Philippe de Gaulle

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Officier général francais 5 etoiles.svgPhilippe de Gaulle
Philippe de Gaulledurant la Seconde Guerre mondiale
Philippe de Gaulle
durant la Seconde Guerre mondiale
Fonctions
Sénateur de Paris
Groupe politique RPR (1986 - 2002)
UMP (2002 - 2004)
Biographie
Date de naissance (92 ans)

Philippe Henri Xavier Antoine de Gaulle, né le à Paris, fils de Charles et Yvonne de Gaulle, est un officier de marine et homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Baptisé le en l'église Saint-François Xavier à Paris dans le 7e arrondissement, il a pour parrain, son oncle paternel : Xavier de Gaulle.

Mariage[modifier | modifier le code]

Il épouse, le à Poncin (Ain), Henriette de Montalembert de Cers, née en 1929. Le mariage est béni par l'amiral Georges Thierry d'Argenlieu en la chapelle d'Épierre[1]. Son épouse appartient à la famille du marquis de Montalembert. L'amiral de Gaulle dit d'elle : « Elle est le contraire de ces femmes sophistiquées et artificielles dont le genre ne me séduit guère ». Le couple a eu quatre fils :

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Il est élève du Collège Stanislas. En mer le avec sa famille, il n'entend pas l'Appel lancé par son père, mais en a connaissance le lendemain à son arrivée en Grande-Bretagne, et s'engage le 20 dans les Forces navales françaises libres (FNFL). Il est élève de l'École navale (1940). Combattant pendant toute la Seconde Guerre mondiale, il est affecté aux campagnes de la Manche et de l'Atlantique Nord en (1940-1944), enseigne de vaisseau (1943), il participe à la campagne de France (1944-1945) comme commandant un peloton du régiment blindé de fusiliers-marins de la 2e DB. Le , il participe à la libération de Paris, et est envoyé depuis la gare Montparnasse pour porter l'ordre de reddition aux Allemands retranchés au Palais Bourbon dans les locaux de l'Assemblée nationale. Il doit négocier seul au milieu d'eux, désarmé, au risque d'être abattu si les choses tournent mal. Il se bat dans les Vosges pendant l'hiver 1944-1945. Il est lieutenant de vaisseau en 1948, commande la flottille 6F en 1952, capitaine de corvette en 1956, capitaine de frégate en 1961, commandant l'escorteur rapide Le Picard (1960-1961). Il poursuit une carrière militaire dans la marine, comme pilote de chasse dans l'aéronavale, commandant l'aéronautique navale de la région parisienne en (1964-1966), capitaine de vaisseau en (1966), puis en (1967-1968) il commande la frégate lance-missiles Suffren. Il sera promu au grade de contre-amiral en 1971, commandant le groupe naval d'essais et de mesures ("GROUPEM") (1973-1974) où il hisse sa marque sur le bâtiment réceptacle Henri Poincaré, puis commandant l'aviation de patrouille maritime (ALPATMAR) (1974-1975). Il est élevé au rang de vice-amiral (1975), commandant l'Escadre de l'Atlantique (1976-1977), puis de vice-amiral d'escadre (1977). Amiral en 1980, il termine sa carrière militaire au poste d'inspecteur général de la Marine, avant d'être admis en deuxième section en 1982.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Philippe de Gaulle est sénateur RPR puis UMP de Paris, du au (réélu le 24 septembre 1995). À la fin des années 1960, un parti gaulliste « légitimiste », le Centre des républicains libres se constitue. Mené par Joseph Bozzi, cousin du député Jean Bozzi, il préconisait le recours à l'amiral Philippe de Gaulle comme seul héritier possible du gaullisme. Son influence demeura néanmoins très faible.

En 2006, Philippe de Gaulle devient membre du comité d'honneur du Mouvement initiative et liberté.

