditionnelle chinoise »[11]. En Europe, dans la Résolution du Parlement européen du 12 décembre 2013 sur le prélèvement d'organes en Chine, le Falun Gong est considéré comme une « pratique spirituelle[12] ». Edward McMillan-Scott, vice-président du Parlement européen, parle d'« exercices spirituels[13] » et d'un « mouvement spirituel[14] ». Amnesty International décrit le Falun Gong comme un « mouvement qui pratique une méthode de méditation associée à des exercices respiratoires[2] » ou un « mouvement spirituel[15] ». Human Rights Watch indique que le Falun Gong est « une forme de qigong, un ancien système chinois d'exercice de respiration profonde, parfois combiné avec de la méditation[16]. »

Pratique et enseignements[modifier | modifier le code]

La méthode du Falun Gong vise le bien-être physique et mental. Elle se compose de deux éléments complémentaires : la pratique des exercices pour travailler sur le corps et la cultivation de l’esprit et du cœur, appelée aussi l'élévation du xinxing (chinois : 心性 ; pinyin : xīn xìng).

Exercices[modifier | modifier le code]

Les cinq exercices de Falun Gong

Le Falun Gong propose quatre exercices simples en position debout et une méditation en position assise. Comme dans beaucoup de méthodes de qigong, ces exercices utilisent des mouvements lents et souples, voire des postures immobiles et sont destinés à débloquer les méridiens, purifier le corps et accroitre la concentration. Bien que les exercices soient considérés comme secondaires par rapport à l'élévation spirituelle, ils restent une composante essentielle de la pratique du Falun Gong[17].

Le premier exercice, appelé « Bouddha étend ses mille bras », est destiné à faciliter la libre circulation de l'énergie dans le corps et à ouvrir les méridiens. Le second exercice, « Position debout du Falun », consiste en quatre postures statiques, chacune similaire à la tenue d’une roue invisible, pendant une période de temps prolongée. L'objectif de cet exercice est d’augmenter le niveau d’énergie. Le troisième, « Relier les deux pôles cosmiques », comporte trois séries de mouvements permettant d'expulser la mauvaise énergie du corps (par exemple, l’énergie pathogène ou qi noir) et la remplacer par de la bonne énergie. Grâce à la pratique de cet exercice, le pratiquant nettoie et purifie son corps. Le quatrième exercice, « Le circuit céleste du Falun », vise à faire circuler l'énergie librement dans tout le corps. Contrairement aux quatre premiers, le cinquième exercice est effectué assis en position du lotus ou du demi-lotus pour les débutants . Appelé « Renforcer les pouvoirs divins », c'est une méditation destinée à être maintenue aussi longtemps que possible et est considéré par Li Hongzhi comme l'exercice le plus avancé[18].

Principes[modifier | modifier le code]

L'élévation du xinxing est atteinte, d'une part, en harmonisant sa vie avec les trois principes qui constituent la nature fondamentale de l'univers : authenticité, bonté et tolérance ou Zhen-Shan-Ren[19],[20],[21] et, d'autre part, en abandonnant les pensées et comportements négatifs[22]. Comme le précise Li Hongzhi dans son premier livre des enseignements de Falun Gong, il s’agit d’abandonner « toutes les pensées et les actions mauvaises comme la convoitise, l’âpreté au gain, la luxure, les désirs, le meurtre, la brutalité, le vol, la fourberie, la jalousie, etc.[23] »

Le perfectionnement de soi selon ces trois principes est considéré comme essentiel dans la pratique du Falun Gong[24]. Dans Zhuan Falun (chinois : 转法轮 ; pinyin : Zhuàn FǎLún), le texte fondateur publié en 1995, Li Hongzhi écrit : « Mais peu importe les changements que connaissent les critères moraux de l’humanité, la nature de l’univers, elle, ne change pas, elle est le seul critère pour juger si quelqu’un est bon ou mauvais. Alors en tant que pratiquant, les exigences que vous vous imposez doivent se conformer à la nature de l’univers. »[25].

Le Falun Gong met en avant deux autres principes : la vertu (chinois :  ; pinyin : ) et le karma (chinois :  ; pinyin : ) dans le sens de karma négatif[26]. La première est obtenue en faisant de bonnes actions et en supportant la souffrance, le second s'accumule en commettant de mauvaises actions. La vertu d'une personne détermine sa bonne fortune et sa capacité à s'élever spirituellement. Inversement, un karma important apporte la souffrance, la maladie et la séparation d'avec la nature de l'univers[26],[27]. L’élévation spirituelle est accomplie par l'élimination du karma et l'accumulation de la vertu[28].

Enseignements[modifier | modifier le code]

Le Falun Gong enseigne que les êtres humains sont originellement bons, que « l’origine première de l’existence humaine provient de l’univers. Les espaces de l’univers sont originellement bons et ont pour nature Zhen-Shan-Ren ; l’être humain possède à sa naissance la même nature que l’univers[29]. » Toutefois, les êtres humains sont « tombés » dans un monde d’illusion et de souffrance après avoir développé l'égoïsme et accumulé du karma[30]. Afin de retrouver sa « nature originelle », il faut s'assimiler à la nature de l’univers, abandonner les mauvaises pensées et actions et rembourser le karma[31],[32].

D'après David Ownby, les principes guidant vers une élévation spirituelle ne constituent pas dans le Falun Gong un ensemble de préceptes et de règles, mais plutôt une base de connaissances que chacun va comprendre et aborder en fonction de son propre vécu et de sa propre situation[33]. Le travail sur soi n'est pas égoïste et vise au contraire à traiter les autres avec compassion et bienveillance[34]. Les enseignements mettent l'accent sur la recherche en soi pour faire face aux problèmes. Li Hongzhi souligne l’importance de penser tout d’abord aux autres en toutes circonstances[35]. Stephen Chan, professeur à l’Université de Londres, dresse un parallèle entre le Falun Gong et le bouddhisme en affirmant que les deux partagent la même doctrine principale de bonté et de compassion inconditionnelles envers les autres[36].

Le Falun Gong se fait l'écho des traditions chinoises selon lesquelles les êtres humains sont connectés à l'univers par l'esprit et le corps. Li Hongzhi incite à remettre en question « les mentalités conventionnelles » relatives à la nature et la genèse de l'univers, à l'espace-temps et au corps humain[37]. Le Falun Gong s'appuie sur les traditions d’Asie de l'Est et sur la médecine traditionnelle chinoise, critique les limites que s’impose elle-même la science moderne et voit la science traditionnelle chinoise comme un système ontologique totalement différent et tout aussi valable[8]. Cependant, il emprunte des idées scientifiques modernes pour présenter une partie de son enseignement - notamment en faisant des références à la théorie atomique et l'énergie nucléaire[38]. Selon David Ownby, « Li Hongzhi présente sa vision à la fois comme un retour à une tradition spirituelle perdue ou négligée, et comme une contribution majeure à la science moderne », tandis que de nombreux intellectuels chinois qui ont commencé à pratiquer le Falun Gong, affirment qu’en expliquant la relation de la science aux « grandes structures cosmiques et questions existentielles », Li Hongzhi a rendu la science plus importante que jamais[39]. Cet avis est partagé par Richard Madsen[40].

Textes[modifier | modifier le code]

Le premier livre des enseignements de Falun Gong a été publié en avril 1993. Il est appelé Falun Gong de Chine, ou tout simplement Falun Gong, c’est un texte d'introduction qui traite de qigong, de la relation du Falun Gong au bouddhisme, des principes de la pratique de la « cultivation » et de l'amélioration du caractère moral (心性, xinxing). Le livre fournit également des illustrations et des explications sur les exercices et la méditation[17],[41].

Le corps principal de l'enseignement est décrit dans le livre de base Zhuan Falun, publié en chinois en janvier 1995. Le livre est divisé en neuf « conférences », et est basé sur les transcriptions écrites des conférences que Li Hongzhi a données dans toute la Chine au cours des trois années précédentes[42]. Les textes de Falun Gong ont depuis été traduits dans 38 autres langues. En plus de ces textes centraux, Li Hongzhi a publié des livres, des conférences, des articles, des recueils de poésies, qui sont mis à disposition sur les sites web du Falun Gong[43],[44]. Les enseignements du Falun Gong utilisent de nombreux termes religieux et philosophiques chinois non traduits, et font de fréquentes allusions à des personnages et des évènements issus de la littérature populaire chinoise et à des concepts tirés de la religion populaire chinoise. Cette particularité ainsi que le style de traduction littérale des textes, imitant la forme familière des discours de Li Hongzhi, peut rendre les écrits de Falun Gong difficiles à aborder pour des Occidentaux[45].

Symboles[modifier | modifier le code]

Le principal symbole de la pratique est le Falun (Roue du Dharma, ou Dharmacakra en sanskrit). Dans le bouddhisme, le Dharmacakra représente l'intégralité de la doctrine. « Faire tourner la roue du dharma » (Zhuan Falun) signifie prêcher la doctrine bouddhiste, et tel est le titre du texte principal du Falun Gong[46]. En dépit de l’usage du langage et des symboles bouddhistes, la « roue de la loi », telle qu'elle est comprise dans le Falun Gong a des connotations distinctes, elle est censée représenter l'univers[47]. Elle est conceptualisée par un emblème constitué d'un grand symbole et de quatre petits symboles svastikas, représentant le Bouddha, ainsi que quatre petits Taiji symboles (yin-yang) de la tradition taoïste[32],[47].

Pratiquer dans la société[modifier | modifier le code]

Sur un site d'exercices, un enfant apprend le second exercice de la pratique.

Les adhérents du Falun Gong sont tenus de maintenir un emploi régulier et une vie de famille, de respecter les lois de leurs gouvernements respectifs, et sont avisés de ne pas se distancier de la société. Une dérogation est faite pour les moines et les nonnes bouddhistes, qui sont autorisés à poursuivre un mode de vie monastique, tout en pratiquant le Falun Gong[19],[48].

S’agissant de l’importance donnée au comportement éthique, les enseignements du Falun Gong insistent sur le suivi d’une morale personnelle stricte pour les pratiquants, comportant les interdits religieux traditionnels comme l’abstention du tabagisme, de la drogue, du jeu, du sexe hors mariage et de l'homosexualité[19],[49]. Ces comportements sont dits générateurs de karma négatif et sont donc considérés comme contre-productifs par rapport aux objectifs de la pratique. Les pratiquants de Falun Gong ne doivent pas tuer d’êtres vivants, dont les animaux qu'on tue pour leur nourriture, mais ne sont pas tenus à un régime végétarien[49]. La pratique enseigne de ne pas consommer d'alcool car il s'agit d'un attachement potentiellement addictif qui peut gêner l'épanouissement du corps et conduire à « l'irrationalité »[19],[50].

Tous les rapports en dehors du mariage monogame et hétérosexuel sont considérés comme immoraux[51]. Si les homosexuels sont autorisés à pratiquer le Falun Gong, leur conduite toutefois est de nature à engendrer du Karma et de ce fait est considérée comme incompatible avec les buts de la pratique[52].

