Trinité (christianisme)

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La Sainte Trinité, miniature des Grandes Heures d'Anne de Bretagne illustrées par Jean Bourdichon.

La Trinité ou Sainte-Trinité, dans le christianisme, est le dogme du Dieu unique en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit, égaux, participant d'une même essence divine et pourtant fondamentalement distincts.

L'énoncé du dogme de la Trinité se présente comme la conséquence de ce qui est dit du mystère de Dieu dans les Écritures : dans l'Ancien Testament, Dieu a révélé son existence et son unicité ainsi que la venue du Verbe incarné ; dans le Nouveau Testament ont été affirmés la divinité de Jésus-Christ et le caractère personnel de l'Esprit-Saint.

Le Père est « celui qui est éternel » (Eloah/Elohim) (אלהים) ou YHWH (souvent traduit en français par Seigneur ou Eternel), ainsi que l'ont compris la Septante et la Bible de Jérusalem dans leurs traductions du passage du Livre de l'Exode où est révélé le Nom divin. Le Nouveau Testament souligne la paternité de Dieu, déjà reconnue dans l'Ancien Testament.

Le Fils, le Verbe ou la Parole de Dieu (Jésus-Christ), identifié comme celui qui était avec Dieu (Jn 11), est celui par qui le Père a créé le ciel et la terre ainsi que toute chose (comparer (Col 115-16) et (Hé 110) [où l'on voit dans Hébreux 1:8 que c'est le Père qui parle à son Fils]), et s'est incarné en Jésus-Christ (Jn 114). En lui « habite corporellement toute la plénitude de la divinité » (Col 29). En outre il est aussi l'alpha et oméga (Ap 2213) ce qui signifie « le premier et le dernier » (expression que l'on trouve déjà dans Es 4812). Dans l'évangile de Jean selon la TOB, Jésus se déclare lui-même « Je Suis » (Jn 858s; 24; 28 ce qui renvoie à Ex 314), ce qu'il confirme en disant : « avant qu'Abraham fût, Je Suis » Jn 856s).

Le Saint-Esprit ou Esprit, en grec Πνεῦμα / Pneuma, est aussi appelé Παράκλητος / Paraclet, d'un mot qui signifie « avocat, intercesseur » (Jn 1426). Il se distingue du Père et du Fils (Jn 14 ; Jn 1526 ; Jn 165s). Dans la doctrine chrétienne, il est l'« Esprit de Dieu » ou le « Souffle de Dieu » de l'Ancien Testament, hébreu רוח אלהים, Rûah, celui qui a inspiré les prophètes, s'est manifesté à la Pentecôte, et continue d'assister l'Église chrétienne. Il est surtout représenté par des symboles : la colombe, la tempête, le feu. Le texte évangélique précise : « Tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l'Esprit ne sera point pardonné. » (Mt 1231 ; voir aussi Mc 329).

La croyance en la Trinité est commune aux trois principales confessions chrétiennes : catholicisme, orthodoxie et protestantisme, en dehors de mouvements minoritaires dans le monde protestant. Luther écrit par exemple : « Dieu, en lui-même, n'est pas autre chose que le Père, le Fils et le Saint-Esprit, la Trinité et les choses qui sont dites à l'accoutumée à propos de l'Unité et de la Procession[1]. »

Icône dite de la Trinité d'Andreï Roublev. Il s'agit des trois anges apparus à Abraham au chêne de Mambré Gn 18 que Roublev, à la suite des Pères de l'Église, interprète comme une figure du mystère de la Trinité indivisible.

Vocabulaire trinitaire[modifier | modifier le code]

Pour la théologie chrétienne, les trois personnes, ou hypostases, qui constituent le Dieu unique sous forme de Trinité sont divines. Cette essence qui leur est commune est désignée par le terme de consubstantialité[2] ou, en grec, homoousia.

Tertullien a employé les mots latins substantia, équivalent du grec ουσια / ousia (« essence », « substance », « être ») et persona qui signifie « masque d'acteur », « rôle » puis « personnalité » et correspond au grec προσωπον / prosôpon. Le mot υποστασις / upostasis, « hypostase », signifiant « base », « fondement » puis « matière », « substance » a été employé au concile de Nicée indifféremment avec ousia. À la suite de Basile de Césarée, s'imposera la formule : « une seule ousia en trois hypostases ».

Le mot « Trinité » n’appartient pas au vocabulaire du Nouveau Testament, ni, par conséquent, au kérygme originel de la première communauté chrétienne. Il est un résumé, de nature théologique, pour signifier le dogme central de la foi chrétienne. On trouve le mot grec τριάδος / Triadès, qui signifie « triade », à propos des trois Personnes divines, pour la première fois (vers 180) dans les écrits de Théophile d'Antioche (A Autolycus, II, 15), qui lui-même n’affirme pas être l’inventeur du mot dans cette acception, puis est employé par Hippolyte de Rome (Contre Noët, 14). C’est Tertullien (v. 155 – v. 222) qui a introduit le terme Trinitas dans le lexique théologique latin (Contre Praxeas). Triadès n'est pas employé aux conciles de Nicée, Constantinople I, Chalcédoine ; le mot s'est imposé avec Athanase d'Alexandrie[3].

Claude Tresmontant précise :

« Si, comme c'est le cas dans tous les écrits du Nouveau Testament — sans exception — le terme « fils » désigne Jésus de Nazareth pris concrètement, c'est-à-dire l'Homme véritable uni à Dieu véritable, alors, comme c'est le cas aussi dans tous les écrits du Nouveau Testament, le terme « père » signifie et désigne Dieu, purement et simplement. Dieu est le père de tous les êtres, parce qu'il est le Créateur. » ; « Dans le langage ultérieur par contre, le terme de « fils » ne désigne plus directement Jésus de Nazareth pris concrètement, mais le Logos[4], de Dieu considéré en son éternité, avant l'incarnation, et indépendamment de l'incarnation. Dans ce cas, le terme de « père » ne peut plus signifier, comme c'est le cas dans les écrits du Nouveau Testament, Dieu purement et simplement. Il en vient à signifier Celui qui, en Dieu, est le père de son propre Logos, qui est son fils[5] ! »

La doctrine de la Trinité[modifier | modifier le code]

La Sainte-Trinité dans l'église de La Trinitat (Cantal, plateau de l'Aubrac).

La Bible, pour le théologien protestant Louis Berkhof (1873-1957), « ne traite jamais de la doctrine de la Trinité comme d’une vérité abstraite, mais révèle la vie trinitaire dans ses diverses relations comme une réalité vivante, en rapport, en général, avec les œuvres de création et de providence et, en particulier, avec l’œuvre de rédemption. Sa révélation la plus fondamentale est donnée par les faits plutôt que par les mots. Et cette révélation s’éclaire au fur et à mesure que l’œuvre rédemptrice de Dieu est plus clairement révélée, comme l’incarnation du Fils et l’effusion du Saint-Esprit[6]. »

Sources bibliques[modifier | modifier le code]

Ancien Testament[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ancien Testament.
La Trinité et les quatre évangélistes. Ceux-ci apparaissent sous leur aspect symbolique : l'homme (Matthieu), le lion (Marc), l'aigle (Jean) et le taureau (Luc).

