Hélène (mère de Constantin)

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Hélène
Image illustrative de l'article Hélène (mère de Constantin)
Sainte Hélène
Naissance vers 247-250
Depranum en Bithynie
Décès vers 329-330 
Vénéré à église Saint-Leu-Saint-Gilles
Fête 18 août et 21 mai
Constantin et Hélène, sa mère (icône orthodoxe bulgare)
Statue de sainte Hélène dans la basilique Saint-Pierre de Rome
Reliquaire contenant le chef de sainte Hélène dans la crypte de la cathédrale de Trèves
Le sarcophage de sainte Hélène, musées du Vatican

Hélène ou sainte Hélène (vers 247/250 - vers 329/330), impératrice romaine, épouse de Constance Chlore et mère de Constantin.

Histoire et tradition[modifier | modifier le code]

Elle serait née d'après l'historien Procope (VIe siècle) à Depranum dans la province de Bithynie en Asie Mineure (et dans l'actuelle province de Yalova en Turquie), cité dont le nom fut modifié après sa mort, par son fils Constantin, en Helenopolis. D'après l'évêque et historien Eusèbe de Césarée elle aurait eu environ 80 ans lors de son retour de Palestine vers l'année 327 et donc serait probablement née entre 248 et 250. On ne sait que très peu de choses sur le début de sa vie, mais d'après Eusèbe, elle était d'origine très modeste, et d'après saint Ambroise elle avait été « servante d'auberge » (stabularia). On ne sait avec certitude où elle rencontra Constance Chlore, mais ce fut peut-être en Asie Mineure lorsque Constance, officier de l'empereur Aurélien, participa à la campagne contre la reine Zénobie (271-273). Certaines sources la mentionnent comme son épouse, d'autres comme sa concubine. Elle donna naissance à Constantin vers 272 à Naissus, en Mésie (Niš, Serbie), cité militaire sur le Danube. À l'époque de l'établissement de la Tétrarchie, en 293, Constance Chlore, devenu César, dut épouser Théodora, fille de l'Auguste Maximien. Hélène ne se maria – ou ne se remaria – pas, et vécut alors dans l'ombre, tout en restant proche de son fils Constantin. Ce dernier avait une grande affection pour sa mère.

Après l'avènement de Constantin, Hélène retrouva une vie publique à la cour et reçut le titre d'Augusta en 325. Elle mourut en 330 avec son fils à ses côtés.

Connue traditionnellement pour avoir organisé la première restauration des lieux saints chrétiens de Jérusalem, c'est en réalité son fils, l'empereur Constantin qui ordonna cette restauration. Elle se rendit en pélerinage dans la ville de Jérusalem en 325 et y découvrit selon la tradition, les saintes reliques de la Passion du Christ, donnant une impulsion importante aux pèlerinages en Terre Sainte, et à l'aménagement des lieux.

La découverte la plus importante d'Hélène est l'Invention de la Vraie Croix, sur le site du Saint-Sépulcre où l'empereur Hadrien avait fait construire un temple à Vénus qu'Hélène fit abattre. Furent aussi retrouvés — d'après la Tradition — les clous de la Crucifixion. Hélène fit notamment transporter à Rome en 326 le Saint-Escalier. Elle quitta Jérusalem en 327.

Canonisée, elle est considérée comme sainte par les églises catholique et orthodoxe, sa fête est fixée au 18 août pour les catholiques et au 21 mai pour les orthodoxes, qui fêtent le même jour Hélène et Constantin (« Fête des très Grands Souverains Constantin et Hélène, égaux aux apôtres »).

La ville d'Elne, ancienne Illiberis, tire son nom de l'impératrice Hélène. Constantin a en effet renommé au IIIe siècle la ville en Castrum Helenae, devenu Helna, puis Elna et enfin Elne en français.

La tête de sainte Hélène aurait été abritée, jusqu'à la Révolution, dans la chapelle du château de Genech[1].

