Alaric II

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Alaric II
Anneau sigillaire d'Alaric II. Vienne, Kunsthistorisches Museum.
Anneau sigillaire d'Alaric II. Vienne, Kunsthistorisches Museum.
Titre
Roi des Wisigoths
484507
Prédécesseur Euric
Biographie
Titre complet Roi des Wisigoths
Date de naissance inconnue
Lieu de naissance inconnu
Date de décès 507
Lieu de décès bataille de Vouillé
Père Euric
Conjoint Téodegonde Amalasunta Theudicote d'Ostrogothie
Enfant(s) Geisalic Amalaric Eustère

Alaric II est roi des Wisigoths de 484 à 507. Il règne sur la presque totalité de l'Espagne (seule la partie nord-ouest manquait à ses possessions), sur l'Aquitaine et sur la plus grande partie de la Provence. Alaric est un chrétien de confession arienne. Il est moins intolérant vis-à-vis des catholiques que son père Euric. Il les autorise d'ailleurs à tenir en 506 un concile à Agde.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Il appartient à la dynastie royale gothique et sacrée des Balthes. Sa mère est peut-être Ragnachilde de Francie[1], mais les sources sont rares pour le confirmer et on sait peu de chose de son enfance.

Règne[modifier | modifier le code]

À la mort de son père Euric, en 484, il lui succède. Il se déplace souvent et installe fréquemment sa cour à Aire-sur-l'Adour pour contrôler les droits de passage des Pyrénées et la situation en Espagne.

Son royaume est riche et opulent selon les chroniqueurs et poètes de l'époque. Le commerce est développé grâce à la présence de Syri, des orientaux qui font du négoce avec le royaume wisigoth, mais aussi des Africains. La production de blé est toujours aussi importante qu'à l'époque romaine. Les routes sont sûres et surveillées et les cols pyrénéens (Roncevaux, Somport) sont très utilisés pour relier les différentes parties du royaume. L'élevage est une activité importante et le cheptel des chevaux est très riche.

Dans la tradition gothique, ses mariages sont des alliances politiques. Il a un fils illégitime dont la mère est inconnue, Geisalic. Il épouse Téodegonde Amalasunta des Amales, princesse des Ostrogoths, fille de Théodoric le Grand, avec laquelle il a un fils Amalaric. Il épouse aussi Theudicote d'Ostrogothie, avec laquelle il a une fille Eustère, qu'il mariera avec Thierry Ier des Mérovingiens[2].

Un royaume bien protégé[modifier | modifier le code]

Alaric maintient une forte ligne de défense le long de la frontière de son royaume, organisée sous l'autorité de ducs autour des comtes des cités et des gouverneurs de châteaux. Cette ligne protège le royaume contre les incursions ennemies et les incursions pirates.

En 490, il envoie un corps d'armée contre Odoacre, à Pavie mais son armée n'est plus la grande armée de conquête de son père. C'est plutôt une troupe qui rétablit l'ordre et lutte contre la bagaude de Tarraconaise régulièrement.

Alaric a amorcé l'implantation wisigothique dans le nord de l'Espagne, ce qui provoque notamment la révolte hispano-romaine de Burdunellus (496/497) tandis que Clovis attaque l' Aquitaine Seconde et déferle sur Bordeaux où il prend le duc en otage.

En 500, Alaric réside à Arles où il tient sa cour ; il y accueille un envoyé de Gondebaud, un certain aristocrate gaulois Aridius, et forme une alliance avec le roi burgonde alors assiégé à Avignon, dans le conflit opposant ce dernier à son frère et aux Francs[3]. En 501, près d'Amboise, il rencontre Clovis pour sceller la paix à la mode gothique, sur une île, car la tradition goth veut que les paroles aient plus de poids sur l'eau que sur la terre. Il pense avoir réussi un succès diplomatique mais la paix établie avec les Francs n'est qu'un court répit.

Le Concile d'Agde[modifier | modifier le code]

En 501, Alaric envoie à Bordeaux, Césaire, le métropolitain d'Arles, évêque jugé dangereux. Il le libère de cet exil en 506, mais Césaire rassemble tellement de fidèles lors de ses apparitions qu'Alaric déclenche un concile et autorise Césaire à y inviter les prélats et à le présider dans l'église de St André d'Adge, le 10 septembre 506.

Le succès du concile d'Adge fut complet après les persécutions subies sous le règne d'Euric. Cyprien de Bordeaux, Clair d'Eauze, Quintien de Rodez, Galactoire de Béarn, Grat d'Oloron, Lizier de Couserans sont reçus ainsi que Pierre, évêque du Palais et intermédiaire entre l'assemblée des prélats et le roi.

