Abbaye Saint-Pierre de Moissac

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Ancienne abbaye
Saint-Pierre de Moissac
Image illustrative de l'article Abbaye Saint-Pierre de Moissac
Présentation
Culte Catholique romain
Type Ancienne abbaye
Rattachement Ordre de Cluny
Début de la construction VIIe siècle
Fin des travaux XVe siècle
Style dominant Roman
Gothique
Protection Logo monument historique Classé MH (1840)
 Patrimoine mondial (1998)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Midi-Pyrénées
Département Tarn-et-Garonne
Commune Moissac
Coordonnées 44° 06′ 19″ N 1° 05′ 04″ E / 44.1052375, 1.084545944° 06′ 19″ Nord 1° 05′ 04″ Est / 44.1052375, 1.0845459  

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Ancienne abbayeSaint-Pierre de Moissac

L'abbaye Saint-Pierre de Moissac se caractérise par l'un des plus beaux ensembles architecturaux français avec ses extraordinaires sculptures romanes. Elle se trouve dans la commune de Moissac, dans le département de Tarn-et-Garonne en région Midi-Pyrénées.

L'abbaye Saint-Pierre de Moissac fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840[1]. Elle est également inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France depuis 1998.

Présentation[modifier | modifier le code]

L'abbaye, fondée au VIIe siècle, fut rattachée en 1047 à la puissante abbaye de Cluny et devint, dès le XIIe siècle, le plus éminent centre monastique du sud-ouest de la France. Si l'abbaye et le cloître offrent un exemple remarquable de mélange des styles roman et gothique, c'est le tympan du portail sud qui constitue le véritable chef-d'œuvre de Moissac.

Exécuté au XIIe siècle, il illustre la vision de saint-Jean de l'Apocalypse en une profusion de détails expressifs, voire hallucinés.

La décoration des arcs et des chapiteaux du cloître est une splendeur.

On y trouve deux musées : art sacré dans la salle capitulaire, arts et traditions populaires dans le Palais abbatial.

Histoire[modifier | modifier le code]

Selon les bénédictins moissagais, soucieux du prestige de leur abbaye, celle-ci aurait été fondée par Clovis en personne au lendemain d'une victoire remportée ici sur les Wisigoths, en 506. Le roi franc, ayant fait le vœu d'ériger un monastère s'il triomphait, lança du haut de la colline son javelot pour marquer l'endroit précis où s'élèverait « l'abbaye aux mille moines », en mémoire de mille de ses guerriers morts au combat. Or le javelot vint se planter au milieu d'un marais, ce qui nécessita des constructions sur pilotis. Une autre tradition populaire veut que Clovis ait agi sous l'impulsion d'une vision lors d'un rêve d'inspiration divine[2]. L'humidité qui règne dans le sous-sol de l'abbatiale Saint-Pierre est d'ailleurs en partie responsable des graves altérations qui affectent aujourd’hui les bas-reliefs du portail roman.

En réalité, à Moissac on a pu trouver des traces d'occupation romaine, colonnes classiques, pièces de monnaie[3], tessons et fragments de maçonnerie[4], mais le couvent peut être considéré comme l'un des nombreux monastères établis dans l'Aquitaine du VIIe siècle avec l'appui de souverains mérovingiens, tel Dagobert, et sous l'impulsion sans doute de l'évêque de Cahors, saint Didier (630-655) appelé aussi Desiderius (ancienne forme de Didier), connu pour ses goûts de l'art et de la vie austère[5]. On peut donc considérer que l'abbaye telle que nous la connaissons remonte au milieu du VIIe siècle[6]. Les possessions de l'abbaye s'accrurent amplement en l'an 680 par la donation d'un noble, Nizezius, de ses terres, serfs et églises[7],[8]. Le privilège de la protection royale fut renouvelé au début du IXe siècle par Louis le Pieux, alors roi d'Aquitaine, protection remplacée bientôt par celle des comtes de Toulouse.

