Melaine

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Melaine
Image illustrative de l'article Melaine
Melaine (à droite), discutant avec son prédécesseur Amand (à gauche). Fresque du XIXe siècle.
Biographie
Naissance vers 456
La Chapelle-de-Brain en Brain-sur-Vilaine
Décès vers 530
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 505
Évêque de Rennes
Depuis le 505
Précédent Amand de Rennes Febediolus II Suivant

Melaine ou saint Melaine (en latin Melanius) fut évêque de Rennes à partir de 505. Sa date de naissance se situe vers 456. Il participe en 511 au concile d'Orléans, convoqué par Clovis. Sa mort est survenue vers 530.

Fête liturgique[modifier | modifier le code]

Autrefois inscrit au martyrologe romain à la date du 6 janvier[1], saint Melaine est désormais fêté le 6 novembre[2],[3],[4].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom Melaine semble venir du grec melas, melanos (noir), mais on envisage parfois d'autres hypothèses, soit un dérivé du vieux breton mael (prince), soit l'adjectif breton melen (jaune).

Histoire[modifier | modifier le code]

Église Notre-Dame en Saint-Melaine

Né probablement à Platz (ou Plets), actuel Brain-sur-Vilaine (aujourd'hui commune de La Chapelle-de-Brain), près de Redon, où une église[5] lui est dédiée, Melaine serait d'origine aristocratique et fils de riches propriétaires gallo-romains. Très jeune, il aurait décidé de faire de sa maison familiale un monastère.

Selon la « Vita S. Melanii major », Melaine entre en relation avec un certain Eusébius, dux ou rex de la cité de Vannes, sans doute gallo-romain d'après son nom gréco-latin, qu'il guérit ainsi que sa fille et qui lui attribue en remerciement la paroisse de Comblessac[6]. Sans être le fondateur de l'évêché de Rennes, il est considéré comme son premier grand représentant et son patron, alors qu'apparaissent les sept saints fondateurs de l'Église bretonne. Désigné par saint Amand comme successeur en 505, il devient par la suite conseiller de Clovis qu'il encourage à construire de nouvelles églises. Lui même s'attache par la prédication à « extirper les misérables erreurs des païens »[7].

Entre 511 et 520, il écrit conjointement avec les évêques de Tours et d'Angers à deux moines bretons, Catihernus et Louocatus, une lettre de remontrances sur la célébration de rites qui semblent propres aux chrétiens celtes : « Nous avons appris, par un rapport du vénérable prêtre Sparatus, que vous ne cessez de colporter dans les cabanes de vos compatriotes certaines tables sur lesquelles vous célébrez le divin sacrifice de la messe avec l'assistance de femmes auxquelles vous donnez le nom de commensales (conhospitoe) et qui, pendant que vous distribuez l'eucharistie, administrent au peuple le sang du Christ »[8]. Il leur enjoint, sous peine d'excommunication, de mettre fin à ces abus[9]

Sa vie est émaillée, comme celle de la plupart des saints, de faits extraordinaires qui attestent de son envergure de personnage civilisateur et politique. La date de son décès est aussi vague que celle de sa naissance, peut-être le 6 novembre 535 (ou bien 572 ou plus probablement en 530). Il est enterré sur la colline du Champ du Repos à Rennes. C'est là que fut construite l’abbaye Saint-Melaine[10], aujourd'hui pro-cathédrale Notre-Dame-en-Saint-Melaine de Rennes.

Miracles[modifier | modifier le code]

Sa popularité est en grande partie liée aux miracles qui se seraient produits tant au cours de sa vie et qu'après sa mort. En effet, pendant que son corps était transporté en barque sur la Vilaine depuis Plaz jusqu'à Rennes, il libère des voleurs enfermés dans une tour, où une brèche se creuse au passage de la barque, pendant que les prisonniers voient leurs chaînes tomber.

Deux auteurs ont raconté sa vie. Un premier auteur anonyme la rédige sans doute au VIIe siècle. Celui ci est largement recopié[11] au XIe siècle par Gervais de Belleme, évêque du Mans, et ensuite archevêque de Reims, qui relate dans une courte notice plusieurs miracles opérés dans le diocèse du Mans, par son intercession. L'un d'eux qui eut pour théâtre Argentré peut avoir donné naissance à la paroisse de Saint-Melaine érigée à deux lieues de là sur la commune actuelle de Laval, ou du moins lui avoir fait donner ce patronage.