Décorations[modifier | modifier le code]

Le général de Gaulle n'a jamais fait son fils compagnon de la Libération, sans doute par refus de prêter le flanc à d'éventuelles accusations de népotisme. Pourtant, de l'avis de certains gaullistes et compagnons, Philippe de Gaulle n'aurait pas été le dernier à mériter cette distinction suprême, étant donné son engagement immédiat dans la France Libre et ses états de services dans l'armée pendant cinq ans, souvent en première ligne. Philippe de Gaulle ne se vit pourtant même pas remettre la médaille de la Résistance: son père lui dit incidemment qu'au comité chargé de l'attribution de cette distinction : « on ne t'a pas proposé. »[3]

Mémoires[modifier | modifier le code]

Il est l'auteur de Mémoires accessoires (2001) et surtout d'un ouvrage intitulé De Gaulle, mon père, publiés sous la forme d'entretiens avec l'écrivain Michel Tauriac. Cet ouvrage, qui a obtenu un grand succès en librairie et bénéficié d'une forte couverture médiatique, est sujet à de nombreuses controverses, notamment en ce qui concerne la Guerre d'Algérie. Philippe de Gaulle a ainsi été condamné le par la Cour d'appel de Montpellier à verser un euro de dommages et intérêts ainsi que 1 500 € de frais de justice à chacun des trois harkis plaignants, pour « diffamation envers des agents de l'autorité publique ». Il avait en effet écrit : « Et puis, tout le monde ne voulait pas partir comme ces 100 000 Harkis qui ont rejoint l'armée algérienne ». La Cour a estimé qu'il insinuait par là que les harkis assassinés étaient morts par leur propre faute ou leur erreur de choix.

D'autres passages ont été également dénoncés, tel celui attribuant les événements de Mai 68 à l'action occulte de services secrets étrangers. Lorsqu'il évoque les propos de son père sur le peuple juif, on a pu noter qu'il n'emploie pas une seule fois le terme de génocide. Quant à certains défenseurs de la mémoire du maréchal Pétain ou du général Giraud, dont le petit-fils de ce dernier Henri-Christian Giraud, ils ont évidemment fort peu goûté les propos très sévères, quoiqu'à juste titre, de Philippe de Gaulle sur Pétain qui a plongé la France dans la collaboration active avec l'Occupant, sur le régime de Vichy ou Giraud, qui fut un temps le rival de son père.

Les historiens ont également été très critiques. Pierre Nora par exemple, a écrit que l'amiral avait « maréchalisé » et « pétainisé » le Général. Il a fait relever par Jean Lacouture et Éric Roussel les grossières erreurs factuelles commises par Philippe de Gaulle[4]. Néanmoins, l'ouvrage De Gaulle, mon père reste une source d'informations de première main sur le général de Gaulle, dans sa vie privée et dans sa vie politique. L'amiral relate les entretiens qu'il a eu avec son père tout au long de sa vie tant sur les actions que celui-ci a menées que sur les raisons de ses prises de décisions. L'intérêt de ces entretiens entre père et fils est que, pour chacun d'eux, Philippe de Gaulle y retrace les lieux, les dates et les circonstances de ceux-ci, souvent par rapport à ses permissions militaires ou ses congés, ne rencontrant généralement son père que quelques fois par an.

L'amiral a également été longtemps critiqué pour son refus d'ouvrir les archives de son père (à la disposition du public depuis peu). On peut y voir une certaine pudeur du fils envers son père qui n'aurait certainement pas voulu que soit livré au public la totalité de ses archives tels que des brouillons de discours, les fréquentes notes de réflexion pesant le pour et le contre avant une prise de décision, ainsi que des documents d'ordre privé tels des actes notariés, de la correspondance privée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Carnet de l'Association », Revue de la France libre, no 5,‎ février 1948, p. 29.
  2. 53 membres de la famille de Gaulle rédigeront un article dans Le Monde intitulé « Non », sous l'impulsion de Rémi de Gaulle.
  3. « Naturellement, je ne pouvais pas, toi mon fils, te faire compagnon de la Libération. Sinon à titre posthume ou si tu étais revenu gravement mutilé, et encore ! D'ailleurs, j'ai nommé un conseil de l'Ordre qui ne me l'a pas proposé et maintenant c'est terminé... sauf pour la Croix qu'on réserve à Churchill » - Mémoires accessoires (1947-1979), Philippe de Gaulle, Plon, 2000, (ISBN 2259185878), p. 37 Site Charles-de-Gaulle
  4. Dossier : Qui était Charles de Gaulle ?, Le Débat, 2005.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Par Philippe de Gaulle 
Sur Philippe de Gaulle 
  • Réplique à l'amiral de Gaulle, par Henri-Christian Giraud (dir.), Monaco, éd. du Rocher, 2004
  • Les erreurs de l'amiral de Gaulle, par Jean Mauriac, Le Monde, 28 mars 2004
  • Du Général à l'Amiral, par Pierre Nora (dir.), Le Débat, mars-avril 2005

Lien externe[modifier | modifier le code]