Le judaïsme vénère un Dieu unique, qui est une seule personne même si certaines de ses appellations sont au pluriel, comme Adonaï ou Elohim. Il s'agit de ce que les hébraïsants nomment un « pluriel d'excellence ». Les verbes dont « Adonaï » ou « Elohim » est le sujet sont toujours au masculin singulier.

La Trinité dans le Nouveau Testament[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Nouveau Testament.

Selon l' Encyclopædia Britannica :

« Ni le mot Trinité, ni la doctrine explicite de la Trinité n'apparaissent dans le Nouveau Testament ; Jésus et ses disciples n'avaient pas l'intention de contredire le Chema de l'Ancien Testament, savoir : « Écoute, Israël! l'Éternel, ton Dieu, est Un. » Les premiers chrétiens, cependant, ont dû faire face aux conséquences de la venue de Jésus Christ et de la présence présumée de la puissance de Dieu parmi eux (le Saint-Esprit, qui est venu à la Pentecôte). Le Père, le Fils et le Saint-Esprit ont été associés dans des passages du Nouveau Testament : « Allez donc et faites des disciples de toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit » (Matthieu 28:19) et dans la bénédiction apostolique: « La grâce du Seigneur Jésus Christ, l'amour de Dieu et la communion du Saint Esprit soient avec vous tous » (II Cor. 13.14)[7]. »

Ainsi, le Nouveau Testament a établi la base pour la doctrine de la Trinité.

L'expression ne figure pas dans le Nouveau Testament ; mais les trois personnes y sont clairement nommées, y agissent et s’y manifestent, à la fois dans leur distinction et dans leur unité. Cependant le concept d'un Dieu en trois personnes n'est formulé qu'à la fin du IVe siècle[8].

Les premières révélations de la Trinité[modifier | modifier le code]

La première révélation de la Trinité est une révélation implicite et privée, au seul profit de Marie. Elle se produit lors de l’Annonciation par la voix de l’ange Gabriel : « Le Saint Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très Haut te couvrira de son ombre. C'est pourquoi l'enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu » (Lc 135). On a bien là le Père dans les cieux ; le Fils dans le sein de Marie ; et l’Esprit Saint descendant du ciel sur Marie pour la féconder.

La deuxième révélation de la Trinité, également implicite mais pour la première fois publique, a lieu au Jourdain, lors du baptême du Christ : « Et le Saint Esprit descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe. Et une voix fit entendre du ciel ces paroles: Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi j'ai mis toute mon affection. » (Lc 322). Elle eut Jean-Baptiste, le précurseur, comme principal témoin. « J'ai vu l'Esprit descendre du ciel comme une colombe et s'arrêter sur lui. » (Jn 132).

Cette révélation de la divinité du Fils sera confirmée sur le sommet du mont Hermon, pour le compte des trois disciples privilégiés, déjà présents au Jourdain, Pierre, Jacques et Jean, au moment de la Transfiguration : « Celui-ci est mon Fils, l’élu, écoutez-le. » (Lc 935).

Finale de l’Évangile selon Matthieu[modifier | modifier le code]

Le Nouveau Testament est rempli de formules qui affirment, ou supposent, la parfaite divinité du Fils, d’une part, et qui d’autre part associent pleinement l’Esprit à la vie, à l’intimité et à l’action du Père et du Fils. La mention la plus explicite des Personnes Divines est dans la finale de l’évangile de Matthieu « Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. » (Mt 2819). Cette doxologie trinitaire est la seule citation biblique des trois Personnes, ce qui fait dire à de nombreux théologiens que la doctrine trinitaire est la juste compréhension (= orthodoxie) de l'implicite biblique formulé par les Conciles Œcuméniques : conjuguant les autorités biblique et ecclésiale. Ainsi, la doctrine trinitaire marque l'identité du christianisme au sein des autres religions : ce n'est pas un légalisme révélé tel que l'islam ou le judaïsme, mais une recherche de l'esprit, du sens de la lettre biblique.

À ce titre, la doctrine trinitaire, proclamation conciliaire qui est de nos jours encore, avec la reconnaissance du baptême des autres églises chrétienne, le critère d'appartenance aux églises reconnues par le Conseil Œcuménique des Églises, est, dans son rapport aux implications du texte biblique lues en ecclesia, le paradigme de ce que le christianisme nomme un dogme. L’Évangile selon Marc s'ouvre par une injonction : « Commencement de l’Évangile de Jésus Christ, Fils de Dieu. » (Mc 11).

Évangile selon Jean[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Évangile selon Jean.

Jean, en revanche, décrit explicitement l'unité du Père et du Fils : Il ne s'agit clairement pas de trois entités distinctes, mais d'un tout, ce que les chrétiens trinitaires interprètent généralement comme une preuve de la trinité, mais qui pour ses opposants serait plutôt une preuve de l'unitarisme.

« Au commencement était la Parole et la Parole était avec Dieu et la Parole était Dieu. » (Jn 11). « Tout fut par lui et sans lui rien ne fut. » (Jn 13). « Et la Parole s’est faite chair. » (Jn 114). « Nul n’a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l'a fait connaître. » (Jn 118). « Je suis la lumière du monde. » (Jn 812). « En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham fût, je suis. » (Jn 858 ; cf. Ex 314). « Moi et le Père nous sommes un. » (Jn 1030). Et encore : « Quand le consolateur sera venu, l'Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu'il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir. Il me glorifiera, parce qu'il prendra de ce qui est à moi, et vous l'annoncera. Tout ce que le Père a est à moi; c'est pourquoi j'ai dit qu'il prend de ce qui est à moi, et qu'il vous l'annoncera. » (Jn 1613-15).

D'autres traducteurs de la Bible ont fait un choix différent au sujet de Jean 1:1 et le rendent ainsi:

  • « La Parole était d’essence divine. » [9]
  • « Le Verbe était un être divin. » [10]
  • et d'autres: John 1:1

Selon ces traductions, la Parole n’est pas Dieu lui-même mais « un être divin » en raison de sa position élevée.

À propos de Jean 10:30 (Jn 1030), Jean Calvin (qui était trinitaire) a déclaré: « Les docteurs anciens ont grandement abusé de ce passage pour prouver que Jésus Christ est d’une même essence que son Père. Car notre Seigneur Jésus ne dispute point ici de l’unité de la substance, mais de l’accord ou du consentement qu’il a avec son père. »[11]

L’Évangile et les Épîtres de Jean sont plus ou moins marqués par la pensée qui s’exprime dans les textes de Qumrân, notamment par le double dualisme lumière-ténèbre et vérité-mensonge : c’est le « discernement des esprits » qui permet de séparer esprit de vérité et esprit d’erreur (note de la nouvelle édition de la Bible de Jérusalem, 1998, p. 1816, col. 2). C'est dans la Première Épître de Jean qu’on trouve l’affirmation tant de fois reprise : « Dieu est Amour » (1Jn 4 8, 16) ; c’est aussi dans ce même texte (5 7-8) que se trouve le fameux « comma johannique » : « ⁷Car ils sont trois qui témoignent [dans le ciel : le père, le verbe et le saint esprit, et ces trois sont un ; ⁸et ils sont trois qui témoignent sur terre] : l’esprit, l’eau et le sang, et ces trois sont un. » Cette incise, absente des anciens manuscrits grecs, des versions « vieilles latines » et des meilleurs manuscrits de la Vulgate, est très probablement une glose marginale introduite tardivement dans le texte. Elle semble être la plus ancienne tentative d’affirmer le dogme de la Trinité.