Rôle politique[modifier | modifier le code]

« Melanius regardait le fardeau de l'épiscopat, qu'on lui avait imposé, comme l'obligeant à s'occuper des affaires publiques, à s'inquiéter des soucis de la foule, des questions qui troublaient le monde, à se prêter dans une certaine mesure aux mœurs du siècle."[12].

Son premier biographe explique ainsi pourquoi, devenu évêque de Rennes, il exerce un rôle politique en servant d'intermédiaire entre la population gallo-romaine et le nouveau pouvoir franc, que Clovis met en place. Selon Salomon Reinach (d'après Procope de Césarée et Grégoire de Tours), il aurait négocié avec saint Patern et Clovis pour établir en 497 un traité entre les Francs, les Gallo-Romains d'Armorique qu'il représentait et les Bretons. Les deux derniers peuples ne payaient pas de tribut, mais reconnaissaient la suprématie des Francs. Selon Léon Fleuriot, la conversion de Clovis et de son peuple était la condition non écrite du traité ce qui leur aurait permis de recevoir en échange un appui décisif, car garanti par l'Église, dans la lutte contre les autres peuples germaniques

En 511, il joue un rôle de premier plan au concile d'Orléans qui réunit l'épiscopat gaulois autour de la récente monarchie franque "où trente-et-un pères décrétèrent des canons, dont le principal auteur fut saint Melaine évêque de Rennes »[13]. Il s'y fait l'avocat des cités de Bretagne occidentale qui, sans avoir été soumises aux Francs, avaient conclu des traités avec eux.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Saint Melaine semble avoir connu un grand succès posthume dans son culte. Son nom se retrouve dans un grand nombre de toponymes dans tout l'ouest de la France :

Commune

Commune associée

Lieux dits

Paroisses

La plupart de ces paroisses sont en fait d'anciennes dépendances de l'Abbaye Saint-Melaine de Rennes

Chapelles

Références[modifier | modifier le code]

  1. Martyrologe romain, édition de 1866, p. 122-123
  2. Voir saint Melaine de Rennes sur Nominis
  3. (en)Melanius, sur View of Saints
  4. (it)Santi Beati
  5. Voir laFiche d'inventaire préliminaire de l'église de Brain sur le site du Service régional de l'inventaire de Bretagne
  6. Arthur de la Borderie Histoire de Bretagne Joseph Floch réédition à Mayenne en 1975 T. I p. 333-334.
  7. Cité par A. Borderie, Histoire de Bretagne, T. I, p. 532, n. 1.
  8. Cité Par A. de la Borderie, Histoire de Bretagne, T. I, , p. 370.
  9. André Chédeville Hubert Guillotel La Bretagne des Saints et des rois Ve-Xe siècle Ouest-France Université Rennes (1984) (ISBN 2858826137) p. 26
  10. Voir la Fiche d'inventaire du patrimoine sur le site du Service régional de l'Inventaire de Bretagne
  11. André Chédeville, Hubert Guillotel, op.cit p. 157-158.
  12. Cité par A. de la Borderie, Histoire de Bretagne, T. 1, pp. 329-330.
  13. Cité par A. de la Borderie, op. cit., p.331.

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Acta Sanctorum I, 6 janvier.
  • Les petits Bollandistes : vies des saints, tome premier (du 1er au 26 janvier, d'après les bollandistes, le père Giry, Surius, ... ; par Mgr Paul Guérin, Paris, Bloud et Barral, 1876.
  • Albert Le Grand, Vie des saints de Bretagne Armorique, 1636 - D.L. Miorcec de Kerdanet, 1837 - Brest, P. Anner et Fils, et Paris, chez Isidore Pesson, 1837.
  • Dom Guy Alexis Lobineau, Vies des saints de Bretagne, Rennes, Cie des imprimeurs libraires, 1724 - Abbot Tresvaux, 1836.
  • Abbé A. Millon, Saint Melaine, Rennes, L. Bahon-Rault.
  • Abbé Angot, Deux vies rythmées de saint Melaine à l'usage de l'église de Laval, Mamers, G. Fleury et A. Dangin, 1893, 14 p. (tiré-à-part de la Revue historique et archéologique du Maine, t. XXXVI, 1894) [lire en ligne]