Dans la cosmologie du Falun Gong, chaque race a un paradis séparé et de ce fait les métis n'y ont pas accès. Néanmoins, selon Li, être métis n'a pas d'incidence sur l'âme de la personne ni ne l'empêche de pratiquer le Falun Gong. Le Falung Gong ne s'oppose pas aux mariages entre races et nombre de pratiquants ont eux-mêmes des enfants inter-raciaux[53].

La doctrine du Falun Gong conseille également d’éviter la participation aux questions politiques ou sociales[54]. Un intérêt excessif pour la politique est considéré comme un attachement au pouvoir et à l'influence dans le monde, et le Falun Gong vise à transcender de tels objectifs. Selon Hu Ping, « Le Falun Gong ne traite que de la purification de l'individu par l'exercice, et n'aborde pas les préoccupations sociales ou nationales. Il n'y a pas de suggestions ou même de sous-entendu mentionnant un modèle de changement social. Beaucoup de religions… poursuivent la réforme sociale jusqu’à un certain point… mais il n'y a pas une telle tendance évidente dans le Falun Gong »[55].

Structure et fonctionnement[modifier | modifier le code]

Un point de l’enseignement est considéré comme fondamental, le Falun Gong est destiné à être «sans forme», n’ayant que peu ou pas d’organisation formelle ou matérielle[56],[57],[58]. Les étudiants sont libres de participer à la pratique et de suivre ses enseignements autant ou aussi peu qu'ils le souhaitent, et les pratiquants n'ont pas à instruire les autres sur ce qu'il faut croire ou comment se comporter[59],[55],[60].

L’organisation est décentralisée avec des antennes locales et des assistants ne bénéficiant d’aucun privilège spécial, d’aucune autorité ou de titre. Le Falun Gong n’accorde pas d’autorité spéciale aux bénévoles « assistants » ou « personnes de contact » quel que soit le moment où ils ont commencé la pratique[61],[62]. L'organisation du Falun Gong fonctionne à l’encontre de tout contrôle totalitaire, et Li n'intervient pas dans la vie personnelle des adhérents. Les pratiquants de Falun Gong ont peu ou pas de contact avec Li, sauf à travers l'étude de ses enseignements[59],[62]. Il n'existe pas de hiérarchie dans le Falun Gong pour faire respecter l'orthodoxie, et peu ou pas d'accent est mis sur la discipline dogmatique, la seule chose soulignée est la nécessité d'un comportement moral strict, selon Craig Burgdoff, professeur d'études religieuses[62].

Dans la mesure où l'organisation est assurée par le Falun Gong, elle est accomplie à travers une communauté largement interconnectée virtuellement par le biais d’Internet. En particulier, à travers des communications électroniques, des listes de courriel et une série de sites apparaissant comme le principal moyen de coordination des activités et de diffusion des enseignements de Li Hongzhi[63]. L’importance de l’utilisation d’Internet comme un moyen d’organisation a conduit certains à caractériser ce groupe de « communauté religieuse virtuelle »[61]. En dehors de la Chine continentale, des réseaux de « personnes de contact » bénévoles, des associations régionales de Falun Dafa et des clubs universitaires existent dans approximativement 70 pays[64]. Les enseignements de Li Hongzhi sont principalement diffusés à travers Internet[57],[65].

Organisation à l'intérieur de la Chine[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 1999[modifier | modifier le code]

En 1993, la Société de recherche de Falun Dafa ayant son siège à Pékin a été acceptée comme branche de la Société de recherche scientifique du qigong de Chine gérée par l'État, qui supervisait l'administration des différentes écoles de qigong du pays, et en parrainait les activités et les séminaires. Conformément aux exigences de la SRSQC, le Falun Gong a été organisé en un réseau national de centres d'assistance, « stations principales », « branches », « stations d'orientation » et sites de pratique locale, reflétant la structure de la société de recherche scientifique du qigong ou même celle du Parti communiste lui-même[66],[67]. Les assistants de Falun Gong étaient sélectionnés sur la base des volontaires qui enseignaient les exercices, organisaient des événements, et diffusaient les nouveaux écrits de Li Hongzhi. La Société de recherche du Falun Dafa donnait des conseils aux étudiants sur les techniques de méditation, fournissait des services de traduction et coordonnait la pratique à l’échelle nationale[66].

Après son départ de la SRSQC en 1996, le Falun Gong s’est retrouvé sous une surveillance accrue des autorités et a réagi en adoptant une structure organisationnelle plus décentralisée et souple[59]. En 1997, la Société de recherche du Falun Dafa a été officiellement dissoute, ainsi que les « principales stations » régionales[68],[69]. Cependant, les pratiquants ont continué à s'organiser au niveau local, étant connectés au moyen des communications électroniques, des réseaux interpersonnels et des sites d'exercices de groupe[59]. Les deux sources, que ce soit celle du Falun Gong ou celle du gouvernement chinois, ont affirmé qu'il y avait quelque 1 900 stations d'orientation et 28 263 sites locaux d'exercices de Falun Gong dans le pays jusqu’en 1999, bien que n’étant pas d’accord sur le degré de coordination verticale entre ces unités organisationnelles[70].

À partir de 1999[modifier | modifier le code]

En réponse à la répression, le Falun Gong fut forcé à la clandestinité, la structure organisationnelle devint encore plus informelle au sein de la Chine, et Internet prit le pas comme moyen de connecter les pratiquants[71]. Les autorités chinoises cherchèrent à dépeindre le Falun Gong sous les traits d'une organisation hiérarchisée et bien financée. James Tong écrit qu'il était dans l'intérêt du gouvernement de procéder ainsi afin de justifier sa répression : « Plus on pouvait faire apparaître le Falun Gong comme organisé, plus la répression du régime au nom de l'ordre social était justifiée »[72]. Il conclut que les allégations du parti manquaient « de preuves substantielles à la fois internes et externes », et qu’en dépit des arrestations et de la surveillance, les autorités n’ont jamais « répondu de manière crédible aux réfutations du Falun Gong »[73].

Démographie en Chine[modifier | modifier le code]

Pratiquants de Falun Gong effectuant le cinquième exercice, lors d'une démonstration publique.

On ne peut pas évaluer avec certitude le nombre de pratiquants du du Falun Gong car il n'y a pas d'inscription, donc pas de « registres »[74].

Selon les sources occidentales, le gouvernement chinois, avant juillet 1999, estimait le nombre de pratiquants du Falun Gong à près de 60 ou 70 millions dans tout le pays, chiffre rivalisant avec celui de l'adhésion au Parti communiste[75],[76],[77],[78],[79],[80]. Au moment de la répression le 22 juillet 1999, la plupart des membres du gouvernement chinois déclarèrent que le nombre de pratiquants se situait aux alentours de 2 ou 3 millions[69],[81], même si quelques publications fixaient le chiffre à environ 40 millions[66],[82]. La plupart des estimations venant du Falun Gong à la même période évaluaient le nombre total de pratiquants en Chine de 70 à 80 millions[45],[66],[83]. D'autres sources estiment que les effectifs du Falun Gong en Chine avaient atteint un pic compris entre 10 et 60 millions de pratiquants[84],[85].

À partir de juillet 1999, date qui marque le début de la persécution du Falun Gong par les autorités, le nombre de pratiquants est difficile à confirmer, bien que certaines sources estiment que des millions peuvent continuer à le pratiquer en privé[86],[87]. Pour sa part, le ministère américain des Affaires étrangères, dans son rapport de 2007 sur la liberté religieuse dans le monde, indique qu'on estime qu'il y avait en Chine au moins 2,1 millions d'adhérents avant la répression, ajoutant que selon des estimations crédibles, il reste encore des centaines de milliers de personnes qui s'adonnent au Falun Gong en privé[88].

Composition sociologique[modifier | modifier le code]

Les enquêtes démographiques menées en Chine en 1998 déterminèrent que les pratiquants étaient en majorité des femmes et des personnes âgées. Sur 34 351 pratiquants interrogés, 27% étaient des hommes et 73% de femmes. Seulement 38% avaient moins de 50 ans[89]. Le Falun Gong attirait aussi d’autres types de population, des jeunes étudiants, des bureaucrates, des intellectuels et des responsables du Parti communiste[90],[91]. Les enquêtes en Chine dans les années 1990 révélèrent qu'entre 23% et 40% de pratiquants avaient obtenu un diplôme universitaire ou un diplôme de haut niveau d’étude – Ces pourcentages étaient plus élevés que pour l’ensemble de la population[59].

Historique en Chine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire du Falun Gong.

Création et essor du Falun Gong[modifier | modifier le code]

Le Falun Gong est présenté au public par Li Hongzhi au printemps 1992. C'était alors la fin du "boom du qi gong", une période pendant laquelle des milliers de disciplines spirituelles avaient proliférées à travers la Chine. Entre 1992 et 1995, Li Hongzhi organise des séminaires dans toute la Chine, et même à l'étranger[92]. Ces derniers durent de 8 à 10 jours, et sont au prix de 30 yuans par personne[39]. À l'époque, la Société de Recherche de Qigong Chinois (SRQC), organisme géré par l'État et comprenant plusieurs membres du Politburo et de l'Assemblée nationale populaire, encadre la pratique, la diffusion et la recherche sur les différents Qi Gong[note 1]. Ces derniers comptent parfois jusqu'à plusieurs millions de pratiquants[93],[94]. Le 30 juillet 1992, la Société de recherche de Falun Xiulian Dafa est établie comme succursale de la SRSQC[95], et Li Hongzhi est autorisé à enseigner dans toute la Chine[96]. Le mois suivant, la SRQC transmet à Li Hongzhi une lettre émanant d'une organisation rattachée au Ministère de la Santé, le remerciant pour les enseignements donnés aux policiers blessés pendant l'exercice de leurs fonctions[97],[98].

D'après David Ownby, Professeur d'Histoire et Directeur du Centre d'Études de l'Asie de l'Est à l'Université de Montréal, Li Hongzhi est rapidement devenu un "star du mouvement qi gong"[99]. et le gouvernement perçu dans le Falun Gong un moyen efficace de réduire les frais de dépenses médicaux, de promouvoir la culture chinoise et d'améliorer la moralité du public. En 1992, l'organisateur du Salon de santé déclare que le Falun Gong et Li Hongzhi « ont reçu le plus d'éloges [de toutes les écoles de qigong] présentes et ont réussi à obtenir de très bons résultats thérapeutiques »[98]. Au Salon d'Orient de la santé, en 1993, Li reçoit le titre de « Maître de Qigong le plus acclamé », et le Falun Gong se voit décerner le « Prix d’or spécial » et le prix pour « Faire avancer les frontières de la science »[100]. En août 1993, le mouvement obtient la reconnaissance de la SRSQC[101], et une publication du ministère de la Sécurité Publique remercia Li Hongzhi pour "promouvoir les traditions non-violentes du peuple chinois dans la sauvegarde de l'ordre social et la sécurité publique, et dans la promotion, de la droiture morale en société"[102].. Devenue désormais l'une des plus importantes écoles de qigong en Chine, le Falun Gong compte, selon certaines estimations, entre 2 et 60 millions de membres à la fin 1994[103]; ces derniers proviennent de toutes sortes de couches sociales, dont beaucoup de fonctionnaire du Parti Communiste Chinois[45],[104]. Par la suite, des journaux couvriront le succès du Falun Gong et de ses méthodes thérapeutiques[97],[98].