La Trinité dans les épîtres[modifier | modifier le code]

Article détaillé : épîtres de Paul.

Paul de Tarse, dans ses Épîtres, dit que Jésus est Seigneur, Κυριος, Kurios, mot employé pour Dieu dans la Septante où il traduit le Tétragramme יהוה, YHWH, et dans le Nouveau Testament (par ex. Mc 1211, citation de Ps 11822 ; Jn 1237-38 qui reprend Is 531), et par conséquent qu'il est Dieu. Il le nomme expressément Dieu (Θεος, Théos) à plusieurs reprises (Rm 95 ; Tt 213) et Fils de Dieu (Rm 13 ; Rm 5,10 ; Ga 220 ; Col 13 ; Col 113 ; etc). Le même Paul utilise souvent des formules trinitaires (Cf. 2Co 1313 etc.) qui associent les trois personnes divines.

De même l’épître aux Hébreux développe une christologie déjà fort avancée. « Mais [Dieu le Père] a dit au Fils : Ton trône, ô Dieu est éternel ; le sceptre de ton règne est un sceptre d'équité » (He 18). L'Apocalypse donne à Jésus les titres divins de l'Ancien Testament : « Je suis l'alpha et l'oméga, dit le Seigneur Dieu, celui qui est, qui était, et qui vient, le Tout Puissant. » (Ap 18) ; « Je suis l'alpha et l'oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin » (Ap 22)13 ; cf. Ex 314, Gn 4925, Is 446.

Exposé de la doctrine[modifier | modifier le code]

Le Scutum Fidei, « bouclier » ou l' « écusson » de la foi, un symbole traditionnel dans le christianisme occidental.
« Je vous donne une seule Divinité et Puissance, existant Une dans les Trois, et contenant les Trois d’une manière distincte. » (Grégoire de Nazianze, Discours, 40, 41)

« La Trinité est le mystère d'un seul Dieu en trois personnes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, reconnues comme distinctes dans l'unité d'une seule nature, ou essence, ou substance[3] », mystère qui n'est connu que par révélation, et « même révélé, ne peut pas être pénétré par l'intelligence créée[12]. » Concernant les propositions que comprend la doctrine trinitaire, Marie-Joseph Nicolas précise : « il faudrait en effet pour les concilier entre elles comprendre comment se réalisent en Dieu la notion de Père, de Fils, d'Esprit, de relation, de Verbe, d'Amour, de Personne, et même d'être. Nous savons seulement que les réalités créées que nous appelons de ces noms sont des analogies de ce qui est réalisé à l'Infini en Dieu[13]. »

Le Catéchisme de l'Église catholique, publié en 1992, indique :

« La vérité révélée de la Sainte Trinité a été dès les origines à la racine de la foi vivante de l’Église, principalement au moyen du baptême. Elle trouve son expression dans la règle de la foi baptismale, formulée dans la prédication, la catéchèse et la prière de l’Église. De telles formulations se trouvent déjà dans les écrits apostoliques, ainsi cette salutation, reprise dans la liturgie eucharistique du rite romain : « La grâce du Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu le Père et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous »[14]. »

« Au cours des premiers siècles, l’Église a cherché de formuler plus explicitement sa foi trinitaire tant pour approfondir sa propre intelligence de la foi que pour la défendre contre des erreurs qui la déformaient. Ce fut l’œuvre des Conciles anciens, aidés par le travail théologique des Pères de l’Église et soutenus par le sens de la foi du peuple chrétien. Pour la formulation du dogme de la Trinité, l’Église a dû développer une terminologie propre à l’aide de notions d’origine philosophique : « substance », « personne » ou « hypostase », « relation », etc. Ce faisant, elle n’a pas soumis la foi à une sagesse humaine mais a donné un sens nouveau, inouï à ces termes appelés à signifier désormais aussi un mystère ineffable, « infiniment au-delà de tout ce que nous pouvons concevoir à la mesure humaine ». »

« L’Église utilise le terme « substance » (rendu aussi parfois par « essence » ou par « nature ») pour désigner l’être divin dans son unité, le terme « personne » ou « hypostase » pour désigner le Père, le Fils et le Saint-Esprit dans leur distinction réelle entre eux, le terme « relation » pour désigner le fait que leur distinction réside dans la référence des uns aux autres. La Trinité est Une. Nous ne confessons pas trois dieux, mais un seul Dieu en trois hypostases : « la Trinité consubstantielle ». Les personnes divines ne se partagent pas l’unique divinité mais chacune d’elles est Dieu tout entier : « Le Père est cela même qu’est le Fils, le Fils cela même qu’est le Père, le Père et le Fils cela même qu’est le Saint-Esprit, c’est-à-dire un seul Dieu par nature ». « Chacune des trois personnes est cette réalité, c’est-à-dire la substance, l’essence ou la nature divine ». Les personnes divines sont réellement distinctes entre elles. « Dieu est unique mais non pas solitaire » . Père, Fils, Esprit Saint, ne sont pas simplement des noms désignant des modalités de l’être divin, car ils sont réellement distincts entre eux : « Celui qui est le Fils n’est pas le Père, et celui qui est le Père n’est pas le Fils, ni le Saint-Esprit n’est celui qui est le Père ou le Fils ». Ils sont distincts entre eux par leurs relations d’origine : « C’est le Père qui engendre, le Fils qui est engendré, le Saint-Esprit qui procède ». L’Unité divine est Trine. »

« Les personnes divines sont relatives les unes aux autres. Parce qu’elle ne divise pas l’unité divine, la distinction réelle des personnes entre elles réside uniquement dans les relations qui les réfèrent les unes aux autres : « Dans les noms relatifs des personnes, le Père est référé au Fils, le Fils au Père, le Saint-Esprit aux deux ; quand on parle de ces trois personnes en considérant les relations, on croit cependant en une seule nature ou substance ». En effet, « tout est un [en eux] là où l’on ne rencontre pas l’opposition de relation ». « À cause de cette unité, le Père est tout entier dans le Fils, tout entier dans le Saint-Esprit ; le Fils est tout entier dans le Père, tout entier dans le Saint-Esprit ; le Saint-Esprit tout entier dans le Père, tout entier dans le Fils ». »

La Sainte Trinité. Église orthodoxe éthiopienne.