Mais la situation de la ville sur la grande voie de passage, routière et fluviale, reliant Bordeaux et Toulouse, la rendait particulièrement vulnérable aux invasions. Ainsi, l'abbaye fut-elle saccagée par les arabes d’al-Andalus, une première fois lorsque ceux-ci assiégèrent Toulouse, une seconde fois après leur défaite de Poitiers en 732. Un siècle plus tard, de nouveaux pillages furent le fait des pirates normands qui remontaient la Garonne puis, au Xe siècle, des Hongrois.

Reconstruite, elle fut de nouveau endommagée en 1030 par un écroulement du toit, en 1042 par l'incendie qui frappa toute la ville, mais aussi par l'attitude laxiste des moines qui l'occupaient : un repaire de voleurs[9].

Le rattachement à Cluny, par saint Odilon[modifier | modifier le code]

En 1047, Odilon de Mercœur, de passage, nomme à la tête de l'abbaye Durand de Bredon ; tout est à refaire, car théorie et pratique sont devenues très éloignées l'une de l'autre. Les moines bénédictins, en principe astreints aux travaux manuels et agricoles, se déchargent en fait de leurs corvées sur les frères convers et les serfs. Le plus grave est que, sous la direction de l'abbé Étienne, la discipline s'est considérablement relâchée. Ce personnage ne doit son siège abbatial qu'à la bienveillance de Gaubert, un seigneur local qui avait acheté l'abbaye fort cher. Soucieux de rentrer dans ses frais, il avait chargé son protégé de détourner toutes les richesses du monastère.[réf. nécessaire] L'abbé Durand fait construire une nouvelle église, consacrée en 1063[10] et travaille aussi pour l'ensemble des biens de l'abbaye.

Le choix de Moissac comme étape majeure sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle entraîne une brillante renaissance spirituelle et artistique. Avec le grand abbé d'origine auvergnate dom Durand de Bredons (1048-1072), en même temps évêque de Toulouse, débute l'âge d'or du monastère, qui étend ses possessions dans tout le Midi languedocien et jusqu'en Espagne. L'abbaye est gouvernée par de grands abbés : dom Hunaud (1072-1085), qui fut vicomte de Brulhois, qui acquit de nombreuses terres mais se trouva en butte à d'incessantes controverses ecclésiastiques et conflits avec les seigneurs voisins[11] ; dom Ansquitil commence de bien triste façon en étant contesté par un moine qu'il évince, en représailles celui-ci soulève la ville, c'est la pape qui l'assure en sa place[12] ; il fait ériger le cloître (1115)[13] et accueille le pape Urbain II venu consacrer le maître-autel de l'église. Le bienheureux Roger (1115-1131) fait construire une nouvelle église à coupole[14] dans le style de Cahors et Souillac, et c'est surement à lui que l'on doit la tour-porche et le portail avec son célèbre tympan (1135).

Le XIIe siècle est le plus prospère pour l'abbaye, qui contrôle alors des terres, des prieurés jusque dans le Périgord, le Roussillon, la Catalogne[15]. Dans la hiérarchie de Cluny, l'abbé de Moissac vient en second, juste après l'abbé de Cluny[16]. Les moines de Moissac sont plus des bâtisseurs que des copistes ou des théologiens ; pourtant l'on peut voir quelques manuscrits qui ont été pour la plupart emportés à Paris au XVIIIe siècle par Foucault et se trouvent maintenant à la Bibliothèque Nationale[17].

En 1188, la ville est ravagée par un incendie, puis peu après assiégée par les Anglais, qui finissent par la prendre[18]. La Croisade des Albigeois (1208-1229) ravage ensuite les terres abbatiales.

À la fin du XIIIe siècle, les grands abbés bâtisseurs Raymond de Montpezat, puis Bertrand de Montaigu (1260-1293) peuvent relever les ruines, ce qui explique des arcs en briques qui sont typiques de l'époque, mais leur œuvre est anéantie par la guerre de Cent Ans. Les exactions des Grandes Compagnies s'ajoutent à une épidémie de peste dans cette ville frontière, aux portes de l'Aquitaine anglaise, âprement disputée par les deux camps. À la fin du XVe siècle et au commencement du XVIe, la tourmente passée, Aimery de Roquemaurel (1431-1449)[19] puis Pierre de Carmaing (1449-1483)[19] doivent reconstruire presque entièrement leur abbatiale ruinée ; ils réalisent de grands travaux, en particulier la partie gothique de l'abbatiale, le haut de nombreux murs, les voûtes[20].

