Athanaric

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Athanaric
Titre
Roi des Goths
Biographie
Titre complet Roi des Goths
Dynastie Balthe
Date de décès 21 janvier 381
Lieu de décès Constantinople

Athanaric (en gotique : Athanareiks[1]), mort le 21 janvier 381 à Constantinople[2], est un roi wisigoth de la seconde moitié du IVe siècle.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Depuis la fin du IIIe siècle, les Wisigoths, encore appelés Tervingues, sont installés dans l'ancienne province romaine de Dacie  ; un traité de fédération est conclu en 332 avec l'empereur Constantin. À partir des années 340, le christianisme les atteint sous sa forme arienne avec la prédication de Wulfila, nommé évêque des Goths en 341. En 364, l'empire romain est partagée entre deux empereurs Valens et Valentinien, tandis que des usurpateurs tentent de prendre le pouvoir.

Biographie[modifier | modifier le code]

On sait peu de choses sur les origines d'Athanaric, qui devient roi des Wisigoths au milieu du IVe siècle. Il serait le fils d'Aoric, roi des Goths. Celui-ci lui aurait fait jurer de ne pas entrer dans l'Empire Romain de force[3].

À partir de 365, il soutient l'usurpateur Procope contre l'empereur d'Orient Valens ; Procope vaincu, Athanaric, vaincu en 369 après trois ans de guerre, doit traiter avec Valens en 370, lors d'une rencontre en terrain neutre, sur un bateau au milieu du Danube[4]. Il doit accepter l'hégémonie romaine et renoncer à percevoir un tribut[5].

Resté fidèle au paganisme, il persécute les Goths chrétiens ariens entre 369 et 372, qui forment un parti opposé à lui, sous la direction du noble converti, Fritigern[5].

Suite à la poussée des Huns du khan Balamber, en 376, la majeure partie de son peuple suit Fritigern et entre dans l'Empire romain tandis qu'Athanaric et ses fidèles se réfugient dans les Carpathes.

Les partisans de Fritigern subissent des péripéties notables : en 378, à Andrinople, ils vainquent l'armée romaine de Valens, qui est tué et remplacé par Théodose. Athanaric, invité par Théodose, accepte le voyage et entre dans l'Empire avec son groupe. Comme Théodose, il a lutté contre l'hérésie arienne et celui-ci veut le remercier de ne pas être intervenu avec les Goths de Fritigern à Andrinople. Il est reçu avec les honneurs comme "chef du clan royal des Scythes" et Théodose se dit "ami des Goths" à Constantinople en janvier 381. II y meurt peu après[5], le 26 janvier 381.

En 382, après la mort de Fritigern un nouveau traité est conclu avec les Wisigoths.

Après sa mort, Athanaric devient un symbole pour les Goths. La généalogie de la dynastie balthe en Gaule commence avec lui et le roi des Burgondes Gundioc revendique son lignage[6].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Travaux contemporains[modifier | modifier le code]

  • Herwig Wolfram, Histoire des Goths, Albin Michel, 1991
  • (en) Article "Athanaric" dans l'Encyclopædia Britannica
  • Ferdinand Lot, La Fin du monde antique et le début du Moyen Âge, Editions Albin Michel, coll. « L'Evolution de l'humanité », Paris, 1968, 566 p.
  • Renée Mussot-Goulard, Les Goths, Atlantico, Biarritz, 1995.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Exactement : Aþanareiks
  2. Émilienne Demougeot, La formation de l'Europe et les invasions barbares : De l'avènement de Dioclétien (284) à l'occupation germanique de l'Empire romain d'Occident (début du VIe siècle), vol. 2, Aubier,‎ 1979 (ISBN 9782700701463, présentation en ligne)
  3. Renée Mussot-Goulard, Les Goths, p. 27
  4. J. den Boeft, J. W. Drijvers, D. Den Hengst, Philological and historical commentary on Ammianus Marcellinus, vol. 27, BRILL,‎ 2009 (ISBN 9789004180376, présentation en ligne)
  5. a, b et c Michael Frassetto, Encyclopedia of barbarian Europe : society in transformation, ABC-CLIO,‎ 2003 (ISBN 9781576072639, présentation en ligne)
  6. Renée Mussot-Goulard, Les Goths, p.30-33