Heures de Bedford

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Heures dites de Jean de Lancastre, duc de Bedford
Image illustrative de l'article Heures de Bedford
Le duc de Bedford en prière devant saint Georges, f.256v
Artiste Maître de Bedford et son atelier dont le Maître de la Légende dorée de Munich et le Maître de Dunois
Date vers 1415 (?) - 1430
Technique Enluminure sur parchemin
Dimensions (H × L) 26 × 18 cm 289 folios reliés
Localisation British Library, Londres (Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni)
Numéro d'inventaire Add Ms 18850

Les Heures dites de Bedford sont un livre d'heures à l'usage de Paris, enluminé dans cette même ville dans le premier tiers du XVe siècle. La plupart de ses miniatures sont attribuées à un maître anonyme et son atelier qui tire son nom d'usage de cet ouvrage : le Maître de Bedford. Le manuscrit a en effet sans doute appartenu à Jean de Lancastre, duc de Bedford. Il est actuellement conservé à la British Library sous la cote Add.Ms 18850

Historique[modifier | modifier le code]

Jean de Lancastre, duc de Bedford, est le troisième fils de Henri IV d'Angleterre et devient régent du royaume de France à la mort de son frère en 1422, Henri V, alors que son neveu Henri VI n'a que neuf mois. En 1423, à Troyes, il se marie avec Anne de Bourgogne, la fille du duc de Bourgogne Jean sans Peur, son allié contre les Valois dans le contexte de la guerre de Cent Ans. En apparence, c'est à l'occasion de ce mariage que le manuscrit est commandé à Paris : les deux mariés sont représentés dans les miniatures des folios 256v et 257v. En 1430, Anne de Bourgogne et Jean de Lancastre font cadeau de l'ouvrage au jeune Henri VI, âgé de 9 ans, alors qu'ils résident à Rouen en attendant son couronnement en tant que roi de France. Les succès militaires de Jeanne d'Arc mettent en attente ce projet[1].

Cette version de l'histoire des origines du manuscrit a été totalement remise en cause par les études des historiens de l'art depuis les années 2000. Il s'avère que les portraits et armoiries du duc de Bedford et de sa femme sont des ajouts et les légendes de ces miniatures ont été ajoutées elles aussi. Pour les historiennes de l'art Patricia Stirnemann et Catherine Reynolds, ces ajouts datent de 1430 et du don du manuscrit à Henri VI par Anne de Bourgogne, ainsi que les miniatures représentant l'arche de Noé, la tour de Babel et celle de Clovis et Clothilde. Ces mêmes historiennes ont également proposé, suite à des comparaisons avec certaines miniatures des Très Riches Heures du duc de Berry et du Missel de Louis de Guyenne (Bibliothèque Mazarine), de faire remonter la création du manuscrit à l'année 1415 et d'attribuer la commande de l'ouvrage à Louis de Guyenne, fils de Charles VI. Cette proposition n'a pas fait l'unanimité, Eberhard König maintenant une datation des origines du manuscrit aux années 1420-1423.

Le parcours du manuscrit se perd par la suite. Il entre sans doute en possession du roi de France Henri II puisque ses armes sont peintes en lieu et place de celles des précédents propriétaires. On ne retrouve sa trace ensuite qu'au XVIIIe siècle, alors qu'il appartient à Sir Robert Worsley. Il est vendu par sa veuve à Lord Edward Harley. Le manuscrit ne fait pas partie du fonds original vendu par Lord Harley à la nation britannique en 1753 pour fonder ce qui va devenir la British Library. Il est apparemment conservé par sa fille et entre dans les collections nationales à sa mort en 1786[2].

Description[modifier | modifier le code]

Le livre d'heures représente 289 feuillets contenant 38 grandes miniatures, 3 initiales historiées et environ 1250 illustrations de marge.

Le manuscrit contient les chapitres suivants :

  • une calendrier (f.1-18)
  • des extraits des évangiles (f.19-24
  • les oraisons à la Vierge (f. 25-31)
  • Les heures de la Vierge avec les sept psaumes pénitentiels et litanies (f.32-113)
  • L'office des heures de la semaine (f.113v-199)
  • Les « XV joyes » de la Vierge et les huit requêtes à Dieu (f.199v-207)
  • Les heures de la Passion (f.208-256)
  • Suffrages des saints (f.257-275)
  • messe du Saint-Esprit (f.276-280)
  • messe de la Sainte-Croix (f.280v-284)
  • messe des morts (f.284v-288)
  • Légende du blason de fleurs de Lys donné par Clothilde à Clovis (f.288v-289)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ingo Walther et Norbert Wolf, Chefs-d'œuvre de l'enluminure, Paris, Taschen,‎ 2005 (ISBN 382285963X), p. 300-303
  • (en) Eberhard Koenig, The Bedford Hours, a medieval masterpiece, London, The British Library Publishing Division,‎ 2007, 144 p. (ISBN 978-0712349789)
  • (en) Catherine Reynolds, « The 'Très Riches Heures', the Bedford Workshop and Barthélemy d'Eyck », Burlington Magazine, vol. 147, no 1229,‎ août 2005, p. 526-533 (lire en ligne)
  • (en) Patricia Stirnemann et Catherine Rabel, « The Très Riches Heures and two artists associated with the Bedford Workshop », The Burlington Magazine, vol. 147,‎ 2005, p. 534-538
  • Patricia Stirnemann, « Les Très Riches Heures et les Heures Bedford », Revista de História da Arte, no 7,‎ 2009, p. 139-151 (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Walther et Wolf, p. 301
  2. Descriptif sur le site de la BL