En 1625, l'abbaye est sécularisée, ce qui marque en grande partie son abandon.

Sous la Révolution en 1790, elle est supprimée, vendue à un citoyen patriote, qui l'offre à la ville. En octobre 1793, le cloître et l'église avec son mobilier de l'église, ses vitraux, ses ornements et les pièces d'orfèvrerie du Trésor sont saccagés et livrés au pillage au cours d'une émeute.

Une garnison y stationne sous le Premier Empire, ce qui ruine les pavements et les sculptures ; elle sert aussi de fabrique de salpêtre.

Ce à quoi ni les exactions des soldats ni celles des émeutiers n'aboutirent, les ingénieurs du chemin de fer faillirent bien en porter la terrible responsabilité. Le cloître, qui se situait sur le tracé prévu de la ligne Bordeaux-Sète, devait être entièrement démoli. De multiples protestations permirent de le sauver in extremis, d'où la courbe dessinée ici par le rail, pour l'éviter. Cependant, le grand réfectoire et les cuisines des moines, au nord, furent sacrifiés. L'évènement eut le mérite d'alerter la toute jeune administration des Monuments historiques qui, sous la direction de l'architecte Viollet-le-Duc, entreprit les premiers travaux de sauvegarde[21].

Liste des abbés[22]

  • Saint Amand (506-5??)
  • Saint Ansbert (???-???)
  • Saint Lieutaud (???-???)
  • Saint Paterne (???-???)
  • Saint Amarand (???-???)
  • Ermerin (???-???)
  • Andrauld I (???-???)
  • Witard (???-???)
  • Didon I (???-???)
  • Symphronien (???-???)
  • Didyme (???-???)
  • Galfin (???-???)
  • Didon II (???-???)
  • Frotaire (???-???)
  • Landry (???-???)
  • Andralius (???-???)
  • Aspaïs (???-???)
  • Germias (???-???)
  • Amald (???-???)
  • Hugues I (???-???)
  • Raymond I (???-???)
  • Pierre I (???-???)
  • Durand I (???-868)
  • Andrauld II (868-???)
  • Bernard (???-???)
  • Hugues II (???-???)
  • Gausbert de Castelnau (???-1003)
  • Hugues III (1003-1020)
  • Erlose (1020-10??)
  • Raymond II (10??-10??)
  • Étienne I (10??-1072)
  • Durand II de Bredon (1048-1072)
  • Hunauld de Béarn (1072-1085)
  • Ansquitil (1085-1108)
  • Jean-Roger[23], bienheureux Roger (1108-1131)
  • Guitard (1131-1135)
  • Guillaume I (1135-1140)
  • Giraud (1140-1155)
  • Philippe de Rochefort (1155-1164)
  • Robert d’Auberoche (1164-1165)
  • Bertrand I (1165-1199)
  • Raymond III de Proët (1199-1214)
  • Auger I (1214-1215)
  • Raymond IV de Roffiac (1215-1225)
  • Wautier (1225-1229)
  • Raymond V de Montpezat (1229-1245)
  • Guillaume III de Bessens (1246-1260)
  • Bertrand II de Montaigu (1260-1295)
  • Guillaume IV de Durfort de Duras (1295-1306)
  • Auger II de Durfort de Duras (1306-1335)
  • Rathaire de Vénasque (1335-1361)
  • Frédol de Lautrec (1361-1369)
  • Bertrand III de Robert (1369-1370)
  • Aymeric I de Peirac (1371-1407)
  • Raymond VI de Vérac (1407-1419)
  • Guy de Vérac (1419-1431)
  • Aymeric II de Roquemaurel (1431-1449)
  • Pierre II de Carmaing (1449-1490)
  • Antoine I de Carmaing (1490-1500)
  • Antoine II de Narbonne de Talairan (1500-1516)
  • Jean I de Narbonne de Talairan (1516-1543)
  • Jean II de Lettes (1543-1560)
  • cardinal Louis de Lorraine-Guise (1560-1578)
  • cardinal Charles de Lorraine (1578-1597)
  • François I de Parisot de La Valette de Cormusson (1597-1610)
  • François II de Parisot de La Valette de Cormusson (1610-1644)
  • cardinal Jules Mazarin (1644-1661)
  • cardinal Renaud d’Este-Ferrare (1661-1672)
  • Jean-François d’Estrades (1672-1715)
  • Jean-Louis de Gontaut, duc de Biron (1716-1775)
  • Etienne II Charles de Loménie de Brienne (1775-1788)
  • Vacance (1788-1790)