Selon Louis Berkhof[6], cette doctrine comprend les affirmations suivantes :

a) L’Être divin est constitué d’une seule essence indivisible (ousia, essentia).
b) Dans cet Être divin unique, il existe trois personnes ou existences individuelles: le Père, le Fils et le Saint-Esprit.
c) La totalité de l’essence de Dieu appartient également à chacune des trois personnes.
d) L’existence et le mode d’opération des trois personnes de l’Être divin sont marqués par un ordre précis et défini.
e) Les trois personnes se distinguent par des attributs personnels.
f) L’Église confesse que la Trinité est un mystère que l’homme ne peut comprendre.

Deux erreurs sont à éviter : Le trithéisme (trois êtres totalement distincts), qui serait contraire au strict monothéisme hébreu dont se réclame le christianisme, et le modalisme (trois modalités apparentes d'un seul être), incompatible avec l'existence du Père, du Fils et de l'Esprit en tant que personnes distinctes.

Histoire de la théologie de la Trinité[modifier | modifier le code]

Période anténicéenne[modifier | modifier le code]

L’Église des premiers siècles est multiple. On distingue généralement une christologie paulinienne, d'une christologie pétrinienne, à peu près sur les mêmes positions que Jacques le Juste. On ne connaît en revanche pas grand chose de celle qui était développée de l'autre côté de l'Euphrate par Thomas, avec Thaddée, Nathanaël (bar Tolmaï), Simon le Zélote. Les écrits des Pères de l'Église : Clément d'Alexandrie, Justin de Naplouse, Irénée de Lyon, Tertullien, Origène, Eusèbe de Césarée, Jérôme de Stridon, témoignent des débats — parfois très vifs — qui traverse l'église des premiers siècles. Il en est de même de la dénonciation successive de différentes « hérésies ». Si le Père, le Fils et l'esprit saint sont bien présent dans le Nouveau Testament, on est encore bien loin de la doctrine de la Trinité telle qu'elle sera définie au IVe siècle.

Les débats se concentrent dans un premier temps sur la nature du Christ. Les luttes sont sévères entre les marcioniste, les Valentinien et les partisans de Justin de Naplouse. Irénée de Lyon regroupe sous le terme « gnostiques » un ensemble de groupe auxquels ils opposent les conceptions de ce qui va devenir la « Grande Église ». Il affirme:

« Nous avons reçu le baptême pour la rémission des péchés au nom de Dieu père et au nom de Jésus Christ le fils de Dieu incarné et mort et ressuscité, et dans l'Esprit saint de Dieu. (Démonstration de la prédication apostolique, 3 ) »

Dans la déclaration d'Irénée, il est bien difficile de percevoir une unité des trois personnes divines. De même Jésus n'est encore que « le fils de Dieu incarné et mort et ressuscité », mais n'est pas encore assimilé à Dieu lui même.

On note par la suite aussi des luttes contre le modalisme, théorie de Sabellius faisant des personnes divines de simples modalités, ou représentations (liées aux parcellaires points de vue humains), de l’unique essence divine, le subordinatianisme voyant dans le Fils et dans l’Esprit des personnes inférieures au Père et, dans une bien moindre mesure, le trithéisme et contre le manichéisme.

Un symbole baptismal du IIIe siècle, en grec, indique :

« Je crois en Dieu le père tout-puissant et dans le Christ Jésus, son fils, son unique, notre Seigneur, engendré de l'Esprit saint et de Maria la vierge, qui sous Ponce Pilate a été crucifié, a été mis au tombeau, et le troisième jour s'est relevé des morts, qui est monté aux cieux, et qui s'est assis à la droite du père, d'où il viendra juger les vivants et les morts. Et dans l'Esprit saint, la Sainte Église, la rémission des péchés, la résurrection de la chair, la vie éternelle[15]. »

Au début du IVe siècle, le prêtre alexandrin Arius, affirme que le Fils n'était qu'une simple créature, ayant eu un commencement dans le temps, ce qui provoque l'opposition de ses adversaires, pour qui le Christ existe de tout temps. Pourtant plus tard Thomas d'Aquin développera la même idée dans l'aevum.

Le premier concile de Nicée[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Premier concile de Nicée.

Le Ier concile œcuménique se réunit à Nicée en 325 pour statuer au sujet de l'arianisme. Les principales personnalités engagées dans ce débat étaient présentes, dont Arius, Eusèbe de Nicomédie qui lui était favorable, Eusèbe de Césarée, modéré, Alexandre d'Alexandrie (accompagné d'Athanase d'Alexandrie comme secrétaire) qui s'opposait à lui, de même que, de façon intransigeante, Eustathe d'Antioche et Marcel d'Ancyre. Une quasi unanimité s'est prononcée pour condamner les thèses ariennes et rédiger un symbole affirmant que le Fils est consubstantiel (homoousios) au Père, c’est-à-dire de même nature que lui.

Le premier concile de Constantinople (381)[modifier | modifier le code]

Jean Chrysostome et Grégoire de Nazianze.
Article détaillé : Premier concile de Constantinople.

Il en est issu le symbole connu sous le nom de Nicée-Constantinople, utilisé jusqu'à nos jours dans la liturgie tant grecque que latine.

Ce symbole a été attribué aux Pères qui ont participé au concile, mais ceux-ci ont utilisé un texte préexistant d'origine indéterminée (l'hypothèse qu'il était dû à Épiphane de Salamine n'est plus retenue).

Le concile d'Éphèse[modifier | modifier le code]

Le troisième concile œcuménique, qui a été ouvert en 431 par Cyrille d'Alexandrie à Éphèse, s'est référé à « la foi de Nicée » en refusant d'en modifier le symbole, a condamné le nestorianisme et a reconnu à la Vierge Marie le titre de « Mère de Dieu » (Théotokos).

Le concile de Chalcédoine[modifier | modifier le code]

Ce fut seulement au concile de Chalcédoine, quatrième concile œcuménique, en 451, que le vocabulaire théologique acquit sa pleine stabilité, au sujet du mystère trinitaire. Ce concile, surtout christologique (consacré à la personne du Fils), a déclaré qu’il fallait assimiler les notions latines de substance et de personne (introduites par Tertullien) respectivement à celles (grecques et tirées des spéculations d’un Plotin) d’essence (ousia) et d’hypostase (hupostasis), et que Jésus-Christ, Dieu fait homme, réunit en une seule personne les deux natures, « sans confusion », « sans changement », « sans division », « sans séparation », cela par opposition au monophysisme proclamé par le moine Eutychès.

Le deuxième concile de Constantinople[modifier | modifier le code]

Cinquième concile œcuménique, tenu en 553, le deuxième concile de Constantinople précisa la doctrine du concile de Chalcédoine en déclarant non orthodoxes trois écrits représentatifs de l'École d'Antioche (ceux de Théodore de Mopsueste, de Théodoret de Cyr et la Lettre à Maris le Perse d'Ibas d'Édesse : condamnation dite des Trois Chapitres).

Doctrines hétérodoxes[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Arianisme, Subordinatianisme, Anoméisme, Homéisme ; Adoptianisme, Apollinarisme, Docétisme, Modalisme, Nestorianisme, Monophysisme, Miaphysisme, Monothélisme, Monoénergisme, Trithéisme.

Les symboles[modifier | modifier le code]

Trinité verticale de Masaccio, à Santa Maria Novella.