Les coûts des stages, conférences, livres et cassettes étaient plus bas que les autres systèmes de qi gong[105], et en 1996, Li Hongzhi impose la gratuité de l'enseignement du Falun Gong[106],[98].

Débuts des tensions avec le gouvernement[modifier | modifier le code]

Des tensions commencent entre Li Hongzhi et la SRQC dès 1995, quand les autorités chinoises voulurent renforcer leurs liens avec le Falun Gong, et intervenir au sein sa structure organisationelle[59]. Le Ministère de la Santé publique, le Comité National des Sports en Chine et la SRQC tentèrent de se rapprocher de Li Hongzhi pour créer conjointement une association du Falun Gong, une offre que le fondateur de la pratique déclina. D'après David Palmer, la SRQC établit une nouvelle directive en 1996 tentant d'imposer que toutes les pratiques de qigong créent des branches du Parti communiste au sein de leur organisation[107],[108]; une exigence à nouveau rejettée par Li Hongzhi. Au même moment, selon Danny Schechter, du fait de la grande popularité du Falun Gong et des coûts très bas de son enseignements, certains maîtres de qi gong accusèrent Li Hongzhi de les priver de leurs revenus; la SRQC demanda à Li Hongzhi de revoir ses tarifs[109].

Par la suite, Li Hongzhi décide de retirer son association de la Fédération nationale de qigong, au motif que cette dernière « ne cherchait pas à comprendre le qigong, mais à en bénéficier financièrement »[108],[110],[109]. Dès lors, le Falun Gong demeure hors du circuit fermé des relations personnelles et du financement établi par la SRQC, à travers lesquels les maîtres de qi gong peuvent exister au sein du gouvernement[111]. Les pratiquants de Falun Gong restent complètement hors de la surveillance et de la réglementation gouvernementale[112]. Des sources provenant du Falun Gong affirment, qu’à l’époque, des individus de la Société chinoise de recherche sur le qi gong ont alors commencé à colporter des rumeurs au sujet de Li Hongzhi auprès du gouvernement, le pressant de faire ce qu’il fallait pour limiter son succès grandissant[113]. Des articles critiques apparaissent alors dans la presse et les médias de l'État, qui affichent un certain scepticisme [114].

Le 17 juin 1996, le Guangming Daily, un journal influent dirigé par l’État, publie un article polémique contre le Falun Gong dans lequel son texte central, « Zhuan Falun », était décrit comme un exemple de « superstition féodale »[105],[115]. L'auteur y écrit que l'histoire de l'humanité est une «lutte entre la science et la superstition», et appele les éditeurs chinois à ne pas imprimer «de livres pseudo-scientifiques » provenant «d'escrocs» . Jusque-là, le Falun Gong avait négocié avec succès l'espace entre la science et la tradition autochtone dans la représentation publique de ses enseignements, en évitant toute suggestion de superstition[116]. L'article est suivi par au moins une vingtaine d’autres dans les journaux du pays tout entier. Peu après, le 24 juillet, le Département central de la propagande interdît toute publication des livres du Falun Gong (bien que l'interdiction n'ait pas toujours été appliquée )[115],[117].

Ces événements sont un défi important pour le Falun Gong, et ses pratiquants ne le prennent pas à la légère [118]. Des milliers d'entre eux écrivent au Guangming Daily et à la SRQC pour se plaindre de ces mesures , affirmant qu'elles violent la directive du « Triple non », émise en 1982 par Hu Yaobang, interdisant aux médias « d'encourager ou de critiquer les pratiques de qigong»[115] [119]. Entre 1996 et 1999, quelque 300 manifestations pacifiques ont lieu en protestation contre le traitement injuste des médias à l'égard du mouvement. Ces protestations ne sont ni condamnées ni interdites et certains médias se rétractent et reviennent sur leurs position[120],[121],[122].

Manifestations à Tianjin et Zhongnanhai[modifier | modifier le code]

Manifestation de membres du Falun Gong, en avril 1999, devant le Zhongnanhai.

En mai 1998, He Zuoxiu, professeur de physique renommé de l'Académie des Sciences et membre de la Conférence consultative du Parti Communiste, dénigre le Falun Gong au cours d'un talk-show retransmis à la télévision de Pékin. En réponse, des pratiquants de Falun Gong se rendent à l'université et forment une manifestation pacifique pour demander une rétractation. Le journaliste responsable du programme fût, semble-t-il, licencié, et un programme favorable au Falun Gong diffusé quelques jours plus tard[123],[124],[125].

Entre-temps, alors même que la critique du qigong et du Falun Gong s’intensifie dans certains milieux, la pratique conserve un grand nombre de soutiens éminents au sein du gouvernement. Qiao Shi, le président récemment retraité du Comité permanent de l'Assemblée nationale populaire, lance sa propre enquête sur le Falun Gong. Après des mois d'investigation , le Groupe conclût que « le Falun Gong avait des centaines d'avantages pour le peuple chinois et la Chine, et pas un seul mauvais effet » [126]. Toujours en mai 1998, la Commission nationale des sports de Chine lance sa propre enquête sur le Falun Gong. Se basant sur des entretiens avec plus de 12.000 pratiquants de Falun Gong dans la province du Guangdong[93], ils déclarent être convaincus que « les exercices et les effets de la pratique du Falun Gong sont excellents. Cela a remarquablement contribué à améliorer la stabilité et la moralité de la société.»

Un an plus tard, le , He Zuoxiu écrit un nouvel article qui paraît dans "Science et technologie pour la jeunesse"; ce dernier met en garde contre les dangers du Falun Gong. Six mille pratiquants se rendent alors à l'université de Tianjin, devant le siège de la revue, pour exiger que celle-ci publie un désaveu de l'article. Trois jours durant, ils occupent l'université mais la direction de la publication refuse de publier toute rétractation. L'affaire se termine cette fois par des échauffourées avec la police et 45 manifestants sont frappés, puis interpellés[127],[128].

Le , dix mille pratiquants protestent devant le siège du gouvernement chinois (Zhongnanhai) à Pékin à la suite d'incidents croissants concernant l'arrestation d'adhérents. Pendant 13 heures, sans banderoles ni slogans, ils demandent la libération des leurs et le droit de pratiquer librement[129]. Une délégation est reçue par le premier ministre Zhu Rongji qui lui aurait assuré que les prisonniers seraient libérés et que personne ne serait inquiété[130]. Plus tard, David Ownby verra dans cette manifestation « un début spectaculaire à la fin du mouvement qigong »[131]., qui marque un tournant de la politique du Parti communiste chinois à l'égard du Falun Gong[132].

Le Secrétaire général du Parti, Jiang Zemin, fut informé de la démonstration par le membre du Politburo Luo Gan[81], et aurait montré des signes d’irritation devant l'audace de la manifestation. C’était la plus importante qu’il n’y ait eu lieu en Chine depuis les manifestations de la place Tian'anmen dix ans plus tôt. Jiang a appelé à une action résolue pour éradiquer le groupe[69], et aurait critiqué le premier ministre Zhu, « trop mou » dans sa gestion de la situation[109]. Ce soir-là, Jiang a composé une lettre indiquant son désir de voir le Falun Gong «vaincu». Dans cette lettre , Jiang exprima ses inquiétudes sur la taille et la popularité du Falun Gong, et en particulier le grand nombre de hauts membres du Parti communiste trouvés parmi les adhérents du Falun Gong. Il a également laissé entendre que la philosophie morale de Falun Gong était en contradiction avec les valeurs athées de marxisme-léninisme , et constitue donc une forme de concurrence idéologique[133].

Interdiction et répression par le régime chinois[modifier | modifier le code]

Article connexe : Bureau 610.

Le , le président à l'époque, Jiang Zemin, affirme que le mouvement menace la stabilité sociale et politique de la Chine et lance une politique de répression contre lui. Le Comité central du Parti communiste chinois crée une agence spéciale chargée de suivre la question du Falun Gong, agence qui devient le Service des questions de sécurité externes puis le Bureau Central 610[134]. Par son organisation et son statut extra-gouvernemental, il n'est pas sans rappeler le « Comité central de la révolution culturelle ». Le 22 juillet 1999, le ministère des Affaires civiles et le ministère de la Sécurité publique ordonnent conjointement la dissolution du mouvement, désormais qualifié de xiejiao (« enseignement déviant »)[135], et de l'association qui lui est affiliée, Falun Dafa Research, interdisant la propagation du Falun Gong sous toutes ses formes y compris sa pratique en public ainsi que toute perturbation de l'ordre social et attaque contre le gouvernement[136].

La communication d'État a d'abord utilisé l'appel au rationalisme scientifique pour affirmer que la vision du monde de Falun Gong était en « opposition complète à la science et au communisme »[137]. Par exemple, le Quotidien du Peuple a affirmé le 27 juillet 1999 que la lutte contre le Falun Gong « était une lutte entre le théisme et l'athéisme , la superstition et la science, l'idéalisme et le matérialisme ». D'autres éditoriaux ont déclaré que « l'idéalisme et le théisme » du Falun Gong sont « tout à fait en contradiction avec les théories et les principes fondamentaux du marxisme », et que la « vérité , la bonté et la tolérance», principes véhiculés par [ Falun Gong ], n'ont rien de commun avec «l'éthique socialiste et le progrès culturel que nous nous efforçons d' atteindre ». La répression du Falun Gong a été présentée comme une étape nécessaire pour maintenir le « rôle d'avant-garde » du Parti communiste dans la société chinoise[138].

Les spécialistes de la Chine Daniel Wright et Joseph Fewsmith ont affirmé que plusieurs mois après l'interdiction du Falun Gong, les nouvelles du soir diffusées par la télévision centrale chinoise contenaient des rhétoriques anti-Falun Gong; cependant celles-ci n'étaient plus aussi nombreuses. D'après leur écrits, l'objectif conduit par le gouvernement était « une opération étudiée de totale diabolisation »[139]. Ainsi, le Beijing Daily écrivait « le Falun Gong peut être comparé à un rat qui traverse la rue. En le voyant, tout le monde crie et veut le voir écrasé »[140]. D'autres fonctionnaires ont déclaré que l'éradication du Falun Gong serait « une lutte à long terme, complexe et grave »[141].

Campagne dans les médias[modifier | modifier le code]

Un poster de propagande réalisé par Cheng Guoying (程国英), 1999. Le poster déclare: "Soutenez la science, éradiquez la superstition ".

La campagne du gouvernement chinois contre le Falun Gong a été alimentée par une communication menée à grande échelle à travers la télévision, les journaux, la radio et Internet[66],[142]. Dans le premier mois de la répression, 300 à 400 articles critiquant le Falun Gong sont apparus dans chacun des principaux journaux gérés par l'État. Dans le même temps, la télévision rediffusait en prime time différents reportages sur le groupe, et aucune divergence d'opinion se référant à la pratique n'était exposée[143]. La campagne de communication était axée sur l'allégation que le Falun Gong, un « culte diabolique » diffusant des superstitions, compromettait la stabilité sociale, et qu'il s'était avéré « décevant et dangereux ». Les médias soutenaient qu'il était « anti-science », qu'il représentait une menace pour le progrès, et que la philosophie morale du Falun Gong était incompatible avec une éthique sociale marxiste[105].