Architecture[modifier | modifier le code]

L'abbaye[modifier | modifier le code]

Des fouilles ont révélé sous l'abbatiale Saint-Pierre le couloir annulaire d'une église préromane avec un graffiti du IVe siècle, et les piliers ronds de la nef primitive. La partie la plus ancienne qui subsiste est le clocher-porche de 1120, fortifié vingt ans après et abritant l'un des plus beaux portails romans qui soient. La partie basse de la nef, en pierre, est également romane, mais la partie haute en briques est du gothique méridional ; les deux travées du chœur, l'abside à cinq pans et les chapelles sont du XVe siècle. On y voit une Pietà du XVe siècle et une crucifixion du XVIIe siècle.
Les chapiteaux romans du cloître étaient achevés en 1100 sous l'abbé Ansquitil, mais l'ensemble a été repris au XIIIe siècle avec d'autres colonnettes et d'autres arcades en ogive. Salles des moines, palais des abbés et tour s'échelonnent du XIIIe au XVe siècle.

Le tympan de l'abbatiale[modifier | modifier le code]

Tympan du portail sud de l'église.

Le tympan de la porte sud de l'église Saint-Pierre de Moissac mesure 6,5 m sur 4,5 m. Réalisé entre 1110 et 1230, il s’inspire de l'Apocalypse de Jean et présente en son centre un Christ en majesté, les pieds reposant sur la mer de cristal, une légende populaire la nommait Reclovis en hommage à la création supposée par le roi Clovis[24]. Cette figure, couramment utilisée pour le décor des tympans romans, est entourée des symboles des quatre évangélistes (Marc, Matthieu, Luc et Jean), tandis que les vingt-quatre vieillards du récit de l'Apocalypse selon Saint Jean prennent place dans le bas et sur les côtés de la scène.

L'hiératisme des personnages, le caractère irréaliste de certaines postures et du traitement des drapés, le manque de liberté des figures par rapport au cadre sont des traits caractéristiques de la sculpture romane. La délicatesse des reliefs et la dimension pittoresque de certains détails accentuent le charme et la dimension spirituelle de ce chef-d'œuvre de l'art roman.

Le linteau et les voussures sont ornés de motifs végétaux. Le linteau pose problème, il est analogue à la « pierre constantine » du musée de Cahors, il doit être un vestige romain réemployé.

Le trumeau monolithe est orné d'animaux entrelacés, trois couples de lions et lionnes entrecroisés, placés sur un fond végétal, se superposent sur la face apparente du trumeau[25]; les faces latérales représentent saint Paul et le prophète Jérémie. Quant aux deux personnages des piédroits polylobés d’influence mauresque, ils figurent saint Pierre et le prophète Isaïe. Les deux apôtres sont probablement une allusion au rattachement de Moissac à l'abbaye de Cluny, placée sous la protection de saint Pierre et saint Paul.

Les côtés du porche sont aussi sculptés. Les reliefs de droite montrent, sur trois registres : l'Annonciation et la Visitation, l'Adoration des mages et la Présentation au Temple, la Fuite en Égypte et la Chute des idoles. Le côté opposé illustre la parabole du pauvre Lazare et du mauvais riche, voué aux supplices infernaux réservés aux luxurieux et aux avares, figurant à la partie inférieure.

Le clocher-porche[modifier | modifier le code]

Il ne subsiste de l'édifice d'origine que le clocher-porche, fortifié vers 1180. La fortification comporte un chemin de ronde, un parapet crénelé, des archères et une galerie à mâchicoulis.

Le narthex[modifier | modifier le code]

Le décor des volumineux chapiteaux du narthex, chefs-d'œuvre de composition, fait appel à des motifs végétaux ou animaux, tels ces loups et ces louves dont les têtes viennent se confondre, à l'angle, pour enlever un mouton ou un oiseau dans leur gueule. Ces animaux aux corps tendus, disposés en X sur la face principale, annoncent ceux du trumeau.