À la suite de celles de Nicée puis de Constantinople, différents symboles (ou confessions de foi) sont venus apporter des précisions remarquables sur l’intelligence qu’on doit avoir du mystère trinitaire : le symbole des apôtres, celui dit d'Athanase, celui des conciles de Tolède.

Symbole de Nicée-Constantinople :

« Nous croyons en un seul Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, de toutes les choses visibles et invisibles. Nous croyons en un seul Seigneur, Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles, Dieu venu de Dieu, lumière issu de la lumière, vrai Dieu issu du vrai Dieu, engendré et non créé, d'une même substance que le Père et par qui tout a été fait ; qui pour nous les hommes et pour notre salut, est descendu des cieux et s'est incarné par le Saint-Esprit dans la vierge Marie et a été fait homme. Il a été crucifié pour nous sous Ponce-Pilate, il a souffert et il a été mis au tombeau ; il est ressuscité des morts le troisième jour, conformément aux Écritures ; il est monté aux cieux où il siège à la droite du Père. De là, il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts, et son règne n'aura pas de fin. Nous croyons en l'Esprit-Saint, qui règne et qui donne la vie, qui procède du Père, qui a parlé par les Prophètes, qui avec le Père et le Fils est adoré et glorifié ; nous croyons une seule Église, sainte, catholique et apostolique. Nous confessons un seul baptême pour la rémission des péchés ; nous attendons la résurrection des morts et la vie du monde à venir. Amen. »

Extraits du XIe Concile de Tolède (675) :

« Nous professons que le Père n’est ni engendré ni créé, mais qu’il est inengendré. Il ne tire son origine de personne ; de lui le Fils reçoit sa naissance et le Saint Esprit sa procession. Il est donc lui-même source et origine de toute la divinité ; il est aussi le Père de sa propre essence et, de son ineffable substance, il a engendré ineffablement le Fils ; et cependant il n’a pas engendré autre chose que ce qu’il est lui-même : Dieu a engendré Dieu, la lumière, la lumière »

« Nous affirmons aussi que le Fils est né de la substance du Père sans avoir eu de commencement, avant les siècles, et cependant il n’a pas été fait. Car le Père n’a jamais existé sans le Fils, ni le Fils jamais sans le Père. Cependant, le Père n’est pas du Fils comme le Fils du Père, parce que le Père n’a pas reçu du Fils la génération, mais le Fils l’a reçue du Père. Le Fils est donc Dieu issu du Père, mais le Père n’est pas Dieu issu du Fils. Père du Fils, il n’est pas Dieu par le Fils. Celui-ci est Fils du Père et Dieu par le Père. Le Fils est cependant égal en toutes choses à Dieu, le Père, parce qu’il n’a jamais commencé ni cessé de naître. »

« Nous croyons aussi que l’Esprit Saint, qui est la troisième personne dans la Trinité, est Dieu, un et égal au Père et au Fils, de même substance et aussi de même nature. Il n’est cependant ni engendré ni créé, mais il procède de l’un et de l’autre, il est l’Esprit de tous les deux. »

Le Filioque[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Querelle du Filioque.

Le mot Filioque (« et du Fils », en latin) a été ajouté au symbole de Nicée-Constantinople dans l'Église latine pour affirmer que l'Esprit Saint procède du Père et du Fils.

Il a été introduit, sans doute en Espagne à la fin du VIe siècle mais la proposition se trouvait déjà chez Ambroise de Milan, de même que dans le symbole d'Athanase (dont l'attribution est incertaine) et a été explicitée par Augustin d'Hippone. Il a fait partie du Credo liturgique romain à la suite de Benoît VII.

Dans la chrétienté grecque, on estime que l'Esprit procède du Père seul, « par le Fils », ce qui est affirmé d'abord par Maxime le Confesseur, ensuite, nettement, par Jean Damascène puis par le deuxième concile de Nicée en 787.

Le concile de Francfort en 794, jugera qu'il n'y a pas équivalence entre les deux expressions. Ce fut une des causes du schisme en 1054 et continue d'être une difficulté entre les Églises d'Orient et d'Occident malgré les tentatives de compromis comme ce fut le cas au concile de Florence en 1439 pour qui le Filioque était justifié mais qui n'exigeait pas sa reconnaissance par les Grecs.

À l'époque actuelle, les papes professent le Credo indifféremment sous les deux formes : avec ou sans le Filioque.

La Summa Res[modifier | modifier le code]

Durant le XIIe siècle, la renaissance théologique, nourrie des nouvelles parties de Platon et d'Aristote traduites en arabe et ramenées en Occident [16], amenèrent à repenser des grandes parties du dogme chrétien. Dès le premier quart de ce siècle, avec Abélard, les débats trinitaires reprirent. L'articulation logique du trois et de l'Un en Dieu a mené à des querelles où ceux qui favorisaient l'Un divin simple (atomos : qu'on ne peut diviser) au détriment des trois Personnes étaient qualifiés de sabellianistes, tandis qu'à l'inverse ceux qui laissaient une place trop importante à la pluralité des Personnes étaient accusés de trithéisme[17]. Plusieurs de ces débats ont mené à des procès chargés de trancher dans des questions parfois si subtiles que les cardinaux ou juges n'y comprenaient pas grand-chose.

La première partie du siècle est dominée par l'activité de Bernard de Clairvaux en ce domaine. C'est lui qui demanda et obtint la condamnation d'Abélard, à Soissons en 1131, accusé de penchant trithéiste, puis celle de Gilbert Porreta à Reims en 1154 dont la solution pour justifier l'unité des trois Personnes repose sur la distinction entre Dieu et la divinité [18].

En 1154, Pierre Lombard publie ses Sentences, où il propose de concevoir en Dieu une réalité supérieure ou suprême (Summa Res) distincte de la divinité et ne possédant aucune des qualités des Personnes et de laquelle provient l'unité des Personnes divines. Cette solution logique lui attire les foudres de l'abbé Joachim de Flore qui l'accuse de fonder une quaternité, 3 personnes plus une réalité suprême. Le débat sera tranché au IVe Concile du Latran, par le décret Firmiter [19]. Il fut demandé aux mille deux cents prélats siégeant au Concile de répondre « nous croyons » à la proclamation du canon proposant la solution de Pierre Lombard, et « nous les rejetons » au canon concernant « les erreurs de l’abbé Joachim »[20].

Décret Firmiter[modifier | modifier le code]

Le décret Firmiter du quatrième concile du Latran marque l’apogée de la théologie trinitaire dogmatique latine. En 1274, le deuxième concile de Lyon apportera une précision sur la spiration de l’Esprit-Saint. Mais il demeure que seul ce concile depuis la période patristique a proclamé une telle profession de foi. En donnant Pierre Lombard comme modèle, il a instauré le motif menant par la suite à commencer toute carrière théologique par une lecture commentée des Sentences de Pierre Lombard, faisant de sa solution le climax de la pensée trinitaire de la pensée occidentale. Thomas d'Aquin, Bonaventure : tous les théologiens scolastiques ont eu à commenter le bien-fondé de la solution du Lombard.