Le 30 juillet 1999, l’agence Xinhua a rapporté la confiscation d’un million de livres du Falun Gong, des centaines de milliers furent brûlés et détruits[144]. Elizabeth J. Perry décrit la quantité de reportages qui ont littéralement inondé les informations du soir, au tout début de l’interdiction du Falun Gong. « Pendant des semaines, chaque soir étaient diffusées des images des livres du Falun Gong qui avaient été rapportés volontairement ou confisqués par la police dans les librairies et les maisons d’édition », y compris la maison d’édition de l’armée de libération du peuple. « Certains étaient entassés puis brûlés, d’autres étaient recyclés… » Les reportages des médias se focalisaient sur les déclarations de proches de « victimes » du Falun Gong qui parlaient de la « terrible tragédie » qui s’était abattue sur ceux qu’ils aimaient, d’anciens pratiquants qui confessaient avoir été « abusé par Li Hongzhi… et exprimant des regrets d’avoir été aussi naïf », « Des images heureuses de ceux qui avaient abandonné résolument les habitudes du Falun Gong » et recherchaient alors des passe-temps plus inoffensifs, la suite diffusant les conseils de professeurs d’instruction physique suggérant des alternatives saines au Falun Gong comme le badminton, la danse de salon, ou encore le bowling.. Mme Perry écrit que la forme de base de cette offensive est, selon elle, très similaire aux « campagnes antidroitières des années 1950 et aux campagnes anti pollution spirituelle des années 1980 »[145].

Dans un mouvement de retour à la Révolution Culturelle, le Parti a organisé des rallyes dans les rues et des réunions interrompant le travail d’entreprises situées dans des provinces lointaines pour dénoncer la pratique. Xinhua a publié un éditorial concernant des membres de l’armée de libération du peuple qui déclarait le Falun Gong comme un « effort des forces occidentales hostiles pour pervertir la Chine » et souhaitant faire au mieux pour pouvoir défendre le gouvernement central et « maintenir la sécurité nationale et la stabilité sociale »[146].

Dans le système éducatif chinois[modifier | modifier le code]

La campagne a pénétré dans les institutions éducatives en incorporant une propagande anti-Falun Gong dans les livres de classe des lycées, collèges et écoles primaires[147]. La WOIPFG prétend que les étudiants qui pratiquaient le Falun Gong furent exclus des universités, des écoles et des examens. Un politique dite de « coupable par association » a été appliquée, de façon à ce que la famille directe de pratiquants connus comme tels soient eux aussi exclus du système scolaire, les enfants apprenant à l’école des poèmes anti Falun Gong[148] et des pétitions anti Falun Gong étaient organisées en masse[149], les professeurs d’université, instituteurs et étudiants qui refusaient de renoncer ou de dénoncer le Falun Gong étaient renvoyés chez eux faisant alors face à des conséquences comme l’arrestation, les travaux forcés, le viol et la torture aboutissant parfois à la mort, les étudiants étaient obligés à visionner des vidéos ou à assister à des séminaires attaquant le Falun Gong[149], tandis que des bannières discréditant le Falun Gong étaient disposées près des écoles et des universités, rappelant la Révolution Culturelle,[150]. Visiter des sites web du Falun Gong pouvait avoir pour conséquence d’être arrêté. Les examens contenaient des questions anti Falun Gong – les réponses incorrectes pouvant avoir des répercussions violentes[147].

D’après le Washington Post, les fonctionnaires de quartier rassemblaient les personnes âgées, les gens handicapés et les malades dans des classes dénonçant la pratique. Les universités envoyaient du personnel pour aller chercher étudiants et professeurs ayant été mis dehors pour les obliger à assister aux classes de lavage de cerveau, certains étaient obligés de laisser seuls des parents malades pour assister à ces classes[151].

Le journal rapporte l’histoire d’un étudiant de l’université de Pékin, Alex Hsu qui a été enlevé alors qu’il se rendait dans un laboratoire informatique. Il est raconté qu’il a été conduit dans un hôtel situé près d’un camp de travaux forcés où se trouvaient 20 autres pratiquants y compris des étudiants, des professeurs, du personnel de l’université et des professeurs à la retraite. À l’hôtel, 3 anciens pratiquants toujours détenus au camp de travaux forcés ont essayé de le persuadé d’abandonner la pratique pendant 12 heures par jour[151]. Le Washington Post raconte que plus tard, de nouveaux « professeurs » ont rejoint l’assemblée « analysant les écrits du fondateur du Falun Gong, Li Hongzhi et ne laissant pas Hsu se reposer. » Les propos de Hsu suivant sont rapportés «  C’était de la torture mentale… La pression ne faisait qu’augmenter. Et la menace était toujours présente. On pouvait voir que ces gens avaient tous souffert, et on savait ce qui arriverait si on n’abandonnait pas aussi. »[151] Le Washington Post rapporte que les pratiquants sont forcés d’assister aux classes jusqu’à ce qu’ils aient renoncé à leur croyance par écrit, puis sur vidéo. Hsu est cité à nouveau disant « C’était très douloureux, Ils nous obligeaient à mentir. Nous savions que le Falun Gong est bon, mais ils nous obligeaient à dire que c’était mauvais »[151]. Hsu a pleuré après avoir prétendu renoncer, et, plus tard, il a cessé d’aller à l’école et a commencé à se cacher. Dans son livre, A China more Just, l’avocat des droits de l’Homme Gao Zhisheng explique que « ceux qui refusent de se soumettre lors des classes sont envoyés aux camps de travaux forcés où ils font face à un régime de violence encore plus systématique que dans le passé, d’après ce que disent les pratiquants ainsi que d’après des sources gouvernementales. En moyenne, le conseiller gouvernemental a déclaré que la plupart des gens abandonnent le Falun Gong au bout de 10 à 12 jours de classe, certains résistent jusqu’à 20 jours »[151].

Anne-Mary Brady de l’université de Canterbury prend le Falun Gong comme exemple de l’utilisation du PCC des nouvelles technologies comme outils de propagande « Si vous faites une recherche en Chine en utilisant le Google chinois et le mot clé Falun Gong, tout ce que vous trouverez sont les sites du gouvernement ». Elle explique que des entreprises occidentales faisant des affaires en Chine ont bien dû participer à ce système de censure[152]. D’après James Mulvenon de la Rand Corporation, le ministère chinois de la sécurité publique pratique une guerre internet pour attaquer les sites du Falun Gong aux États-Unis[153], en Australie, au Canada, et en Angleterre. Il convient aussi que le CCP bloque l’accès aux ressources concernant ce sujet en Chine[154],[155].

L'incident de la place Tian'anmen[modifier | modifier le code]

composite image of three portraits and a table comparing them
Image provenant des médias d'État chinois et présentée par le Centre d'Information sur la Persécution du Falun Gong comme preuve que Wang Jindong, un des immolés, était un personnage "joué par différentes personnes".

Malgré les efforts du Parti, les accusations initiales portées contre le Falun Gong n'ont pas réussi à obtenir un large soutien populaire dans l'éradication du mouvement. Dans les mois qui suivent juillet 1999, la rhétorique dans la presse gouvernementale s'est progressivement durcie, allant jusqu'à soutenir que «le Falun Gong était de collusion avec des forces étrangères anti-Chine». En janvier 2001, des journaux chinois reconnaissent publiquement que, malgré la sévère campagne de répression lancée à l'été 1999, des pratiquants du mouvement « continuent à se rendre place Tienanmen pour y semer le désordre, y déployer des banderoles, crier des solgans et distribuer des tracts »- ces derniers sont immédiatement arrêtés, et incarcérés. D'après David Palmer, beaucoup d'entre eux seraient "morts en détention"[156].

C'est à cette période que surgit un incident majeur, dont l'impact marquera les esprits. Au moment des fêtes du Nouvel An chinois, le , sept personnes tentent de s'immoler par le feu sur la place Tian'anmen; parmi elles, une jeune fille de 12 ans, Liu Siying (dont les images frappent les esprits), et sa mère, Liu Chunling, toutes deux décédées de leurs brûlures ; un homme d'âge mûr, Wang Jindong, gravement brûlé et hospitalisé ; une certaine Liu Bairong, qui a renoncé à son acte à la dernière minute ; un certain Liu Yunfang, l'organisateur, qui s'en sort indemne et sera condamné à une peine de prison ; une mère, Hao Huijun, et sa fille, Chen Guo, très gravement brûlées et hospitalisées[157]. dont une qui succombe sur le champ et une fillette qui décède quelques semaines plus tard[158]. Le gouvernement chinois les identifie comme membres du Falun Gong et originaires de Kaifeng dans la province du Henan[159]. Les chaînes de télévision diffusent la vidéo des femmes et des jeunes filles titubant, les mains jointes au-dessus de la tête, tandis que les flammes les enveloppent[160].

À l'étranger, le Centre d'Information sur le Falun Dafa conteste le fait que les personnes impliquées soient réellement pratiquantes de la discipline[161], au motif que les enseignements du Falun Gong interdisent explicitement le suicide et le meurtre[162]. Ils soutiennent qu'il s'agit d'une mise en scène du régime chinois destinée à salir le mouvement[163],[164], une opinion partagée par d'autres commentateurs[165],[166] et journalistes[167]. Le film Feu mensonger, primé au festival international du film de Colombus, montre des images de l'événement au ralenti[168] et démontre un certains nombres d'indices laissant supposer qu'il s'agit d'un complot [note 2]. Le Professeur David Ownby note qu'il est "difficile à croire" que les auto -immolé soient réellements pratiquants [169]. Philip Pan, reporter au Washington Post, a fait des investigations sur les immolés et a conclu que "personne ne les avait jamais vu pratiquer le Falun Gong"; au retour de leur ville natale, le reporter fut arrêté par les autorités chinoises [169]. Le Département de l'Éducation des États-Unis déclare maintenir à disposition du public les vidéos prouvant "la mise en scène du gouvernement chinois"[170].

Danny Schechter a également attiré l' attention sur le fait que Xinhua avait publié une déclaration sur l'auto-immolation de médias étrangers quelques heures seulement après l'événement. Il a noté que c'était inhabituel parce que les sujets sensibles dans la presse chinoise ne sont presque jamais signalés en temps opportun[171] De même, le journaliste Ian Johnson du Wall Street Journal a observé que les médias d'État "ont rapporté la mort de la victime a été rapportée avec un empressement inhabituel , ce qui implique que soit la mort a eu lieu plus tôt qu'indiqué, soit que les médias -en général prudents- ont reçu une approbation ou une injonction de haut niveau.La même année, Ian Johnson, envoyé spécial du Wall Street Journal à Pékin, reçoit le prix Prix Pulitzer pour ses articles sur la répression s'abattant sur le Falun Gong[172].