La nef de l’église[modifier | modifier le code]

On pénètre dans le narthex dont la voûte repose sur huit puissantes colonnes engagées à grands chapiteaux très stylisés du XIe et XIIe siècle, soutenant la retombée de quatre nervures en croisée d'ogives.

La nef a conservé une partie de son mobilier, dont une Vierge de Pitié de 1476, une charmante Fuite en Égypte de la fin du XVe siècle, ainsi qu'un admirable Christ roman du XIIe siècle, et enfin une Mise au tombeau de 1485. Le chœur est entouré d'une clôture en pierre sculptée, du XVIe siècle, derrière laquelle on a dégagé une abside carolingienne. Stalles du XVIIe siècle. Dans une niche placée sous l'orgue, un sarcophage mérovingien en marbre blanc des Pyrénées.

Elle possède, près du chœur un « document » du plus grand intérêt historique : une plaque de consécration, datée de 1063. Son texte, traduit du latin dit :

« La consécration de cette église le cinq novembre s'honore d'avoir rassemblé ces évêques : pour Auch : Ostinde, pour Lectoure : Raymond, pour le Comminges : Guillaume, pour Agen : Guillaume, pour la Bigorre : le bon Héraclius, pour Oloron : Étienne, pour Aire : Pierre, Toulouse : Toi Durand, son protecteur et le nôtre. Foulques, fils de Simon qui fait la loi à Cahors ne fut pas souhaité. C'était 1063 ans après que Dieu eut donné au monde le vénérable enfantement virginal. Pour vous, Ô Christ Dieu, le roi Clovis fonda cette maison. Après lui, Louis le Débonnaire la combla de ses largesses. »

De l'extérieur, on voit apparaître nettement les deux périodes de construction de la nef avec une partie romane (en pierre) et une autre gothique (en brique). La partie romane est constituée du soubassement des murs de la nef et des fenêtres en plein cintre des parties basses. Le reste fut exécuté au XVe siècle, dans le style gothique méridional.

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Le cloître roman[modifier | modifier le code]

Une inscription permet de dater le cloître très précisément de 1100. Celui-ci est constitué de quatre galeries charpentées dont les arcades retombent sur une série de colonnettes de marbre.

Orné sur les seules galeries du jardin, la charpente de bois du couvert reposant sur un mur nu. Rythmé par une alternance de colonnettes simples et doubles supportant les arcades de ses quatre galeries, le cloître aux 116 colonnes différentes de Saint-Pierre de Moissac.[pas clair]

Ses dimensions sont de 31 m sur 27 m.

Ses chapiteaux historiés, sculptés sur quatre faces, chefs-d'œuvre de la sculpture romane, sont particulièrement renommés pour la richesse des thèmes qu'ils illustrent, Genèse, Enfance du Christ, Miracles de saint Benoît, thèmes floraux ou stylisés, de personnages, de végétaux ou d'animaux, d'inspiration orientale. …Ils sont parmi les plus beaux du sud de la France.

Les arcades sont interrompues dans les angles et au centre par des piliers carrés en brique revêtus de plaques de marbre sculptées. Huit d'entre eux, dans les piliers d'angle, représentent des apôtres. Huit des douze apôtres, identifiés par des inscriptions, sont rapprochés deux à deux à chacun des quatre angles : Pierre et Paul au sud-est, Jacques et Jean au nord-est, Philippe et André au nord-ouest, Barthélemy et Matthieu au sud-ouest. Un neuvième apôtre, Simon, est représenté sur le pilier central de la galerie occidentale, côté ouest. Peut-être à l'origine se trouvait-il, avec les trois autres apôtres aujourd'hui manquants, sur les piliers d'un portique qui encadra jusqu'au XVIIIe siècle une belle fontaine à l'angle nord-ouest du préau. Un autre figure Durand de Bredons, premier abbé clunisien de Moissac (1048-1072).

À l'angle Sud-ouest, un escalier conduit à la salle haute, puis au toit d'où l'on découvre une jolie vue, aussi bien sur la ville et, au-delà sur la vallée du Tarn et les coteaux du Moissagais, que sur le cloître lui-même.

