Myriam Yardeni

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Myriam Yardeni (hébreu : מרים ירדני), née le 25 avril 1932 à Timișoara, est une historienne israélienne, originaire de Roumanie, connue pour ses recherches sur l'histoire de France, surtout sur la pensée politique, sur l'historiographie et l'identité nationale françaises, sur le passé des huguenots et leurs rapports envers les juifs. Professeur émérite de l'université de Haïfa, elle est lauréate des prix Israël (1999) et EMET (2007).

Biographie[modifier | modifier le code]

Myriam Yardeni est née à Timișoara, en Roumanie, dans une famille juive de la classe moyenne. Sa région d'origine, le Banat roumain, se caractérisait par une grande diversité des cultures et ethnies. Parce que, à quelques exceptions, sous l'administration roumaine, les juifs du Banat ne furent pas déportés dans les camps d'extermination nazis, pendant la Shoah, sa famille survécut à la Seconde Guerre mondiale et au régime fasciste.

Après des études secondaires au lycée juif et au lycée classique de sa ville natale, Myriam Yardeni émigra en Israël en 1950. Là-bas elle apprit l'hébreu à l'Oulpan Etsioni à Jérusalem, puis étudia au Séminaire pédagogique fondé par Martin Buber. Elle continua ses études à l'université hébraïque de Jérusalem, obtenant d'abord une licence en histoire générale et culture française, puis une maîtrise en histoire générale. Sa thèse de maître, sous la direction du professeur Yaakov Talmon, était consacrée à l'activité de Bernard Lazare, écrivain et activiste juif français, sioniste et anarchiste, de la fin du XIXe siècle.

Au début de sa carrière, Myriam Yardeni fut enseignante dans un lycée séral[Quoi ?], enseigna aussi l'hébreu pour des nouveaux immigrants, et travailla à la Société israélienne d'histoire. En 1963 elle rédigea sa thèse de doctorat à la Sorbonne sous la direction de Roland Mousnier. Pendant son séjour a Paris, grâce à une bourse du gouvernement français elle suivit aussi des cours à l'École des hautes études en sciences sociales.

De retour en Israël, à l'appel du maire de Haïfa, Abba Houchi, elle se décida de s'installer dans cette ville. Elle y devint membre du corps enseignant de l'Institut universitaire, devenu ultérieurement l'université de Haïfa. En 1975 elle fut promue professeur. Comme chef de chaire d'histoire générale, Myriam Yardeni fonda à Haïfa un institut de recherche de l'Histoire de France, et en 2000 elle fonda, avec d'autres, la faculté locale d'histoire.

Myriam Yardeni est membre de l'association du College St. Hilda de l'Université d'Oxford, en Angleterre ; elle fut aussi professeur invité au CNRS, à l'université de Bordeaux, à l'université Bordeaux III Michel de Montaigne, et directeur d'études invité a l'École pratique des hautes études, Ve section, Sciences religieuses, à Paris. En 2001 elle est devenue professeur émérite de l'université de Haïfa.

Livres[modifier | modifier le code]

  • La conscience nationale en France pendant les guerres de religion (1559 1598), Paris, Louvain, Éditions Nauwelaerts, 1971. Publications de la Faculté des lettres et Sciences Humaines de Paris Sorbonne, série “Recherches”, t. 59,
  • Utopie et révolte sous Louis XIV, Paris, Nizet, 1980.
  • Le Refuge protestant, Paris, Presses Universitaires de France, 1985. (Coll. l’Historien, 50).
  • Anti Jewish Mentalities in Early Modern Europe, Lanham, New York, London, University Press of America, 1990. (Studies in Judaism)
  • Huguenots et Juifs, Paris, Honoré Champion, 2008 (La vie des Huguenots, 41) (original hébreu: 1998)
  • Repenser l’histoire. Aspects de l’historiographie huguenote des guerres de Religion à la Révolution, Paris, Honoré Champion, 2000, (La vie des Huguenots, 11).
  • Le Refuge huguenot: culture et assimilation, Paris, Honoré Champion, 2002 (La vie des Huguenots, 22).
  • Enquêtes sur l’identité de la « nation France » de la Renaissance aux Lumières, Seyssel, Champ Vallon, 2005. (Collection Époques).
  • Les monarchomaques de la Saint Barthélémy (en préparation).

Liens externes[modifier | modifier le code]