La revue Time rapporte qu'avant l'incident d'auto-immolation, de nombreux Chinois avaient estimé que le Falun Gong n'était pas une réelle menace, et que la répression de l'État était allée trop loin. Après l'événement, cependant, la campagne dans les médias chinois incitant à la haine contre le Falun Gong connaît un regain significatif à l'intérieur du pays[173],[174]. D'après David Ownby, à la suite de cet incident, de plus en plus de Chinois de l'intérieur du pays en vinrent à considérer la pratique comme "dangereuse et peu fiable", tandis que les médias étrangers commencent lentement à se désengager de l'affaire[175].

Nature de la persécution[modifier | modifier le code]

Dans un rapport pour les Nations Unies (2006), Manfred Nowak mentionne que les pratiquants du Falun Gong composeraient 66 % des cas de tortures rapportés en Chine[176]. Selon le rapport 2007 du ministère américain des Affaires étrangères, ces derniers représenteraient au moins la moitié des détenus soumis à la rééducation par le travail[177].

Les pratiquants arrêtés subissent très souvent des tortures et passent à travers un programme de conversion édicté par les autorités carcérales[178]. Les pratiquants servent également de main d'œuvres à l'intérieur des Laogaïs(camps de travaux forcés) pour fabriquer des produits destinés à exportation, ou sont encore utilisés par le régime en tant que "réserves vivantes d'organes" destinées aux transplantations[179].

Spéculations sur les motifs de la persécution[modifier | modifier le code]

Pratiquants de Falun Gong arrêtés sur la Placce Tian an Men.

Les observateurs étrangers ont tenté d'avancer une variété de facteurs aboutissant à l'interdiction du Falun Gong : la popularité du mouvement, les précédents dans l'histoire chinoise de mouvements quasi-religieux évoluant en insurrections violentes, l'indépendance du Falun Gong par rapport à l'État et son refus de suivre la ligne du Parti, les luttes de pouvoir politique internes au sein du Parti communiste. Pour conclure, on peut supposer que le contenu moral et spirituel présent dans le Falun Gong mettait le peuple chinois en contradiction directe avec les aspects athées de l'idéologie marxiste officielle.

L'agence de presse Xinhua, connue pour être une organisation officielle du Parti communiste, a déclaré que le Falun Gong est « opposé au Parti communiste chinois et au gouvernement central, prêche l'idéalisme, le théisme et de la superstition féodale »[180]. Xinhua a également affirmé que le suivi de valeurs telles que « la vérité, la bonté et la tolérance, principe prôné par Li Hongzhi, n'a rien de commun avec le progrès éthique et culturel socialiste que nous nous efforçons d'atteindre », et fait valoir qu'il était nécessaire d'écraser le Falun Gong afin de préserver la « pureté » et le « rôle d'avant-garde » du Parti communiste[181]. D'autres articles parus dans les médias d'État aux premiers temps de la répression du Falun Gong soulignaient qu'il devait être vaincu parce que sa « philosophie théiste » était en contradiction avec le paradigme marxiste-léniniste et avec les valeurs laïques du matérialisme.

Willy Wo-Lap Lam écrit que la campagne de Jiang Zemin contre le Falun Gong a put être utilisée pour promouvoir l'allégeance à son propre pouvoir ; Lam cite un vétéran du parti qui aurait suggéré qu' « en déclenchant un mouvement de style Mao [ contre le Falun Gong ], Jiang force les cadres supérieurs à faire allégeance à sa ligne »[182]. D'après le Washington Post, des sources ont rapporté que tous les membres de la commission permanente du Politburo ne partageaient pas le point de vue de Jiang concernant l'éradication du Falun Gong[183] mais James Tong suggère qu'il n'y avait pas une forte résistance du Politburo.

Human Rights Watch constate que la répression du Falun Gong reflète les efforts fournis par le Parti communiste chinois dans sa tentative d'éradication des religions. Tout au long de son histoire, le Parti estima que le contenu de la religion est intrinsèquement subversif[124]. Le gouvernement chinois protège cinq groupes religieux « patriotiques » et autorisés par le Parti communiste. Les religions non enregistrées, qui ne relèvent pas des organisations gérées par l'État, sont donc vulnérables à la répression[184]. Le Globe and Mail a écrit: « Un groupe qui n'est pas sous le contrôle du Parti est une menace »[185]. Craig S . Smith de The Wall Street Journal suggère que le gouvernement n'a, par définition, pas d'opinion particulière sur la spiritualité et manque de crédibilité morale pour se battre contre un ennemi expressément spirituel. Le Parti se sent de plus en plus menacé par tout système de croyance qui remet en question son idéologie et a une capacité à s'organiser[186]. Que le Falun Gong, dont le système de croyance représente une renaissance de la religion traditionnelle chinoise, ait été pratiqué par un grand nombre de membres du Parti communiste et des membres de l'armée a été considérée comme particulièrement troublant par Jiang Zemin; selon Julia Ching, « Jiang accepte la menace de Falun Gong comme idéologique : croyances spirituelles contre l'athéisme militant et le matérialisme historique, il [ voulait ] purger le gouvernement et l'armée de telles croyances »[187].

Vivienne Shue écrit même que le Falun Gong a présenté un défi global à la légitimité du Parti communiste. Shue soutient que les dirigeants chinois ont historiquement tiré leur légitimité en affirmant posséder une connexion exclusive à la « vérité ». Dans la Chine impériale, la vérité a été basé sur une cosmologie confucéenne et taoïste. Dans le cas du Parti communiste, la vérité est tirée du marxisme-léninisme, basée sur un matérialisme historique. Le Falun Gong conteste le paradigme marxisme-léninisme, et relance des compréhensions basées sur des conceptions plus traditionnellement bouddhistes ou taoïstes[188]. David Ownby soutient que le Falun Gong a également contesté l'hégémonie du Parti communiste sur le discours nationaliste chinois: « L'évocation [ provenant du Falun Gong ] d'une autre vision de la tradition chinoise, et de la valeur qu'elle peut avoir dans la société contemporaine est aujourd'hui menaçante pour l'État et le Parti, car il leur refuse le droit exclusif de définir le sens du nationalisme chinois »[189].

Maria Chang a fait remarquer que depuis le renversement de la dynastie des Qin, les « mouvements millénaristes ont exercé une profonde influence sur le cours de l'histoire chinoise ». Au point d'atteindre un point culminant qui ont amené, au cours des révolutions chinoise de 1949, les communistes chinois au pouvoir[190]. Patsy Rahn (2002) décrit un paradigme de conflit entre les sociétés secrètes chinoises et les dirigeants. Selon Rahn, l'histoire de ce paradigme remonte à la chute de la dynastie Han: « Les différents pouvoirs ont gardé un œil vigilant sur les sociétés secrètes, parfois menacé par elles. Des campagnes de collecte de fonds pour lutter contre eux ont commencé dès le second siècle et a continué tout au long de la période dynastique, à travers l'ère Mao et dans le présent »[191].

Programme de conversion[modifier | modifier le code]

Le pratiquant de Falun Gong Tang Yongjie aurait été torturé par des gardiens de prison, qui ont appliqué des tisons brûlants sur ses jambes, dans une tentative de le forcer à abjurer ses conviction.

Selon James Tong, le régime chinois vise à la fois la dissolution forcée de la pratique du Falun Gong et la « transformation » des pratiquants[192]. En 2000, le Parti a renforcé sa campagne en condamnant les pratiquants « récidivistes » à la « rééducation par le travail », dans un effort visant à les faire renoncer à leurs croyances. En même temps, les pratiquants devaient « transformer » leurs pensées[124]. Les accusations ont été également prolongées arbitrairement par la police, ainsi certains pratiquants se virent condamnés pour « trouble à l'ordre social », « atteinte à la sécurité nationale », ou « subversion du système socialiste »[193]. Selon Bejesky, la majorité des détenus de Falun Gong condamnés pour de longues peines sont traités administrativement par ce système au lieu du système de justice pénale. À l'issue de leur peine de rééducation, les pratiquants qui refusaient d'abjurer ont ensuite été incarcérés dans des « centres d'éducation juridique » mis en place par les autorités provinciales pour « transformer les esprits »[193],[194].

Une grande partie du programme de conversion s'est appuyé sur des techniques employées du temps de Mao, basées sur l'endoctrinement et la « réforme de pensée ». Les pratiquants de Falun Gong sont forcés à visionner des programmes télévisuels anti-Falun Gong, et doivent s'inscrire dans des sessions d'étude du marxisme « traditionnel » et du matérialisme[195],[196].

L'image parrainé par le gouvernement du processus de conversion met l'accent sur la persuasion psychologique et une variété de techniques de « vente-douce », ce qui est la « norme idéale » dans les rapports du régime, selon Tong. Par ailleurs, des rapports émis par des pratiquants de Falun Gong décrivent des procédés « troublants et sinistres » de coercition contre les pratiquants qui ne parviennent pas à renoncer à leurs croyances[197]. 14.474 cas de torture de différentes natures ont été répertoriés, selon Tong (les document des agences de Falun Gong parlent de 63 000 cas individuels de torture)[198]. Parmi eux se trouvent des cas de sévices corporels graves, l'infliction de tourments psychologiques, les châtiments corporels et forcés, des travaux lourds intenses, et le maintien de positions douloureuses. On rapporte également l'isolement dans des conditions sordides[197]; des « traitements thermiques », comprenant la combustion et le gel; des chocs électriques délivrés à des parties sensibles du corps qui peuvent provoquer des nausées, des convulsions ou des évanouissements[197]. Il y a encore l' alimentation forcée à travers des tuyaux enfoncés dans le nez ou la bouche; des baguettes de bambou plantées sous les ongles, la privation de nourriture, de sommeil et d'utilisation des toilettes[197]; le viol et le viol collectif, l'asphyxie et la menace, l'extorsion, la cessation d'emploi et la privation du statut d'étudiant[197].

Les cas semblent vérifiables, et dans leur grande majorité sont identifiés (1) le praticien, souvent avec l'âge, la profession et domicile; (2) l'heure et l'endroit où l'agression présumée a eu lieu, jusqu'au niveau du district, canton, village, et souvent l'établissement pénitencier précis, et (3) les noms et grades des auteurs présumés. Beaucoup de ces rapports comprennent des listes de noms de témoins et des descriptions de blessures, dit Tong[197]. La publication de « comportements abusifs répétés et souvent brutaux par des individus nommés avec leur titre officiel, le lieu et l'heure de la torture », suggère qu'il n'y a aucune volonté officielle de cesser ces activités[197].

Décès[modifier | modifier le code]

En raison de la difficulté à corroborer les rapports de décès par torture en Chine, les estimations sur le nombre de membres du Falun Gong ayant trouvé la mort durant la persécution varient considérablement. En 2009, le New York Times a rapporté que, selon des groupes de défense des droits de l'homme, les répressions avaient coûté la vie à « au moins 2.000 personnes »[199]. Amnesty International a signalé le décès présumé d'au moins 100 pratiquants de Falun Gong au cours de l'année 2008, que ce soit en détention ou peu après leur libération[200]. Des sources provenant des pratiquants de Falun Gong ont rapporté environ 3 400 morts à ce jour[201]. Le journaliste Ethan Gutmann de la Fondation pour la Défense des Démocraties a suggéré un nombre de morts avoisinnant 65 000, fondé sur le témoignage des réfugiés[202],[203], alors que les chercheurs David Kilgour et David Matas ont donné une estimation de 41.500 morts entre 2000 et 2005[204].

