Église des Saints-Apôtres (Constantinople)

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Église des Saints-Apôtres
Image illustrative de l'article Église des Saints-Apôtres (Constantinople)
Enluminure du XIIe siècle représentant l’église des Saints-Apôtres
Présentation
Culte Église orthodoxe
Début de la construction IVe siècle
Fin des travaux Destruction en 1461.
Géographie
Pays Empire ottoman Empire ottoman
Ville Constantinople
Coordonnées 41° 01′ 11″ N 28° 56′ 59″ E / 41.01972, 28.94972 ()41° 01′ 11″ Nord 28° 56′ 59″ Est / 41.01972, 28.94972 ()  

Géolocalisation sur la carte : Turquie

(Voir situation sur carte : Turquie)
Église des Saints-Apôtres


L’église des Saints-Apôtres, (grec moderne : Ἅγιοι Ἀπόστολοι, Agioi Apostoloi, également connue sous le nom de Polyandrion (cimetière impérial) ou Myriandrion est une église byzantine de Constantinople, aujourd'hui disparue. Elle fut fondée par Constance II, fils de Constantin Ier, dans les années 350 et bâtie à partir d'un mausolée construit par Constantin[1]. C'était la deuxième église de Constantinople en taille et en importance après Sainte-Sophie (Constantinople), et elle fut la principale nécropole des empereurs et impératrices byzantins. Après la Chute de Constantinople en 1453, elle devint brièvement le siège du patriarche de Constantinople, qui l'abandonna en 1456. En 1461, l'édifice alors en très mauvais état fut abattu par les Ottomans pour édifier la mosquée Fatih[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Constantin, lors de la fondation de l'église, y déposa des reliques de plusieurs apôtres. Il y avait prévu un emplacement pour sa propre tombe. Les Byzantins appelaient cette église Polyandrion ou Myriandrion.

Justinien et Théodora la reconstruisent en 520-550 en lui donnant un plan en croix grecque et en la surmontant d'une grande coupole. La basilique fut richement décorée par Justin II.

Nécropole impériale[modifier | modifier le code]

Cette église devint nécropole impériale et les sépulcres de la plupart des empereurs y ont pris place, réparties entre deux mausolées extérieurs, l’un au nord, l'autre au sud de l’abside, les hérôa, celui de Constantin et celui de Justinien. L’église même ne contenait aucune tombe. Chaque hérôon contenait indifféremment des tombeaux modernes ou anciens, aucun ordre chronologique n'ayant été observé dans leur regroupement. Dethier, un érudit ayant vécu à Constantinople, qui connaissait très bien la topographie de la ville médiévale, comptait 19 sarcophages pour l'hérôon de Constantin, 17 pour celui de Justinien. Byzantios, un écrivain grec moderne, en compte cinq de plus pour le premier et neuf de plus pour le second.

Reliques[modifier | modifier le code]

Les reliques détenues par ce sanctuaire auraient été nombreuses : celles des saints apôtres André, Luc, Timothée, le premier évêque d’Éphèse et Matthieu, et aussi celles des saints anargyres Côme et Damien.

Tombeaux[modifier | modifier le code]

Tout autour de l’enceinte des Saints-Apôtres couraient de somptueux portiques, des stoai, le long desquels on avait disposé les sarcophages isolés de quelques basileis. Tous les sarcophages en marbre étaient, paraît-il, entièrement recouverts d’ornements éblouissants, d’une sorte de gaine constituée par les lames d'argent, par des pierreries incrustées ou serties. L’effet en était grandiose et la vue aveuglante lorsque le soleil les frappait. La plupart des couvercles des sarcophages étaient en forme de toit. En plus de la magnificence extérieure, chaque sarcophage contenait des joyaux de toute sorte.

Les patriarches avaient aussi leur tombeau aux Saints-Apôtres. On a conservé le nom de plusieurs de ceux qui y furent ensevelis, en particulier celui de saint Jean Chrysostome.

Destruction de l'église[modifier | modifier le code]

Les tombeaux sont profanés et dépouillés par Alexis Ange qui se servit de leurs trésors pour acheter la paix aux croisés. Ces mêmes croisés les brisent et les abîment dans la nuit du 13 au 14 avril 1204. Ils sont définitivement détruits par les derviches fanatiques de Mehmet II. Selon Critobule d'Imbros, ces derniers passèrent quatorze heures à briser les derniers vestiges à coups de masses et de barres de fer. Les ossements des Basileus sont vidés dans le Bosphore (du côté Européen), avec les hauts dignitaires et religieux, soit les restes de plus d'une centaine de personnes.

La plus grande mosquée d'Istanbul, la Fatih Camii, ou « Mosquée du Conquérant » (Mehmed II), a été construite sur les fondations de cette église. Au détour des rues d’Istanbul, on peut encore voir des cuves de marbre poli : certains pensent que ce sont les restes des sarcophages de l’église.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. John Lowden, L'Art paléochrétien et byzantin, 2001
  2. W. Müller-Wiener, Bildlexikon zur Topographie Istanbuls: Byzantion, Konstantinupolis, Istanbul bis zum Beginn d. 17. Jh, 1977, p. 406

Sources[modifier | modifier le code]

  • Gustave Schlumberger, Un empereur byzantin au dixième siècle : Nicéphore Phocas, éd. Boccard, 1923

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]