Le roi souhaite créer l'unité de la foi dans son royaume entre les catholiques, les Nicéens et les ariens. Mais c'est un échec: les différences dogmatiques ne sont pas abolies mais le pouvoir royal est pris en compte.

À la suite de ce concile, les prélats en préparent un second pour l'année 507 mais la mort prématuré d'Alaric II empêche la tenue de ce nouveau concile.

Le Bréviaire d'Alaric[modifier | modifier le code]

En 506, Alaric II, siégeant à Toulouse, sa capitale, publie, à Aire-sur-l'Adour, un abrégé de droit romain, appelé lex romana visigothorum, plus connue sous l'appellation Bréviaire d'Alaric. En promulguant cet ouvrage, le roi authentifie l’œuvre des jurisconsultes gallo-romains qui y ont rassemblé les lois romaines les plus importantes, lois qui furent constamment utilisées pendant le Moyen Âge au point de constituer la base du Code civil de 1804. Ce texte apporte à la civilisation européenne l’héritage fondamental de Rome : la notion d’État, la distinction entre droit public et droit privé, les statuts sociaux, la régulation des transactions commerciales, les rapports avec l’Église, bref, tout ce qui constitue un monde où la violence barbare est jugulée par le droit normatif. Ainsi s’explique que cet ensemble de lois ait été accepté par le royaume des Francs, puis par l’Europe carolingienne, puis enfin par les juristes modernes. C’est du Bréviaire d’Alaric que nous tenons le principe fondamental : « Nul n’est censé ignorer la loi ».

La bataille de Vouillé[modifier | modifier le code]

En 506, Pierre, un rebelle, fomente une révolte en Espagne. Alaric envoie ses troupes le combattre tandis que Clovis en profite pour attaquer l'Aquitaine Seconde affaiblie.

Pendant l'été 507, une coalition de ses voisins commandée par Clovis, roi des Francs, cerne le royaume wisigoth. Alaric tient alors sa cour dans la ville de Poitiers. Selon Grégoire de Tours, Clovis l'a attaqué sous le prétexte de sa religion vue comme hérétique par les catholiques[4], mais en fait il désire annexer la partie gothique de la Gaule.

Alaric et ses troupes sortent de la ville pour attaquer le campement franc puis simulant l'effroi, ils se dirigent vers la cité espérant que les Francs les y suivront pour tomber dans un guet-apens. Mais les Francs encerclent rapidement l'armée wisigothique beaucoup moins nombreuse et selon les sources, Alaric est tué en combat singulier par le roi Clovis, à la bataille de Vouillé ou bien meurt durant le combat.

La défaite d'Alaric peut s'expliquer par le fait que le roi wisigoth ne disposait probablement pas de l'intégralité de ses troupes d'élite, ni de la totalité de la cavalerie lourde wisigothique, qui avaient été envoyées en Espagne. Pour combler le manque d'hommes, il avait enrôlé de nombreux Gallo-Romains favorables aux Wisigoths, notamment des Arvernes[4], mais peu aguerris et combatifs. De plus, les renforts ostrogothiques promis par Théodoric[5], ne vinrent pas, bloqués en Italie à cause d'un risque d'une attaque de Byzance.

A sa mort, son fils aîné Geisalic est élu par l'assemblée des Goths, roi des Wisigoths et son second fils, Amalaric, qui est très jeune lors de la mort de son père[6] s'échappe du champ de bataille pour se réfugier en Espagne.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Généalogie Alaric II
  2. Généalogie Amalaric Ier
  3. Justin Favrod - Les Burgondes : un royaume oublié au cœur de l'Europe - p. 80
  4. a et b Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livre II
  5. Cassiodore, Varior., lib. III, epist. III
  6. selon Jordanès.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Rouche, Clovis, Paris, Éditions Fayard,‎ 1996 (ISBN 2-2135-9632-8).
  • Justin Favrod - Les Burgondes : un royaume oublié au cœur de l'Europe - Presses polytechniques et universitaires romandes, collection "Le savoir suisse" - Lausanne, 2002 - (ISBN 2-88074-596-9)
  • Bruno Dumézil, Michel Rouche (dir.), Le Bréviaire d'Alaric. Aux origines du Code civil, Paris, PUPS, 2008
  • Renée Mussot-Goulard, Les Goths, Atlantica, Biarritz, 1999.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]