Les autorités chinoises ne publient pas de statistiques sur les pratiquants de Falun Gong ayant été tués du fait de la répression. Dans certains cas, cependant, les autorités ont nié que les décès en détention étaient dus à la torture[205].

Allégations de prélèvements d'organes[modifier | modifier le code]

Manifestation anti-torture visant à informer le public des prélevements forcés d'organes, à Berlin, en 2007.

Des rapports sur des allégations de prélèvements d'organes sur des pratiquants du Falun Gong en Chine ont été publiés à plusieurs reprises. En mai 2006, le vice-président du Parlement européen, Edward McMillan-Scott se rend en Chine et recueille un témoignage attestant de prélèvements d'organes forcés sur des prisonniers membres du Falun Gong. Toujours en 2006, une investigation fut menée par l'avocat international des droits de l'homme David Matas et l'ancien secrétaire d'État du Canada (région Asie Pacifique) et avocat de la Couronne David Kilgour, qui accusent Pékin de prélever les organes des membres du Falun Gong contre leur volonté. Ils estiment qu'il y aurait eu 41 500 transplantations d'organes non expliquées entre 2000 et 2005[206],[207]. Malgré la contre-enquête présentée par Harry Wu[208] et les nombreux démentis du gouvernement chinois[209],[210], d'autres investigations indépendantes suivirent, et confirmèrent ces dires[211],[212],[213].

En 2010, le Congrès des États-Unis vote une résolution qui mentionne de telles pratiques, suivi en 2013 d'une résolution spéciale du Parlement européen condamnant les prélèvements forcés d'organes effectués par l'État chinois, une pratique qui touche en particulier les pratiquants du Falun Gong[214],[215].

Réactions des gouvernements et ONG à la persécution[modifier | modifier le code]

Depuis 1999, les violations des droits de l'Homme dans la répression du Falun Gong sont dénoncées par la Commission européenne[216], les rapporteurs spécialisés des Nations Unies, des gouvernements et des organisations de défense des droits de l'Homme comme Amnesty International[217],[218], Human Rights Watch[219], Reporters sans frontières[220], le MRAP ainsi que la Laogai Research Foundation.

États-Unis[modifier | modifier le code]

En juillet 2001, dans le cadre de la House Concurrent Resolution 188, la Chambre des représentants a dénoncé le « célèbre » bureau 610 qui régente la persécution à l’aide de « lavages de cerveau organisés, torture et meurtre » et a déclaré que la propagande des médias contrôlé par l’État « inondait le public dans une tentative d’incitation à la haine et à la discrimination ». La résolution a été votée par 420 votes contre 0, appelant la Chine à « cesser la persécution du Falun Gong et le harcèlement des pratiquants de Falun Gong aux États-Unis ; de libérer tous les pratiquants de Falun Gong et de mettre fin aux tortures et autres traitements cruels et inhumains utilisés contre eux, d’appliquer le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la déclaration universelle des droits de l’Homme »[221].

Le 24 juillet 2002, la résolution 188 du Congrès des États-Unis, votée à l'unanimité (420/0)[222], déclare que « Le Falun Gong est une forme de croyance pacifique et non-violente pratiquée par des millions de personnes en République populaire de Chine et ailleurs ; le gouvernement a cependant interdit cette pratique et a systématiquement tenté de l'éliminer ainsi que ceux qui la suivent… Cette loi viole la constitution de la République populaire de Chine ainsi que les conventions internationales et la déclaration universelle des Droits de l'Homme… ».

Le 16 mars 2010, la Chambre des représentants des États-Unis vote la résolution 605 demandant d'arrêter immédiatement la persécution du Falun Gong en Chine et « exprime sa sympathie aux pratiquants de Falun Gong »[223],[224].

Le 13 juillet 2011, le Congrès des États-Unis adopte la résolution S.Res.232 appelant le parti communiste chinois (PCC) à mettre fin à la persécution du Falun Gong et exprimant son soutien à ceux qui ont démissionné du PCC et de ses organisations affiliées[225].

Le département d’État américain affirme dans son rapport sur les Droits de l’homme de 2011 que des « médias nationaux et étrangers et des groupes de défense des droits de l’homme continuaient à signaler des cas de prélèvements d’organes, en particulier sur les pratiquants de Falun Gong et sur les Ouïghours »[226].

Europe[modifier | modifier le code]

Manifestation à Paris le 6 octobre 2013, Falun Gong, dénonçant la répression et le trafic d'organe contre les pratiquants.

Le 7 septembre 2006, le Parlement européen adopte une résolution parlementaire sur les relations UE-Chine, où il « condamne vivement la détention et les tortures infligées aux pratiquants de Falun Gong dans les prisons, les camps de rééducation par le travail, les hôpitaux psychiatriques et les "établissements légaux d'éducation"; s'inquiète des informations selon lesquelles des organes des pratiquants de Falun Gong ont été prélevés et vendus à des hôpitaux »[179].

Le 19 mai 2010, le Parlement européen adopte une résolution sur la communication de la Commission intitulée « Plan d'action sur le don et la transplantation d'organes (2009-2015) » en mentionnant la répression du Falun Gong : « prend acte du rapport de David Matas et David Kilgour sur l'assassinat des Falun Gong pour leurs organes, et demande à la Commission de présenter au Parlement européen et au Conseil un rapport sur ces allégations et sur d'autres affaires du même ordre »[227].

Le 16 décembre 2010, le Parlement européen publie son rapport annuel 2009 sur les droits de l'homme dans le monde et la politique de l'UE sur la question. Dans la section « Liberté de religion ou de croyance », il condamne les autorités chinoises pour leur « persécution » du Falun Gong[228].

Le 12 décembre 2013, le Parlement européen adopte une résolution condamnant les prélèvements forcés et systématiques d'organes effectués par l'État chinois, une pratique qui touche en particulier les pratiquants du Falun Gong. La résolution appelle également à la libération immédiate de tous les prisonniers d'opinion en Chine, dont les pratiquants du Falun Gong[229].

Canada[modifier | modifier le code]

En 2009, l'association « Les parlementaires amis du Falun Gong » est créée à Ottawa par un groupe tous partis confondus de sénateurs et de membres du Parlement concernés par le sort des pratiquants de Falun Gong[230].

En mai 2013, les maires de St. Charles, de St. Peters, d’O’Fallon et de Wentzville proclament le 13 mai 2013 la « Journée de Falun Dafa » (Falun Dafa Day)[231].

ONU[modifier | modifier le code]

Le 20 mars 2007, Manfred Nowak, rapporteur spécial des Nations unies, présente un rapport reprenant les allégations antérieures de 2006, sur la « persécution, les mauvais traitements et la torture » des citoyens chinois, notamment les pratiquants de Falun Gong, à l'occasion de la quatrième session du Conseil des droits de l’Homme[232].

En novembre 2008, le Comité de l’ONU contre la torture a souligné dans son rapport sur la Chine qu’il « est extrêmement préoccupé par les allégations de tortures ciblées, de mauvais traitements et de disparitions parmi les minorités nationales, ethniques, religieuses et autres groupes vulnérables en Chine, y compris les Tibétains, les Ouïgours et les pratiquants de Falun Gong »[233].

Pour l'Assemblée générale de l'ONU, du 19 mai 2011, Gabriela Knaul, rapporteur spécial sur l’indépendance des juges et des avocats, a rédigé un rapport remettant en cause l’indépendance de ceux-ci en Chine. Selon ce rapport, MM. Tang Jitian et Lui Wei, qui cherchaient à défendre un pratiquant de Falun Gong, ont subi pressions, harcèlements et menaces de perdre définitivement leur autorisation d’exercer leur métier[234].

Diffusion du Falun Gong hors de Chine[modifier | modifier le code]

Le Falun Gong est pratiqué par des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes à l’extérieur de la Chine[235]. Les plus grandes communautés se trouvent à Taiwan et dans les villes nord-américaines ayant une importante population chinoise, comme New York et Toronto. Les enquêtes démographiques menées par Palmer et Ownby dans ces communautés ont mis en évidence que 90% des pratiquants étaient d'origine chinoise. L'âge moyen étant d'environ 40 ans[236]. Parmi ceux ayant répondu à l’enquête, 56% étaient des femmes et 44% des hommes. 80% étaient mariés. Les enquêtes ont révélé que les personnes interrogées étaient très instruites : 9% détenaient un doctorat, 34% avaient un diplôme de niveau bac + 5, et 24% avaient un diplôme de niveau bac + 3 à bac + 4[236]. Les raisons les plus fréquemment mentionnées pour expliquer l’intérêt porté au Falun Gong étaient le contenu intellectuel, les exercices de perfectionnement et les bénéfices de santé[237]. Les adhérents non-chinois du Falun Gong tendaient à correspondre au profil de « chercheurs spirituels », c'est-à-dire des personnes qui avaient essayé une variété d’autres qigong, yoga, ou pratiques religieuses avant de trouver le Falun Gong.

Dans la plupart des villes de moyennes à grande taille, les pratiquants de Falun Gong organisent des séances régulières de méditation de groupe ou des sessions d'étude dans lesquelles ils pratiquent les exercices du Falun Gong et lisent les écrits de Li Hongzhi. Les séances d’exercices et de méditation sont décrites comme des groupes informels de pratiquants qui se réunissent en public dans les parcs - généralement le matin - pour une à deux heures[59],[57],[238]. Les séances d'étude en groupe ont généralement lieu le soir dans des résidences privées, où dans des salles de classes d’'universités, ou d’établissements du secondaire, et sont décrites par David Ownby comme « la chose s’apparentant le plus à « une expérience de congrégation » proposée par le Falun Gong[109]. Les individus qui sont trop occupés, isolés ou qui préfèrent tout simplement la solitude peuvent choisir de pratiquer en privé[109]. Quand il y a des dépenses importantes à couvrir (comme pour la location de matériel pour des conférences de grande envergure), les coûts sont supportés par des membres volontaires relativement riches de la communauté[238],[239].

Réactions et manifestations[modifier | modifier le code]

Manifestations du Falun Gong en face de l'ambassade chinoise à Londres en 2006.

Au début des années 2000, la résistance des pratiquants du Falun Gong est pacifique, mais étendue, et emploie les moyens de communications modernes afin d'afficher et de diffuser leur slogan « Falun Gong est bon » (Falun Dafa Hao !). En Chine, les pratiquants vont régulièrement sur la place Tian'anmen pour déployer des banderoles ou distribuer des dépliants dénonçant la répression ou exaltant les trois vertus du Falun Gong[240].

En février 2001, le gouverneur de Hong Kong déclare que le Falun-Gong était un « mouvement qui avait plus ou moins les caractéristiques d'un culte diabolique ». En réaction, Joseph Zen, évêque chinois de Hong-Kong, considère la qualification de « culte diabolique » comme très préoccupante, « non seulement pour le Mouvement lui-même, mais pour nous tous ». Selon lui, l'Église catholique chinoise non officielle pourrait fort bien être cataloguée comme culte diabolique elle aussi[241].