Ce texte est donc capital, malgré sa complexité et sa longueur. Il est l’exacte définition dogmatique encore reconnue comme telle dans l’Église catholique romaine. Tous les auteurs catholiques, tenus par le dogme à le professer ne firent que l’approfondir et le rendre plus compréhensible. Pour se référer à la Trinité, c'est à ce concile et à ce texte que se réfère encore de nos jours le Saint-Siège [21]. De plus, il résume tous les autres débats antérieurs. Il est donc impératif d’en citer la partie dogmatique, qui demeure le dogme trinitaire occidental (une partie des théologiens venus des Réformes protestantes refuse d’entrer en ces subtilités et préfère parler de mystère insondable, d’autres s’alignent plus ou moins sur lui, parfois sans le savoir en utilisant des sources référées à ce canon) :

« Nous condamnons donc et nous réprouvons l’opuscule ou traité que l’abbé Joachim a publié contre Maître Pierre Lombard au sujet de l’unité ou de l’essence de la Trinité, en le traitant d’hérétique et de fou parce qu’il a dit dans ses Sentences : « Il y a une réalité suprême qui est Père, Fils et Saint-Esprit et elle n’engendre pas, n’est pas engendrée et ne procède pas ». D’où il affirme que Pierre Lombard considère en Dieu une quaternité plutôt qu’une Trinité, c’est-à-dire trois Personnes et, en plus, cette essence commune, sorte de quatrième élément ; (…) (344) il [Joachim de Flore] professe pourtant qu’une telle unité n’est ni vraie ni propre, mais en quelque sorte collective et analogique, comme on dit que beaucoup d’hommes sont un peuple et beaucoup de fidèles une Église (…) Quant à nous, avec l’approbation du concile universel, nous croyons et affirmons, avec Pierre [Lombard] qu’il existe une seule réalité suprême, incompréhensible et ineffable, qui est véritablement Père, Fils et Saint-Esprit, les trois Personnes ensemble et chacune d’elles en particulier. En conséquence, il y a en Dieu une Trinité seulement, non une quaternité, chacune de ces trois Personnes quelle qu’elle soit étant cette réalité, c’est-à-dire la substance, l’essence et la nature divine. Elle seule est le principe de toutes choses ; en dehors d’elle, il n’y a rien d’autre. Cette réalité n’engendre pas, n’est pas engendrée, ne procède pas, mais c’est le Père qui engendre, le Fils qui est engendré et le Saint-Esprit qui procède. Ainsi, il y a distinction dans les personnes et unité dans la nature. Bien que le Père soit autre, autre le Fils, autre le Saint-Esprit, ils ne sont pas des réalités autres, mais ce qu’est le Père, le Fils l’est et le Saint-Esprit tout pareillement ; ainsi, selon la foi orthodoxe et catholique, nous croyons qu’ils sont consubstantiels. Car le Père, en engendrant éternellement le Fils, lui a donné sa substance, comme celui-ci en témoigne : « Ce que m’a donné le Père est plus grand que tout » [Jn 10, 29]. On ne peut dire qu’il lui a donné une partie de sa substance et qu’il en a retenu une partie pour lui-même, la substance 345 du Père étant indivisible, parce qu’absolument simple. Mais on ne peut pas dire que le Père ait transféré sa substance au Fils en l’engendrant, comme s’il l’avait donnée au Fils sans la retenir pour lui-même ; autrement, il aurait cessé d’être substance. Il est donc évident qu’en naissant, le Fils a reçu la substance du Père sans qu’elle ne fût aucunement diminuée, et qu’ainsi le Père et le Fils ont la même substance. Ainsi le Père et le Fils et le Saint-Esprit, qui procède de l’un et de l’autre, sont une même réalité. Lorsque la Vérité prie le Père pour ses fidèles en disant : « Je veux qu’ils soient un en nous comme nous sommes un » [Jn 17, 22], ce mot « un » signifie pour les fidèles l’union de la charité dans la grâce, pour les Personnes divines l’unité de l’identité dans la nature, comme la Vérité le dit dans un autre passage : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » [Mt 5, 48], comme si elle disait plus explicitement : « soyez parfaits », parfaits par la grâce, « comme votre Père céleste est parfait », parfait par nature, chacun à sa manière. Car entre le Créateur et la créature, si grande que soit la ressemblance qu’on peut noter, la dissemblance entre eux est plus grande encore. Si donc quelqu’un défend ou approuve sur ce point l’opinion ou la doctrine de Joachim ci-dessus mentionné, que tous le réfutent comme hérétique. »

Époque scolastique : Thomas d’Aquin[modifier | modifier le code]

Gentile da Fabriano : Thomas d'Aquin.

Dans les questions 27 à 43 de la Somme théologique (appelées, peut-être improprement, traité De Deo trino : du Dieu trine) Thomas d'Aquin a résumé ainsi la foi trinitaire en posant qu’on pouvait distinguer :

  • un seul Dieu, une seule essence, ou substance, ou nature ;
  • deux processions : la génération (du Fils) et la spiration (du Saint Esprit), et deux actes notionnels : l'acte de connaissance qui constitue le Fils et l'acte de volonté qui constitue l'Esprit ;
  • trois personnes : le Père, le Fils et le Saint Esprit ;
  • quatre relations : la paternité, la filiation, la spiration active (du Père et du Fils à l'Esprit) et la spiration passive (de l'Esprit au Père et au Fils) ;
  • cinq propriétés : l'innascibilité (du Père); la paternité (du Père); la filiation (du Fils); la spiration active (par le Père et le Fils); la procession passive (du Saint Esprit).

On peut considérer aussi qu'en Dieu il y a deux actes notionnels : l'acte de connaissance qui constitue le Fils et l'acte de volonté qui constitue l'Esprit.

En Dieu tout est un car il n'y a pas opposition des relations. Les trois personnes agissent de façon inséparable à l'extérieur d'elles-mêmes.

Quant à l'appropriation, elle consiste à attribuer à une seule Personne une propriété (par exemple la création attribuée au Père) qui est en réalité commune aux trois Personnes divines.

Époque moderne et contemporaine[modifier | modifier le code]

La Réforme ne remet pas en cause le dogme trinitaire, mais l'indépendance vis-à-vis de l'autorité de l'Église favorise les interprétations personnelles dans une perspective de théologie « humaniste » puis « libérale ». Le protestant Karl Barth et le catholique Karl Rahner, en particulier, réagiront pour lui redonner sa prééminence, l'un centré sur les modes de la révélation, l'autre différenciant, pour constater qu'elles se confondent, la Trinité de Dieu (immanente) et celle qui apparaît à l'homme (« économique ») ; il en est de même d'autres théologiens notamment orthodoxes, ces derniers insistant sur la transcendance divine. Pour Hans Urs von Balthasar, sj, toute la Trinité est impliquée en Jésus-Christ et la croix réalise analogiquement ce qui s'y vérifie dans l'amour et le don, pendant que le théologien luthérien Rudolf Bultmann apporte sa propre vision de la christologie.