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Chapelle Notre-Dame de Lemboulari[modifier | modifier le code]

À l'est du cloître ont été découverts en 2013 les restes bien conservés d'une chapelle du XIIe siècle, identifiée par la conservatrice du patrimoine de Moissac comme associée à une statue polychrome connue sous le nom de « Notre-Dame de Lemboulari »[26]. Cette découverte viendrait confirmer l'ancrage clunisien du groupe monastique de Moissac[26].

L'orgue[modifier | modifier le code]

Orgue Cavaillé-Coll de Moissac

L'Abbatiale de Moissac a la chance de posséder un instrument du célèbre facteur d'orgues Aristide Cavaillé-Coll, qui nous est parvenu intact.

L'Abbé Jules Mazarin, alors commendataire du monastère de l’abbatiale, avait des dettes envers l’abbatiale et en 1663, le mandataire du chapitre obtient de Mazarin la somme de 3000 livres. Cette somme permit de financer la construction d’un orgue. En 1665, le syndic du chapitre confie la confection du buffet à Jean Dussault, sculpteur montalbanais, sur les plans de Jean Haou, facteur d‘orgue réalisant la partie instrumentale.

Tout ce qui nous reste de cet orgue construit au milieu du XVIIe siècle est le grand corps du somptueux buffet que nous pouvons admirer aujourd'hui. Le positif dorsal, vide depuis le XIXe siècle, fut construit au cours du XVIIIe siècle. En 1863, Aristide Cavaillé-Coll obtient le marché pour la reconstruction de l'orgue. Il ne conserve de l'instrument du XVIIe siècle que son somptueux buffet. Tout le reste est refait à neuf. L’instrument possède alors 24 jeux répartis sur 2 claviers de 54 notes et un pédalier de 27 notes. Il est classé monument historique en 1977. Il est restauré par la Manufacture Languedocienne de Grandes Orgues de Lodève en 1989.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no IA00040048 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. E. Rupin, l'abbaye et les cloitres de Moissac, Picard, Paris, 1897, pages 21 à 25
  3. Dumège, Antiquité de la ville de Moissac copie manuscrite de l'hôtel de ville de Moissac, 1823, pp. 1sqq., 127sqq., 140sqq.
  4. la présence de vestiges romain avaient été observés par l'abbé Aymeric de Payrac dans sa chronique écrite (~1400), Paris Bibliothèque Nationale, ms. latin 4991-A, f.154 R, col. 1 « Denique in multislocis harum parcium in agris et viis publicis apparent antiqua pavimenta que faciunt inter signavillarum antiquarum et penitus destructarum… »
  5. La vie de saint Didier, évêque de Cahors (630-655), édité par Poupardin, Picard, Paris, 1900, pp22 sqq.
  6. A. Lagrèze-Fossat, Études historiques sur Moissac, Dumoulin, Paris, III, 1874, pp. 495-498; et E.Rupin, l'abbaye et les cloitres de Moissac, Picard, Paris, 1897, pp. 21-25, pour les légendes et les dates de fondation concernant l'abbaye.
  7. E.Rupin, l'abbaye et les cloitres de Moissac, Picard, Paris, 1897, pp. 28-29
  8. Nizezius et son épouse Ermentrude donnent à l'abbaye de Moissac de nombreux domaines et églises situés dans le Toulousain et le pays d'Eauze. « Acte no 4818 », sur Chartes originales antérieures à 1121 conservées en France, Cédric GIRAUD, Jean-Baptiste RENAULT et Benoît-Michel TOCK, éds., Nancy : Centre de Médiévistique Jean Schneider; éds électronique : Orléans : Institut de Recherche et d'Histoire des Textes, 2010. (Telma)
  9. l'abbé Aymeric de Payrac dans sa chronique écrite (~1400), Paris Bibliothèque Nationale, ms. latin 4991-A, f.154 R, col. 1
  10. Une inscription, maintenant relevée dans le chœur de l'église le rappelle