En mars 2002, plusieurs chaînes de télévision par câble de la ville de Changchun sont piratées et des slogans pro-Falun Gong ainsi que des informations sur la répression sont diffusées[242]. Les autorités chinoises réagissent immédiatement[243].

Des membres du Falun Gong depuis l'étranger appellent directement des Chinois sur leur téléphone fixe afin de les informer des pratiques du gouvernement[244]. En 2005, ils ont droit à leur tour à un harcèlement téléphonique (dont des menaces de mort), avec dans certains cas appels continus et simultanés au domicile, au travail et sur le portable, des heures durant[245].

Le journal Da Ji Yuan (en français Epoch Times) ouvre une page web en collaboration avec le mouvement Tuidang, sur laquelle les membres du PCC peuvent déclarer leur démission du parti. Cette campagne, selon ses animateurs, aurait conduit à ce jour, plus de 160 millions de chinois à quitter le PCC et ses organisations affiliées[246],[247].

Des membres du Falun Gong dans une dizaine de pays ont porté plainte contre Jiang Zemin, Luo Guan et Li Lanqing (responsables du bureau 610) pour « génocide et crimes contre l'humanité ». Ancienne ministre de l’éducation entre 1998 et 2002 et membre du conseil d’État chinois, Chen Zhili a été attaquée en justice par des pratiquants du Falun Gong lors de sa visite en Tanzanie en juillet 2004. Elle a été citée à comparaître devant un tribunal de ce pays[248].

En , Gao Zhisheng, dissident et avocat chinois défenseur des droits de l'homme, publie trois lettres ouvertes successives à Hu Jintao et à son Premier ministre en dénonçant la répression. Les autorités chinoises font alors fermer son cabinet d'avocat, Gao Zhisheng est emprisonné[249].

Accusations sur des actes de sabotages à l'étranger[modifier | modifier le code]

Le 28 juin 2004, neuf pratiquants de Falun Gong d’Australie, dont David Liang, sont arrivés en Afrique du Sud pour aider des pratiquants locaux à alerter l’opinion sur la persécution du Falun Gong, et sur le rôle particulier de deux haut fonctionnaires chinois en visite : le Vice Président Zeng Qinghong et le Ministre du Commerce Bo Xilai. Les pratiquants prévoyaient une conférence de presse pour dénoncer les crimes des deux officiels au public et aux médias d’Afrique du Sud, et les notifier d’une plainte légale contre eux. En route de l’aéroport de Johannesburg à Prétoria aux alentours de 20h30 lundi soir, une voiture blanche avec trois personnes à bord les a rattrapés et a tiré avec un fusil AK 47 au moins cinq fois sur leur véhicule. Les tireurs se sont immédiatement enfuis après la fusillade, sans rien leur voler. Le conducteur, le citoyen australien David Liang, sérieusement touché aux pieds a été hospitalisé et sa voiture mise hors service. Pour le porte-parole de la branche taïwanaise du Falun Gong, l’attaque vient du gouvernement chinois et vise à terroriser les membres du mouvement[250].

Le 8 février 2006, Peter Yuan Li, pratiquants du Falun Gong et informaticien travaillant pour le journal 'Epoch Times', est attaqué chez lui, à Atlanta, par des hommes asiatiques armés. Li gère le site web du journal ainsi que les sites appelant les membres du parti communiste chinois à quitter celui-ci à la suite de la publication du livre Les neufs commentaires sur le parti communiste chinois. Les agresseurs l'ont gravement battu à la tête et au visage avec la crosse du pistolet. Li a saigné à profusion. L’un d'entre eux a parlé en chinois (mandarin). Les agresseurs se sont emparés uniquement les ordinateurs et des documents, dédaignant d’autres objets de valeur. Dr Li a dit que les assaillants étaient des agents du régime communiste chinois visant à contrecarrer ses efforts pour exposer les violations des droits de l'homme en Chine[251].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. la SRQC a été fondée en 1985 avec la permission du Comité National de réforme économique du conseil d’état et il avait à sa tête l’ancien directeur adjoint de la commission des sciences, de la technologie et de l'industrie pour la défense nationale (COSTIND) Zhang Zhenhuan. Tous les membres de son équipe étaient de haut fonctionnaires ministériels ou des ministres adjoints responsables d' organes gouvernementaux, y compris la Commission nationale des sports, le Comité national de la science, le Ministère de la Santé, Ministère de la sécurité nationale, ministère de la Propagande du Comité central du PCC, du Ministère des Finances , Ministère de la Sécurité publique, Division de liaison du département militaire politique et l'Administration centrale de la police nationale armée d'après un essai de Lu Zhenyan, Clearharmony.net.
  2. Parmi les différents indices, on trouve: un immolé possède une bouteille de plastique qui a supporté le feu et il reste assis malgré ses brûlures, un autre immolé semble recevoir sur le crâne un objet long lancé à grande vitesse, une interview des immolés montre ceux-ci couverts de bandages, ce qui va à l'encontre de toute prescription médicale (D'après Pierre-Henry de Bruyn, op. cit., p. 193 et note 5.)

Références[modifier | modifier le code]