Positions actuelles des Églises[modifier | modifier le code]

Église catholique et Église orthodoxe[modifier | modifier le code]

Dans le catholicisme, comme dans les Églises des sept conciles, c'est l'un des dogmes centraux du christianisme : Césaire d'Arles († 542), un des Père de l'Église, écrit ainsi dans son Expositio symboli : « La foi de tous les chrétiens repose sur la Trinité ».

Tous les baptisés chrétiens de ces Églises ainsi que de celles issues de la Réforme, le sont « au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit », d'après la formule qui termine l'Évangile selon Matthieu

Pour montrer son importance dans la foi et souligner le caractère inconcevable par l'esprit humain de la réalité divine, les catholiques parlent souvent du mystère de la Trinité, au sens de vérité de foi non accessible aux lumières de la seule raison humaine. C'est l'un des trois principaux mystères avec la Rédemption et l'Incarnation.

Dans l'Église orthodoxe :

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Résumé de la foi catholique sur la Trinité[modifier | modifier le code]

Il existe un seul Dieu personnel, transcendant au monde qui renferme en lui toutes les perfections. Il est omniscient, omnipotent, et il est l’Amour.

Il y a en Dieu trois personnes, le Père, le Fils et le Saint Esprit, qui nous sont révélées par l’incarnation du Fils et par l’envoi du Saint Esprit. Elles possèdent l’unique nature divine et c’est la divinité entière et indivisible qui est en chacune des personnes, dans le Père, dans le Fils et dans l’Esprit. Entre les trois personnes divines il existe une distinction réelle, qui se fonde uniquement sur les relations mutuelles que ces personnes entretiennent entre elles. Le Père tient de lui-même la nature divine. Le Fils procède du Père par génération éternelle. Le Saint Esprit procède du Père et du Fils, ou encore du Père par le Fils, comme d’un seul et même principe, en tant qu’ils sont un seul Dieu.

Le Père, le Fils et le Saint Esprit se compénètrent mutuellement dans la plus parfaite circumincession d’Amour, en grec : périchorèse, et agissent par une seule et même opération sur le monde, en dehors d’eux.

Le monde interne de Dieu (œuvres ad intra) ne nous est connu que par leurs œuvres externes (ad extra), autrement dit par la création, l’incarnation, la rédemption et l’envoi de l’Esprit. Les œuvres ad extra de Dieu imitent les processions internes et nous parlent d’elles.

Le monde de Dieu, celui de la Trinité, est une parfaite vie d’Amour et d’unité, Amour et unité étant corrélatifs.

Églises issues de la Réforme[modifier | modifier le code]

Les Églises protestantes sont trinitaires ainsi qu'en témoigne l'article premier de la confession d'Augsbourg (luthérienne), l'article 6 de la confession de La Rochelle (réformée) ou le premier des trente-neuf articles de l'Église anglicane. Au XVIe siècle, pour avoir nié cet article, Michel Servet a été envoyé au bûcher, dans la Genève de Jean Calvin.

De nos jours, la situation est différente selon qu'il s'agit des Églises américaines, fréquemment évangélicalistes ou des Églises des courants historiques, le plus souvent européennes. Dans ce dernier courant, le Libre examen prédomine en sorte que la problématique est moins de croire en la doctrine de la Trinité que d'avoir une position à son propos.

En ce qui concerne la Communion anglicane, les fidèles de cette église bénéficient de la liberté de conscience depuis un synode des années 1980 ; ce qui les met dans une situation identique à celle des fidèles des autres églises européennes.

Des auteurs protestants font observer que la Trinité n'est pas dans le Nouveau Testament (du moins si l'on exclut le « comma johannique », ci-dessus). Il en résulte que le débat théologique continue ouvrant des perspectives à des théologies chrétiennes non chalcédonniennes.

Quand ces églises ont une position contrastée sur les confessions de foi, on parle d'églises non confessantes pour manifester que, pour leurs fidèles, aucun dogme n'est un point central de la vraie foi. La théologie de ces églises considère que tout discours réputé définitif sur les sentiments intérieurs à Dieu heurte la Transcendance que lui reconnaissent les trois monothéismes.

Bien entendu, ces courants comme ces églises ne se vivent pas moins orthodoxes que les églises confessantes ou professantes, où l'adhésion à une confession de foi est indispensable pour être membre de l'église. Le Conseil œcuménique des Églises, qui regroupe comme membres pléniers tous les mouvements chrétiens issus des Réformes et de la Panorthodoxie reconnus comme « Église chrétienne » ainsi que l'Église catholique romaine comme membre observateur a publié un document de foi centré sur le Symbole de Nicée [22] qui fait de la Trinité avec les autres croyances énoncées dans ce symbole (incarnation de Dieu en Jésus-Christ, mort et résurrection, reconnaissance sotériologique du baptême) ce qui distingue une église chrétienne d'une autre croyance, certes se réclamant du message biblique, mais ne pouvant être reconnue comme chrétienne.

Antitrinitarismes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Antitrinitarisme.

Les participants au concile de Nicée ne furent pas sur une position unanime. Arius, un des trois opposants au credo du concile, est à l'origine de l'arianisme, qualifiée d'hérésie par certaines églises chrétiennes occidentales, mais qui connut une grande diffusion parmi les Germains christianisés, ainsi que dans les églises orientales.

À partir de la Réforme, plusieurs courants de pensée antitrinitaires se formèrent. La première église unitarienne chrétienne vit le jour au XVIIe, à Naples puis les unitariens pourchassés partirent vers le Nord (Suisse), puis vers l'Est de l'Europe (Pologne, puis Transylvanie), enfin ils ont fait des adeptes en Angleterre.

De nos jours, plusieurs courants chrétiens minoritaires réfutent le dogme de la Trinité : L'Église de Dieu (Septième Jour), l'Église Unitariste, la Science chrétienne, les Christadelphes, l'Église universelle de Dieu, certains groupes adventistes, l'Antoinisme, les mouvements issus de l'œuvre de Charles Taze Russell (Témoins de Jéhovah, l'Association des étudiants de la Bible et l'Association philanthropique des amis de l'Homme).

Représentation dans les arts[modifier | modifier le code]

Trinité vitrail à Issy-les-Moulineaux : le Père.
Trinité vitrail à Issy-les-Moulineaux : le Fils.
Trinité vitrail à Issy-les-Moulineaux : le Saint Esprit.

L'iconographie chrétienne utilise plusieurs modes de représentation de la Sainte Trinité. Ces représentations obéissent à des schémas et à des structures connues dont l'apparition, ou la disparition, épousent l'histoire du dogme [23].

Les trois faces sont représentées dans les cieux souvent accompagnés de figures saintes qu'ils surplombent (quelques exemples).