  11. Ernest Rupin, l'abbaye et les cloitres de Moissac, Picard, Paris, 1897, pp. 57-62
  12. E.Rupin, l'abbaye et les cloitres de Moissac, Picard, Paris, 1897, pp. 62-63
  13. V.Mortet, recueil de textes relatifs à l'histoire de l'architecture en France au Moyen Âge, XIe-XIIe siècle siècle, Picard, Paris, 1911, pp. 146-148, mais aussi par une inscription sur l'un des piliers du cloitre
  14. Ernest Rupin, l'abbaye et les cloitres de Moissac, Picard, Paris, 1897, pp. 70-75 ; mais aussi Meyer Schapiro, sa thèse en 1929
  15. E.Rupin, l'abbaye et les cloitres de Moissac, Picard, Paris, 1897, p. 181 reproduit une carte qui montre l'étendue des possessions de l'abbaye.
  16. Millénaire de Cluny, Mâcon, 1910, II, pp. 30-31; mais aussi Pignot, Histoire de l'ordre de Cluny, II, p. 190
  17. voir Léopold Delisle, Le cabinet des manuscrits, I, pp. 457-459 Le cabinet des manuscrits de la Bibliothèque impériale; page 456, 518-524 Le cabinet des manuscrits de la Bibliothèque impériale; page 518.
  18. E.Rupin, l'abbaye et les cloitres de Moissac, Picard, Paris, 1897, pp. 82-83.
  19. a et b Angles 1910, p. 96
  20. E.Rupin, l'abbaye et les cloitres de Moissac, Picard, Paris, 1897, p.345
  21. Sauf l'ange de l'Annonciation du porche sud et quelques modillons ; voir aussi : A. Lagrèze-Fossat, Études historiques sur Moissac, Dumoulin, Paris, III, 1874, pp. 266-268.
  22. Gallia Christiana
  23. Bernard Rousse, Saint Michel de Villemur, L'Église catholique en Haute-Garonne.
  24. Picard, Paris, 1897, pp. 21-25, pour les légendes et les dates de fondation concernant l'abbaye.
  25. Rebold Benton 1992, p. 112
  26. a et b Découverte d’une chapelle du XIIe siècle aux abords de l’abbatiale Saint-Pierre de Moissac (Tarn-et-Garonne), Institut national de recherches archéologiques préventives, 6 juin 2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Auguste Angles, L'abbaye de Moissac, Paris, H. Laurens, coll. « Petites monographies des grands ouvrages de la France »,‎ 1910, 96 p.
  • Quitterie Cazes et Maurice Scellès, Le cloître de Moissac, Bordeaux, Éditions Sud-Ouest,‎ 2001, 239 p. (ISBN 978-2-87901-452-4)
  • Chantal Fraïsse, « Les bâtiments conventuels de l'ancienne abbaye Saint-Pierre de Moissac », Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, t. LIX,‎ 1999, p. 93-122
  • Chantal Fraïsse, Moissac, histoire d’une abbaye : mille ans de vie bénédictine, Cahors, La Louve éditions,‎ 2006, 286 p. (ISBN 978-2-916488-05-9)
  • Janetta Rebold Benton (trad. Michèle Veubret), Bestiaire médiéval : Les animaux dans l'art du Moyen Âge, New York Paris Londres, Abbeville,‎ 1992
  • (en) Meyer Schapiro, Selected Papers I : Romanesque Art, New York, George Braziller,‎ 1977; réimpression de sa thèse de doctorat à la faculté de philosophie de l'université de Columbia en 1929.
  • Marguerite Vidal, Jean Maury et Jean Porcher, Quercy roman, Éditions Zodiaque, coll. « la nuit des temps n°10 - La Pierre-qui-Vire »,‎ 1979, 3e éd. (ISBN 978-2-7369-0143-1), p. 33-134
  • Chantal FRAÏSSE, Collections lapidaires de Moissac, Les éditions Fragile, 2009.
  • Jules Marion, L'abbaye de Moissac. Notes d'un voyage archéologique dans le sud-ouest de la France, tome premier 3e série, p. 89-147, Bibliothèque de l'École des Chartes, Paris, 1849 ( lire en ligne )
  • Collectif, Moissac et l'Occident au XIe siècle, Actes du colloque de Moissac 3-5 mai 1963, Édouard Privat éditeur, Toulouse, 1964

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