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  4. Henri Maspero, Le Taoïsme, Essais : « Il faut y joindre une vie pure et l’exercice des vertus morales. Les deux séries de pratiques se complètent et ont une importance égale. Le plus grand alchimiste du IVe siècle, Ge Hong, le dit formellement : Ceux qui n’accomplissent pas d’actes de vertu et se contentent de pratiquer les procédés magiques n’obtiendront jamais la Vie Éternelle ». Édition posthume, Éditions Gallimard, 1971.
  5. Henri Maspero, Le Taoïsme, Essais : « Les Taoïstes anciens pour qui l’Immortalité n’était possible que dans la survivance du corps matériel, avaient fort à faire pour transformer le lourd corps mortel en un corps immortel léger, où les os et la chair fussent d’or et de jade. Il fallait pour cela se livrer à de nombreuses pratiques, qu’un livre religieux du IIIe siècle avait résumées dans les quatre vers suivants () : Qui avale le Cinabre et garde l’Un / Ne finira qu’avec le Ciel / Qui fait revenir l’Essence et pratique la Respiration Embryonnaire / Aura une longévité sans bornes. » Édition posthume. Éditions Gallimard, 1971.
  6. (en) Paula Peterson, The Way of Self Cultivation : « Dans ce qui est appelé le Grand Apprentissage, le Confuscianisme révèle le processus par lequel le développement personnel est atteint et comment, par celui-ci, découlent le service et le chérissement de l'humanité, l'étude des phénomènes, l'apprentissage, la sincérité, la droiture d'intention, l'auto-développement, la discipline familiale, l'harmonie personnelle et universelle. » The Spirit of Ma'at, Vol 3, No 7.
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  9. « Pour Li Hongzhi, tel qu'il le répète dans Zhuan Falun, les caractéristiques particulières de la nature de l'univers sont Zhen (authenticité), Shan (bonté) et Ren (tolérance). Cela n'est pas au sens métaphorique; pour lui, Zhen, Shan, Ren sont les principes structurant toute chose… Il est dans le principe de toute essence de tout ce qui existe d'être rattaché aux principes d'authenticité, bonté, tolérance, tel que cela est mentionné. » (en) Benjamin Penny, The Religion of Falun Gong, University of Chicago Press,‎ 27 avril 2012 (lire en ligne), p. 133
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  19. a, b, c et d Li Hongzhi, Zhuan Falun : Tourner la roue de la loi, Paris, Editeur Guy Tredaniel, coll. « Trédaniel poche »,‎ 2 juin 2008 (réédition) (lire en ligne), p. 14 : « Mais alors qu’est-ce que la Loi de Bouddha ? La nature la plus fondamentale de cet univers, Zhen-Shan-Ren – c’est cela la manifestation suprême de la Loi de Bouddha, c’est la Loi de Bouddha dans ce qu’elle a de plus fondamental. »
  20. (en) David Ownby, Falun Gong and the Future of China, Etats-Unis, Oxford University Press,‎ 27 mai 2010 (lire en ligne), p. 93 : « L'entière structure de l'univers, d'après Li Hongzhi, est faite de qualités morales. Il est conseillé aux pratiquants de suivre ces dernières dans leurs vies : authenticité, compassion, tolérance. »
  21. (en) Noah Porter, Falun Gong in the United States : an ethnographic study, Dissertation.com,‎ 18 juillet 2003 (lire en ligne), p. 29 : « D'après les enseignements du Falun Gong, il existe trois vertus qui constituent le principe de l'univers : Zhen, Shan, Ren (真, 善, 忍). Zhen signifie authenticité et sincérité, Shan est la compassion, la bienveillance, la bonté, Ren est la tolérance, la patience, l'endurance. Ces trois vertus sont l'unique critère distinguant véritablement les bonnes personnes des mauvaises. La société humaine a dévié de ces standards moraux. Toute matière de l'univers contient Zen-Shan-Ren. Les trois sont d'égale importance. »
  22. (en) Benjamin Penny, The Religion of Falun Gong, University of Chicago Press,‎ 27 avril 2012 (ISBN 978-0226655017, lire en ligne), p. 170
  23. Li Hongzhi, Falun Gong : La grande voie de l'accomplissement, Paris, Editeur Guy Tredaniel, coll. « Trédaniel poche »,‎ 13 juin 2011 (réédition) (lire en ligne), p. 52
  24. (en) Benjamin Penny, The Religion of Falun Gong, University of Chicago Press,‎ 27 avril 2012 (ISBN 978-0226655017, lire en ligne), p. 124 : « En outre, la cultivation du Falun Gong comprend l'assimilation aux principes d'authenticité, de compassion et de tolérance. Celle-ci n'est pas seulement vue comme l'action juste et responsable des pratiquants, mais également comme une partie essentielle du processus de cultivation. Ne pas y arriver rendra nuls les autres efforts fournis dans la cultivation. »
  25. Li Hongzhi, Zhuan Falun : Tourner la roue de la loi, Paris, Editeur Guy Tredaniel, coll. « Trédaniel poche »,‎ 2 juin 2008 (réédition) (lire en ligne), p. 16
  26. a et b (en) David Ownby, Falun Gong and the Future of China, Etats-Unis, Oxford University Press,‎ 27 mai 2010 (lire en ligne), p. 110-112
  27. Li Hongzhi, Zhuan Falun : Tourner la roue de la loi, Paris, Editeur Guy Tredaniel, coll. « Trédaniel poche »,‎ 2 juin 2008 (réédition) (ISBN 978-2844458995, lire en ligne), p. 32-34, 363-366
  28. (en) David Ownby, Falun Gong and the Future of China, Etats-Unis, Oxford University Press,‎ 27 mai 2010 (lire en ligne), p. 93 : « L'objectif de la cultivation, et donc de la vie elle-même, est l'élévation spirituelle, réalisée par l'élimination du karma négatif des pêchés provenant de vies passés ou dans la présente, et l'accumulation de la vertu. »
  29. Li Hongzhi, Zhuan Falun : Tourner la roue de la loi, Paris, Editeur Guy Tredaniel, coll. « Trédaniel poche »,‎ 2 juin 2008 (réédition) (lire en ligne), p. 4
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  33. (en) David Ownby, Falun Gong and the Future of China, Etats-Unis, Oxford University Press,‎ 27 mai 2010 (lire en ligne), p. 93 : « On ne trouve pas beaucoup d’instructions de ce qu’on devrait ou ne devrait pas faire dans les écrits de Li Hongzhi, ni de discussions éthiques complexes. A la place, il conseille aux pratiquants de se débarrasser eux-mêmes des « attachements » inutiles, de faire ce qu'ils pensent être juste, et ainsi de revenir à « l'origine », à leur « être originel » »
  34. (en) David Ownby, Falun Gong and the Future of China, Etats-Unis, Oxford University Press,‎ 27 mai 2010 (lire en ligne), p. 114 : « Tout à fait au contraire. Il est demandé aux pratiquants de traiter les autres avec compassion et bienveillance afin de cultiver la vertu et éliminer le karma. »
  35. Li Hongzhi, Zhuan Falun : Tourner la roue de la loi, Paris, Editeur Guy Tredaniel, coll. « Trédaniel poche »,‎ 2 juin 2008 (réédition) (lire en ligne), p. 163 : « Vous avez toujours de la compassion et vous agissez avec bienveillance envers autrui ; quoi que vous fassiez, vous vous préoccupez des autres et chaque fois que vous avez un problème, vous vous demandez si les autres peuvent le supporter et si cela peut leur causer du tort ; alors dans ce cas, il n’y aura aucun problème. C’est pourquoi, comme vous pratiquez le gong, vous devez être exigeant envers vous-même selon des critères élevés, selon des critères de plus en plus élevés. »
  36. (en) Stephen Chan, « A New Triptych for International Relations in the 21st Century : Beyond Waltz and Beyond Lacan's Antigone, with a Note on the Falun Gong of China », Global Society, vol. 17, no 2,‎ 2003 (DOI 10.1080/1360082032000069082)
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  40. (en) Richard Madsen, « Understanding Falun Gong », Current History, vol. 99, no 638,‎ septembre 2000 : « Parmi les pratiquants de Falun Dafa que j'ai rencontrés, il y a des scientifiques chinois avec des doctorats des universités américaines prestigieuses qui affirment que la physique et la biologie modernes servent de base scientifique à leur croyance. De leur point de vue, le Falun Dafa est une connaissance plutôt qu’une religion, une nouvelle forme de science plutôt qu’une croyance. »
  41. (en) Benjamin Penny, The Religion of Falun Gong, p. 93-94.
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  43. Voir Falundafa.org, Livres et Écrits.
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  106. Citation: " C’est-à-dire que lorsque vous transmettrez la méthode à l’avenir, vous ne devrez pas utiliser ces choses pour rechercher célébrité et argent, ainsi vous ne pourrez pas organiser des stages comme moi, en vous faisant payer. Comme nous devons imprimer des livres et des documents et nous déplacer ici et là pour transmettre la méthode, nous devons couvrir ces frais. Nos prix sont déjà les plus bas du pays[...]. Lorsque plus tard, comme élève du Falun Dafa, vous transmettrez cette méthode, nous vous demanderons deux choses. La première exigence est de ne pas prendre d’argent. Si nous vous donnons tellement de choses, ce n’est pas pour que vous fassiez fortune et cherchiez la célébrité, mais pour votre salut, pour que vous puissiez cultiver et pratiquer."(p. 140-141). Li Hongzhi, Zhuan Falun, Tredaniel, 1998
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  120. David Ownby, Falun Gong and the Future of China, Oxford University Press, 2009, 312 p., p. 15 (Introduction) : « Falun Gong practitioners consistently demanded either a retraction or equal time when they felt that local media had been unfair to them, engaging in some 300 such protests between 1966 and 1999. We do not know if this was a coordinated strategy conceived by Li Hongzhi and the Falun Gong leadership, or rather a product of the decentralization of Falun Gong in the wake of Li Hongzhi's departure, a decentralization which may have encouraged local militancy by removing central controls, or some combination of the two. In any event, the fact that such protests were not immediately condemned or suppressend and that most newspapers and television stations seemed to buckle under to Falun Gong pressure may have convinced practitioners of the soundness of their practice. »
  121. James Tong, An Organizational Analysis of the Falun Gong: Structure, Communications, Financing, p. 641.[citation nécessaire]
  122. Antoine Paoli, Politique internationale, no 94, hiver 2002 : « Quant à Li Hongzhi, il est déjà parti s'établir aux États-Unis un an plus tôt, dirigeant le Falungong par le canal d'Internet. Avait-il pressenti la répression qui allait s'abattre sur son mouvement et préparé son exil américain pour pouvoir continuer à le diriger de l'extérieur ? Officiellement, il s'est installé aux États-Unis pour monter une maison d'édition destinée à publier ses ouvrages... »
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  128. Antoine Paoli, op. cit. : « Les premières attaques contre le Falungong sont venues des intellectuels. Certains d'entre eux ont commencé à mettre en garde leurs concitoyens contre les risques de manipulation mentale. Une première manifestation a lieu devant le siège de la radio officielle à Pékin en 1998, à la suite de l'interview d'un physicien, le Pr He Zuoxiu, qui dénonce les pratiques du mouvement. Le Falungong clarifie son point de vue et obtient le remplacement de l'émission prévue par un programme présentant ses activités sous un jour favorable. En mars 1999, à Tianjin, une deuxième manifestation contre un article du même professeur se termine, cette fois, par des échauffourées avec la police. »
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  206. « Selon des enquêtes plus approfondies, nous sommes encore plus convaincus de notre conclusion initiale selon laquelle les allégations sont vraies. Nous pensons qu'il y a eu et continue d’y avoir aujourd'hui des prélèvements d'organes à grande échelle sur des pratiquants de Falun Gong non consentants. »
  207. David Kilgour et David Matas, Prélèvements meurtriers : Deuxième rapport concernant les allégations de prélèvement d'organes sur des pratiquants de Falun Gong en Chine. (lire en ligne), p. 56
  208. (en) Rowan Callick, « Dissident doubts organ harvest claim », The Australian,‎ 14 août 2006 : « He tried to contact Falun Gong's US spokesperson Zhang Erping about the issue, but did not get a reply. He then arranged for trusted contacts inside China to visit the Sujiatun area, where they stayed for more than three weeks. Their inspections included all the potential sites for forced extractions, including two military barracks, a hospital that specialises in treatment for blood clots and the Kongjiashan prison. Mr Wu, who received photographs and written reports on each visit, said: "None of the investigations revealed any trace of the concentration camp." »
  209. (en)CTV Television Network, "Chinese embassy denies organ harvesting report", 6 juillet 2006, consulté le 8 juillet 2006.
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  229. Résolution du Parlement européen du 12 décembre 2013 sur le prélèvement d'organes en Chine.
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  239. (en) David Ownby, « The Falun Gong in the New World », European Journal of East Asian Studies, vol. 2,‎ décembre 2003 (lire en ligne)
  240. Antoine Paoli, op. cit. : « Quelques mois plus tard, le Falungong réapparaît sous une nouvelle forme : des manifestations sur la place Tien An Men, symbole de la République populaire de Chine. Les diverses fêtes du calendrier, à commencer par le 1er octobre 1999, jour de la fête nationale, constitueront autant d'occasions de se mobiliser. Le scénario se répète chaque fois à l'identique : les membres de la secte arrivent « incognito » sur la place par grappes de dix à quinze et déplient des banderoles pour dénoncer la répression ou exalter les vertus bienfaisantes du Falungong (vérité, bonté, persévérance). »
  241. Chine: Ce qui se passe pour Falung Gong pourrait aussi menacer l'Église..., site Voxdei, 21 février 2001.
  242. Religioscope - Falun Gong et télévision en Chine.
  243. « Chine : des membres du mouvement Falun Gong dans la ville de Changchun », Amnesty International,‎ 15 mars 2002 (consulté le 27 mars 2014)
  244. [3].
  245. Richard C. Morais, China's Fight With Falun Gong, Forbes, 9 février 2006 : « Last year, however, Falun Gong practitioners worldwide were themselves barraged with harassing phone calls, including death threats. Some of the campaigns involved hours of continouous and simultaneous ringing of work and home and private cell phones. »
  246. (en)Caylan Ford, "An underground challenge to China's statu quo", The Christian Science Monitor, 21 Oct 2009.
  247. [4]
  248. (en) Falun Gong, Chinese Ed. Minister Sued for Torture and Killing, sur le site Scoop World, 13 août 2004 : « The civil suit was filed on July 19th as the former Minister of Education, Ms. Chen Zhili, was visiting several African nations. The suit was filed on behalf of Falun Gong practitioners. Chen was summoned to appear before the Tanzanian court. »
  249. L'inquiétude monte à propos du sort de l'avocat chinois Gao Zhisheng, Le Monde, 28 avril 2009.
  250. (en) Evelyn Shih, China behind attack : Falun Dafa, Taipei Times, July 7, 2004 : «  The Chinese government was behind an attack on nine Falun Gong practitioners in South Africa last month, the director of the Taiwanese branch of the organization, Chang Ching-hsi, said yesterday. [They] were on their way to protest the arrival of Chinese Vice President Zeng Qinghong in South Africa on June 28 when they were overtaken by a white van. Several shots were fired from the van at one of their vehicles, Chang said. Five bullets hit the car, and driver David Liang was shot in both feet. […] According to South African newspapers, […] it is too early to speculate on motives for the attack. Chang said that the incident seemed designed to terrorize […]. ».
  251. (en) When All Else Fails: Threats, Forbes, 2/11/2006 : « according to the Fulton County Police Department Incident Report, Asian men stormed the house of the Princeton-educated information technology technician, bound and gagged and beat him, before fleeing with two 16-inch Sony laptop computers, Li’s wallet and yet unknown material from his files. […] Li is a Falun Gong practitioner and a technology specialist employed by the Epoch Times, a Falun Gong-affiliated newspaper that published a highly critical series of essays in a book called Nine Commentaries on the Communist Party. […] U.S. citizen Li says he not only maintains the Epoch Times Web site, but also the related Nine Commentaries and CCP renunciation Web sites. […] There is no evidence that the break in at Li’s home is tied to the Chinese government. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • David Matas & Docteur Torsten Trey, Organes de L'État: Abus de transplantation d'organes en Chine, La petite édition; Marseille, 10 juillet 2013. (lien vers le site)
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  • (en) Benjamin Penny, Falun Gong, Buddhism, and Buddhist qigong, Asian Studies Review, 29 (March 2009).
  • (en) James W. Tong, Revenge of the Forbidden City: The Suppression of the Falungong in China, 1999-2005 (Livre numérique Google), Oxford University Press, 2009, 288 p.
  • (en) Helen Farley, Origins, Pseudoscience, and China's Scientific Establishment, in James R. Lewis, Olav Hammer (eds), Handbook of Religion and the Authority of Science, BRILL, 2010, 924 p., p. 141-163.

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