  • En composition symbolique ou géométrique. Refusé par Augustin, le triangle fut réhabilité par Joachim de Flore pour représenter la trinité au XIIe siècle seulement[24]. Très vite cette représentation se généralisa à l'occident latin.
  • En composition triangulaire (Jésus aux cieux à droite du Père, avec ou sans sa croix, le Saint-Esprit au centre au-dessus) :
  • En composition horizontale (Jésus aux cieux à droite du Père, avec ou sans sa croix). Ces représentations lorsqu'elles figurent trois hommes sont dites triandriques. L'icône de la Trinité de Roublev appartient à cet ensemble. Fréquemment les artistes signalent l'unité des personnes divines par un vêtement commun tel qu'un unique manteau recouvrant les trois. On les voit aussi, dans l'Hortus deliciarum daté du XIIe siècle attablée. Ces représentations ont pour origine la scène dite de l'hospitalité d'Abraham. Dans le texte biblique, celui-ci reçut la visite d'anges. Saint Augustin commentant ce passage dit "tres vidit unus adoravit" : "il vit trois, adora un". la représentation de de cette scène est à l'origine des trinités triandriques.
  • En composition verticale dite trône de grâce (Jésus mort sur la croix, ou soutenu par Dieu le père, le Saint-Esprit entre eux) :
  • Les trois faces en un seul personnage tricéphale (surmontant un diagramme triangulaire explicite) :
    • par Jeronimo Cosida, Navarre ;
    • par Gregorio Vásquez de Arce.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Martin Luther, Études sur les Psaumes, éd. Georges Laguarrigue, Labor et Fides, 2001, p. 157.
  2. « L’empereur Constantin, qui venait de réunir sous son unique pouvoir l’ensemble du monde romain, convoqua à Nicée, en 325, un concile général afin de fixer les termes mêmes du dogme de la Trinité et définir la divinité du Fils : engendré par le Père, vrai Dieu né du vrai Dieu, il lui est consubstantiel. ’ L’emploi de ce terme [consubstantiel], ne figure pas dans les Saintes Écritures et ne fut accepté que sous la contrainte par de nombreux évêques orientaux. » Bayard, Encyclopédie des religions, Paris, 1997, volume 2, p. 420, 423.
  3. a et b Dictionnaire critique de théologie, dir. Yves Lacoste, article Trinité, PUF, 1998.
  4. Le mot λογος, logos, « parole », « raison », « pensée », quand il est employé pour désigner Jésus, est habituellement traduit par « Verbe » en français, transcription du mot latin Verbum qui se trouve dans la Vulgate.
  5. Claude Tresmontant, Les premiers éléments de la théologie, ŒIL, 1987.[réf. incomplète].
  6. a et b Revue Réformée, n° 222 – mars 2003 – tome LIV. Le Dieu trinitaire et ses attributs selon Louis Berkhof ; traduction dynamique des chapitres II à VIII de sa Théologie systématique par Marie-José de Visme.
  7. « Trinity », sur Encyclopædia Britannica.com,‎ 19 septembre 2013 (consulté le 7 juin 2014).
  8. « La formulation « un Dieu en trois personnes » a été établie et pleinement intégrée à la vie chrétienne et à sa profession de foi à la fin du IVe siècle. » New Catholic Encyclopedia (1967), volume 14, page 299.
  9. La Sainte Bible [1908], par L. Segond et H. Oltramare.
  10. Le Nouveau Testament, par M. Goguel, H. Monnier, Paris, La Bible du Centenaire.
  11. Commentaire sur le Nouveau Testament, T. II, Évangile selon Jean.
  12. Petit dictionnaire de théologie catholique, Karl Rahner, Herbert Vorgrimler, Seuil, 1970.
  13. Marie-Joseph Nicolas, o.p., Court traité de Théologie, Desclée, 1990.
  14. (2Co  1313 ; cf. 1Co  124-6 ; Ep 44-6).
  15. Hahn, Bibliothek der Symbole und Glaubensregeln der alten Kirche, Georg Olms Veragsbuchhandlung, Hideesheim, 1962.[réf. incomplète].
  16. cf. M.D. Chenu, la Théologie au XIIe siècle, J.Vrin, Paris, 1957.
  17. Voir le tableau récapitulatif de ces débats en Jean Devriendt, Le Psaltérion à Dix cordes de l'Abbé Joachim de Flore, Tome 1, Thèse, Université Marc Bloch, Strasbourg, 2001, p. 211.
  18. cf. Michael Williams, The teaching of Gilbert Porreta on the Trinity, Analecta Gregoriana, vol LVI, séries Facultatis Theologicæ, sectio B (n.23), Rome, 1951.
  19. a) texte latin disponible sur http://www.documentacatholicaomnia.eu/03d/1215-1215,_Concilium_Lateranense_IIII,_Documenta,_LT.pdf. b) Texte français de référence en Raymonde Foreville, Latran I, II, III, IV, L'Orante, Paris, Histoire des conciles œcuméniques, tome 6, 1965.
  20. Voir l'analyse de cette querelle et du décret conciliaire en Jean Devriendt, Le Psaltérion à Dix cordes de l'Abbé Joachim de Flore, Tome 1, Thèse, Université Marc Bloch, Strasbourg, 2001, p. 21-25.
  21. http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_19720221_mysterium-filii-dei_fr.html.
  22. http://www.oikoumene.org/fr/documentation/documents/commissions-du-coe/foi-et-constitution-commission-de/iii-foi-apostolique.html.
  23. François Boespflug, “Le dogme trinitaire et l’essor de son iconographie en Occident de l’époque carolingienne au IVe Concile du Latran (1215)”, Cahiers de Civilisation Médiévale, Tome XXXVII, 1994, p. 181-240.
  24. Jean Devriendt, « Du triangle au Psaltérion : l’apport de Joachim de Flore à l’une des représentations majeures de la Trinité », Pensare per figure. Diagrammi e simboli in Gioacchino da Fiore, Alessandro Ghisalberti dir., Viella Ed., Opere di Gioacchino da Fiore: testi e strumenti, 23, 2010, p. 187 – 206 .

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Auteurs anciens[modifier | modifier le code]

Auteurs modernes[modifier | modifier le code]

  • René Coste, La Symphonie trinitaire : Méditation théologique sur les écrits johanniques, Cerf, 2010
  • Marie-Joseph Nicolas, o.p., Court traité de théologie, Desclée, 1990
  • Raimon Panikkar, La Trinité : Une expérience humaine primordiale, « Parole présente », Cerf, 2003
  • Karl Rahner, sj, Herbert Vorgrimler, Petit dictionnaire de théologie catholique, Seuil, 1997.
  • Jean-Marc Rouvière Brèves méditations sur la création du monde, L'Harmattan, Paris 2006
  • Richard E. Rubenstein, Le jour où Jésus devint Dieu, La Découverte, 2004 (Sous-titre : L' « affaire Arius » ou la grande querelle sur la divinité du Christ au dernier siècle de l'Empire romain)
  • Bernard Sesboüé, Christ, Seigneur et Fils de Dieu, Lethielleux, DDB, 2010, Paris.
  • Claude Tresmontant, Les Premiers Eléments de la théologie, ŒIL, 1987.

Divers =[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire critique de théologie, dir. Yves Lacoste, PUF, 1998
  • Catéchisme de l'Église catholique, Mame/Plon, 1992
  • Revue réformée, no 222 – mars 2003 – tome LIV. Le Dieu trinitaire et ses attributs selon Louis Berkhof ; traduction dynamique des chapitres II à VIII de sa Théologie systématique par Marie-José de Visme, VII, La Sainte-Trinité. Édition numérique.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]