Des reliques de sainte Hélène sont aussi présentes dans l'église Saint-Leu-Saint-Gilles rue Saint-Denis à Paris. Vers 329, le corps de sainte Hélène est ramené à Rome, et fut placé dans un magnifique sarcophage en pierre rouge dans le mausolé de Tor Pignatera. Au début du siècle, un moine nommé Theutgise, déroba une partie du corps qu’il apporta à l’abbaye bénédictine d’Hautviller dans le diocèse de Reims, où il fut placé dans une châsse derrière le maître autel. À Hautvillers on a d'abord douté qu'un moine si simple, si chétif, puisse s'emparer d'un pareil trésor, du corps d'une véritable impératrice. Les moines ont effectué plusieurs expertises, ils ont notamment fait une analyse historique pour s'assurer que sainte Hélène fut bien à Rome. Ensuite on a envoyé une commission compétente à Rome pour constater la disparition des reliques. Enfin, on a fait subir à Teutgis une épreuve, qu'on utilisait dans les circonstances exceptionnelles pour tester si le témoin dit la vérité. En présence de l'évêque de Reims, le célèbre Hincmar, du roi Charles le Chauve et de sa cour, Teutgis est passé par l'eau bouillante, croyant fermement que sainte Hélène le délivrerait : il resta sain et sauf. À la prière d’Hinomar, archevêque de Reims, le pape voulut bien régulariser le transfert. Riche de plusieurs reliques, l’abbaye honorera durant des siècles, sainte Hélène. C’était principalement au jour anniversaire de sa mort, le 18 août, ainsi d’ailleurs qu’aux fêtes de la Sainte Croix, qu’était célébré un office solennel suivi d’une procession, où dans dans une grande ferveur, de nombreux pèlerins venus de toute la région, imploraient l’intercession de sainte Hélène pour obtenir la guérison de leurs infirmités corporelles ou de leurs maladies spirituelles.

À la Révolution le dernier procureur de l’abbaye, dom Jean-Baptiste Grossard sauva les reliques en les transmettant le 29 novembre 1820 à l'ordre des Chevaliers du Saint-Sépulcre. Les reliques ont été translatées dans l'église Saint-Leu-Saint-Gilles par l’ordre du Saint-Sépulcre. En 1875, après la Commune de Paris, la châsse a été ouverte afin d'établir un certificat médical décrivant du point de vue anatomique les reliques de sainte Hélène. Se basant sur ce certificat, Mgr Richard, archevêque de Paris, constata que « la châsse renferme le tronc presque entier du corps de sainte Hélène ; dépourvu de tête et des membres fortement comprimé et aplati dans le sens bilatéral et que l'état du corps conservé dans la châsse de l'église Saint-Leu-Saint-Gilles correspond aux descriptions connues enregistrées par les Bollandistes au XVIIIe siècle ». La châsse fut alors placée plus en vue, au-dessus et en arrière du maître-autel, au pied du grand crucifix, suspendu entre les deux piliers de l'abside. Lors du centenaire de la translation des reliques de Sainte-Hélène, le 16 octobre 1928, le cardinal Dubois, archevêque de Paris célébrera en l’église Saint-Leu la cérémonie solennelle de « Réintégration des Chevaliers du Saint-Sépulcre » c'est depuis cette date que l'église Saint-Leu-Saint-Gilles est l'église capitulaire de l'ordre du Saint-Sépulcre église Saint-Leu-Saint-Gilles. [2]

Le 17 mars 2000 le corps de sainte Hélène fut transféré dans la crypte des chevaliers de l'ordre du Saint-Sépulcre de l’église Saint-Leu-Saint-Gilles, endroit plus accessible pour la vénération. Autrefois le reliquaire était suspendu au-dessus du maître-autel de l’Eglise. La première liturgie orthodoxe devant les reliques de Sainte Hélène a été célébrée le 22 février 2003. Le curé de l’église Saint-Leu-Saint-Gilles, l'abbé Georges Morand, exprima sa grande joie d’accueillir un tel grand nombre d’orthodoxes pour la première fois dans sa paroisse et remarqua qu’un des chemins bénéfiques de la communication entre les catholiques et les orthodoxes pourrait être la vénération commune des saints communs. Sainte Hélène est le pont entre l'Orient et l'Occident. [3]

Iconographie[modifier | modifier le code]

Vue de l'intérieur de l'église copte orthodoxe de la Reine-Hélène, près du Saint-Sépulcre, à Jérusalem. Une représentation de sainte Hélène de Constantinople orne le rideau rouge du fond.

Hélène est représentée déjà âgée, en costume d'impératrice, tenant une croix ou les clous de la Crucifixion. Elle est parfois associée à son fils Constantin. On la représente aussi tenant à la main une maquette d'église.

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Protectrice[modifier | modifier le code]

  • Dans la tradition catholique, Hélène est la sainte patronne des teinturiers, des marchands de clous et d'aiguilles.
  • C'est la sainte patronne des archéologues chez les Grecs orthodoxes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J. Maurice, Sainte Hélène, 1930.
  • H. H. Lauer, Kaiserin Helena, Leben und Legende, 1967.
  • Jacques de Voragine, la Légende Dorée, chapitre 64
  • Edgarda Ferri, Imperatrix, Elena, Costantino e la Croce, Mondadori, 2010.
  • A. M. Rouillon (Ord.Praem.), Sainte Hélène, Paris, 1908.
  • J. W. Drijvers, Helena Augusta. The Mother of Constantine the Great and the Legend of her Finding of the True Cross, Leyde, Brill, 1991.

Liens externes[modifier | modifier le code]