Sigismond (saint)

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Sigismond, fresque sur le mur nord de la nef de l'église de la Trinité de Constance, peinte entre 1417 et 1437
Tremissis ou tiers de sou d’or du royaume des Burgondes au nom de l’empereur Justin Ier et au monogramme du roi Sigismond. Buste diadémé et drapé à droite. Légende commençant par S et se terminant par I pour SIGISMOND. Victoire debout à droite tenant une couronne. Dans le champ devant, une étoile. Musée des beaux-arts de Lyon.

Sigismond, fils de Gondebaud, vénéré comme saint, fut roi des Burgondes de 516 à 523.

Biographie[modifier | modifier le code]

Attaché à l'arianisme par sa famille, il se convertit au catholicisme entre 502 et 506 sous l'influence d'Avit, évêque de Vienne[1].

Associé à la royauté en 513 avec le titre de patrice, il relève et fait agrandir la célèbre abbaye d'Agaune (aujourd'hui Saint-Maurice dans le Valais).

Il devient roi à part entière après la mort de Gondebaud au printemps 516. À son avènement, il envoie une ambassade à l'empereur d'Orient Anastase, qui est interceptée par Théodoric ; l'empereur le confirme dans les dignités exercées par son père[2], dont peut-être celle de Magister militum per Gallias. Lui-même se considère dans ses lettres comme le miles (soldat) de l'empereur[3].

Il convoque un concile à Agaune (30 avril-15 mai 516) et fait adopter une nouvelle constitution pour les moines qui les affranchit du travail manuel mais leur impose de chanter l'office de manière ininterrompue[4]. C'est le fameux Laus perennis, la psalmodie perpétuelle, qui fait l'originalité et la célébrité de l'abbaye. Pour remplir ce programme qui exige un grand nombre de moines, Sigismond en fait venir des îles de Lérins, de l'île Barbe et de Condat[N 1] et les dote de libéralités suffisantes pour assurer leur entretien.

Sigismond s'efforce par ailleurs de faire disparaître l'arianisme de son royaume, conseillé par Avit qui paraît avoir été son grand inspirateur et qui, en 517 convoqua dans ce but le concile d'Épaone. Il rencontre une forte opposition des Burgondes et leur conversion ne se fait que très progressivement, notamment grâce la création de nombreux monastères[5].

Marié vers 494 à Ostrogotha[6],[7], fille du roi Ostrogoth Théodoric le Grand et devenu veuf, il se remarie dit-on, avec la servante de sa défunte femme dont le nom est inconnu en 518[Favrod 1]. Il a trois enfants :

Le fils de Sigismond, Ségéric[8], a une violente dispute avec la nouvelle femme de son père. Elle va se plaindre à Sigismond en lui disant que son fils projette de le tuer, afin de joindre son royaume à celui de Théodoric dont il est le petit-fils par sa mère. Sigismond le fait étrangler pour l'éliminer de la succession royale[Favrod 2]. Mais, pris de remords, il s'enferme, dit-on, dans le monastère d'Agaune en Valais, pour prier et jeûner.

Clodomir assiste à la décollation de Sigismond. Grandes Chroniques de France à Valenciennes.

Lorsque trois des fils de Clovis envahissent la Burgondie, sur les encouragements de leur mère Clotilde, Sigismond est battu et se réfugie de nouveau au monastère d'Agaune. Il est livré à Clodomir par l'aristocratie burgonde, qui place son frère Godomar III sur le trône[5]. Le , Clodomir le fait décapiter avec sa femme et ses deux fils, Gistald et Gondebald, puis leurs corps sont jetés dans un puits dans un lieu nommé Columna (Coulmier) près d'Orléans, aujourd'hui Saint-Sigismond-du-Loiret[9]. Cette forme d'exécution est similaire à celle infligée en 500 à Godégisile par son frère Gondebaud[Favrod 3].

Vénération[modifier | modifier le code]

Sigismond est mis au rang des saints, à cause de son repentir, de sa fin malheureuse et surtout de ses riches dons aux églises.

Le puits où ses restes ont été jetés se situe dans le village homonyme, situé dans le Loiret, au sud de Patay. L'église de ce village est construite sur ce puits dont l'eau était réputée guérir des fièvres. Des pèlerinages étaient organisés encore dans la première partie du XXe siècle. Aujourd'hui encore, selon la tradition populaire locale, les femmes de Coulemelle (hameau de la commune voisine de Saint-Péravy-la-Colombe) auraient aidé à jeter saint Sigismond dans le fameux puits. Un proverbe local dit que « les filles de Coulemelle ne seront jamais ni bonnes ni belles parce qu'elles ont jeté saint Sigismond dans le puits ».

En 1365, Charles IV du Saint-Empire de passage à l’abbaye de Saint-Maurice offrit une châsse en argent, dans laquelle fut déposée une partie des reliques tirées de leur tombeau primitif. Le souverain en emporta une notable quantité à Prague (sa tête notamment) et Sigismond devint ainsi le saint patron de la République tchèque.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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Notes[modifier | modifier le code]

  1. Monastère appelé initialement : Condatiscone, puis Saint-Oyan et devenu finalement aujourd'hui la ville de Saint-Claude

Références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Rouche, Bruno Dumézil, Le Bréviaire d'Alaric : aux origines du code civil, Presses Paris Sorbonne,‎ 2008 (ISBN 2840506068, lire en ligne)
  2. Sébastien Le Nain De Tillemont, Histoire des empereurs et des autres princes qui ont régné durant les six premiers siècles de l'Eglise, Volume 6, Venise, François Pitteri,‎ 1739 (lire en ligne)
  3. Alain Marchandisse, Jean-Louis Kupper, À l'ombre du pouvoir : les entourages princiers au Moyen Âge, Librairie Droz,‎ 2003 (ISBN 2870192835, lire en ligne)
  4. Paul Guérin, Les Conciles généraux et particuliers, Volume 1, Palmé,‎ 1868 (lire en ligne)
  5. a et b Christian Sorrel, Histoire de la Savoie, La Fontaine de Siloé,‎ 2006 (ISBN 2842063473, lire en ligne)
  6. Ivan Gobry, Les premiers rois de France : la dynastie des mérovingiens, collection « Documents d'Histoire », éditions Tallandier , 1998, pages 93, 115.
  7. Justin Favrod, p. 82
  8. K. Esher, Les Burgondes, Paris, éditions Errance,‎ 2006
  9. Ivan Gobry, Clotaire Ier : fils de Clovis, Pygmalion,‎ 2004 (ISBN 2857049080, lire en ligne)
  • Grégoire de Tours, Histoire des Francs, Livre III, ch. 5 et 6.
  • Acta Sanctorum, mai, I, 83. Fête : 1er mai.
  • Justin Favrod, Les Burgondes, Lausanne, Presse polytechniques et universitaire romande, coll. « Le savoir suisse »,‎ 2002
  1. p. 110-111.
  2. p. 113.
  3. p. 115-116

Voir aussi[modifier | modifier le code]